Chapitre 73 : Un Mangemort à Poudlard

Severus se réveilla en sursaut en pleine nuit. Il ressentait quelque chose dans sa magie. Un pincement. Celui qu'il attendait depuis des semaines. Un sourire mauvais fendit son visage alors qu'il attrapait sa baguette et se vêtait en deux ou trois mouvements. Il ne devait pas tarder à rejoindre sa réserve d'ingrédients. Heureusement, elle n'était pas loin. Il arriva juste à temps pour voir un homme en bien mauvaise posture réussir à se sortir de son piège sournois. Il le stupéfixa immédiatement et envoya un patronusen urgence à Dumbledore pour l'informer de l'intrusion d'un voleur dans le château.

Le vieil homme arriva rapidement, encore vêtu de sa robe de chambre. Il n'avait pas pris la peine de se changer. Pendant ce temps, le Maître des Potions avait ligoté l'intrus et avait rapidement fait l'inventaire de ses ingrédients, sachant déjà plus ou moins où chercher.

« Que se passe-t-il, Severus ? » demanda-t-il en arrivant.

« Il se passe, Dumbledore, que cet homme est venu à Poudlard, est entré dans ma réserve et m'a volé quelques ingrédients. »

Le directeur jeta un coup d'oeil au sorcier inconscient avant de reporter son regard bleu perçant sur le Serpentard.

« Qu'a-t-il volé ? »

« Des chrysopes, du sisymbre et de la peau de serpent d'arbre du Cap, » répondit Severus avec colère.

Il détestait qu'on touche à sa réserve.

« A votre avis, ces ingrédients entre dans la composition de quelles potions ? »

« Séparément, les chrysopes peuvent servir à la préparation de l'amortentia ou une potion de mémoire, le sisymbre entre dans la composition de plusieurs antidotes et la peau de serpent dans le philtre d'embrouille. »

« Et ensemble ? » s'enquit Dumbledore.

« Les trois ingrédients entrent dans la composition du polynectar. »

« Ah ! »

Le vieil homme sortit sa baguette et fit léviter le voleur jusque dans une classe vide où il l'attacha bien solidement à une chaise qu'il venait d'invoquer. Severus le suivit. Les deux hommes remarquèrent le tatouage que l'intrus portait sur son bras gauche.

« C'est un Mangemort, » siffla le Serpentard.

« Barty Croupton Junior, » confirma Dumbledore. « Cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas vu. Je le croyais à Azkaban... »

« Comment a-t-il pu s'en échapper ? » demanda le Maître des Potions.

« Cela je l'ignore. Surveillez-le, Severus. Je pars de ce pas envoyer une lettre au ministère pour demander des aurors. »

Le Serpentard hocha la tête et resta auprès du Mangemort inconscient, baguette en main par mesure de sécurité. Il attendit patiemment que les aurors arrivent pour embarquer le fugitif. Deux heures plus tard, il était de retour dans son lit et dormait paisiblement, un sourire victorieux sur le coin des lèvres. Un problème de régler.

Le lendemain matin, à l'heure du déjeuner, toute l'école était déjà au courant, et les discussions battaient leur plein. Et il fut naturellement très vite remarqué qu'un enseignant manquait à l'appel. Alastor Maugrey. Dumbledore, Minerva et Severus se dirigèrent avec quelques aurors dans les appartements de ce dernier afin de déterminer les raisons de son absence. Des fioles furent trouvées et immédiatement présentées au Maître des Potions.

« Du polynectar, » dit-il après avoir porté l'une d'elle à son nez.

Un auror poussa une lourde malle et tenta de l'ouvrir sans succès.

« Laissez tomber, » fit immédiatement Severus en reconnaissant la facture du bois. « C'est un coffre gobelin. Vous ne pourrez forcer aucune des serrures. Il nous faut soit un Gobelin soit les clefs. Les Gobelins étant ce qu'ils sont, je doute que vous puissiez leur demander... »

« Et où sont les clefs ? » demanda un autre auror.

