Chapitre 76 : Derniers Préparatifs

« Eh ! Harriet ! »

La Serdaigle interrompit sa conversation avec Hermione pour se tourner vers la personne sans même essayer de retenir un soupir.

« Qu'est-ce que tu veux, Weasley ? » demanda-t-elle en levant vers lui son regard émeraude.

Le rouquin regarda un instant Hermione, incertain, avant de se lancer.

« Est-ce que tu viens au bal avec moi ? »

Harriet, qui avait pris son verre avec nonchalance et commencé à en boire quelques gorgées, s'étouffa et se mit à tousser. Elle s'empara vite d'une serviette pour se frotter la bouche avec élégance avant de répondre au Gryffondor.

« Non. »

« Mais pourquoi ? »

« Parce que je me suis déjà engagée à accompagner quelqu'un d'autre, tout simplement. Il fallait venir me le demander plus tôt. »

« Qui c'est ? » demanda le rouquin qui commençait à rougir de colère.

« Ca, tu le découvriras le jour du bal. »

« C'est un Serpentard ? »

« Si tu parles de Drago, non, je pense qu'il va être avec Daphnée. Ou Pansy, peut-être. Je ne sais pas encore. Et toi, tu en penses quoi, 'Mione ? »

« Difficile à dire. Les deux sont magnifiques quand il s'agit de paraître et je vois mal Drago Malfoy avec un laideron. »

Elles finirent par discuter robes et fanfreluches pour le dit bal de Noël, sachant parfaitement que le rouquin ne resterait pas très longtemps. Les garçons, dès qu'il était question de 'trucs de filles' fuyaient pour ainsi dire en courant. Les deux jeunes filles rirent avant de faire glisser leur conversation sur le sujet initial avant l'interruption Weasley, à savoir les potions.

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Harriet parlait avec Drago et Padma quand elle entendit un hurlement provenir d'un couloir adjacent. On aurait dit un cochon qu'on égorgeait ! Elle sortit sa baguette par acquis de conscience et elle vit Drago en faire autant. Ils s'approchèrent lentement de l'intersection mais une fois à peine à un mètre, ils virent un Weasley pâle débouler d'un pas rapide. Il les bouscula sans même les voir. Le Serpentard allait faire un commentaire avant d'être arrêté par d'un geste par Harriet.

« Tu n'es pas curieux de savoir ce qui l'a mis dans cet état ? » demanda-t-elle à son oreille.

Une lueur malicieuse apparut dans le regard acier alors qu'ils se retournaient pour voir ce qu'il y avait dans le couloir. Ils découvrirent Fleur Delacour occupée à se recoiffer d'un geste de sa baguette. Mue par la curiosité, et aussi un peu de confiance, Harriet s'avança.

« Bonjour, Fleur, » dit-elle avec un sourire.

« Bonjour Harriet, » fit la française, ravie de parler avec la jeune fille dans sa langue maternelle. « Comment vas-tu ? »

« Très bien. Dis, juste par curiosité, qu'as-tu fait à Weasley ? »

« Qui ? »

« Le rouquin qui vient de partir. Il était pâle comme un linge. »

« Rien de spécial. Il m'a demandé d'être sa cavalière et il n'a pas apprécié mon refus initial. Je lui ai juste fait comprendre qu'il n'avait aucune chance. »

« Tu pourrais nous dire comment ? » demanda la Serdaigle en se montrant Drago et elle-même.

« Je ne révèle jamais mes petits secrets, désolée. »

La française repartit avec un sourire mystérieux, laissant la jeune Prince sans réponse.

« Alors ? » fit Drago qui n'avait rien compris.

« C'est Fleur qui a de toute évidence terrorisé Weasley mais elle n'a pas voulu me dire comment. »

« Et pourquoi elle a fait ça ? »

« Weasley vient de se manger un deuxième râteau pour le bal, » ricana la Serdaigle, amusée. « Cela fait tellement plaisir à entendre. »

« C'est en effet une bonne nouvelle, » répliqua Drago sur le même ton, un sourire narquois sur le visage. « J'ai un énième prétexte pour le narguer. »

« Ne vous gênez surtout pas, Mr Malfoy ! Amusez-vous ! »

« Merci, ma chère. Allez-vous déjeuner ? » demanda-t-il ensuite en lui présentant un bras.

« Oui, très cher, » répondit-elle en s'y accrochant avec un sourire amusé. « Ce serait un plaisir de partager votre table. »

« Moi de même. »

Ils rirent doucement avant de rejoindre Padma qui les attendait et tous les trois, ils partirent déjeuner à la table des Serdaigles.

