Chapitre 113 : Une Visite Imprévue
Severus ressentit un pincement dans sa magie. Quelqu'un venait de frapper à sa porte, à Cokeworth. C'était assez rare. D'autant plus qu'il n'avait rien senti au préalable lui indiquant la présence d'un sorcier. Heureusement, on était samedi. Il plaça sa préparation sous stase et se dirigea vers sa cheminée.
Il sortit dans sa maison à Cokeworth et donna un coup de baguette pour nettoyer rapidement la poussière qui venait à ses narines et rafraichir la pièce. Il changea également ses robes pour un simple jeans sombre et un pull à col roulé noir. Il marcha ensuite vers la porte et regarda à travers le judas. Il écarquilla l'œil en reconnaissant la femme et lui ouvrit.
« Pétunia ? Que fais-tu ici ? » demanda-t-il, surpris.
Elle était accompagnée de son fils qui ne semblait pas heureux d'être là mais n'osait pas désobéir. Il jetait des regards dégoutés sur sa maison et sur le quartier.
« Excuse-moi de te déranger, Severus, » fit la Moldue en approchant. « Mais est-ce que tu pourrais rentrer en contact avec Merryl ? J'ai beau l'appeler et lui envoyer des lettres, elle ne répond pas et en revenant ici, j'ai remarqué que la maison était vide. »
Le Maître des Potions soupira et s'appuya un peu contre sa porte.
« Excuse-moi. J'avais complètement oublié qu'elle avait repris totalement contact avec toi. Avec tout ce qui se passe en ce moment, je n'ai pas pensé à t'informer. »
« M'informer de quoi ? »
« Merryl a été arrêtée, Pétunia. »
« Quoi ?! Quand ?! »
Severus observa le choc sur le visage de la Moldue. Il ouvrit un peu plus sa porte.
« Viens, entre. Je vais t'expliquer. »
Il laissa les deux Moldus entrer et prépara le thé sans magie, le temps de mettre de l'ordre dans ses idées. Il s'installa devant elle. Pétunia était encore en état de choc rien qu'à l'annonce.
« Comment ? » demanda-t-elle au bout d'un instant, la main serrée autour de sa tasse.
« Nous avons appris la disparition de Merryl à Noël. Son fils, Alfie, est arrivé chez ma mère, inquiet et complètement gelé. Avec deux … amis, je suis parti à sa recherche. On pensait peut-être à un mouvement du Seigneur des Ténèbres pour s'attaquer psychologiquement à Harriet mais … » Il soupira à nouveau. « Nous avons découvert qu'une femme a abusé de son pouvoir pour faire valoir ses valeurs tout bonnement racistes. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Merryl est une Née-Moldue, Pétunia, une enfant de parents non-sorciers. »
« Et alors ? »
« Tu nous vois tous différents de vous, nous voyant que comme des sorciers. Mais nous ne sommes pas tous pareils. Il y a une idéologie un peu… » Il réfléchit à une comparaison dans le monde moldu. « Vous avez eu Hitler avec sa race arienne. Chez nous, nous avons quelque chose de similaire. Idéologie du sang, surtout pensée par ceux que nous nommons les Sang-Purs. Ce sont des familles de sorciers depuis des générations. Elles n'ont pour ainsi pas de sang de Moldu dans les veines. Et pour beaucoup de ces familles, surtout les extrémistes, ils veulent préserver la pureté de leur sang. Moi, je suis un Sang-Mêlée, fils d'une Sang-Pure et d'un Moldu. Harriet est elle aussi une Sang-Mêlée, née d'une Née-Moldue et d'un Sang-Pur. »
Il but une gorgée de son thé avant de continuer.
« J'ai hélas parmi mes collègues une femme qui se dit Sang-Pur et qui en a clairement l'idéologie et qui a fait arrêter et enfermer Merryl. Cela s'est passé un peu avant le réveillon de Noël et depuis on a appris l'horreur dans laquelle se trouvait ta sœur et pourquoi. Tu peux me croire que cela a été très mal reçu. Officiellement, on n'arrive pas à la faire sortir mais on y travaille d'une autre manière. Si tu dois être certainement au courant d'une guerre contre le Seigneur des Ténèbres, une autre guerre s'est déclarée tout dernièrement contre le Ber … »
Severus s'interrompit soudain dans son explication en sentant un double pincement dans sa magie. Ses barrières d'alerte venaient d'être franchies. Des sorciers … Les seuls sorciers qui connaissaient son adresse étaient soit sa famille et proches – dont les Maraudeurs – soit l'Ordre, soit des Mangemorts. Les deux premières catégories le contacteraient d'abord avant de se présenter, sauf cas d'extrême urgence et encore… Alors tout portait à croire que deux Mangemorts se dirigeaient vers sa demeure. Et Mangemorts et Moldus n'allant pas ensemble, il se leva précipitamment.
