Chapitre 75 : Invitations au Bal et Problèmes Familiaux
Harriet parlait avec Padma et Hermione au sujet du Bal de Noël. Elles venaient d'être averties dans la journée par leurs directeurs de maison et Hermione avait même eu droit déjà au cours de danse où Minerva McGonagall avait montré la valse avec nul autre que Ronald Weasley. La Gryffondor racontait ce souvenir dans les moindres détails, allant de la description des pas gauches de l'imbécile aux expressions de son visage et même les quolibets des quelques autres Gryffondors, dont ses propres frères.
« Non mais pourquoi je vis les pires horreurs du monde et que je rate des moments pareils à coté quoi ?! » bouda Harriet en s'installant dans une alcôve avec vue sur le parc enneigé. « Franchement ... »
« Je te passerai le souvenir, » promit Hermione en pouffant. « Pendant un moment, j'ai même cru qu'il allait écraser le pied de McGo ! »
« La pauvre. Elle aurait pu avoir un meilleur choix pour la présentation quand même. Genre un des jumeaux ou un préfet même. »
« C'était pour lui fermer son caquet et qu'il soit plus attentif. »
« Après il n'a pu qu'être attentif ... à sa main sur la taille de McGo ! » rit Harriet. « Non mais pourquoi on n'a pas eu un cours de danse inter-maison ? »
« Toi tu voulais vraiment voir ça, hein ? » rit Padma.
« Voir un certain Ronald Weasley se faire humilier ? Bien sûr ! Rien que l'idée me fait sautiller de plaisir ! »
« Hmmm ... Harriet ? »
La jeune Prince tourna la tête pour voir un Neville Londubat légèrement rouge.
« Oui, Neville ? »
« Est-ce que je peux te parler … en privé ? »
Il observait les deux autres avec gêne tandis qu'Harriet prenait son sac de cours et le suivait un peu plus loin.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je me demandais si ... »
Le blond s'interrompit un instant et se mordit la lèvre. Harriet le trouvait mignon alors qu'il faisait cela. Elle se doutait déjà de ce qu'il allait demander mais elle le laissa prendre son temps et son courage.
« Je me demandais si tu accepterais de venir au bal avec moi. »
Une fois la demande sortie, le Gryffondor devint encore plus rouge, faisant concurrence avec l'écusson sur son uniforme. Harriet sourit doucement.
« Oui, Neville. Ce serait avec plaisir. »
« Hmmm ... Génial ! » fit le blond en se massant la nuque, un sourire sur les lèvres mais toujours aussi gêné. « Hmmm ... Alors ... On se voit en cours de potions ? »
« Tu veux que je me mette en binôme avec toi ? »
« Ouais, je veux bien. Je ne comprends rien pour le moment... »
Ils se séparèrent et la jeune fille retourna auprès de ses amies impatientes de savoir ce qui s'était dit.
« Alors ? » fit Hermione.
« Il m'a invitée, » répondit calmement la Serdaigle.
« Merlin ! Moi qui pensais que Ronald viendrait te voir avant qu'il n'ose venir te poser la question... J'avais déjà préparé un speech d'encouragement pour lui pour qu'il ne se fasse pas démonter par le refus que tu allais donner à l'autre idiot. »
« Pourquoi ? Cela se savait qu'il allait me demander ? Moi, je ne savais pas. »
« Plusieurs filles de Gryffondor ont remarqué comment il te regarde par moment, » révéla Hermione en se penchant en avant. « Mais il est super timide. Un vrai Poufsouffle ! »
Un bruit suspect s'éleva, tel un grondement. Hermione et Harriet se tournèrent vers Padma qui rougit furieusement, une main crispée sur son ventre.
« Pardon, » s'excusa-t-elle.
« Allons dans la Grande Salle, » rit l'autre Serdaigle en se levant. « Ce ventre réclame pitance ! »
« Quel langage ! » sourit Hermione.
« Oui, je me suis perdu sur de vieux écrits dernièrement, » répliqua Harriet en haussant des épaules.