« Je vous suggère d'aller voir auprès du prisonnier, » soupira le Serpentard. « Vous m'excuserez mais mes compétences n'étant plus nécessaires, je vous laisse. J'ai un cours à préparer. »

Il sortit des appartements privés qu'avait occupés le faux Maugrey et repartit pour ses cachots. Quelques heures plus tard, il apprit que le véritable Alastor Maugrey avait été retrouvé, vivant, dans un triste état et envoyé directement à Sainte Mangouste. Il n'y avait donc plus ni de Mangemort infiltré à Poudlard, ni de professeur de DCFM.

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Trois jours plus tard, Harriet mangeait tranquillement à la table des Serdaigles en compagnie de ses amis quand elle vit entrer Sirius dans la Grande Salle. Elle fronça les sourcils alors qu'elle le voyait s'approcher d'elle.

« Salut, Riette ! » fit-il joyeusement. « Jeunes gens ! »

« Salut, Siri ! Je peux savoir pourquoi tu es là ? »

« Eh bien, le professeur Dumbledore recherchait quelqu'un pour remplacer Fol Oeil et il m'a contacté. Je ... »

« QUOI ?! » s'exclama-t-elle en se redressant. « Est-ce que c'est une blague ?! Toi ? Professeur ?! Poudlard court à sa perte ! »

« Merci pour moi ! » se vexa faussement le maraudeur.

Il riait plus qu'autre chose par la réaction de sa filleule.

« Excuse-moi mais un dangereux farceur comme professeur, ayant un sérieux problème relationnel avec l'un de ses collègues, ce n'est pas ce qu'il y a de plus rassurant ! Tu as des idées encore plus explosives que Finnigan ! »

« Alors me cherche pas, Riette, » répliqua Sirius avec un sourire ... maraudeur.

Harriet blêmit légèrement. Elle se frotta la bouche avec sa serviette avant de se lever. Elle se tourna vers ses amis.

« Padma, Luna, Hermione, je suis désolée de vous faire faux bond mais je crois qu'il est nécessaire que je prépare le nécessaire pour survivre au reste de l'année. Vigilance constante ! A plus ! »

« A plus tard, Harriet ! » firent les trois filles en riant.

Sirius secoua la tête, affichant un sourire amusé sur son visage.

« Je vois que ta réputation n'est plus à faire, Black, » commenta Severus qui avait du mal à garder un visage impassible.

Intérieurement, le Serpentard était mort de rire. Harriet avait certainement terrorisé la moitié de l'école et intrigué l'autre.

« Fais gaffe, Snivillus, » rétorqua le Maraudeur. « Je pourrais reprendre certaines activités en dehors du cadre scolaire. »

« Sirius, Chéri, » fit Merryl, assise juste à côté du Serpentard. « Premièrement, c'est Se-ve-rus. Et deuxièmement, si tu n'as pas envie de te retrouver avec des nageoires et un aileron à la place de tes membres, je te suggère très sérieusement de ré-envisager tes prochaines activités extra-scolaires. »

Elle avait dit cela avec une voix innocente et pourtant le sourire du maraudeur s'était figé. Après son plongeon forcé le jour de l'anniversaire d'Harriet, il savait pertinemment que Merryl Evans oserait mettre en pratique toute parole qui sortait de sa bouche, telle des promesses.

Par contre, sa réaction fut la goutte de trop pour Severus qui laissait échapper un éclat de rire, surprenant toute la Grande Salle. Personne ne l'avait jamais vu de bonne humeur, sauf quelques professeurs qui l'avaient eu pour élève une quinzaine d'années auparavant. Il rit doucement et secoua la tête, amusé, avant de se relever.

