Chapitre 112 : Un Peu de Repos
Ma très chère Harriet,
Pardonne-moi pour la longue attente, j'ai été très occupé. Mené une guerre n'est hélas pas de tout repos.
Tuer Bellatrix n'est pas une nécessité pour le moment. Elle m'est encore bien utile mais je te remercie de ta sollicitude. Je prends note. Si cela peut te rassurer, elle ne survivra pas à la guerre. Elle est bien trop dangereuse pour survivre à l'ordre que j'imposerai. Mais n'allons pas lui en faire part, j'ai confiance en toi pour garder cette information secrète.
Tu me vois soulagé d'apprendre que tu n'as eu aucune séquelle suite aux manipulations et actions de Dumbledore. Je pourrais ainsi te combattre au summum de ta puissance et gagner sans me dire que tu t'étais engagée dans la bataille avec un désavantage indépendant de ta volonté et provoqué par un ennemi commun.
En effet, je me suis beaucoup amusé de regarder le match de regards noirs et courroucés entre Dumbledore, Molly Weasley et tes proches. J'ose espérer qu'il a été tout aussi divertissant de ton côté avec le jeune Ronald Weasley.
Je tiens particulièrement à Nagini, je suis navré. Elle restera avec moi, mais je prends note de ta proposition et si je croise Dolores Ombrage sur mon chemin, je la laisserai volontiers à mon familier pour te faire plaisir. Enfin… si elle survit à toute l'activité médiatique dont elle fait l'objet en ce moment.
Si j'avais su que Merryl Evans était à Azkaban, je l'aurais délivrée ! Une Gardienne du Berceau de Magia. Une femme importante et d'une grande puissance. Etonnant pour une Née-Moldue. Je suis impressionné. Si elle survit à son incarcération, et si elle accepte de me rejoindre, je te promets de lui laisser la vie sauve et un bel avenir. De telles personnes, même si elle fait partie de ces Sang-de-Bourbes, sont louables car elles respectent malgré tout Mère Magia et appliquent les rites anciens. C'est en partie ce que je reproche à la société actuelle, l'oubli de nos origines, de nos mœurs et célébrations pour permettre une meilleure intégration des enfants de Moldus.
Si tu avais dans l'intention d'aller faire tes études au Berceau, fonce ! Ne te laisse pas manipuler par le Ministère anglais ! Je tiens à un duel le plus grandiose possible ! Je ne doute pas d'apprendre des choses de toi si tu reviens après une formation auprès de maîtres. Tu pourrais peut-être même m'égaler. Et puis, je n'écarte pas la possibilité qu'avec le temps, tu acceptes l'idée de me rejoindre. Oui, je crois aux miracles. C'est pourquoi je réitérerai ma proposition encore et encore jusqu'à notre prochaine confrontation.
Comme j'accepte volontiers de m'occuper d'Ombrage quand elle croisera mon chemin, et que tu acceptes de me rendre un service – encore inconnu – en échange, j'ai cette proposition à te faire. Je suis à la recherche de quelque chose au sein même du Ministère de la Magie, dans le département des mystères pour être précis. Il s'agit d'un objet qui nous concerne tous les deux, une prophétie. Hélas, je n'en ai entendu qu'une partie mais la fin reste encore un mystère pour moi, mon informateur avait été démasqué…
Si tu ne veux pas la chercher pour moi, ce que je pourrais comprendre, peut-être penseras-tu à toi et ton avenir et tu iras la chercher pour satisfaire ta propre curiosité.
Des anecdotes … Qu'est-ce qui pourrait être intéressant ? Mon quotidien n'est pas des plus réjouissants. Il est même monotone et ennuyeux entre deux tortures de Moldus, traitres et Sang-de-Bourbes insignifiants. Paperasserie et organisations, réunions... Mais je ne t'en divulguerais rien pour des raisons que tu peux certainement deviner. Quant au reste, je ne pense pas que tu apprécieras.
Je lis actuellement Les Aventures du Shaman Dungû, de Richard de Solefoy, un sorcier américain du siècle dernier, si jamais cela t'intéresse. Cela développera ta culture de la magie africaine. C'est une biographie du Shaman.
