Chapitre 108 : Petites Altercations

Harriet rejoignit seule les jumeaux Weasley à la bibliothèque et s'installa en face d'eux. Ils lui firent un merveilleux sourire avant de retourner à leur devoir de métamorphoses. Harriet en fit autant avec son devoir de potions en attendant que la voie soit libre. Elle jeta un bref regard à sa mère qui releva un sourcil interrogateur, puis au reste de la salle. Personne pouvant la punir et si nécessaire elle s'expliquerait avec la bibliothécaire en privé.

Elle sortit une petite boite en bois de son sac et la glissa vers les jumeaux.

« De la bonne qualité, comme promis. »

« Il y en a combien ? » demanda Fred par curiosité.

« Et on te doit combien ? » ajouta George.

« Il y en a une bonne trentaine et vous ne me devez rien du tout tant que vous vous chargez d'Ombrage comme première victime. »

« Ce sera avec plaisir, » firent les deux Gryffondors dans un murmure enjoué.

« Sinon comment tu as pu t'en procurer autant ? C'est rare comme ingrédient ! »

« Pas tant que cela quand on a les bons contacts, » rit la jeune fille. « Et j'en ai un parfait qui ne peut presque rien me refuser. »

« Presque ? »

« Ben, c'est un prof… Il a des limites quand même. Et d'ailleurs, tant que vous n'êtes pas pris dans la main dans le sac, il ne fera rien contre vous. »

« Même si c'est lui qui nous voit ? » demanda Fred.

« Et d'ailleurs, c'est qui ce 'lui' ? » continua George.

« Réfléchissez un peu et peut-être que vous devinerez la réponse à cette question, » répondit-elle avec un clin d'œil.

« Une énigme, » firent les jumeaux aux anges. « Nous allons la résoudre en même temps que notre mission ! »

Les trois adolescents sourirent et retournèrent sagement à leurs devoirs.

« Sinon Harriet ? » fit Fred au bout d'un moment.

Il était légèrement hésitant.

« Oui ? »

« Comment savais-tu pour la liaison de notre mère ? »

« Vous le saviez ? »

« On savait qu'elle avait une liaison, » confirma George. « Mais pas avec qui ni depuis combien de temps. On n'en avait pas parlé avec notre père mais … »

« On n'aurait jamais cru que c'était avec Dumbledore ni que … »

« Ben que nos frères et sœurs n'étaient pas de notre père. »

« Honnêtement, on l'a découvert par hasard, » répondit Harriet. « Quand ma mère m'a récupérée, elle a découvert certaines manipulations de Dumbledore et depuis elle le surveillait. Elle a découvert pour la liaison avec votre mère peu après l'accident de Ginny. »

« Découvert comment ? »

« Sincèrement, je préfère ne pas savoir mais elle a vu quelque chose de suffisamment explicite pour les mettre en couple. Par contre, les amis, hmmm… Ce n'est pas que je ne veuille pas discuter avec vous mais je suis à la bourre pour mes devoirs. »

« N'en dis pas plus, » sourirent les jumeaux. « Travaillons ! »

xXxXxXx

Harriet observait le tableau suspendu dans le Grand Hall, à l'entrée de la Grande Salle. Un nouveau décret d'éducation signé Ombrage… Tout élève surpris en possession du magazine Le Chicaneur sera renvoyé.Elle n'était absolument pas surprise. Elle s'apprêtait à pénétrer dans la Grande Salle pour se restaurer quand elle se sentit happée par un sortilège. Un Accio.

Elle sortit sa baguette, prête à se défendre, mais elle se détendit légèrement en voyant qu'il ne s'agissait que de Drago, Vincent, Gregory et Pansy. Enfin 'que' … Ils semblaient vraiment en colère… Normal vu ce qui était apparu dans Le Chicaneur.

