Chapitre 71 : La Première Tâche
Harriet étudiait quelques fiches sur les dragons sur son miroir magique. Elle avait encore deux jours pour se préparer à la première tâche. Et elle avait passé les deux derniers jours à travailler un sortilège avec Merryl. Elles avaient passé des heures dans son bureau à travailler sur comment se protéger du feu ardent, le souffle du dragon. Le plus mortel et le plus dangereux des souffles.
La Serdaigle n'était pas très douée. Elle ne tenait que deux minutes avec ce sortilège, une seule si elle avait le malheur d'être déconcentrée. Elle s'était vraiment entraînée dur pour cela. Maintenant, elle ne faisait que revoir les différents spécimens de dragons qui vivaient en Roumanie, du moins selon les archives du Berceau.
Merci le pass spécial élève de Pelhisir pour les informations bonus !
Elle était dans la Grande Salle penchée sur son miroir tout en dégustant du gratin dauphinois quand une voix désagréable, encore et toujours la même, se fit entendre. Elle retint un soupir alors que Ronald Weasley s'installait en face d'elle.
« Bonjour Harriet ! » fit-il joyeusement.
« Weasley, » soupira la jeune fille en levant les yeux. « Qu'est-ce que tu veux, aujourd'hui ? »
Le Gryffondor s'était assis à la table des Serdaigles, juste à côté d'Alfie, bousculant à moitié ce dernier sur Fleur Delacour, la faisant recracher très peu dignement ce qu'elle avait en bouche.
« Tu ne peux pas faire attention, Weasley ! » s'offusqua Alfie. « Il n'y a pas que toi sur cette planète ! »
« La ferme, Addington. »
« Ronald Weasley, si j'étais toi, je ne m'en prendrais pas à Alfie, » fit calmement Harriet en retournant à la lecture de ses fiches. « Tu pourrais tomber sur sa mère et elle est très protectrice. »
« N'importe quoi ! »
« C'est toi qui vois, » fit-elle en haussant les épaules. « Si tu aimes naviguer en eaux dangereuses... » Elle avala une bouchée avant de relever sa tête. « Sinon... Tu me voulais quoi cette fois ? »
« Tu viendrais avec moi faire un tour du côté de la forêt ? » demanda-t-il directement.
Elle releva un sourcil à sa demande directe. Qu'est-ce qui pourrait être intéressant du côté de la forêt interdite pour que le Gryffondor veuille l'y emmener ? Cela sentait un peu comme l'affaire de Fluffy en première année... Puis, le gallion tomba et elle soupira.
« Si tu as l'intention de me montrer ce qu'il y a dans la forêt interdite pour me donner un coup de main pour la première tâche, inutile. Je n'ai pas besoin de ton aide, je le savais déjà. Il ne faut pas être un génie pour savoir ce qu'il y a là-bas. Quand on sait écouter, glaner les infos n'est pas très compliqué. Je suppose qu'ils proviennent de Roumanie, exactement là où travaille ton frère ... »
« Comment ... ? »
« Je suis la fille d'une Serpentard, Weasley. »
« Tu es la fille de deux Gryffondors, » corrigea le rouquin avec force et assurance. « Les plus courageux et les plus ... »
« Et ils sont morts pour me sauver la vie, oui, oui, oui ... » soupira-t-elle. « Je suis la première au courant. Merci ... beaucoup pour le rappel. Mais pour ta gouverne, j'ai été élevée par une sorcière, une femme remarquable et une Serpentard de très bonne famille. »
« Sûrement une pro-Mangemort ! »
« La famille Prince était neutre dans la première guerre, Weasley. Mais si tu veux entacher la réputation des Serpentards, les catégorisant tous comme Mangemorts, rappelle-moi un peu qui est l'enfoiré qui a trahi mes parents et que tu as eu la brillante idée de nourrir et loger pendant des années ! »
« Je n'ai jamais fait ça ! »
Harriet ricana.