« Il faut que vous partiez ! Maintenant ! » dit-il abruptement.
« Quoi ?! Mais … Severus ! Je dois sav… »
« Et tu vas savoir, Pétunia. Mais là, maintenant il faut que vous partiez ! » rétorqua-t-il en sortant sa baguette. « Non, pas par la porte d'entrée. Par la cheminée. »
Il fit venir à lui un morceau de parchemin et une plume et rédigea vite un message.
« Mais… C'est … Pourquoi tu … ?! »
« Je n'ai pas le temps de t'expliquer, Pétunia. Toi et ton fils allez juste passer par la cheminée et vous rendre chez ma mère. Des gens vont venir et ils détestent les Moldus. Ils les tuent Pétunia. Maintenant prends ceci et appelle ma mère ou ma sœur. Elles savent toute l'histoire et pourront t'expliquer. »
Tout en disant cela, il avait donné le bout de parchemin à la Moldue et les avait poussés, elle et son fils, vers la cheminée. Il prit une pincée la jeta dans l'âtre.
« Demeure Prince, » articula-t-il.
« Je ne r… »
« Pas maintenant Dudley ! » fit sa mère d'une voix ferme tout en regardant le sorcier.
Les deux Moldus disparurent dans une gerbe de flammes vertes. Trente secondes plus tard, on frappait à sa porte. Severus changea à nouveau sa tenue d'un coup de baguette pour revêtir ses lourdes robes noires et se dirigea vers la porte. Si la présence de Lucius le surprenait que peu mais ne le dérangeait pas, celle de Bellatrix en revanche était plus éprouvante psychologiquement à cause de sa propension à sortir sa baguette à la moindre petite pique acerbe
Sa journée promettait d'être longue…
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Harriet et Hermione s'étaient étendues sur la table de la salle à manger pour travailler sur des textes de runes. Le professeur Babbling avait eu la main légère pour ce qui était de leur prochain travail, prétextant qu'il y avait les vacances. Sauf qu'elles devaient aussi préparer leurs BUSEs, s'entraîner pour la DCFM, …. Elles avaient beaucoup de choses à faire et pas assez d'heures dans une journée, hélas …
Fort heureusement pour les deux jeunes filles, une partie du travail était facilité. En effet, il s'agissait d'un travail de recherche avec une approche comparative entre les runes et autres écritures anciennes. Leur avantage, Harriet avait étudié dans son ancienne vie les hiéroglyphes égyptiens et le cunéiforme, il n'y avait vraiment que le hittite et l'hindi qui leur causeraient des problèmes mais avec le grec et le latin à côté, elles avaient déjà pas mal de matière et un corpus de textes considérable sur lequel travailler pour se passer de quelques textes en ces langues difficiles.
« Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça, Hermione, » commenta Harriet, songeuse. « Avec les Egyptiens, en particulier dans les textes importants, ce temps-là pourrait être employé dans un objectif perfo… »
Elle fut interrompue par le bruit d'une chute et des râlements d'un homme dans la pièce d'à côté. La voix leur étant tout à fait inconnue et personne n'étant sensé venir à la maison, les deux jeunes filles se levèrent prestement et s'emparèrent de leur baguette.
La jeune Prince s'avança la première et pénétra dans le salon, baguette pointée vers les inconnus. Sa prise sur le manche se crispa quand elle reconnut sa tante, malgré les années, elle n'avait pas changé d'un iota. Ou à peine quelques rides en plus.
« Puis-je savoir pourquoi vous êtes ici ? » demanda-t-elle d'une voix froide.
« Vous êtes la sœur de Severus ? »
« J'ai droit à un vouvoiement de ta part, voilà qui est étonnant. Tu as reçu un coup sur la tête, Tante Pétunia ? »
La Moldue fronça les sourcils avant de les écarquiller.
