Chapitre 81 : Une Retenue avec Weasley
Harriet et Neville étaient assis, à moitié dissimulés dans une alcôve à s'embrasser quand soudain le Gryffondor se fit tirer avec violence par le bras.
« Eh ! Eeeeh ! » s'indigna ce dernier en se tournant vers le coupable.
Les deux amoureux s'attendaient à voir un professeur, ou pire, Severus, mais certainement pas deux Gryffondors.
« Lâche-moi, Weasley, » ordonna Neville en se dégageant de la prise du rouquin.
« Ne la touche plus jamais ! » siffla ce dernier. « Elle n'est pas à toi ! »
« Elle ne t'appartient pas ! » rétorqua Neville qui devenait légèrement rouge alors qu'il serrait les poings de colère.
Ce roux commençait réellement à le gaver. Harriet avisa les deux Gryffondors et sentit que cela allait s'envenimer assez rapidement. Elle voulut s'interposer entre les deux hommes mais elle fut écartée par Dean Thomas qui la tira par le bras pour qu'elle ne soit pas dans le chemin de Weasley.
« Laisse-le régler cela, » lui dit-il calmement tout en laissant une main sur son bras.
« Il n'y a rien à régler, » siffla-t-elle en attrapant le poignet du Gryffondor. « Ne pose plus jamais tes sales pattes sur moi ou tu le regretteras. Weasley laisse … Oh Merlin ! »
Neville venait de se prendre un crochet du droit en plein visage. Elle le vit tomber au sol en se tenant le nez. Le blond sortit sa baguette en même temps que le rouquin.
« Esperiamush ! » s'exclama Neville.
Rien n'y fit. Le roux avait toujours sa baguette. Harriet ne réfléchit pas plus loin. Elle donna un coup de pied dans la main de Weasley pour le désarmer avant de lui en donner un autre dans le ventre.
« Touche encore à mon petit-ami, Weasley, et cela ira très mal pour toi ! »
Elle tendit ensuite la main vers Neville et l'aida à se lever avant de le mener directement à l'infirmerie. Elle croisa malheureusement – ou heureusement – son frère sur le chemin. Severus regarda le visage du Gryffondor en compagnie d'Harriet puis le regard furibond de cette dernière, ainsi que les deux Gryffondors qu'il y avait vingt mètres plus loin.
« Cinquante points en moins pour chacun d'entre vous ! » susurra-t-il d'une voix menaçante. « Et retenue samedi dans mon bureau. Je veux vous y voir à onze heures du matin ! »
Harriet hocha simplement la tête et s'éloigna avec Neville. Elle savait qu'avec son frère sur le chemin, les deux autres idiots ne prendraient pas le risque de retenter l'expérience.
« Shui dézolé, » fit Neville au bout d'un moment alors qu'il retenait toujours son nez ensanglanté.
« Pourquoi tu dis cela ? » demanda-t-elle.
« Normalement, she sont les garshons qui brotègent les filles et bas l'inverze. »
« Dis pas des mandragores, » rit la jeune Prince. « J'apprends à me battre en duel et au corps à corps avec Remus, mon frère et mon parrain. J'ai l'habitude. Weasley n'est qu'un véracrasse comparé à eux. »
« Oui mais maintenant, tu es en retenue à cause de nous. »
« Laisse tomber Neville. Snape me connait bien. Il sait que je ne suis pas du genre à me battre sans raison. Mais cela reste une infraction au règlement. Je ne vais pas me plaindre ou cela empirera les choses. Et crois-moi sur parole, il y a pire qu'une retenue avec Snape. »
« Gomme ? »
« Tu verras, » répondit la jeune fille, énigmatique.
xXxXxXx
Harriet sortait de sa salle de bain quand elle vit son miroir magique scintiller. Elle ne prit pas la peine de se diriger vers sa porte qu'elle savait fermée et activa l'objet avant de le poser sur sa table de nuit.
« Harriet ? » fit la voix de Severus.
« Je suis là, » répondit-elle en rejetant l'essuie de bain pour se vêtir de son pyjama.
