Chapitre 72 : La Famille Rassurée

Harriet était haletante. Elle s'écroula sur le sol, une fois à l'abri, loin du dragon. Elle tremblait, frigorifiée. Malgré le feu, ses passages dans l'eau glaciale l'avait sérieusement atteinte. Elle sentait à peine le bout de ses doigts, comme si elle avait joué dans la neige pendant des heures. Elle resta assise à même le sol terreux jusqu'à ce que Mme Pomfresh elle-même ne vienne la chercher pour la soigner.

Quand elle l'aida à se relever, Harriet commença à ressentir la douleur dans sa cheville mais aussi dans son dos. Elle jura alors qu'elle s'appuyait sur l'infirmière pour pouvoir se diriger sous la tente médicale. Elle la força à s'allonger. L'adolescente gémit sous la douleur.

« Ah ! Severus ! » fit Mme Pomfresh. « Avez-vous des potions contre les cas d'hypothermie ? »

« Non, Poppy. Mais je peux en préparer rapidement. Cela ne me prendrait qu'une quinzaine de minutes. »

« Bien, bien ... »

Harriet croisa le regard de son frère l'espace de quelques secondes avant d'éternuer violemment. Elle sentit une main lui parcourir le dos, ainsi que la douleur que cela provoquait et gémit à nouveau.

« Tu as quelques côtes fêlées et deux vertèbres déplacées, » fit doucement l'infirmière. « Et ta cheville est foulée. Cela sera réglé en un rien de temps. »

La Serdaigle poussa un hurlement quand elle sentit la douleur augmenter violemment, en même temps que quelque chose bougeait dans son dos. Elle trembla encore tant de douleur que de froid. Elle sentit une couverture la recouvrir. Elle ferma les yeux alors qu'elle essayait de se réchauffer pendant que l'infirmière partait s'occuper des autres champions.

Quelques instants plus tard, elle sentit une main agréablement chaude sur son visage, la faisant ouvrir les yeux. Elle croisa les sombres onyx de son frère. Il avait le visage insondable. Il lui présentait une fiole, la posant contre ses lèvres sans dire un mot. Elle but immédiatement. Elle le remercia silencieusement. Il ne fit que hocher la tête avant de partir. Mais Harriet n'était pas dupe, elle savait décrypter son regard. Derrière ce masque froid, Severus était rassuré qu'elle aille bien.

Sentant rapidement les effets de la potion, la jeune Serdaigle finit par s'endormir sur son lit de fortune. Et grâce à Mme Pomfresh, elle put restée endormie jusqu'au soir sans subir aucune perturbation.

Qu'il était bon d'avoir une dragonne pour infirmière...

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Quand Harriet se réveilla le lendemain matin, elle se soumit volontiers à l'examen de l'infirmière. Elle n'avait aucune séquelle de sa rencontre avec le dragon. Pas même une brûlure malgré son passage dans les flammes. Son sortilège pour être ignifugée avait été exécuté à merveille. Tout ce qu'elle devait prendre serait de la pimentine durant toute la semaine suivante car elle présentait les premiers symptômes d'un sérieux rhume. Pas étonnant avec ses bains glacés...

Elle sortit de l'infirmerie assez rapidement et alla déjeuner avec tout le monde. Elle fut assez bien accueillie par sa maison et une partie de l'école. Drago vint s'installer quelques instants à la table de Serdaigle pour prendre des nouvelles de sa santé avant de repartir. Harriet trouvait le blond trop mignon quand il s'inquiétait. Elle discuta avec ses amis et se restaura. Elle mourrait de faim. Elle avait sauté un repas en même temps ...

Quand vint l'heure du courrier, une chouette vint lui déposer du courrier avant de repartir. La Serdaigle s'en empara, curieuse, et l'ouvrit.

Chère Riette,

Rejoins-nous dans une heure dans notre précieuse Cabane.

Patmol

Elle releva un sourcil mais ne se posa pas plus de questions que cela. Elle finit rapidement de manger et prétexta un rendez-vous avec Merryl avant de laisser ses amis et de vite remonter dans la tour de Serdaigle récupérer sa cape et filer dans le parc. Elle fit le chemin jusqu'au saule cogneur à l'abri des regards.

Elle fit léviter une brindille jusqu'au noeud et immobilisa l'arbre afin de pouvoir se glisser entre ses racines noueuses et entrer dans le passage secret menant à la Cabane Hurlante. Elle parcourut le chemin, le dos voûté, et arriva assez rapidement à destination. Elle avait un quart d'heure d'avance.