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Severus attendait la fin de la réunion bimensuelle qu'ils faisaient tous pour faire le point sur les élèves, leurs difficultés en cours, les problèmes disciplinaires récurrents, ... Pour son plus grand plaisir, naturellement bien caché, le jeune Ronald Weasley était assez mal vu par la plupart des enseignants. Il n'était pas spécialement bon élève, même très mauvais pour ce qui était de sa propre matière mais si ce n'était que cela, il n'aurait pas trop d'ennuis. Il causait de nombreux problèmes disciplinaires et à chaque réunion, on faisait mention du jeune Gryffondor. Même les deux plaies qu'étaient ses frères jumeaux n'étaient pas aussi pénibles ! Ou du moins pas dans le même sens.

Mais il semblait vraiment que le jeune Weasley était protégé par le directeur, du moins lorsqu'il recevait de fortes sentences pour ses bêtises. Si Severus se demandait pourquoi autrefois, maintenant, il en connait la raison. Et cela le répugnait. Ce n'était pas parce qu'il s'agissait de son fils – même si ce n'était pas officiel – qu'il devait le favoriser. Lui-même ne favorisait pas Harriet. Il la protégeait face aux problèmes qui la mettaient en danger mais pour ce qui était d'ordre disciplinaires, si elle était punie, il la laissait assumer ses bêtises. Merci, Merlin, Harriet n'était pas du genre à faire des bêtises, ou si elle en commettait, elle ne se faisait pas attraper.

Il fut interrompu dans ses réflexions en attendant Dumbledore parler de l'organisation du bal de Noël.

« Non, Dumbledore, j'assisterai seul au bal, » fit Black avec un petit sourire. « Je n'ai pas encore eu l'occasion de pouvoir rencontrer quelqu'un. »

« Voilà qui est étonnant, » marmonna Severus.

« La ferme, Snivillus ! »

« Et vous, Severus ? »

« Prévoyez deux places pour moi, Dumbledore. Je serai accompagné. »

Des regards surpris apparurent sur les visages de ses collègues. Il eut un sourire narquois en entendant le soupir du cabot et le voir bouder publiquement à ce sujet était satisfaisant. Lui devait se douter de qui serait sa cavalière.

« Pouvons-nous savoir avec qui vous serez accompagné, Severus, » s'enquit le vieil homme avec cette lueur dans le regard. « Si ce n'est pas indiscret ? »

« Justement, ça l'est, Dumbledore, » fit le Maître des Potions.

Sa voix s'était faite plus sèche alors qu'il jetait un regard noir à l'homme dont il n'avait plus du tout d'estime depuis plusieurs années maintenant. Depuis l'arrivée d'Harriet dans sa vie, en réalité.

« De toute façon, nous le serons bien assez tôt, » commenta Black, à la surprise du Serpentard. « Inutile de chercher des informations qui vont venir d'elles-mêmes. Il faut juste être patient. »

« Ce n'est pas très Gryffondor comme attitude, Black. Serais-tu devenir Serpentard depuis ton séjour à Azkaban ? » s'enquit Severus avec un sourire relevé.

« Fréquenter Lady Prince et ma filleule m'a amené à faire ressortir ma partie Serpentard..., » répondit le Maraudeur en haussant des épaules. « Juste un peu. Et puis, je viens d'une famille de Serpentard, cela reste dans les gênes ... Mais rêve ! Je reste un Gryffondor ! »

« Voilà qui est rassurant. Un Maraudeur Serpentard, très peu pour moi ! Poudlard n'y survivrait pas non plus ! »

« Dis pas des mandragores, Snivillus. On n'était pas si terribles que cela. »

Severus regarda Black comme si une deuxième tête avait poussé sur ses épaules et il ne fut pas le seul à le faire. Minerva en faisant autant.

« Je suis d'accord pour Remus, il était de nature relativement calme, mais vous et James vous étiez une calamité durant vos études ! » s'était-elle exclamée.

« Tu vois, Black. Je ne suis pas le seul à le dire. »

Le Lord Black leva les yeux au ciel avant de se lever.

« Si c'est tout, j'aimerais y aller. J'aimerais passer un peu de temps avec ma filleule. »

« N'en fais pas une maraudeuse, » prévint le Maître des Potions d'une voix sèche. « Je n'accepterais aucune mauvaise farce auprès de mes Serpents ! »

« J'ai déjà promis à Lady Prince de ne pas en faire une, Snivillus, » soupira à nouveau le Gryffondor. « Tu arrives trois siècles en retard, » ajouta-t-il avant de partir.

Ce n'était qu'une mise en scène pour les deux hommes. Ils se lançaient quelques pics mais il était hors de question que les autres voient qu'ils puissent commencer à s'entendre pour tout ce qui concernait Harriet. Severus se leva à son tour pour officiellement s'occuper d'une potion qu'il avait sur le feu, officieusement, pour jouer une partie d'échecs avec sa mère qui avait déjà fermé la bibliothèque.

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Severus se trouvait dans le petit salon des appartements de Merryl. Installé dans un des deux fauteuils faisant face au feu de la cheminée, il savourait la tasse de thé que venait de lui servir la rousse quand la porte d'entrée claqua contre le mur, le faisant sursauter et manqua de peu de renverser sa tasse.