Cordialement ennemis,
Lord Voldemort
« Charmant, » commenta Sirius. « S'il peut nous débarrasser de ma cousine, ça m'arrange. Bien que je déteste Bella, elle reste de ma famille, je ne sais pas si je pourrais la tuer. »
« Severus s'en chargera pour toi, » rétorqua Harriet en haussant des épaules. « Sinon quoi de neuf autre que les articles sur Ombrage ? Il est où Dumbledore ? »
« Je ne sais pas. On ne le voit pas beaucoup. Il se fait discret. Et avec l'article du mois dernier, la maison des Weasley n'est pas un abri sûr pour lui. Il ne vient que pour les réunions puis il disparait. » Il se redressa soudain, le regard un peu plus rieur. « Alors ? Il paraît que tu as vendu Ronald Weasley et son groupe de défense ? »
« Oui. »
« Pourquoi ? »
« Il n'avait qu'à pas me vendre à l'origine ! Il a commencé ! »
« Tu n'es pas un peu vieille pour faire des vengeances de ce type face à un gamin ? »
« Dit celui qui se damnerait pour faire une farce à Severus, » rétorqua la jeune fille en riant. « De toute façon, Weasley a raté son coup. On n'a pas été attrapées en plein entraînement contrairement à eux. »
« Vous vous êtes entraînées ? »
« Bien sûr ! Mais moins ces deux dernières semaines, Ombrage est vraiment en train de me coller. Je ne peux pas éternuer sans qu'elle le sache ! Ou presque. »
« Tu veux t'entrainer ? »
« Et plutôt deux fois qu'une ! » dit-elle en se relevant.
Ils se dirigèrent ensemble vers le jardin pour un petit duel pour se dégourdir un peu, et surtout s'amuser.
xXxXxXx
Severus lisait tranquillement les inepties publiées dans la Gazette du Sorcier, installé dans le salon de la maison Prince quand sa sœur vint à sa rencontre.
« Sev', est-ce que tu peux venir m'aider avec une potion ? »
« Demande à maman. »
« Déjà fait. Et elle m'a remballée vers toi parce qu'elle est occupée. »
Il soupira.
« Même en vacances, je dois donner cours… »
« Eh ! C'est pas comme si j'étais une mauvaise élève ! » s'indigna la jeune fille, malgré tout avec un sourire.
« Quelle potion ? »
« Un antidote contre l'amortentia. »
Le Maître des Potions fronça les sourcils.
« Pourquoi ? »
« Parce que normalement, c'est une potion qu'on voit en sixième et que, après une petite virée obligatoire chez les Weasley, j'ai eu vent de la part de Voldy que Mme Weasley allait retenter le philtre d'amour. Je ne vais pas demander à chaque fois à ce que l'un de vous me le prépare alors je vais apprendre à la faire ! »
« Très bien, » fit l'homme en se levant. « Mais pas aujourd'hui. Il faut que tu lises quelques petites choses avant de pouvoir le préparer. »
« Si tu estimes que c'est nécessaire, » répondit Harriet. « Est-ce que ces lectures sont susceptibles d'être prohibées à Poudlard ? »
« Non. C'est juste de la matière que j'enseigne en sixième, » répondit Severus en prenant un ouvrage traitant d'antidotes dans la bibliothèque de leur mère. « Commence déjà par lire ça. C'est très général mais tu auras déjà les cinq lois de Golpalott qu'il est impératif que tu retiennes ! » Elle hocha la tête, attentive. « Et après tu me liras ça, » ajouta-t-il en en sortant un second. « Ils sont tous deux disponibles à la bibliothèque. »
« Ouais… pour l'instant. »
« Sinon, il y a sûrement des références dans la base de données de Pelhisir. »
« Hmmm… je vais t'avouer que j'ai plus mon miroir. »
« Comment ça ? »
« J'ai demandé à Kreattur de le ramener à la maison il y a quelques jours parce qu'Ombrage voulait me le confisquer, prétextant que c'était un objet non éducatif et par conséquent, inutile et proscrit. Oui, je sais, encore une abhération. Mais pour le coup, j'ai préféré l'expédier ici plutôt qu'il soit étudié par le ministère anglais. Cela reste malgré tout matériel sophistiqué venu tout droit du Berceau. »
Severus soupira et se pinça l'arête du nez en maugréant contre les sorcières racistes et étroites d'esprit ainsi que sur les décrets à la con qui ne cessaient de se faire plus nombreux.