« Tu as la mémoire d'un poisson rouge, dis-moi ..., » continua-t-elle. « Tu te souviens de ton rat ? Scabbers, je crois ... Un animagus. Peter Petigrow, le sale traître qui a trahi mes parents ! Et pour ton information, cet enfoiré était un Gryffondor ! »
« Impossible ! »
« Demande à mon parrain, Sirius Black, ou à son ami, Remus Lupin. Mieux encore, à leur directrice de maison qui se trouve être également la tienne ! Tu sais ... Minerva McGonagall ... »
Elle soupira et rangea son miroir dans son sac avant de se lever.
« Cette discussion est bien passionnante, Weasley, mais j'ai autre chose à faire que de retourner des informations vieilles de plusieurs années, comme ... faire des recherches sur comment ne pas finir en barbecue. Alfie, Fleur, bonne journée. »
Elle sortit de la Grande Salle d'un pas rapide mais élégant, laissant derrière elle, comme souvent, un rouquin perplexe qui prenait peu à peu une teinte rouge à mesure de sa colère.
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Harriet angoissait légèrement. Elle se tenait dans la tente et l'arène de combat se trouvait à cinquante mètres. Elle tentait de garder une respiration calme alors qu'elle se secouait les bras et les épaules, sautillant légèrement pour échauffer ses muscles. Les autres champions étaient dans le même état d'esprit qu'elle et marchaient de long en large en attendant qu'on vienne les chercher.
Soudain, les représentants d'école et les organisateurs du tournoi entrèrent, Ludo Verpey avec son excellente humeur et son sourire jovial. Harriet fut un instant ébloui par un flash. Evidemment, Rita Skeeter était là également pour couvrir l'événement.
Merryl vint directement auprès de sa nièce et posa une main sur son épaule. Le coeur de la Serdaigle se calma un peu en voyant le regard émeraude de sa tante. Harriet lui sourit avant de reporter son attention sur Croupton et Verpey.
« Champion, placez-vous en cercle autour de moi, » fit Barty Croupton. « Miss Delacour, ici, Miss Potter, juste à côté et ... Mr Krum, juste là. »
L'homme tenait une sorte de bourse en cuir d'une certaine taille dans les mains. Il invita les champions à piocher à l'intérieur ce qu'ils allaient affronter. Fleur piocha le Vert Gallois. Harriet eut le Boutefeu Chinois, Cédric Diggory le Suédois à museau court et Viktor Krum le Magyar à pointes.
La Serdaigle ne savait pas trop lequel des deux était le pire, entre les deux espèces de dragons ... Le Boutefeu Chinois avait une prédilection pour la chair humaine et avait des flammes en forme de champignons. Quant au Magyar, il faisait de l'homme un met bien plus rare, préférant les caprins, mais dont le feu était bien plus dangereux et portait bien plus loin.
Chaque dragon miniature comportait un petit fanion accroché sur leur dos avec un petit numéro afin de déterminer l'ordre de passage. Harriet passait troisième, juste après Cédric et Fleur. Au moins, elle ne passait pas première. Cela ne l'aidait pas vraiment à passer son angoisse.
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Severus était installé dans la tribune et faisait de son mieux pour ne pas montrer l'angoisse qui l'habitait. Diggory et Delacour avaient réussi leur épreuve sans trop de casse mais maintenant arrivait le tour d'Harriet et rien qu'à regarder comment le dragon surveillait son nid tout en dardant son regard sur la foule au-dessus de lui, le Serpentard en avait froid dans le dos. Son instinct lui criait de foutre le camp direct !
Et Harriet devait affronter ça ! Oh que Merlin lui vienne en aide ! Et pitié qu'elle ne fasse pas ça comme dans le livre sinon, il n'y survivrait pas ! Le stress n'était vraiment pas bon pour la santé et en ce jour, Severus était servi.
Il se concentra sur le rythme de sa respiration, la laissant calme et mesurée, tout le contraire de son état d'esprit, alors qu'il maintenait ses mains à plat sur ses cuisses. Respirer. Respirer et prier qu'Harriet sorte de là en un seul morceau. Voilà ce qu'il devait faire. Il allait certainement mourir d'une crise cardiaque avant l'heure avec elle ! Mais pourquoi n'était-il pas possible de la désinscrire de ce maudit tournoi ?!