« J'ai hâte de voir un tel spectacle, Merryl ! » répliqua-t-il alors qu'il tournait son regard sombre vers le maraudeur. « Voilà qui serait divertissant. » Il se dirigea vers la sortie. « Et ne t'approches pas de mes serpents, Black, » fit-il ensuite. « Je n'ai pas envie de voir des incidents comme ceux de printemps 75' se reproduire ! Je n'en laisserai passer aucun. »

« Rabbat-joie ! »

« On est dans une école ici, pas un laboratoire d'expérimentation de mauvaises blagues ! »

Le Maître des Potions disparut dans le couloir de la même manière qu'Harriet Potter. Et cela généra encore plus de questions et de troubles dans l'esprit des élèves de Poudlard. La réputation de Sirius Black était maintenant faite. Ce dernier fut d'ailleurs présenté officiellement par Dumbledore à toute l'école comme le nouveau professeur de DCFM.

Dans les jours qui suivirent apparurent des nouvelles inquiétantes aux yeux de la famille Prince. Barty Croupton Junior avait été à nouveau jugé et condamné, cette fois-ci, à recevoir le baiser du détraqueur. Hélas, par on ne savait quel miracle, ou coup du sort, le Mangemort avait réussi à échapper à la vigilance de ses gardes et dans la foulée, Bartemius Croupton, le père-même du condamné, avait été tué, probablement par son fils.

Barty Croupton Junior était à nouveau dans la nature. Il devait certainement être retourné auprès du Seigneur des Ténèbres. Cela n'était pas de bon augure pour l'avenir d'Harriet. Lui en vie, elle courrait un grave danger, du moins un plus important que les simples tâches du tournoi.

En parlant de ce dernier, la Serdaigle avait toujours l'énigme de l'oeuf à résoudre. Du moins en théorie. Elle devait juste vérifier l'énigme en elle-même. C'est pourquoi elle emmena une fois l'oeuf dans sa salle de bain et le plongea sous l'eau avant de l'ouvrir. Elle entendit un chant s'échapper de l'objet doré submergé. Elle sourit. Ses oreilles seraient sauves. Elle plongea la tête pour écouter l'énigme. Elle ressortit quelques secondes plus tard. L'énigme de la deuxième tâche était exactement la même.

Elle referma l'oeuf et se lava rapidement avant de descendre dans le bureau de Merryl. Elle y retrouva son frère mais n'en fut pas le moins du monde surprise. Elle savait que les deux s'entendaient à merveille. Elle savait aussi qu'il n'y avait aucun portrait dans le bureau de sa tante, donc, elle se détendit totalement et leur sourit alors qu'elle répétait les vers marins.

« Descends nous visiter et entends nos paroles. Nous devons pour chanter être en dessous du sol. A présent, réfléchis, exerce ton esprit, ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi. Pendant une heure entière il te faudra chercher si tu veux trouver ce qu'on t'a arraché. Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir. Tes efforts seront vains car il sera trop tard. »

« Ce qui veut dire ? » demanda Severus.

« Que je vais devoir plonger dans le lac noir pour aller chercher ce que j'ai de plus cher, » répondit la Serdaigle en s'installant sur une chaise et acceptant la tasse de thé que Merryl lui tendait. « La question est : qu'est-ce que Dumbledore jugera être le plus cher à mes yeux ? S'il me met Weasley, je jure que je le laisse au fond de l'eau avec les poissons et je regarde ce qu'il se passe une fois le temps écoulé ! »

« Pauvre Weasley, » commenta Merryl.

