Chapitre 106 : Une Revanche Malodorante

Ma très chère Harriet,

J'espère que malgré la disparition de ta tante, tu te portes bien et que tu as passé une bonne fin de vacances. Et ton retour à Poudlard ? Comment cela s'est-il passé ?

Je voulais t'annoncer que mes rangs se remplissent à nouveau. Et je suis aller délivrer quelques vieux amis d'un long et éprouvant séjour entre les mains de nos ennemis, car si je comprends bien le Ministère est tout autant ton ennemi que le mien.

Doly le Crapaud, quel surnom étrange… Je connais bon nombre de manières de me débarrasser des indésirables. Je n'aurais jamais pensé au laxatif. Ce n'est pas très … raffiné. Maintenant, nous n'avons pas les mêmes goûts en matière de représailles.

Pour répondre à ta question, non, Dolores Jane Ombrage n'est pas une Sang-Pure. Elle est une Sang-Mêlée, née de Orford Ombrage, un sorcier quelconque, et Ellen Cracknell, une Sang-de-Bourbe. Cela dit, la rumeur court qu'elle se prétend Sang-Pure, une descendante des Selwyn. Elle a été répartie à Serpentard. Pour le reste, à part une carrière au ministère où elle a joué de ruse pour grimper les échelons, je n'ai rien de spécial à dire. Un soupçon sur le meurtre de son père peut-être.

Ah oui, Rubeus Hagrid. Un Gryffondor. Et il fallait bien que quelqu'un porte le chapeau. Je ne voulais pas être arrêté, vois-tu. Le Directeur Dippet était facilement crédule. Mais pas Dumbledore… Il m'a toujours soupçonné. Il avait raison évidemment.

Tu as eu des blocs sur ta magie ?! Dumbledore a fait cela ?! Mais … Et après c'est moi le monstre … Je n'arrive pas à y croire ! Sont-ils toujours sur toi ? Combien de blocs ? Comment l'as-tu découvert ? Dumbledore t'a-t-il fait d'autres choses ?

Non, le monde n'est pas pourri. On en a juste l'impression car on ne remarque essentiellement que ce qui est négatif.

Cordialement ennemis,

Lord Voldemort.

Severus lisait la traduction de la lettre avant de fixer sa sœur. Il l'avait mise en retenue plus par prétexte. Il avait profité d'une querelle entre elle et le jeune Weasley pour les punir tous les deux. Et ils les avaient tous les deux dans son bureau à nettoyer des chaudrons. Et heureusement qu'il les avait tous les deux car Ombrage s'était mise dans l'idée de surveiller la retenue avec lui. Elle pensait vraiment qu'il faisait du favoritisme avec Harriet. Ridicule.

C'était vrai quand elle était seule mais là, il se permettait des discussions privées. Mais avec Weasley dans son bureau en plus, il n'avait pu que prendre discrètement la lettre qu'elle avait glissée sur son bureau. Il avait juste eu le temps de ranger la réponse d'Harriet pour le Seigneur des Ténèbres quand Ombrage était rentré dans son bureau. Sans même frapper soi dit en passant.

Cela lui rappelait avec colère comment elle s'était permise d'entrer dans son bureau, fermé à clef, et l'avoir interrompu alors qu'il était en plein ébat amoureux avec Merryl ! Oh Merlin, Viviane et Morgane qu'il haïssait cette femme !

« J'ai fini, professeur, » fit Harriet en présentant ses chaudrons propres.

Severus leva la tête de ses copies qu'il corrigeait pour regarder son travail.

« Vous pouvez partir, Mi… »

« J'estime que ce n'est pas suffisant, » coupa Ombrage.

« Je vous demande pardon, Dolores ? » fit le Maître des Potions.

« Ce n'est pas suffisant. Il n'est pas normal qu'elle ait nettoyé tous ses chaudrons alors que Mr Weasley est encore loin d'avoir fini. Vous faites clairement du favoritisme. »

« Comptez les chaudrons avant de m'accuser de faire du favoritisme, Dolores, » rétorqua durement Severus. « Miss Potter a eu autant de chaudrons à nettoyer que Mr Weasley. Pour leur vitesse de travail, je ne suis nullement responsable. Miss Potter a de toute évidence de la technique là où Mr Weasley en manque. Pour moi, c'est bon, Miss Potter. Vous pouvez y aller. »

« Au revoir, professeur, » fit Harriet en se dirigeant vers son sac et sa cape.

