RàR :
Artemis : Oui, malheureusement, les fics de Maggie ont toutes disparues. La pauvre s'est fait hackée son compte FFN pour d'obscures raisons. C'est pourquoi elle à l'intention de les terminer avant de les publier sur son nouvel profil que je vous communiquerai dès que j'en aurais le nom XD C'est promis. Je changerai aussi en conséquence les informations sur mon profil.
Chapitre 79 : Petits Etats d'Âme
Eileen observait de loin sa fille alors qu'elle prenait son déjeuner dans la Grande Salle. Elle était assise en compagnie du jeune Londubat et ils lisaient et discutaient ensemble. Ils formaient un très beau couple. Bien qu'elle avait remarqué Severus jeter quelques regards noirs à cela. Elle se demandait pourquoi. Harriet avait-elle fait quelque chose de mal ou bien voyait-il la relation comme tout grand frère protecteur la verrait et ne savait pas trop comment faire comprendre au petit ami que s'il avait le malheur de faire du mal à sa soeur qu'il le payerait très cher ?
Elle trouvait la situation relativement amusante et même attendrissante. Elle pourrait lui en toucher deux mots et lui proposer de reléguer ce rôle du frère surprotecteur à Sirius. Après tout, elle doutait qu'un élève accepterait de faire du mal à Harriet en sachant qu'il y avait un Maraudeur juste derrière elle pour la défendre bec et ongles. D'autant plus qu'ils savaient tous de quoi l'homme était capable même envers sa propre filleule.
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Harriet se retrouva une nouvelle fois à terre et sa dague tinta sur le sol de pierre un peu plus loin.
« Aïe ! » Elle se frotta le bas du dos et les fesses tout en se redressant. « Tu as l'air d'humeur massacrante aujourd'hui, Severus. »
« Qu'est-ce qui te fait dire cela ? » demanda le Serpentard en remontant ses manches de chemise.
« Le fait que je suis tombée cinq fois à terre en cinq minutes. Tu ne vas jamais aussi fort d'habitude. J'ai fait quelque chose de mal ? »
« Ta tante et toi, vous vous êtes payées ma tête devant un Gryffondor. »
« Oh je t'en prie, ce n'est que Neville. Ce n'est pas Weasley non plus. Il sait tenir un secret. Je lui ai juste expliqué sans révéler notre lien que ma famille avait un passif avec toi et que donc je savais certaines choses. Et que tu connaissais entre autre ma mère, d'où le fait que tu pouvais bien t'entendre avec ma tante. C'est tout. Et puis, j'ai juste dit que tu pouvais être un peu moins froid et austère qu'en cours où tu devais veiller à notre sécurité parce qu'on joue avec des produits dangereux. Je t'ai rendu un peu plus humain. »
« Mais j'aime ma réputation de Chauve-Souris des Cachots ! »
« L'un n'empêche pas l'autre ! » fit-elle remarquer en croisant les bras. « Et puis, Alfie, Hermione et Luna savent déjà pour toi. Ils n'ont rien dit. Neville a eu une demi-vérité. »
« Luna ... Lovegood ? »
« Oui, » soupira Harriet en faisant venir lentement à elle sa dague.
« Tu lui as dit ?! »
« J'ai même pas eu besoin. Tu te souviens de l'attaque du détraqueur dans le train ? »
« Oui mais quel est le rapport ? »
« J'ai eu une conversation avec Remus au sujet que je pouvais l'appeler par son prénom mais seulement en dehors des cours et ... je ne sais plus vraiment comment c'est sorti mais elle a dit qu'elle ne le raconterait à personne que tu étais mon frère pour nous éviter des ennuis. »
Severus soupira.