« Tu as eu raison, » dit-il finalement. « Lis ce que tu sais déjà et après on avisera. Dans le pire des cas, on fait notre combine habituelle. »
« Et donc maintenant, on fait quoi ? »
« Toi, tu as de la lecture pendant que moi, je te prépare ton antidote. »
« Okay ! »
L'adolescente partit avec les deux ouvrages dans sa chambre pour s'instruire. Pendant ce temps, Severus se dirigea vers le bureau de sa mère. Il frappa à la porte.
« Oui. »
« Harriet m'a dit que tu étais occupée… »
« Oui. Paperasse. Tu voulais me dire quelque chose ? »
« Non, rien de particulier. Je suis juste curieux. »
« Rien de spécial. Un peu de courrier de Pelhisir. »
« Ah ? »
Elle posa sa plume et l'invita à s'installer de l'autre côté de son bureau.
« Le Gardien Hiro Huan m'a contactée, » expliqua-t-elle. « Ils ont eu vent via Freeman de la qualité de l'enseignement dispensé à Poudlard cette année et après avoir vu de ses propres yeux les décrets accrochés au mur du Grand Hall, il m'a fait une proposition que je vais m'empresser d'accepter. »
« Laquelle ? »
« Prendre la nationalité Pelhisienne. Tout du moins pour Harriet. Merryl a les deux nationalités. »
« Ce n'est pas une mauvaise idée. Elle ne sera plus soumise aux lois anglaises dans ces conditions. »
« Mais cela fait que je croule sous la paperasse car je dois éviter tous les écueils du Ministère. »
« C'est vrai qu'ils ne vont pas t'aider, surtout au vu de la motivation derrière tes démarches. » Il soupira. « Tu penses qu'Harriet pourra être inscrite à Pelhisir ? »
« C'était ce qui était prévu cette année. Il y aura juste une année de décalage. »
« Et si elle envoyée là-bas ? »
« Il est évident que je la suis. D'ailleurs, … » Elle farfouilla dans ses papiers à la recherche d'un prospectus. « Tiens. Ils m'ont envoyé ça aussi par rapport à mon diplôme. Comme je sais que tu as l'intention de démissionner de Poudlard, cela pourrait toujours t'intéresser. »
« De la recherche ? » fit l'homme avec un léger sourire. « Un rêve que j'avais mis de côté. »
« Il est peut-être temps maintenant de le sortir du placard. »
« Et le Seigneur des Ténèbres ? Je reste un mangemort, Maman. Si faire une petite expédition d'une journée ou d'un week-end n'est rien, y vivre et y avoir un véritable accès pourrait également donner un accès au Seigneur des Ténèbres. Je n'ai pas envie de lui offrir l'archipel sur un plateau, pas que je doute en les capacités des Gardiens à le repousser mais je n'ai pas envie d'être la source de nouveaux ennuis pour le Berceau. Ils en ont déjà suffisamment sur les bras avec la guerre qui vient d'être déclarée. »
« Oui… Il faudrait en discuter avec les Gardiens pour savoir ce qu'ils en pensent. Tu ne vas quand même pas rester sans emploi. »
« Je pourrais toujours vendre des potions à un prix un peu en dessous de celui du marché. Je m'en sortirai. Et au pire – j'arrive pas à croire que je vais dire ça ! – mais il y a toujours Black et Lupin qui pourraient me donner un coup de main au besoin. »
Eileen eut un sourire.
« Je te promets de ne pas le répéter, » dit-elle doucement. « Cela pourrait entacher ta réputation. »
Severus y répondit par un sourire en coin avant de se lever.
« Bon, je vais aller faire l'antidote d'Harriet. Quand est-ce que vous retournez au Terrier ? »
« Tu as largement le temps. Sauf en cas de force majeure, nous n'y retournons que pour la prochaine réunion, dans trois jours. »
« Largement le temps, largement le temps. Il faut malgré tout une demi-journée pour le préparer et une journée entière de pause pour qu'il soit pleinement efficace. Et je ne suis pas du tout à l'abri d'un imprévu. » Il ouvrit la porte du bureau. « Je vais aller le faire tout de suite. Comme ça ce sera fait. »
« Comme tu veux, à moins que tu veuilles m'aider à la paperasse. »
« Je préfère mes chaudrons, merci beaucoup, » rit doucement l'homme avant de refermer la porte.