« Pauvre Weasley ?! » répéta l'adolescente. « Mais merde, Merryl ! Ce gosse me casse les pieds depuis la première année ! D'un côté, il se vante qu'il sera le prochain Lord Potter et par conséquent mon futur époux. Et je jure sur ma vie que jamais un tel porc ne sera mon compagnon de vie. Plutôt mourir que de vivre un tel enfer ! D'un autre côté, quand il ne clame pas notre futur mariage, il me lynche devant tout le monde parce que je suis une tricheuse, l'héritière de Serpentard, ou je ne sais quelle autre connerie qui serait la source de tous les malheurs du monde ! »

« C'est vrai que ce gosse est pénible, Merryl, » confirma Severus. « Et un vrai danger public. Même les jumeaux Weasley ne sont pas aussi dangereux, pourtant ils font des expériences avec leurs farces, certaines sont mêmes très dangereuses... »

« Je faisais juste remarquer que si ce garçon n'avait pas été pourri et gâté durant son enfance et bercé dans l'illusion qu'il serait le futur Lord Potter, il ne serait peut-être pas si horrible. La cause de toute cette histoire restera malheureusement, encore et toujours, Albus Dumbledore. »

Les deux Prince soupirèrent mais ne la contredirent pas. Elle avait raison.

« Sinon, puisque l'épreuve est la même, » fit soudain Harriet. « Vous me suggérez quoi ? Tetenbulle ou branchiflore ? »

« Harriet, je ne suis pas supposé répondre à ta question, » répliqua Severus. « Les participants ne doivent pas recevoir de l'aide de la part d'un professeur ou du jury. »

« L'énigme est déjà résolue, Sev, » soupira la Serdaigle. « Je demande juste un avis sur qu'est-ce qui est mieux pour respirer sous l'eau et surtout qu'est-ce qui est le plus abordable. Je ne préfère pas m'y prendre à la dernière minute car dans les deux cas j'ai besoin de temps soit pour apprendre le sort soit pour me procurer la plante. »

« Difficile à dire, » répondit alors le Serpentard avec honnêteté. « L'un comme l'autre a ses avantages et ses inconvénients. Tu peux maintenir le sortilège de têtenbulle indéfiniment à condition d'y être suffisamment concentrée. Quant à la branchiflore, tu n'as rien à faire sinon respirer librement mais seulement pendant une heure. Enfin, environ. Après tu te noies si tu n'es pas de retour à la surface. »

« Hmmm... je vais devoir y réfléchir très sérieusement. »

« Dommage que tu ne sois pas une élémentaliste de l'eau, » commenta Merryl en buvant son thé.

« Mouais ... dommage. Je suis de quel élément ? »

« Je dirais que tu as comme ta mère des affinités avec le feu mais tu n'es pas une élémentaliste sinon tu aurais reçu tout comme moi une visite d'un membre du personnel de Pelhisir. Mais cela ne t'empêche d'apprendre l'une ou l'autre chose. »

« Bon, ben je peux oublier une prochaine admission à Pelhisir, » soupira Harriet.

« Je n'ai pas dit cela. Techniquement, maintenant, tu es une élève de notre école. On ne sait d'ailleurs toujours pas comment cela s'est produit. »

« Encore un mystère dans la vie d'Harry foutu Potter. Cela devient une habitude, » répliqua la Serdaigle en haussant des épaules. « Je peux aller à Pelhisir l'an prochain ? »

« Pourquoi pas ? Cela pourrait peut-être s'arranger. Tu ne t'y épanouiras pas aussi bien que moi mais ... Tu y apprendras bien plus de choses que dans cette école. »

« Je peux savoir pourquoi tu as mis Alfie à Poudlard s'il apprendrait plus à Pelhisir ? »

« Décision de la famille Addington, » soupira Merryl. « Ils veulent qu'il fasse ses études en Angleterre... »

« Sev ? Tu en penses quoi ? » demanda alors Harriet.

« Cela fera étrange de ne plus te voir mais au moins je serais rassuré de te savoir en sécurité au Berceau. Le Seigneur des Ténèbres ne pourra pas t'atteindre là-bas. Maintenant, espérons qu'on puisse t'y inscrire sans souci. Avec Dumbledore et son influence, rien n'est moins sûr. »

« Dumbledore, je l'emmerde ! »

« Langage ! » fit Severus avec rictus amusé.