Elle s'installa dans le salon miteux et patienta. Elle fut rejointe quelques minutes plus tard par une panthère qui lui bondit dessus. Elle sourit alors qu'elle se sentait attrapée et serrée contre un torse solide et elle se coula dans l'étreinte aux odeurs d'herbes et d'épices. Elle sentait à quel point son frère avait été inquiet et à quel point il était rassuré de la savoir en vie et en un seul morceau.

« J'ai frôlé la crise cardiaque cinq fois hier ! » siffla-t-il. « Ne me fais plus jamais ça ! »

« Tu sais que je ne pourrais pas te le promettre alors que j'ai encore deux tâches à faire. Et crois-moi quand je te dis que je n'en ai pas envie. »

Severus soupira alors qu'il passait une main dans les cheveux détachés de sa soeur. Il la garda contre lui encore un instant.

« Je sais ... C'est juste ... Je ne peux pas te perdre toi aussi. »

« Et tu ne la perdras pas, Sevy, » fit la voix de Merryl juste derrière. « Salut, Harriet. Très belle prestation hier. Mais t'es cinglée de sauter dans de l'eau glaciale ! »

« Ben, c'était la seule façon que je voyais pour dérober l'oeuf, » se justifia la Serdaigle. « Le Boutefeu Chinois voit les différences thermiques. Cela n'aurait pas marché avec le Magyar par contre ... Mais j'avoue que je ne sais pas ce que j'aurais face à lui... Sur le coup, j'ai eu beaucoup de chance... »

« Il faudrait que tu ailles jouer au loto alors, » sourit la rousse alors qu'elle s'installait en tailleur sur un pouf.

« Même pas en rêve, » soupira Harriet alors qu'elle s'écartait de son frère pour éternuer.

« Tu as pris de la pimentine ? » s'enquit ce dernier alors qu'il passait une main sur son front.

« Oui, Sev, ne t'inquiète pas, » la rassura la jeune fille. « J'ai juste un gros rhume. Il va finir en sinusite probablement. »

« Si c'est le cas, viens me voir, » dit-il simplement.

Un craquement se fit entendre à l'étage, signe d'un transplanage, et des pas rapides traversèrent la bicoque. Sirius et Remus arrivèrent rapidement dans le salon et Harriet étouffa dans deux étreintes canines.

« Je peux plus respirer, » s'étrangla-t-elle faiblement entre les bras de son parrain. « Au secours ! »

Elle fut libérée par son frère et elle reprit son souffle tandis que le Maraudeur se faisait rabrouer par le Maître des Potions. Les deux hommes se disputèrent devant tout le monde, échangeant des mots secs et emplis de venin sous le regard amusé des autres. Même Remus ne prenait pas part à la querelle.

« Eh ! Rantanplan et Bagheera ! Vous allez vous calmer ! » demanda Harriet. « On n'est pas à la foire ici ! »

Merryl éclata de rire aux dépends des deux hommes. Severus lança un regard noir à sa soeur qui n'en fut pas le moins du monde intimidée.

« Comment tu nous as appelés ? » demanda Sirius en se retournant lentement, les sourcils froncés.

« Rantanplan et Bagheera. »

« C'est qui ça ? » demanda Remus, curieux.

« Deux personnages de fiction moldue, » répondit Severus en s'écartant de Sirius pour revenir s'asseoir sur une chaise bancale. « Rantanplan est le chien stupide de Lucky Luke et Bagheera ... Ce n'est pas la panthère dans le livre de la jungle ? »

« Si, » sourit Harriet. « C'était ça ou Mr Tinkles. »

« Qui ? » fit son frère.

« Tu comprendras dans une dizaine d'années. La référence n'est pas encore apparue sur écran. »

Merryl informa sa nièce qu'elle avait fini ex aequo avec Viktor Krum avec un total de quarante-sept points mais dès qu'elle était partie dans le détail des différentes confrontation avec les créatures, la Serdaigle s'était tassée sur sa chaise.