Les trois filles partirent se restaurer, attrapant au passage une Luna perdue dans ses pensées. Cette dernière les suivit avec joie.
xXxXxXx
Harriet toqua à la porte du bureau de sa tante, ayant quelques questions à lui poser. Elle fronça les sourcils en entendant pas de réponse. Elle essaya la poignée mais cette dernière était verrouillée. Elle soupira et se dit qu'elle attendrait le soir au repas pour la croiser. Sauf qu'elle ne l'y vit pas non plus. Pas du tout à l'aise avec ça, elle se tourna vers son cousin.
« Dis, Alfie. Tu sais où est ta mère ? »
Le garçon regarda un instant la table des professeurs avant de reposer son regard sur la jeune Prince.
« Non, Harriet, je suis désolé. Maintenant que tu le dis, je ne me rappelle pas l'avoir vue depuis quelques jours... Elle travaille peut-être au Berceau. Elle est devenue Gardienne. »
Harriet le remercia et décida d'aller voir son frère. Peut-être que lui savait. Elle le retrouva en compagnie de Sirius et du professeur McGonagall. Cette dernière essayait de calmer le jeu entre les deux idiots qui ne cessaient de se lancer des piques venimeuses.
« Professeurs ? » appela-t-elle en s'approchant.
« Miss Potter ? » firent Severus et McGonagall.
« Oui, Riette ? »
« Est-ce que vous savez par hasard où est Miss Evans ? » demanda la Serdaigle. « Je suis allée à son bureau mais elle ne répond pas. Alfie lui-même ne sait pas où est-ce qu'elle pourrait bien être. J'aurais quelques questions à lui poser. »
« Pour ma part, je ne l'ai pas vue depuis un bon moment, Miss Potter, » informa la directrice des Gryffondors. « Elle a dit qu'elle avait quelques affaires à régler. »
« Tu as un problème, Riette ? » demanda Sirius. « Si tu veux, je peux t'aider. »
« Depuis quand tu t'appelles Merryl, Black ? »
« Oh toi, Snivillus, la ferme ! »
« Très mature, Siri, bravo ! » fit la Serdaigle en applaudissant. « Tu as quel âge ? Quinze ans ? »
« Eh ! Tu devrais tenir avec moi ! » bouda le Gryffondor en croisant les bras
« Et me mettre à dos mon prof de potions ? Je ne tiens pas à être mise en détention, merci... Je préfère laisser au professeur McGonagall le plaisir de compter les points. Je suppose que le professeur Snape, tout Serpentard qu'il est, doit certainement gagner, » termina-t-elle avec un sourire en coin.
Severus ricana.
« Ta filleule est intelligente, Black. Encore un peu et je pourrais croire qu'elle a du Serpentard en elle. »
« Qui sait, professeur ? » sourit la Serdaigle, mystérieuse. « Si jamais vous voyez Miss Evans, est-ce que vous pourriez lui dire que je la cherche, s'il vous plait ? »
« Naturellement, Miss Potter, » fit McGonagall, amusée par les derniers propos.
« Merci. Au revoir. »
« Au revoir, Riette. »
« Oh ! Et Siri, » ajouta la Serdaigle. « Tant que tu n'auras pas grandi dans ta tête, je tiendrais toujours pour ton adversaire ! »
« Sale petite ... »
Le Maraudeur partit à la poursuite de sa filleule qui s'était enfuie en courant, riant aux éclats.
« Je commence sincèrement à apprécier cette petite, » confia Severus à sa collègue. « Tellement différente de ses parents et pourtant si ... »
« Semblable, » termina McGonagall avec un hochement de tête. « Un parfait mélange des deux avec une touche de mystère tout autour. »
xXxXxXx
Severus marchait vers le bureau de Merryl. Il était lui aussi intrigué par l'absence de cette dernière. Cela devait bien faire une semaine qu'il ne l'avait pas vue. Pourtant elle s'installait toujours à côté de lui dans la Grande Salle ...
Il frappa à la porte et, n'entendant aucune réponse, la déverrouilla. Il sut vite qu'elle n'était pas venue ici depuis quelques jours car il faisait bien trop froid dans la pièce. Elle devait sans doute être chez elle. Comme il avait eu l'autorisation de la rejoindre là-bas quand il le souhaitait pour discuter, il se dirigea vers la cheminée et prit une pincée de poudre.
« Maison Evans, Cokeworth ! » dit-il distinctement avant de disparaître dans une gerbe de flammes vertes.