« Je préfère te parler en te regardant. »
« A moins de voir mon corps dans toute sa splendeur à l'instant, tu devras t'en passer pendant un instant. »
« Oh ... tu aurais pu ... me rappeler plus tard. »
« Tu n'as jamais utilisé le téléphone ? On peut se parler mais on ne se voit pas. »
« A part la littérature et la télévision, je ne connais pas grand-chose du monde moldu, malgré mes origines. »
« Hmmm hmmm ... Tu m'appelles pour quoi ? » fit alors Harriet en prenant une sucette dans sa corbeille à sucrerie avant de se jeter sur le lit et récupérer le miroir. « Voilà ! » dit-elle en souriant.
Severus eut un rictus.
« Qui a commencé aujourd'hui ? »
« J'étais bien tranquillement occupée à explorer la bouche de Neville quand Weasley s'est ramené avec son acolyte préféré. J'ai pas entendu toute la conversation mais en gros j'appartiens à Weasley et personne ne peut me toucher. Genre Thomas m'a carrément écartée en disant 'laisse-le régler ça !' La bonne blague ! »
« Et qui a donné le premier coup ? »
« C'est Weasley. Neville n'a fait que sortir sa baguette en même temps que cet idiot avant que je n'intervienne avec deux bons coups de pied. Franchement, il m'énerve ! Je peux l'envoyer à Sainte Mangouste ? Ou à la limite le tabasser un peu ? »
« Bien que cela serait distrayant, cela causerait ton renvoi pur et simple de l'école. »
« Quoi de mieux ? Je pourrais aller à Pelhisir ou dans une autre école loin des manigances de Dumbledore ou du danger de Voldy. »
« Tu permets que je médite sur la question ? »
« Quelque chose me dit que tu ne le feras pas, » fit Harriet avec un sourire.
« Bon allez, » sourit Severus à son tour. « Trêve de plaisanterie. Tu viendras malgré tout dans mon bureau samedi pour ta retenue. »
« Tu as conscience que tu as demandé à garder trois Gryffondors et une Serdaigle en retenue le jour même de ton anniversaire et que tu es du genre à les faire longues ! »
« Je ne fais rien le jour de mon anniversaire. »
« Dit celui qui a fait une escapade au Berceau pour son trente-quatrième anniversaire. »
« Ce n'était pas prévu. Merryl m'a pris de court. »
« Elle pourrait le refaire cette année ... »
« Ne cherche pas à éviter la retenue. »
« Ce ne serait que peine perdue, » soupira-t-elle. « Tu sais très bien qu'elles ne me dérangent pas. Elles font chier mais je les fais sans jamais me plaindre. »
« Langage ! »
Harriet éclata de rire, le baton de sa sucette coincé entre ses dents.
« Je ne fais que penser à ton propre bonheur, Sev. Et là ce serait potentiellement gâcher une journée toute entière avec ta chère et tendre. »
« Occupe-toi de tes affaires au lieu des miennes. »
« Mais je m'occupe de mes affaires. C'est pas ma faute si je me fais interrompre par un idiot qui se croit le centre du monde. »
Il lui fit malgré tout un autre sourire.
« Tu as bien fait, Petite Peste. Il l'avait mérité. Mais la prochaine fois, évite de te faire prendre. »
« A propos de se faire prendre. J'ai toujours pas de nouvelles de Dumby. Il a découvert qui a mis du laxatif dans ses bonbons ? »
« Il n'a même pas conscience que cela vient de là, » soupira le Maître des Potions. « Tu vas devoir en repréparer... »
« Pas de soucis. »
« Bon, je vais te laisser. Fais pas de bêtises. »
« Aucun risque. J'ai un bon roman qui m'attend. Au revoir, Sev. Je t'aime ! »
« Oui, moi aussi, Petite Peste. »
Le Maître des Potions s'effaça du miroir pour ne plus révéler que le reflet d'Harriet. La sorcière reposa l'objet sur la table de chevet et fit venir à elle son livre pour se détendre un peu avant de dormir.
xXxXxXx
Harriet était en retenue avec les trois Gryffondors et elle s'occupait de ranger soigneusement son armoire à ingrédients avec Neville. Weasley et Thomas s'étaient immédiatement écartés, surtout le rouquin, quand ils l'avaient vue ressortir de là avec un bocal de pattes d'araignées. Ils étaient bien trop heureux d'avoir à nettoyer les chaudrons ignobles que Severus leur avait réservés. Neville se chargeait de vider et nettoyer les bocaux pendant que la Serdaigle comptait et inventoriait tous les ingrédients avant de les ranger dans des nouveaux contenants en verre et de les étiqueter soigneusement et les ranger.