« Tu as vendu mon père ! » siffla le blond en la menaçant de sa baguette. « Pourquoi ?! »

« Parce que c'est la vérité. Il est un Mangemort. Et comme j'ai donné mon souvenir de cette nuit-là, quand bien même je ne l'aurais pas dit, son nom aurait été mentionné de toute façon. »

Elle l'attrapa par le poignet et lui fit lâcher sa baguette avant de le relacher et d'écarter le bout de bois d'un coup de pied. Elle se retrouva avec trois autres baguettes pointées vers elle. Evidemment…

« Mais tu sais aussi que je n'ai pas vendu que des personnes certifiées Mangemorts. J'ai vendu les Dumbledore aussi. Et si tu as bien lu attentivement l'article dans le Chicaneur, tu sais aussi que j'ai parlé des amis que j'ai perdus et ce que cela me fait. » Elle le vit pincer les lèvres. « Alors oui, j'ai vendu vos pères, oui ils sont maintenant suspectés par le Ministère, mais vous ne pouvez pas dire que c'est faux ! Vous le savez très bien ! Mais vous savez aussi que c'est la guerre et que je me dois de me débarrasser de mes ennemis. Vos parents à Azkaban, il a moins d'hommes et qui dit moins d'hommes, dit qu'il est plus vulnérable. Au vu de ses compétences et des miennes, je pense qu'équilibrer un peu les choses est de rigueur ! Et jusqu'à preuve du contraire, je n'ai fait que citer les Mangemorts en précisant que leurs familles, même si elles suivent le camp des ténèbres, elles ne le font pas toujours de leur plein gré mais seulement par crainte et par instinct de survie. »

Elle s'avança encore d'un pas pour n'être plus qu'à quelques centimètres de son ancien meilleur ami Serpentard. Elle le fixa quelques secondes avant de reprendre.

« Maintenant si tu veux te venger de moi pour avoir dit toute la vérité, je t'en prie. Je ne t'en blâmerais pas. J'accepterai volontiers de me faire charcuter la main par Ombrage pendant une quinzaine puisqu'elle n'attend qu'une opportunité pour me punir. Vas-y, je t'en prie, Drago ! Va ! Cours la lui donner ! Je rêve de faire couler mon sang sur du parchemin en écrivant des lignes oh combien inutiles pendant qu'elle essaie de m'écraser ! »

Elle le vit froncer légèrement les sourcils avant de remettre son masque froid et colérique.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Harriet se rapprocha de lui pour lui murmurer à l'oreille.

« Que la garce qui nous sert de prof de DCFM, en plus d'être une incompétente en cours, me pousse à me mutiler la main avec une plume de sang lors de retenues. S'il n'y avait pas le professeur Snape pour me soigner la main, j'aurais depuis longtemps des cicatrices. Et si tu ne me crois pas, va voir ton parrain, il te le confirmera. »

« Si c'est la vérité, ce dont je doute, il le niera. »

« Dans ce cas, tu n'as qu'à lui dire que la Petite Peste t'a envoyé chercher confirmation de ces propos. » Elle recula pour admirer la tête surprise du Serpentard. « Eh oui, ma tante et le professeur Snape sont en couple, Drago. C'était inévitable que je me retrouve affublée d'un surnom pareil… »

« Pourquoi tu me dis tout ça ? Je pourrais les rapporter au Seigneur des Ténèbres pour aider mon père… »

« Parce que ces informations, Voldy les sait déjà, » rit la jeune fille. « Tu peux me croire sur parole à ce sujet. Nous avons une correspondance … intéressante, je dirais. »

« Toi ? » intervint Pansy, surprise et pas du tout convaincue. « Une correspondance avec le Seigneur des Ténèbres ? »

« Oui, Pansy, j'ai une correspondance avec lui. Il applique un précepte de Sun Tzu. »

« Sun Tzu ? » firent les sorciers Sangs-Purs.

« C'est un Moldu, enfin je crois. Il a écrit L'Art de la Guerre. » Elle réfléchit quelques instants à l'ouvrage afin de se remémorer une phrase en particulier. « 'Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux.' Voldemort ne fait qu'appliquer ce précepte. Et j'avoue que moi aussi, j'en profite ! »

Drago recula encore en secouant la tête.

« T'es vraiment pas possible, » soupira-t-il.

« C'est pour ça que tu m'as baptisée Miss Impossible, je crois non ? » répliqua-t-elle avec un sourire en coin.

Elle s'éloigna légèrement pour ramasser la baguette de Drago et la lui rendit.