Il réapparut dans le salon du 7, Green Street, la maison d'enfance des Evans. Il fit quelques pas sur le parquet et épousseta sa robe tout en regardant autour de lui. Rien n'avait changé. Les meubles étaient toujours les mêmes et il vit de nombreuses photos de familles un peu partout. Il sourit en en voyant une de Lily quand elle avait treize ans, vêtue d'une robe verte. Il avait toujours aimé cette robe...
Il se surprit à ne plus ressentir autant de douleur à la vision de sa défunte amie avant de se retourner en entendant un soupir provenant de la pièce d'à côté. Il s'agissait du bureau du vieil Evans. Il aimait beaucoup l'homme, gentil et toujours à l'écoute.
Il s'approcha calmement, ne faisant même pas craquer les lattes du parquet sur son passage. Ses yeux se posèrent un instant sur le chambranle en bois peint en blanc où étaient inscrits les noms des trois soeurs à plusieurs reprises avec leur âge et leur taille. Il sourit encore avant de s'appuyer dessus pour observer l'objet de ses inquiétudes penchées sur une pile de parchemins.
En avisant les mèches qui sortaient de son chignon, Merryl devait travailler depuis un bon moment dessus pas dans les meilleures conditions psychologiques. Il se racla la gorge et sourit en la voyant sursauter.
« Severus ? Que me vaut le plaisir ? » demanda-t-elle, se remettant peu à peu de sa surprise.
« Personne ne t'a vue aux repas depuis un moment, » répondit le Serpentard. « Je m'inquiétais... »
« Je ... Je me nourris, ne t'en fais pas ... Je suis juste très occupée, » fit-elle en soupirant alors qu'elle s'installait un peu mieux sur son siège.
Elle l'invita à s'asseoir et Severus prit le siège de l'autre côté du bureau.
« Alors. Qu'est-ce qui peut te préoccuper à ce point ? » demanda-t-il en croisant les mains sur ses genoux.
Merryl soupira à nouveau alors qu'elle passait une main sur son visage. De l'autre, elle montra la montagne de documents qu'elle traitait.
« J'ai été convoquée au Magenmagot, » répondit-elle. « Lady Addington réclame la garde entière d'Alfie et ... je ... je n'ai pas les mêmes droits et accès qu'une famille Sang-Pur. Donc je dois me défendre seule si je veux pouvoir continuer à voir mon fils. »
« Ah ! Bien que je comprenne ta position, pour quel motif Lady Addington veut-elle arracher un fils à sa mère biologique ? »
« Parce que je suis une Née-Moldue, » fit Merryl en comptant sur ses doigts. « Une mère célibataire qui ne peut pas apporter autant qu'elle à un petit sorcier anglais et elle se sert de ma période de faiblesse d'avant les grandes vacances à l'appui pour prouver mon irresponsabilité devant les vieux sorciers bigots. »
« Charmante, » fit Severus, ironique avant de porter son regard vers la fenêtre juste derrière elle. « Je crois que tu as du courrier. »
Elle lui fit un sourire sarcastique avant de se lever, faisant craquer son dos au passage, et de se tourner vers la fenêtre derrière laquelle se tenait un hibou moyen-duc. Lorsqu'elle l'ouvrit, l'oiseau déposa un paquet sur le bureau, faisant tomber une volée de parchemins et repartit sans demander son reste.
Merryl soupira en se rasseyant tandis qu'elle agitait sa baguette pour remettre de l'ordre sur son bureau partiellement saccagé.
« Quand on parle du loup, voici la traditionnelle boîte de chocolats de cette vieille peau, » marmonna-t-elle entre ses dents.
« Elle te fait un procès et t'envoie du chocolat ? Elle essaie de se faire pardonner ? » fit Severus en relevant un sourcil.
« Elle essaye de se faire passer pour la gentille Lady qui accepte du sang souillé dans sa famille. Ca fait des mois qu'elle m'en envoie. »
« Hmmm hmmm ... Puis-je ? »
Severus adorait le chocolat et ne pouvait résister à la tentation. Du moins pas très longtemps.