« Eh ! Eh ! Eh ! » fit joyeusement Merryl en entrant dans le bureau, surprenant les Gryffondors par son entrée.
Les deux Prince se retinrent d'échanger un regard.
« Salut, Tati ! » fit Harriet. « Tu tombes mal, on est en retenue. »
« Severus, tu t'infliges ça aujourd'hui ? » s'étonna la rousse.
« On est samedi, » rétorqua le Serpentard. « C'est plus adapté pour une retenue. »
« Et on est aussi le 9 janvier. »
Tante et nièce échangèrent un regard et Harriet secoua la tête en retournant à sa corvée dans le plus grand calme, intimant Neville de continuer également d'un simple hochement de tête.
« Bon ! Comme tu es de toute évidence coincé à Poudlard, est-ce que tu pourrais m'aider ? » demanda Merryl en s'approchant du bureau.
« Retournez à vos chaudrons ! » ordonna le Maître des Potions à Weasley et Thomas avant d'accorder un regard plus doux à son amante. « Cela dépend pour quoi, Merryl. De quoi as-tu besoin ? »
« D'aide pour retrouver une poecilotheria ornata. Il y en a une qui se balade dans le château et il faudrait mieux la retrouver avant qu'elle ne ponde des oeufs partout. »
Harriet soupira et secoua la tête.
« C'est pas vrai, Alfie l'a encore perdue ! »
« Miss Potter ! » fit Severus sur un ton d'avertissement.
« Cela fait déjà trois fois qu'il la perd en moins de dix jours et je l'ai retrouvée une fois dans le couloir menant à ma chambre ! Elle est immense ! »
« C'est quoi, une ... une ... poeci... machin ... ornata ? » demanda Neville, les sourcils froncés.
« C'est une grosse tarentule, » répondit directement Harriet en étiquetant un nouveau bocal. « Elle fait ... à vue de nez ... je dirais ... un bon vingt-cinq centimètres de diamètre ! Enorme le truc ! J'ai pas peur des araignées en général mais là, plus loin de moi cette chose est, mieux je me porterai ! Surtout qu'elle est venimeuse ! »
« Il y a une araignée qui se balade dans le château ? » couina Weasley, devenu pâle comme un linge.
« Je te remercie, Merryl, un Gryffondor terrorisé, c'était vraiment ce dont j'avais besoin, » fit Severus avec un rictus en coin.
« Mais je t'en prie, » sourit la rousse. « Alors tu m'aideras ? »
« Volontiers. Redis-moi encore l'espèce. »
« Poecilotheria ornata. »
« Peut-être que si nous l'attirons avec des phéromones ou quelque chose du genre..., » dit le Maître des Potions en se levant. « J'avoue qu'à part pour certaines propriétés en potions, je ne me suis jamais vraiment intéressé aux araignées. »
Il se dirigea vers sa bibliothèque et en sortit quelques volumes. Il en tendit un à la rousse avant d'en ouvrir un autre. Puis, n'entendant pas le bruit des frottements du tissu sur le chaudron, il releva la tête. Il voyait Weasley et Thomas l'observer, le rouquin clairement sur le point d'être malade. Il n'en eut cure et leur lança le regard le plus noir qu'il avait en magasin.
« Au travail ! » ordonna-t-il froidement. « Ou je vous envoie chercher cette tarentule à mains nues ! »
Les deux Gryffondors frémirent et reprirent le travail. Mieux, ils redoublèrent d'ardeur. Harriet ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire narquois pour eux. C'était qu'il savait faire peur, son grand frère.
