Chapitre 77 : Le Bal de Noël
Harriet se sortit de la salle de bain de sa tante complètement habillée. Elle portait la robe que sa mère lui avait offerte pour son anniversaire. Le buste noir faisait ressortir le teint clair de sa peau tandis que le bleu égyptien à ses pieds reflétait bien la couleur de sa maison. Elle avait ses cheveux emballés dans un essuie blanc.
« Tati, est-ce que tu peux t'occuper de mes cheveux, s'il te plait. »
La jeune fille s'approcha avec un sourire et s'assit sur une chaise.
« Oui bien sûr. Est-ce que tu as déjà une idée de ce que tu aimerais ? » demanda Merryl en se mettant debout derrière elle.
« Pas la moindre. Au minimum, le haut de mes cheveux attachés, mais tu es totalement libre de faire ce que tu veux. »
« Pas la rendre chauve, tout de même, » commenta Eileen avec un sourire. « Je ne suis pas très portée sur une tenue parfaite tous les jours, mais il est important de bien paraître lors des événements comme ce soir. »
« Très bien, » s'exclama la rousse en se tordant les doigts.
Elle se décida pour le faire à la moldue, avec ses doigts comme elle avait l'habitude de la faire pour sa soeur quand elles étaient plus jeunes, rajoutant juste un peu de magie au bout de ses doigts pour y arriver plus vite. Elle tressa le haut des cheveux se sa nièce avant de les rassembler à l'arrière de son crâne, le reste de sa chevelure retombant en de belles anglaises dans son dos.
Les cheveux dissimulaient toujours assez bien les claires cicatrices qu'Harriet avait dans son dos, derniers vestiges visibles de sa vie chez les Dursley. Eileen s'approcha et tapota légèrement l'une d'elle avec sa baguette. Les cicatrices disparurent progressivement sous le glamour qu'elle appliquait, les laissant seulement visibles pour ceux qui en connaissaient l'existence et les personnes assez puissantes pour voir au travers si elles le remarquaient. La jeune Prince fit un sourire à sa mère à travers le miroir avant de se lever pour la serrer.
« Allez, va t'amuser, » fit la mère. « Il y a quelque part dans le château un ravissant jeune homme qui rêve de te faire danser. »
« Il y a d'abord le banquet avant le bal, Maman, » rit Harriet.
« Vas-y quand même. »
« Et moi, je ferais bien de me dépêcher, » dit Merryl.
« C'est sûr, Severus aime la ponctualité, » rirent les deux Prince.
« Passez une bonne soirée, » fit ensuite la jeune fille en sortant.
Elle sortit du bureau de Merryl et marcha dans les couloirs en direction de la Grande Salle. Là, elle retrouva ses amies en compagnie de leurs cavaliers. Drago était accompagné de Daphnée, Padma d'un Poufsouffle qu'Harriet ne connaissait pas, Hermione était sans surprise avec Viktor Krum, Fred et Georges étaient en compagnie d'Angelina Johnson et Katie Bell et ... Neville qui l'attendait dans un costume très chic. Et petit plaisir des yeux, Ronald Weasley était tout seul. Et encore plus satisfaisant encore, enfin pour beaucoup, c'était de le voir devenir vert de jalousie quand il vit que la jeune Prince qui devait selon ses dires devenir son épouse aller dans les bras d'un autre Gryffondor Sang-Pur aux biens meilleures manières.
Tout le groupe d'amis pénétra dans la Grande Salle et purent admirer le décor qui y avait été fait. Les elfes s'étaient surpassés pour que ce soir soit parfait. Il y avait de nombreux rideaux aux couleurs pâles et claires qui se mariaient parfaitement avec les stalactites qui tombaient du plafond et des arches. Il y avait de nombreux cristaux qui flottaient entre les bougies et quelques sapins étaient disséminés dans la pièce. Il n'y avait plus les grandes tables. Elles avaient en effet été remplacées par plusieurs petites rondes, pouvant accueillir une petite douzaine de personnes. Et miracle qui arrangeait bien leur existence, il était douze ! Le hasard faisait bien les choses parfois. Il n'y aurait probablement pas d'élément perturbateur durant la durée du repas.