« Je t'en prie, sers-toi. »
Severus tendit la main et ouvrit la boîte. Il observa quelques instants les carrés de chocolat, songeur, et s'en saisit d'un qu'il glissa doucement dans sa bouche. Il le laissa fondre doucement sur sa langue, appréciant le goût.
« Il y a Harriet qui te cherchait aujourd'hui, » lui informa-t-il ensuite.
Merryl posa sa tête sur ses mains, se massant doucement les tempes, les yeux fermés.
« Par Merlin ... J'assure vraiment pas ces temps-ci. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Soit je croule sous le travail, soit j'ai ces horribles trous de mémoire, » répondit-elle dans un soupir exaspéré. « Est-ce qu'elle t'a dit ce que je pouvais faire pour l'aider ? »
« Non, je n'ai pas demandé. Nous n'étions pas seuls. Mais elle m'a encore fait plaisir en remettant Black à sa ... »
Severus se figea un instant tandis qu'un goût léger, étrange, passait soudain sur sa langue. Il fronça les sourcils en jetant un coup d'oeil à la boîte de chocolats.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » fit Merryl en relevant les yeux sur lui.
« Tu sais où est-ce qu'elle se procure ces chocolats ? »
« Euh non, je n'ai jamais demandé... J'imagine que cela vient soit d'une boutique du Chemin de Traverse ou alors de ses elfes de maison. Pourquoi ? Ils ne sont plus bons ? »
« Si, si... C'est juste ... Je ne sais pas ... Il y a un truc bizarre. » Severus fit glisser sa langue sur ses dents tout en réfléchissant à ce qu'il venait de goûter. « Depuis quand elle t'en envoie ? » s'enquit-il ensuite, soudain suspicieux.
Le front de la rousse se plissa sous la concentration.
« Hmmm... Je suis venue te voir pour ton anniversaire donc, cela doit faire ... depuis février, un peu près. Pourquoi ? Tu m'inquiètes Severus. »
Le Maître des Potions reprit un morceau de chocolat mais cette fois-ci ne le mit pas directement en bouche. Il le cassa en deux et observa le liquide sombre en son centre. Cela pouvait presque passer pour de la liqueur. Il glissa son doigt et en préleva avant de le repasser sur sa langue.
« Merryl, » fit-il au bout d'un instant, la voix un peu plus dure alors qu'une colère le prenait au coeur. « Fais-moi plaisir, n'en mange plus. Cette garce t'empoisonne à petit feu. Il y a de la jusquiame noire et de l'achillée là-dedans. »
Il referma la boîte et la rangea dans une poche de sa robe.
« Je te ferai un antidote en rentrant à Poudlard. »
La rousse pâlit d'un coup et Severus pouvait percevoir ses tremblements.
« Les ... les deux ensemble, c'est mortel à fortes doses, non ? » Severus confirma d'un hochement de tête, le regard flamboyant. « Elle serait allée jusqu'à essayer de me tuer, » termina-t-elle sous le choc.
« Moi vivant, aucune autre Evans ne mourra, Merryl ! Tu as ma parole. Lady Addington aura de sérieux ennuis avec ça. Etre Sang-pur ne lui donne pas tous les droits. »
« Je pensais perdre la tête. Ce … ça veut dire que tout cela n'était pas de ma faute ? Que je ne suis pas une mauvaise mère ? » demanda-t-elle comme pour confirmer.
Prise d'un sursaut, elle contourna le bureau et se jeta dans les bras du Maître des Potions, les yeux brillants. Severus la serra contre lui et la rassura. Il lui fit la promesse d'en parler à son ami Lucius. Lady Addington ne s'en sortirait pas si facilement. Foi de Severus Snape ! Certes Merryl était une Née-Moldue mais elle avait encore des droits ! Et empoissonner quelqu'un pour prouver qu'elle était une mauvaise mère n'était pas digne d'un Sang-Pur. Qu'on se le dise !
Elle sembla le remercier au moins une bonne dizaine de fois avant de s'arrêter et de le regarder dans les yeux.
« Dis-moi ce que je peux faire pour te remercier ? »
Severus sourit.
« En acceptant d'être ma cavalière pour le bal, » répondit-il.
Elle sourit à son tour, amusée.
« Même sans cela, j'aurais accepté d'être ta cavalière avec grand plaisir, Severus. »