« Si jamais je t'ai fait mal au poignet, je suis désolée, » ajouta-t-elle avec sincérité. « Maintenant, vous m'excuserez mais je meurs de faim ! »

Ils eurent tous malgré tout un sourire en coin à cette annonce et la laissèrent partir.

xXxXxXx

Severus lisait tranquillement dans ses appartements quand il reçut un appel-miroir de sa sœur.

« Bonsoir, » fit-il. « Que puis-je pour toi ? » ajouta-t-il en avisant son visage songeur et les sourcils froncés.

« Salut. Hmmm … J'ai encore reçu une lettre de Voldy et je ne sais pas trop comment y répondre. Je peux avoir tes impressions ? »

Le Maître des Potions referma son livre et le posa à côté de lui pour accorder toute son attention sur Harriet.

« Je t'écoute, » dit-il avec sérieux.

Ma très chère Harriet

Quel article intéressant dans le Chicaneur. Dommage qu'il soit dans ce journal rempli d'inepties plutôt que dans la Gazette du Sorcier. Mais il est vrai qu'avec leurs tentatives pour étouffer mon retour, le Ministère n'aurait pas permis la publication d'un tel papier. Je me demande comment Dumbledore a pris le fait qu'on divulgue ce petit détail assez compromettant… Je payerai cher pour le savoir.

« Pas très bien, » fit le Serpentard. « Il était glacial à ce sujet lors des réunions de l'Ordre et Mme Weasley n'a pas été une hôtesse exemplaire. Maman a bien failli se faire agresser. »

« Non ! Elle va bien au moins ? »

« Bien sûr. Black et Lupin sont intervenus pour la défendre et j'ai rappelé qu'on était là pour combattre le Seigneur des Ténèbres et non pour déblatérer sur la vie sentimentale de deux personnes, aussi choquante soit-elle. Mais fais attention à l'avenir quand tu seras face à Dumbledore ou même les Weasley. Ils ne vont pas t'avoir à la bonne. »

« Les jumeaux ça va. Ils savaient que leur mère trompait leur père. Par contre, je ne sais pas encore pour Ronald. Après tout, c'est un Dumbledore … »

« Il ne t'a pas encore abordée ? »

« Non. Pas encore. C'est vrai que c'est bizarre. Cela fait pourtant trois jours que l'article est sorti. Tant mieux ! Moins je le vois, mieux je me porte ! »

« Que dit la suite ? »

Harriet hocha la tête et reprit la lecture de la lettre de Voldemort.

Il est vrai que Bellatrix est un peu plus difficile à gérer depuis son séjour prolongé à Azkaban.

« Un peu ? » raya Severus. « Et le reste ! Elle devrait se faire interner à Sainte Mangouste ! »

Heureusement qu'elle m'est totalement dévouée et fidèle, au-delà de l'imaginable, sinon j'aurais déjà dû la tuer. Quelques doloris suffisent pour la remettre en place.

« Il devrait la tuer, franchement, » commenta Severus. « Oui, certes en sa présence, elle est … 'gérable', mais elle est vraiment incontrôlable. Sans parler qu'elle est une sorcière extrêmement puissante et dangereuse. Un peu comme toute notre génération. »

Il soupira.

« Ensuite ? »

Je vois que Dumbledore n'hésite devant rien au final. Il est peut-être aussi cruel que moi… Mais je me demande… Sais-tu pourquoi il a mis des blocs sur ta magie ? Ce n'est pas un acte anodin. Il devait par conséquent avoir une raison.

« Je ne sais pas si on peut vraiment parler de cruauté dans ce cas-ci, » réfléchit le Maître des Potions. « Mais c'est vrai qu'il y a une idée derrière. Peut-être qu'il sait pour les horcruxes. »

« Tu n'en as aucune certitude. »

« Non. Et je ne vais ni demander, ni fouiller dans ses affaires. Du moins pour l'instant. J'attends de voir comment les choses évoluent. C'est déjà pas mal que nous, nous savons la vérité. »

« Donc, je réponds que je ne sais pas. »

« C'est le mieux à faire, je pense. Après tout, Dumbledore est connu pour manipuler ses pions sans révéler la totalité de son jeu avant le dernier instant. »

Harriet hocha la tête, pensive, avant de reprendre la lecture.