Harriet sourit à Merryl et son frère en les voyant ensemble à une table en compagnie d'autres professeurs et la surprise de ces derniers en le voyant accompagné de la rousse.
« Parrain a bien meilleure mine ces derniers temps, » fit Drago en regardant dans la même direction que la jeune Prince.
« C'est parce que ma tante a du charme et beaucoup d'intelligence, » répliqua-t-elle. « On ne peut tout simplement pas lui résister ! Tu aurais dû voir le vol plané qu'elle a fait faire à Sirius quand il nous a tous réveillé le jour de mon anniversaire. On avait envie de commettre un meurtre ! Il a pris un bain matinal dans la baie. »
« Cette femme ? Elle a fait voler le professeur Black ? »
« Merryl est très puissante, tu sais. Et elle a du caractère. »
« Tout à fait le genre de parrain, » convint finalement le blond.
« Tant que le professeur Snape est concentré sur une autre personne que moi, je ne me plaindrais pas, » fit timidement Neville qui évitait de trop regarder vers la table des professeurs, préférant de loin se concentrer sur le contenu de son assiette.
« Je ne comprendrais jamais ce que tu trouves d'effrayant chez lui, Londubat, » fit Drago. « Il est juste strict et froid. Un peu parano quand cela concerne les potions mais à juste titre, je pense. »
« Tu as oublié le fait qu'il aime nous surprendre et nous faire peur. »
« A toi de ne pas te faire surprendre alors, » conseilla le Serpentard avec un sourire en coin.
« Et sinon... Viktor, parle-nous un peu de ton pays, de Dumstrangr, ... Comment sont les cours là-bas ? » fit Harriet, à moitié intéressée par la réponse.
Elle avait surtout fait cela pour détourner l'attention de Neville qui la remercia d'un sourire. Pendant ce temps, Severus discutait avec Merryl tout en jetant des regards noirs à Ludo Verpey qui essayait d'accaparer l'attention de la belle rousse, le pire sa belle rousse ! Qu'il commençait d'abord à être un homme honnête et droit dans ses bottes, rembourser les dettes qu'il avait avant de venir essayer de draguer la femme qu'il commençait sérieusement à aimer !
Aimer... Oui, Severus était en train de tomber amoureux. Il s'était promis de ne plus succomber à ce genre de sentiment après la double perte de Lily mais Merryl était un rayon de soleil. Et il ne voulait pas la perdre elle aussi. Pas sans avoir tout tenté, tout prouvé, jusqu'à l'impossible pour gagner son amour. Il ne referait pas les mêmes erreurs. Pas avec une femme aussi belle, aussi intelligente et aussi épatante qu'elle. A la fois voyante et discrète, timide et caractérielle qui en plus remettait le cabot Black et Dumbledore à leur place par de simples mots, voire même actions pour ce qui concernait le clébard ! Non, il ne la laisserait pas partir à moins qu'elle le lui demande ! Non, Monsieur !
Progressivement, les plats se vidèrent alors que les discussions enjouées allaient bon train dans la Grande Salle, jusqu'à ce que Dumbledore se lève et invite les élèves à profiter de leur soirée. Le professeur McGonagall insista malgré tout pour qu'ils profitent dans les limites de la décence et avec le respect des règles de l'école et des règles de la bonne société. Harriet vit d'ailleurs son frère lui jeter un regard plein de sous-entendus tandis qu'il les fixait elle et son cavalier.
« Pourquoi Snape nous regarde comme ça ? » demanda Neville d'une petite voix.
« Parce qu'il est persuadé que je vais enfreindre le règlement, » répondit la jeune Prince en haussant des épaules, tout sourire. « Ne t'occupe pas de lui. Et puis, ce n'est pas comme si on allait enfreindre le règlement ! »
« C'est vrai que ce n'est pas du tout votre genre, » fit Hermione avec un sourire. « Harriet, Neville, vous devriez nous suivre. Les champions ouvrent le bal, je vous rappelle. »
« Oui, Maman, » taquina Harriet se prenait des coups de doigts chatouilleux dans les côtes. « Eh ! Pas les chatouilles ! »
« Alors ne dis pas de bêtises, » répliqua la Gryffondor avec un sourire.