« Merryl, ce n'est pas que je m'en fiche ou quoi que ce soit mais ... J'ai affronté ce foutu dragon hier ! J'en ai de quoi faire des cauchemars pendant des mois ! Je crois que même Moony serait moins effrayant ! »

« Je confirme en disant que Lupin est moins effrayant, » intervint Severus. « Pour l'avoir déjà vu alors que je n'étais encore qu'un môme. Les quatre dragons m'ont foutu la frousse de ma vie ! Oui, Black, tu as bien entendu ! J'ai dit que ces maudites créatures infernales m'ont foutu la trouille de ma vie et je n'ai pas honte de le dire ! Je n'ose imaginer ce qu'Harriet a du ressentir ! »

« La frousse aussi, » avoua cette dernière. « Mais j'ai tout repoussé en arrière-plan avec mes boucliers mentaux comme tu m'as suggéré de le faire pendant un combat... »

« Sage décision, » fit le Maître des Potions avec un sourire en coin, fier.

Harriet resta encore quelques instants avec sa famille à profiter de la discrétion de la Cabane Hurlante pour se détendre. Ils finirent par plaisanter un peu.

« Et Barty Croupton Junior ? Ça avance ? » demanda soudain Merryl au bout d'un moment.

Severus secoua négativement la tête.

« Tant qu'il ne vient pas dans mon piège, je ne peux rien faire, » dit-il en réponse. « Le souci étant qu'on ne peut pas aller pour l'arrêter et dire qu'on le savait sans preuve. Le Ministère ferait passer cela pour un coup de chance. Mais Dumbledore... Lui, c'est une autre histoire. Malheureusement, je ne connais pas Croupton du tout. Je ne sais pas s'il est un bon Mangemort ou pas. On peut juste dire qu'il est fidèle au Lord. »

« A la différence de Peter qui le craint, » termina Harriet dans un soupir. « Et pousser cet homme directement dans le piège est exclu... »

« Exactement. Que je piège mon armoire à ingrédients pour prévenir de certains élèves particulièrement fouineurs et avec des tendances kleptomanes ne serait pas étonnant. Mais piéger un professeur, c'est plus délicat. Surtout que je dois essayer de garder mon image. S'il s'aperçoit que je suis un traître, je ne paie pas cher de ma peau si le Seigneur des Ténèbres revient. »

Harriet soupira.

« Je suis du genre patiente, mais pour certains trucs, c'est frustrant d'attendre. »

« Tu n'as pas une énigme à résoudre pour t'occuper ? » demanda Severus.

« Hmmm ? »

« L'oeuf d'or..., » ajouta-t-il lentement.

« Ma main au feu qu'il s'agit du Lac Noir avec les sirènes ! »

« Tu ne l'as pas encore ouvert ? » s'étonna Merryl, un sourcil relevé.

« Et quand étais-je supposée l'ouvrir ? La tâche était hier. J'ai passé le reste de la journée et de la nuit à l'infirmerie et il était à peine onze heures vingt du matin quand je me suis réveillée ! La tâche est en février. Je ne suis pas à un jour près pour résoudre l'énigme ! »

Harriet resta immobile un instant avant de se figer, ses yeux s'agrandissant d'horreur.

« Qu'est-ce qu'il y a, Riette ? » fit Remus qui avait senti la différence dans l'air.

« J'ai un devoir à remettre mardi à McGo et je l'ai même pas commencé ! » s'exclama-t-elle en se redressant. « Foutu tournoi qui me met en retard dans mes études ! »

« Relax, Harriet, » fit doucement Merryl. « Tu n'as aucune obligation scolaire puisque tu es une participante au tournoi. Ce n'est pas grave si tu ne rends pas un devoir. »

« QUOI ?! MAIS AU CONTRAIRE, C'EST GRAVE ! » s'exclama la Serdaigle avant de faire la bise à tout le monde et de partir à toute jambe pour rejoindre le château.

« En quoi c'est grave ? » demanda la rousse qui n'avait pas compris l'importance d'un devoir. « Ce n'est pas comme si elle ratait un examen ! Si ? »

« La réponse est simple, » répondit Severus en haussant des épaules. « Harriet est un bourreau du travail, une perfectionniste et une Serdaigle par-dessus le marché. Tu aurais dû voir le travail qu'elle m'a remis quand elle a eu un accident en première année. J'avais l'impression de me retrouver devant un travail d'un cinquième ou d'un sixième année. »

« J'espère que tu lui as mis un Optimal pour ça, » commenta Sirius en jetant un regard en coin au Serpentard.

« Effort Exceptionnel, » grimaça ce dernier.

Le Maître des Potions repartit dans une joute verbale avec le Maraudeur avec comme sujet principal Harriet. Remus et Merryl observaient la scène en comptant les points, s'amusant fortement de la situation. De vrais gamins ...