« Non, Dolores ! J'ai donné la retenue à Miss Potter, alors je décide quand elle est terminée. Miss Potter a nettoyé ses trente-cinq chaudrons, alors elle peut partir ! »

« Je ferai un rapport, Severus. Votre favoritisme sera rapporté auprès du conseil. »

« Eh bien, je me ferai un plaisir de me présenter devant le conseil et de jurer sur ma magie que je ne fais absolument aucun favoritisme avec mes élèves quand il s'agit de retenues ! Oui, Dolores, je suis prêt à aller jusque-là puisque vous m'y poussez. N'oubliez pas que nous sommes tous deux des Serpentards. Il ne sera pas si aisé de ruser avec moi comme vous le faites avec vos collègues et subalternes au ministère. Et qui croyez-vous qu'ils écouteront ? Une femme qui a un comportement douteux ou l'homme qui jure sur sa magie ? Réfléchissez bien. Je ne suis pas quelqu'un qui se laisse faire sans répliq… ! »

Harriet sortit du bureau de son frère à ce moment-là, mêlée entre inquiétude et amusement. S'il y avait bien une chose que Severus détestait, c'était qu'on marche sur ses plates-bandes. Ombrage devenait vraiment envahissante.

Mais comme la sorcière était dans le bureau de son frère, c'était le moment parfait pour agir. Et elle avait absolument tout ce qu'il lui fallait. Elle marcha alors jusqu'à être sûre d'être suffisamment éloignée du bureau de son frère et dissimulée derrière une alcôve pour se recouvrir de sa cape d'invisibilité. Ensuite, elle prit le chemin du bureau d'Ombrage, juste derrière sa classe. Elle ne croisa heureusement personne sur son chemin.

Quand elle pénétra dans la classe de DCFM, elle se dit que finalement, elle n'était pas forcée de rentrer dans le bureau qui devait sûrement être fermé et protégé. Il y avait déjà une théière avec une tasse sur la table de son bureau. La sorcière se permettait de boire en classe pendant qu'ils lisaient tous leur manuel.

Harriet s'assura que la théière était encore pleine avant d'y verser quoi que ce soit. Elle apprécia même qu'Ombrage y ait placé un sort de stase et de chaleur. Ainsi son thé restait toujours à parfaite température… Elle ne le jetait donc jamais. Parfait.

Elle sortit de son sac une fiole que Kreattur lui avait rapportée, cadeau de Sirius. Il lui avait dit ne pas en parler avec Severus car il pourrait être colère. Autrement dit, les Maraudeurs s'en étaient servi contre les Serpentards il y avait de cela longtemps. Elle versa le contenu de la fiole dans la théière, sachant qu'elle devrait trouver une opportunité pour revenir quelques jours plus tard pour la touche finale. D'abord un constipant, ensuite un laxatif…

Elle partit rapidement ensuite pour rejoindre son dortoir. Ni vu, ni connu.

xXxXxXx

Severus marchait dans le couloir et croisa un certain nombre d'élèves. Parmi eux, Granger et Harriet qui discutaient à deux et gloussaient. Il nota néanmoins que sa sœur l'avait fixé et avait un sourire coupable … non, plutôt… maraudeur. Quand il passa à côté d'elles, il entendit clairement.

« Fais durer le plaisir, s'il te plait. »

Alors soit, cela ne le concernait absolument pas, soit sa sœur venait de faire quelque chose et lui demandait de prendre son temps pour le régler. Cette phrase et ce sourire le mettait mal à l'aise, un peu comme au temps où les Maraudeurs s'acharnaient sur lui. Qu'avait-elle fait ?

Il eut rapidement la réponse sur le temps de midi. Une odeur nauséabonde propre à ce qu'on pourrait retrouver dans des toilettes empestait l'air. Il retroussa légèrement le nez en avançant vers la table des professeurs. Il entendit les rumeurs et les moqueries avec un nom en commun : Ombrage.

Non ! Harriet l'avait finalement fait ! Il retint un sourire narquois d'apparaître sur son visage alors qu'il s'installait au côté de Minerva.

« Il semblerait que les Maraudeurs aient à nouveau frappé. Est-ce un mauvais coup de Peeves ? » demanda-t-il. « Il les a toujours admirés… »

« Fort possible. »

« Qui est la victime ? »

« Je l'ignore Severus, elle ne s'est pas encore manifestée, » répondit l'animagus avec un sourire en coin relativement bien dissimulé. « Mais… »

Elle fit un geste du menton en direction des élèves. Oui, les rumeurs de couloirs. Ombrage.

Soudain l'odeur se fit encore plus forte avant qu'un sort ne soit murmuré. Cela aurait pu être passé inaperçu mais pas pour des ouïes aussi fines qu'étaient celles de Minerva et Severus.

« Que de souvenirs…, » murmura le Maître des Potions.