Ils rejoignirent la piste de danse où se tenaient déjà Fleur et Cédric. Harriet se tourna vers Neville et posa une main sur son épaule alors que lui-même mettait la sienne sur sa taille fine. Il rougissait légèrement mais il arborait un petit sourire tendre alors que ses yeux bleus étincelaient.
« As-tu déjà dansé la valse ? » demanda-t-il doucement.
« Mon frère et mon parrain m'ont appris, » répondit-elle avec un sourire.
« Ton frère ? Mais tu es fille unique. »
« J'ai été adoptée quand j'étais petite, Neville. »
« Ah oui, j'avais oublié. Désolé. »
« Ce n'est pas grave. »
Les premières notes se firent entendre quelques secondes plus tard et les quatre couples commencèrent à tournoyer doucement sur la piste. Harriet sourit quand elle sentit les deux mains de son cavalier la soulever par la taille. A mesure qu'ils parcoururent la piste, d'autres couples les rejoignirent progressivement : Drago et Daphnée, Fred et Katie, George et Angie, Seamus et Parvati, Théo et Pansy, et tellement d'autres encore.
Au bout de quelques danses, Neville proposa une petite pause pour boire quelque chose. La jeune Prince accepta volontiers et alla rejoindre Sirius qui regardait la piste avec envie.
« Si tu es sage, je t'accorderai une danse, » promit-elle à son parrain
« Et ce serait volontiers, Riette, » répondit le Maraudeur avec un sourire sincère. « Où est ton cavalier ? »
« Il est parti chercher des boissons. »
Harriet posa son regard sur la foule en mouvement et trouva rapidement ce qu'elle recherchait. Un immense sourire apparut sur ses lèvres tandis qu'elle observait son frère guider Merryl sur la piste de danse. La rousse avait un petit sourire pincé.
« Je crois que Merryl ne sait pas danser, » confia la jeune fille à Sirius.
« Peut-être qu'elle ne connait juste pas les danses traditionnelles d'ici. »
« Ou qu'elle a deux pieds gauches, » fit-elle remarquer. « Le professeur Snape vient de grimacer. »
« Tu es sûre ? »
« A ton avis, qui a appris à décoder ses expressions faciales ? »
« Les expressions faciales de qui ? » s'enquit Neville, curieux, alors qu'il présentait un verre à sa cavalière.
« Du professeur Snape. Il semblerait qu'il ait invité ma tante au bal. Ne sont-ils pas mignons tous les deux ? »
Le jeune Gryffondor regarda sa partenaire comme si elle avait une deuxième tête qui lui poussait sur les épaules.
« Hmmm... Harriet, tu es consciente que Snape et mignon ne vont pas du tout ensemble ? »
La jeune fille leva les yeux au ciel en souriant.
« C'est un homme comme tant d'autres qui en a vu trop quand nous n'étions encore que des bébés, Neville. Pas vrai, parrain ? »
« Je n'aime pas le dire, mais oui, » admit Sirius. « Snape n'a pas eu une vie facile et la guerre n'a pas arrangé les choses. Je pense que je vais aller me servir un verre moi aussi, » dit-il ensuite en partant vers le bar à ponch. « Amusez-vous bien, les tourtereaux. »
Les deux jeunes saluèrent le Maraudeur et discutèrent en buvant leur verre, le regard tantôt sur le cavalier, tantôt sur la piste de danse. Ils parlaient de différents sujets. Pourtant vint le moment désagréable auquel Harriet s'attendait. En effet, Ronald Weasley qui discutait avec Dean Thomas, venait de bousculer brutalement Neville pour se placer à côté d'elle et presque lui prendre la main.
Quelqu'un pouvait tuer ce foutu Weasley ? Ou l'envoyer à Sainte Mangouste ? N'importe quoi ? Azkaban serait le mieux tiens ! N'importe quoi du moment qu'il était loin d'elle !
Elle soupira et aida Neville à se relever. Elle nettoya même sa tache de ponch sur sa tenue de soirée avant de jeter un regard noir sur le rouquin.
« Harriet, tu danses avec moi ? » demanda Weasley.