« Maman ! » s'écria une voix depuis le couloir.

Se retournant vers le dit couloir, il eut le temps de voir passer une tête blonde qui alla se ficher ou plutôt se blottir tout contre l'occupante du deuxième fauteuil. Celle-ci se mit en sourire tendrement en passant ses mains dans les cheveux longs et sur le visage de son fils.

« Bonsoir à toi aussi mon coeur, que me vaut autant d'affection ? » dit-elle, amusée.

« J'ai essayé de faire ma valise mais tout ne rentrait pas dedans donc j'ai tout mis en boule dedans et dans des sacs mais j'aimerais bien que tu m'apprennes le sort pour faire la valise correctement, » commença le garçon de onze ans avant de se rendre compte qu'il y avait une autre personne dans la pièce. « Oh...euh bonsoir professeur, » salua-t-il Severus en se laissant encore un peu cajoler par sa mère.

« Bonsoir, Mr Addington. »

Détournant un peu le regard il recommença à faire les yeux doux à sa mère dans le but d'obtenir ce pourquoi il était venu à la base.

« Bon d'accord, sors ta baguette, » souffla la rousse en faisant de même.

Elle fit venir à elle une tasse de chocolat chaud qu'elle tendit à son fils puis fit venir la grosse mal et les sacs du Serdaigle jusque devant les fauteuils.

« En effet c'est un beau bordel que tu as là ! Regarde bien je ne te montrerais pas deux fois jeune homme ! »

Elle fit le mouvement au ralenti et prononça à voix haute le sort pour que le garçon puisse retenir et une fois cela fait, les affaires sortirent des différents contenants pour retourner dans la grosse malle, pliées et parfaitement rangées.

« Voilà ! Tes affaires sont prêtes pour demain. Tu as trouvé tous les cadeaux qu'il te fallait pour passer Noël chez ton père ? »

« Oui, c'était facile, sauf pour Oncle Freeman et Soledad mais j'ai trouvé. Tu ne restes vraiment pas avec nous cette année ? »

« C'est compliqué avec ton père et ta grand-mère, tu le sais bien, mon coeur. Je vais juste te déposer et saluer ton oncle. »

Severus releva un sourcil. Que Merryl s'approche seule de la dite grand-mère ne le rassurait pas après avoir appris que cette vieille chouette l'empoisonnait avec des chocolats. Il la savait capable de se défendre mais ... il ne voulait tout simplement pas la laisser seule avec une empoisonneuse !

« Veux-tu que je vous accompagne, Merryl ? » demanda-t-il calmement.

« Cela ne serait pas de refus. C'est très gentil de ta part et cela me rassurerait, » souffla-t-elle en souriant amèrement.

Severus hocha la tête et lui accorda un de ses rares sourires, qu'il devait avouer faire de plus en plus souvent ces derniers temps, et surprit le jeune Serdaigle par ce simple frémissement des lèvres. Ce dernier grimaça et s'en alla en embrassant vite fait sa mère sur la joue et courant comme s'il tentait d'échapper à un phénomène paranormal. Les deux adultes se regardèrent un instant avant que Merryl ne se mette à rire doucement. Severus en fit tout autant, amusé lui aussi par la situation. Le jeune garçon était plus normal qu'Harriet. Il réagissait plus normalement avec sa timidité enfantine là où sa soeur était bien trop dévergondée et parfois même indécente en privé.

« Aaah les enfants... Cela ne me rajeunit pas, » souffla Merryl de façon presque théâtrale. « Je crains le jour où il viendra m'annoncer qu'il a une copine et cela risque d'arriver rapidement si j'en crois les trois petites serpentardes qui traînent avec lui ! »

« Tant que ce n'est pas un Gryffondor comme le dernier Weasley ... »

« Ne parle pas de malheur, je le retiens, ce sale gosse ! »

« Tu n'es pas la seule à l'avoir à l'oeil. Il est allé bien trop loin avec Harriet. Et pas seulement elle. »

« Je ne sais pas ce qui me retient de lui lancer un sort d'illusion lui faisant croire que sa nourriture est une multitude d'araignées ... »

« Un peu de bon sens car tu pourrais avoir des ennuis avec ses parents et Dumbledore. Mais l'idée est pas mal. Je devrais la souffler à Harriet ... Elle et Black pourrait en faire quelque chose à leur prochaine revanche. »

« Hmmm ... Déléguer à Black pour qu'il prenne la responsabilité... Vous êtes vicieux, Mr Snape ! »

« Je suis un Serpentard, » se justifia Severus avec un sourire narquois. « Je ne fais rien de manière directe quand je peux le faire d'une autre manière. Et les Maraudeurs étaient doués pour cela. Alors même si officiellement je ne veux pas, je vais simplement fermer les yeux. Ce n'est qu'un Gryffondor après tout. Tout le monde sait que je 'déteste' les Gryffondors. »