« Harriet ?! »
« Et tu te rappelles de mon prénom ? Etonnant. Où est passé le monstre ? Ou Gamine ? Ne prends même pas la peine de répondre. Dis-moi juste pourquoi vous êtes là. »
La femme montra un morceau de parchemin qu'elle tenait dans la main.
« Severus a dit qu'il y avait des personnes dangereuses pour nous qui arrivaient et nous a poussés dans la cheminée avec ceci pour sa mère ou sa sœur, » répondit-elle en serrant la mâchoire. « Je suppose que vous devez être la sœur de Severus, » ajouta-t-elle en se tournant vers Hermione pour lui donner le mot.
« Non…, » fit la Gryffondor, incertaine, alors qu'elle jetait un œil à son amie. « Ce n'est pas moi. »
« Accioparchemin. »
Le mot vola dans la main d'Harriet.
Mangemorts qui arrivent, je ne pouvais pas faire autrement. Elle a des questions à propos de Merryl. Je vous laisse vous occuper de ça. J'arrive dès que je peux me libérer.
S.
« Harriet ? » fit Hermione. « Ca va ? »
« Non, pas vraiment. Mais je n'ai pas besoin de t'expliquer pourquoi, tu le sais déjà. » Elle soupira et fixa sa tante avec un regard noir. « Très bien. Installez-vous ici. Les sanitaires sont dans le couloir, deuxième porte à droite. Ma mère sera de retour en théorie en début de soirée. »
« Ta mère ? Elle est morte. »
« Ma mère adoptive, » soupira la jeune fille comme si c'était une évidence. « Celle que tu aurais dû être mais que tu as refusé de devenir, préférant faire de moi ton elfe de maison personnel. » La Moldue fronça les sourcils. « Ton esclave si tu préfères. »
« Ma mère n'est pas comme ça ! » attaqua l'adolescent qui ressemblait à un cochon.
« La ferme, Big D, » siffla Harriet en baissant doucement sa baguette. « Me donne pas l'envie de me venger de tes coups. Installez-vous et occupez-vous. La bibliothèque est là et la télé là. Viens Hermione, retournons bosser pendant que je digère ça. »
« Severus m'a dit que tu avais des informations sur Merryl, » fit Pétunia.
« Ben tu attendras que soit j'ai digéré le fait que mon frère m'envoie deux de mes bourreaux ou que ma mère ou Sev soit rentré ! Là maintenant, il faut que je me détende avant de commettre une effroyable erreur sur un Moldu. »
Les deux jeunes filles repartirent vers la salle à manger et s'installèrent à leur place.
« Tu ne crois pas que tu as été un peu fort ? » demanda Hermione.
« Non. Je ne les aime pas. Ma peau est marquée à vie à cause d'eux. Je suis désolée mais là, il me faut du temps pour accepter leur présence ici ! Non, Hermione, je serai aussi intraitable qu'avec Weasley et Ombrage ! » Elle s'empara de sa plume. « On y retourne ? »
« Très bien. Ce n'est pas comme si tu les mettais dehors après tout. »
« Je ne vais jamais aller contre une décision de Sev, même si celle-ci ne me plait clairement pas. »
Elles se plongèrent alors à nouveau dans leur travail, la jeune Prince fournissant juste à un moment de quoi se restaurer aux deux Moldus, car même si elle les détestait, elle devait se comporter en hôte et les pourvoyer en rafraichissements. Sa mère ne supporterait pas d'apprendre qu'elle avait négligé des invités. Elle passerait à la limite sur son accueil froid vu leur identité. Mais c'était tout.
« C'est moi ! » fit Eileen en rentrant par la porte.
Elle remarqua la présence des Moldus dans son salon. La femme se leva et la regarda un instant.
« Oh … Harriet ? »
« Bonjour Maman ! Cadeau de Severus ! Je te laisse gérer ! Je bosse ! »
Eileen releva un sourcil face à ce comportement inhospitalier de la part de sa fille alors qu'elle s'avançait vers la femme.
« Bonjour. Je m'appelle Eileen Prince. Pardonnez le manque d'amabilité de ma fille. Elle n'est pas comme ça d'habitude. »
« Pétunia Dursley, Et voici mon fils, Dudley. »
« Je vois. Je crois que je comprends alors..., » dit-elle en soupirant. « Pourquoi Severus vous a-t-il envoyés ici ? »