« Le secret va finir par s'ébruiter Harriet ... Dumbledore va finir par être au courant. »
« Ou bien il verra notre rapprochement comme une condition sine qua non de Merryl pour votre couple. Tu t'entends bien avec moi ou sinon bye bye la compagnie ! » L'homme la regarda avec des yeux surpris. « Quoi ? On ne t'a jamais dit que des petits amis, on pouvait en avoir à la pelle mais qu'une famille on n'en avait qu'une seule ? »
« Je n'avais pas envisagé cela comme ça, » avoua-t-il au bout d'un moment.
« Heureusement que tu as une soeur qui est un génie ! »
« Ca va les chevilles ? »
« Elles vont très bien merci. Tout comme ma tête. » Elle fit tourner son poignard dans la main quelques instants avant de continuer. « Tu comptes reprendre un entraînement où j'apprends quelque chose ou bien je vais encore me faire placarder au sol jusqu'à ce que je me transforme en une carpette ensanglantée ? »
« Je n'allais pas si fort que cela, Harriet. Tu exagères ! »
« Demande à mes fesses et mon dos ! Je suis sûre d'avoir un sérieux bleu ! »
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Harriet marchait calmement dans le couloir. Elle se dirigeait vers l'appartement de Merryl à Poudlard. Ils avaient décidés de faire quelque chose de plus privé pour Nouvel An et tout le monde se rassemblait chez elle puisque la Serdaigle ne pouvait pas quitter l'école. Ce n'était pas très dramatique. Si elle n'allait pas vers la famille, c'était la famille qui venait à elle. Surtout que, techniquement, la famille était déjà là !
Alors qu'elle était dans le couloir, à quelques mètres de l'appartement de Merryl, elle se fit interpelée par son cousin. Elle se retourna, surprise et contente de le voir.
« Alfie ! Quelle bonne surprise ! Je te croyais rentré chez les Addington ! Et ... Oh ! Bonjour ! »
Elle remarqua seulement l'homme immense, pas immense comme Hagrid mais tout de même, qui se tenait derrière le jeune blond, une main posée sur son épaule. Il avait les épaules larges, de longs cheveux blonds retenus en un chignon bas et portait uniquement une tenue d'intérieur composée d'un pantalon à pince et une chemise à manche trois-quarts, dévoilant une partie de ses tatouages, si semblables à ceux de Merryl. Elle remarqua rapidement l'air de famille qu'il y avait entre les deux blonds.
« Bonjour, tu dois être Harriet. Alfie m'a beaucoup parlé de toi et je peux enfin voir de mes propres yeux à quel point tu ressembles à ta mère et ta tante. Je suis Freeman Addington, l'oncle préféré d'Alfie. »
« Oncle Freeman, tu es mon seul Oncle, » fit Alfie exaspéré.
« C'est bien ce que je dis, » s'amusa l'homme.
« Ravie de faire votre connaissance, Mr Addington. Vous venez pour le réveillon Noel-Nouvel An ? »
« Tout à fait ! Nous nous sommes enfuis pour ne pas rater la bonne cuisine de Merryl. Sérieusement cette femme sait comment parler à mon estomac ! » dit-il en avançant, semblant connaître le chemin par coeur.
« Je ne sais pas comment il fait, c'est à peine si elle sait cuir un oeuf sur le plat sans le brûler, » souffla Alfie à sa cousine
« Heureusement que ce n'est pas elle qui cuisine ce soir alors, » confia Harriet dans un murmure. « Tu crois qu'il le remarquera ? »
Les deux cousins se regardèrent dans les yeux avant de rire et de suivre l'adulte qui ne les avaient pas attendus. En passant dans les couloirs, Alfie grimaça à plusieurs reprises en voyant des filles de septième année observer son oncle comme une friandise particulièrement attirante, il était vrai que l'homme était loin d'être moche dans le genre viking.
Harriet alla ouvrir la porte et pénétra dans l'appartement de Merryl.
« Vous ne devinerez jamais qui je viens de croiser dans le couloir ! » fit-elle à l'assemblée.