Il vit Harriet entrer lentement, vêtue de bleu et de bronze, les couleurs de Serdaigle. Merryl avait proposé un uniforme pour représenter l'école mais même Harriet avait refusé, pas qu'elle le détestait mais, pour reprendre ses termes, il fait bien trop froid en Ecosse pour se balader à moitié nue ! Severus et Eileen avaient un point de vue différent sur le sujet mais ils n'avaient rien dit pour le moment. Au moins, la jeune fille ne se baladait pas en tenue légère. Cela était une excellente nouvelle.
Elle marchait dans l'arène, baguette en main, regardant partout jusqu'à trouver enfin le dragon. Malgré le fait qu'elle le savait, elle avait malgré tout blanchi. Severus pouvait presque la voir déglutir de là où il se trouvait, dix mètres en hauteur et de l'autre côté de cette arène géante.
Le dragon écarlate dardait son regard sur Harriet et il hésitait entre aller à sa rencontre et rester sur son nid. Et dire qu'elle devait aller dans son nid pour aller récupérer l'oeuf d'or nécessaire pour la tâche suivante.
Quand le dragon cracha ses premières flammes, la jeune fille courut se mettre à l'abri, sautant au-dessus d'un fossé pour se dissimuler derrière un rocher. Severus avait juste envie de tuer Ludo Verpey qui commentait chaque action de sa soeur et les réactions du boutefeu chinois. Il ne pouvait pas la fermer deux secondes ?! N'avait-il pas songé que tout commentaire ou bruit environnant pourrait déconcentrer les participants pendant qu'ils affrontaient leurs pires cauchemars ?!
« Miss Potter creuse un trou dans le sol ! » fit Ludo Verpey. « Va-t-elle se creuser un chemin jusqu'à l'oeuf, à l'abri du regard et des flammes du dragon ? Voilà qui serait une tactique intéressante... »
Il ne pouvait pas la fermer ?! Severus voulait vraiment lui tordre son maudit cou, l'empoisonner, user de sortilèges de magie noire au passage, ... Se recentrer sur Harriet, respirer et prier qu'il ne lui arrive rien et ...
Oh ! Par les culottes en dentelle de Salazar ! Harriet est cinglée !
L'adolescente avait en effet rempli la cavité qu'elle avait creusée d'eau. De l'eau glaciale ! Il avait pu voir la couche de glace fine avant qu'elle ne saute dedans. Mais elle veut se tuer ou quoi ?! Elle va être en hypothermie ! Pourquoi faisait-elle cela ?
Il observa en silence Harriet ressortir de l'eau en tremblant. Tout le monde avait réagi à son idée de différentes manières, cris de surprise et autres ... Il fut surpris de voir que malgré ses tremblements – Merlin, elle devait être transie de froid ! –, elle arrivait à aligner deux idées et continuer à appliquer son mystérieux plan. Elle observa le dragon un instant avant de se taper la tête avec sa baguette.
« Miss Potter a disparu ! Quel magnifique sortilège de désillusion ! » commenta Verpey. « Cela pourrait être pratique si les dragons voyaient comme nous, mais ils sont sensibles à la chaleur... »
Par cette simple information, Severus comprit l'acte de sa soeur, elle avait sauté dans l'eau froide pour refroidir momentanément la température de son corps. Cela ne durerait pas. Il la vit réapparaître au pied du perchoir du Boutefeu Chinois, hors de vue de la créature, et réitérer son passage dans un bain glacial avant de disparaître à nouveau.
L'angoisse du Maître des Potions augmenta d'un cran alors qu'il la devinait sous les pattes du dragon. Et ce qui devait arriver arriva. Le Boutefeu se rendit compte de la présence d'Harriet et attaqua. Elle fut propulsée d'un coup de queue et poussa un cri silencieux – sans doute un charme de mutisme ... – alors qu'elle percutait un rocher de plein fouet. La douleur était plus que perceptible sur son visage. Pourtant elle se redressa, récupéra son oeuf et partit en courant. Le dragon cracha une gerbe de flamme et Harriet disparut quelques secondes en plein milieu, faisant hurler d'horreur plusieurs personnes dans le public.
Severus referma les yeux pendant deux petites secondes, soulagé, quand il la vit ressortir des flammes en courant, indemne. Ou presque. Elle ne faisait que boiter alors qu'elle fuyait la créature en courant à travers le terrain accidenté. Elle avait réussi.