« Avez-vous trouvé un antidote à ce problème ? »

« Moi ? Non, ce n'était pas moi mais Slughorn. Et je n'ai jamais pris la peine de reprendre ses travaux. J'aurais peut-être dû. »

Minerva ne s'y trompa pas. Elle savait qu'il y avait une touche de mensonge dans la voix de son collègue et ami. Lui ne pas reprendre un antidote ? Il conservait tout en tout temps quand cela concernait son art. Mais l'acuité auditive d'Ombrage était connue depuis l'épisode d'Harriet l'insultant très discrètement. Alors un petit mensonge innocent ne faisait pas de mal.

Il termina son repas dans le calme, enfermé dans un sortilège de têtenbulle comme beaucoup de personnes dans la salle, les plus âgés des élèves ayant même aidé les plus jeunes à se protéger de l'odeur infâme.

Quand il se leva ensuite, il s'assura que sa sœur était suffisamment loin pour ne pas être entendu d'Ombrage.

« Vingt points pour Serdaigle, » donna-t-il sans justification.

Un simple regard vers sa sœur lui fit comprendre qu'il était content de la tournure des choses. Elle lui fit un simple sourire, bien qu'extrêmement discret.

« Tu nous expliques ? » demanda Luna à l'adresse de la jeune Prince.

« Je ne parlerais qu'en présence de mon avocat, » rétorqua Harriet avec un sourire.

« Qu'as-tu à te reprocher ? Tu as été vilaine ? »

« Si on vous le demande, vous direz simplement que vous ne savez rien, » rétorqua la jeune fille avec un clin d'œil.

Severus qui avait entendu l'échange eut un sourire un peu plus présent. Il se dirigea vers son bureau pour s'occuper de devoirs. Il en avait un petit paquet à corriger. Et accessoirement la réponse d'Harriet pour le Seigneur des Ténèbres à lire…

Tom,

Merci pour l'information concernant Dolly le Crapaud. Je sais maintenant à qui j'ai affaire. Et je comprends un peu mieux ce qui est arrivé à ma tante, en particulier vis-à-vis des propos qu'elle a osé me sortir en plein visage en plein milieu de Poudlard. Je prévois une revanche salée pour cet affront d'ailleurs. Peut-être en entendras-tu parler.

Oh Merlin … Tu as délivré tes 'amis'. D'un autre côté, pourquoi devrais-je être surprise ? Une guerre ne se gagne pas sans alliés. Mais franchement, j'aurais préféré qu'ils restent tous à Azkaban, voire qu'ils subissent le baiser du détraqueur pour certains. Je pense plus particulièrement à une certaine Black qui a la réputation d'être une folle à lier. Maintenant, il y a elle mais aussi tant d'autres…

Entre nous, Dumbledore aussi devrait être à Azkaban. Pour la peine maximum et baiser du détraqueur à la fin !

Oui, j'ai eu des blocs magiques sur mon noyau. Sept pour être précise. Et on l'a découvert quand ma mère m'a recueillie. Elle a fait des démarches à Gringott's … Elle voulait savoir exactement si j'avais des séquelles de l'impardonnable que tu m'as lancé et elle est tombée dénue quand elle a vu le bilan final des Gobelins. Tu peux me croire quand on te dit que notre estime pour Dumbledore a grandement baissé après cela.

Et depuis on fait tout pour en être le plus éloigné possible. Enfin… jusqu'à ce que tu reviennes et que tu nous déclares à nouveau la guerre.

Je commence sérieusement à haïr Poudlard. Dumbledore… Ombrage… Weasley… Les décrets d'éducation de plus en plus ridicules… Faites que Dolly le Crapaud trouve une excuse pour me renvoyer que j'aille suivre un enseignement de qualité ! Je ne critique pas les autres professeurs mais là, cela craint de plus en plus ! En plus, Ombrage m'a à l'œil. Je ne peux même pas m'entraîner en douce comme je le voudrais.

Tu ne peux rien faire contre elle ? Cela nous arrangerait tous. Un grand nombre d'entre nous, élèves comme professeurs.

Cordialement ennemis,

Harriet Potter-Prince.

Severus brûla la réponse de sa sœur et resta pensif. Oui cela convenait très bien. Et si le Seigneur des Ténèbres accédait à sa requête, ils auraient tous la paix. Rien que l'idée lui plaisait énormément.

Il revint à lui quand il entendit quelques coups contre sa porte. Il releva un sourcil en voyant Ombrage entrer. Il ne lui avait certes pas accordé le droit d'entrer mais le fait qu'elle frappait à sa porte était déjà un plus. Que lui voulait-elle ? Avec l'odeur qui vint rapidement à ses narines, il en eut une petite idée.

Mais comme sa sœur le lui avait demandé, il allait faire un peu durer le plaisir.