« Qui ? » demandèrent Sirius et Severus d'une même voix avant de se lancer un regard partiellement noir l'un à l'autre.
« Alfie et son oncle ! »
Severus lâcha quelques secondes les casseroles pour embrasser sa soeur et saluer les nouveaux venus. Ce fut à ce moment-là que Merryl émergea de la cuisine, se figeant face aux deux invités surprises.
« Ta mère est morte ? » dit-elle surprise en direction de Freeman.
« Non mais je l'ai enfermée dans le manoir et je lui ai pris ça ! » répondît-il en décrochant une baguette crochue de ses cheveux.
« D'accord, je t'accorde l'asile politique alors, » sourit-elle en attrapant son fils et le portant dans ses bras tout en grimaçant. « Heureusement que la magie existe, tu fais ton poids, mon grand ! »
« C'est pas ma faute, c'est grand-maman qui essaye de m'engraisser comme une oie, » marmonna celui-ci en se débattant. « Je suis trop grand, lâche-moiiii ! »
« Fils ingrat. »
Les adultes et Harriet rirent doucement, ce n'était qu'un sourire pour Severus, en voyant le petit tableau de famille.
« Bon et sinon, on mange quoi ? J'ai les crocs ! » s'exclama le géant blond, faisant rire à nouveau toutes les personnes présentes sauf Merryl qui se frappa le front du plat de la main.
« De la semence de petits curieux ! » répondit automatiquement Harriet en se dirigeant vers le salon pour embrasser sa mère qui était 'venue' sous sa réelle apparence.
« Merryl, je ne sais pas si je dois rire ou fuir mais ta nièce te ressemble un peu trop au même âge... »
« Est-ce que tu insinues que je suis vieille ? Je peux encore empoisonner ta nourriture ou te mettre au régime, je te rappelle ! »
« Sauf que c'est moi qui prépare le repas et je ne veux pas d'un procès, merci bien, » répliqua Severus avec un rictus sur les lèvres.
« Pour la discrétion, c'est raté, » fit Harriet à son cousin.
Alfie hocha la tête en reportant son attention sur le gâteau qu'il tentait d'attraper sans se faire remarquer depuis avant.
« Comment veux-tu qu'il te colle un procès si son corps disparaît au fond du lac ou de la grotte aux acromentules ? » fit la rousse avec un sourire innocent et en battant des cils.
« Et te mettre encore plus à dos la famille Addington ? »
« Au point où j'en suis, cela ne ferait pas grande différence tu sais, » répondît sèchement la rousse en allant se réfugier dans la cuisine.
Freeman attrapa le gâteau tant convoité et mordit dedans à la grande horreur de son neveu. Severus observa les deux blonds, et ensuite sa soeur qui fournit un autre morceau de gâteau pour le consoler.
« Essayez de ne pas trop vous empiffrer sinon vous n'aurez plus de place pour le repas. Je vais voir ce que fait Merryl. »
« La laisse pas toucher à la casserole ! » s'écria Harriet, pas tentée à l'idée de manger un repas à moitié brûlé.
Le Maître des Potions retrouva la rousse dans la cuisine. Elle lui tournait le dos, les mains plongées dans l'eau qui remuait toute seule en de légères ondulations. Elle semblait s'acharner sur les tâches, l'esprit à des miles de là.
« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il en arrivant derrière elle.