Dumbledore à Azkaban… Une idée intéressante. Il faudrait que je fasse quelques modifications pour qu'il y reste enfermé sans moyen de s'échapper mais … Ce serait divertissant de le regarder souffrir jour après jour. Peut-être même plus que le tuer directement de mes propres mains.

« Sadique ! » commenta-t-elle.

« Ce n'est pas un scoop, » rétorqua Severus, à peine amusé.

A méditer … Si tu as d'autres idées du genre à me soumettre, n'hésite pas.

« Ombrage à Azkaban ? » proposa directement Severus. « Ou présentée à Bellatrix, tiens ! Non, pas à Bellatrix, elles s'entendraient à merveille ! Je reste sur Azkaban. »

« Moi je lui demanderai bien de me prêter Nagini juste pour l'envoyer faire un tour dans le bureau d'Ombrage, la tuer, voire la manger et après que le serpent disparaisse. Ni vu ni connu. Tu crois qu'il accepterait ? »

« Tu peux toujours demander. »

Etre renvoyée de Poudlard ? Tu le souhaites vraiment ?

« Evidemment ! » firent les deux Prince avec un sourire complice.

Et tu irais dans quelle école ensuite pour terminer ta formation ? Je suis un peu curieux…

« Tu peux lui dire que tu irais au Berceau. »

« Tu penses ? »

« Déjà avant, il cherchait un moyen d'y aller sans y parvenir. Tu y seras en sécurité. Et lui, il sera d'autant plus curieux de t'affronter en sachant que tu irais suivre ta scolarité là-bas. »

« Et aussi peut-être un peu jaloux… »

« Peut-être. »

Agir contre Ombrage ? Hmmm… peut-être. Qu'as-tu à me proposer en échange de ce service ? Qu'est-ce que tu pourrais faire pour moi ? Sincèrement, je ne te demanderais pas de te présenter devant moi pour notre duel car je sais que tu n'es pas prête. Pas encore. J'ai envie d'un réel affrontement et de te laisser toutes tes chances.

« C'est fair-play de sa part, » commenta Severus, songeur. « Cela te laisserait un peu plus de temps pour te préparer. »

« La question est … combien de temps avant qu'il estime que je suis prête à l'affronter ? Enfin… si je l'affronte parce qu'il espère toujours que je le rejoigne. »

« C'est beau de rêver, » ironisa le Maître des Potions.

« Ouep. Mais il y a un moment où le rêveur doit se réveiller. Je réponds quoi ? »

« Je ne sais pas, » répondit Severus. « Ne réponds pas à la limite. D'autant plus que cela va bouger à Pelhisir. »

« Ah ? »

« Je n'ai pas encore d'informations précises mais ça bouge. L'enfermement de Merryl ne restera pas impuni. Mais de ce que j'ai découvert, c'est Ombrage qui en a donné l'ordre. »

« Elle en a l'autorité ? » s'étonna Harriet bien qu'avec une once de colère dans la voix. « Mais elle n'est guère plus qu'une prof ! … Et l'inquisitrice de l'école ! »

« Et elle a un bras long au ministère en tant que sous-secrétaire de Fudge. »

« Je la déteste. »

« Moi aussi. »

« Vivement que les jumeaux aient fini leur préparation parce que je veux la voir en mauvaise posture ! »

« Tu leur as donné le paquet ? »

« Oui. »

« Tiens-moi informé, histoire que je sois le surveillant dans la zone où ils comptent agir, je fermerai les yeux. »

Un sourire narquois et vengeur apparut sur le visage de la jeune fille.

« Bien sûr ! »

« Y a-t-il autre chose dans la lettre ? »

« Non. Il a signé après ça. »

« Tu as eu les réponses à tes questions ? »

« Oui. Hmmm … sinon est-ce que je peux passer demain soir pour consulter un de tes livres de potions parce que celui que je voulais a été emprunté. »

« Je te mettrai en retenue, » sourit le Serpentard.

« Directement les grands moyens ! » rit la jeune fille. « D'accord, je jouerai le jeu. A demain. »

« A demain, Petite Peste. »