« Huhum, » marmonna-elle. « Je réfléchissais ou plutôt certaines choses me revenaient à l'esprit. Cela fait quelques temps maintenant que je rêve de celle que j'étais avant de devenir Merryl Evans, chaque nuit depuis quelques semaines en fait. »
« Oh ... Sans doute le fait que tu te retrouves à ne pas être la seule à avoir subi cela et que tu peux enfin en parler avec quelqu'un. Harriet a toujours pu en parler avec notre mère. »
« Harriet semble ne pas se distancier de celle qu'elle a été. Moi, quand je dors, je me retrouve face à l'ancienne moi qui me reproche de l'avoir oubliée, qui me reproche d'avoir eu une meilleure vie qu'elle. Et chaque nuit je revis sa vie, car ce n'est plus la mienne et peu à peu j'ai l'impression de perdre tout cela. Je ne te l'ai pas dit mais cet été en me promenant dans le Londres moldu, j'ai croisé mon père, mes demies-sœurs et ma mère. Ils ne m'ont pas reconnue, c'est impossible. Mais moi oui. »
« Tu te trompes si tu penses qu'Harriet ne souffre pas de son passé. Elle a pu en parler c'est vrai mais elle a perdu tout comme toi une famille sans la possibilité de leur dire au revoir. »
« Je ne dis pas qu'elle ne souffre pas, juste que c'est plus compliqué pour moi qui suis obligée de croiser ma famille dès que je vais dans le Londres moldu... Elle n'a pas connu Lily et James, moi j'ai perdu mes deux pères, mes deux mères et trois sœurs, la dernière étant un monstre. Et je ne suis pas totalement à ma place comme je n'y suis plus dans mon ancienne vie. »
« Ne dis pas des mandragores, » dit Severus d'une voix calme. « Tu es parfaitement à ta place ici. Tu es sa tante, tu es son amie venue du futur, comme elle est la tienne. Vous avez beaucoup de choses en commun. » Il vint se placer dans son dos et l'enserra doucement par la taille. « Et puis, tu es avec moi. Tu ne te débarrasseras pas de notre famille car tu en fais maintenant partie que tu le veuilles ou non. Alors maintenant fais-moi plaisir, chasse ces sombres pensées de ton esprit, respire un bon coup et profite de cette soirée et trouvons de bonnes résolutions pour l'année à venir. »
« J'ai vécu plus de cinquante ans et c'est toi la voix de la raison, » soupira-t-elle, sortant ses mains de l'eau et se laissant aller contre son torse, la tête rejetée en arrière.
Severus sourit et lui embrassa la tempe.
« Ca t'amuse de sortir avec une vieille femme hein ? » se moqua-t-elle à moitié.
« L'âge n'est qu'un nombre, Merryl. Et tu n'es pas vieille ! Tu as tout juste un an en plus que moi physiquement ... C'est juste un peu déstabilisant parfois quand on sait que vous avez eu une vie avant nous, c'est tout. Imagine ma tête quand j'ai appris qu'Harriet avait mon âge. »
« Imagine la mienne quand je me suis rendue compte que j'avais l'âge d'être ta mère. »
« Mentalement seulement, » rit Severus, nullement vexé.
« Tu devrais craindre pire qu'une Harriet de trente-cinq ans, comme la progéniture que Sirius pourrait avoir avec mon amie Aimée s'ils continuent à se déshabiller du regard, progéniture que tu aurais en cours de potions. »
« Je crains le pire. Maintenant il faut voir si cette Aimée est capable de mener ce cabot par le bout du nez et en faire un homme et non plus ce gamin farceur. »
Il se détacha d'elle pour s'occuper du repas. Il transvasa les pâtes dans la sauce fromage et mélangea le tout rapidement d'une main habile.
« Aimée est le genre de femme à gratouiller des dragons sous le menton et à cracher du feu..., » souffla-t-elle en l'observant faire.
« Oh Merlin. »
« Et le feu est l'élément qui se transmet le plus facilement héréditairement parlant donc tu aurais des maraudeurs pyromanes comme élèves. »
« Je crois que le temps que ça arrive et qu'ils aient l'âge d'entrer à Poudlard, j'aurais pris ma retraite dans un autre pays, loin des dangers de l'enseignement, » fit le Maître des Potions qui avait légèrement pâli. « Et si on retournait au salon nourrir les affamés avant qu'ils ne mangent tous les gâteaux, » ajouta-t-il en prenant la casserole.
Elle sourit et le suivit.
