Chapitre 114 : Ambiance Houleuse chez les Prince

Severus arriva chez sa mère en début de soirée d'humeur morose. Il venait d'avoir une discussion plus que désagréable avec Bellatrix. Elle se plaignait de sa vitesse de préparation de potions, puis l'avait soupçonné par rapport à son allégeance. Cela avait duré jusque devant le Lord Noir. Ce dernier s'était délecté de l'animosité que cela créait jusqu'à le supporter finalement sur le fait que les potions prenaient du temps pour être préparées à la perfection. Elle ne pouvait pas juger correctement cet art puisqu'elle n'avait même pas ses ASPICs en la matière.

Il arriva dans le salon et vit sa mère dans une discussion légèrement houleuse avec Harriet. C'était rare.

« Il faut que tu grandisses, Harriet ! »

« Je te demande pardon ? » rétorqua cette dernière. « Maman ! Cet argument est irrecevable et tu sais pourquoi ! »

« Je peux comprendre que tu as souffert entre leurs mains mais ils ne sont pas totalement responsables ! »

« C'est vrai. Dudley n'était pas totalement responsable, ce n'était qu'un gamin. Il ne faisait que reproduire ce que ses parents faisaient et ne se faisait jamais punir. Naturellement qu'il allait rester un délinquant ! »

Le ton était orageux et Severus ne les avait jamais vues ainsi l'une envers l'autre.

« Pause ! » claqua-t-il. « Qu'est-ce qui se passe ici ? »

« Harriet n'a pas accueilli comme il se doit Mme Dursley. Je t'ai élevée mieux que ça ! »

« Ils sont pas dehors sous la pluie que je sache ! Je leur ai fourni eau et nourriture, un endroit où patienter mais il était absolument hors de question que je sois aimable envers eux ! »

« Ils n'étaient pas responsables ! »

« Et bientôt tu vas me dire que Dumbledore est un ange ! Mais qu'est-ce que tu as aujourd'hui, Maman ?! Tu racontes des bêtises ! »

« Elle a raison, » coupa Severus en attrapant le bras de sa sœur.

Il leva simplement un doigt pour lui demander silencieusement d'écouter. Harriet fronça les sourcils mais le laissa continuer.

« On a découvert que ta tante était ensorcelée. »

« Ensorcelée ? »

« Par Dumbledore, oui. Tu peux facilement imaginer la suite au vu de ce que nous savons tous. » Il la vit lever les yeux au ciel en soupirant. « Maintenant, Maman, je peux comprendre le point de vue d'Harriet. C'est un peu comme si tu me demandais à moi, dans l'hypothèse où Tobias était encore en vie, que j'accepte de l'accueillir en faisant fi du passé. Après tous les coups que j'ai subis de sa part, j'en serais tout à fait incapable. Tu ne peux pas demander à Harriet d'en faire autant. C'est totalement impossible. Ou alors on peut être catégorisés de masochistes ! »

« Ce qui n'est définitivement pas le cas ! » continua Harriet avant de cacher son visage derrière ses mains.

Ils l'entendirent souffler bruyamment.

« Putain ! Ensorcelée ! Et mon oncle ? »

« Aussi, » répondit Severus en relâchant sa sœur. « Du moins, c'est ce que Merryl m'a dit vers octobre. Elle se chargeait de retirer les sortilèges progressivement. Ils étaient bien trop complexes et anciens et imbriqués les uns dans les autres pour pouvoir être retirés en une fois sans risque. »

« Et l'un de vous n'a pas jugé bon de m'avertir que vous aviez repris contact avec eux et qu'ils étaient justement ensorcelés ? J'aurais pu me faire à l'idée avant de me retrouver devant elle ! »

« Sur un autre ton, Harriet, » rétorqua l'homme, légèrement dur. « Merryl voulait d'abord retirer les sortilèges avant de proposer une rencontre. Cela m'était juste totalement sorti de la tête avec Ombrage et le Seigneur des Ténèbres. Excuse-moi d'être complètement dépassé par certains événements mais je reste encore qu'un être humain ! »

Elle le fusilla quelques instants du regard avant de finalement baisser les yeux, légèrement coupable. Severus finit par soupirer. Ce n'était pas vraiment de la faute de la jeune fille. Elle n'avait que trop bavé auprès des Dursley et sa réaction ainsi que sa demande étaient justifiées. Il posa une main sur l'épaule d'Harriet et la serra doucement.

« Et donc maintenant ? »

« Maintenant on explique tout ce qui se passe à ta tante, » répondit-il d'une voix calme et posée. « Si c'est trop difficile pour toi, tu peux aller dans ta chambre avec ton amie, » proposa-t-il.

« Ce n'est pas que c'est difficile, Sev. C'est juste … »

« Je sais. Tu en as bavé et tu ne peux pas aller contre ton ressenti. Je le comprends parfaitement. A ton avis, comment j'étais au début avec Black et Lupin ? »

Elle vint chercher une étreinte auprès de son frère l'espace d'une petite minute avant de s'écarter.

« Bon, ce n'est pas de tout ça mais les runes ne vont pas se traduire toutes seules ! »

Severus eut un sourire en coin en la voyant partir.

« Eh bien…, » dit-il à sa mère. « C'était étrange de la voir te mordre comme ça. Elle l'avait déjà fait ? »

« Non, c'est la première fois, » répondit Eileen. « Je n'avais pas songé qu'elle n'était pas au courant. Je suis idiote. »

« Non. Tu n'avais juste pas toutes les informations. Où est Pétunia ? »

« Elle et son fils sont dans le jardin avec Miss Granger. »

« Merci. »

« Et mon bonjour ? »

« Oui, excuse-moi. » Il embrassa sa mère sur la joue. « Bonjour Maman. »

« Bonjour, mon grand, » sourit Eileen. « Ta journée ? »

« Cela allait jusqu'à ce que Lucius et Bellatrix viennent chez moi. Mais cela aurait pu être pire … » Il se dirigea vers la porte du jardin. « Oh Merlin ! Non, Pétunia, ne touche pas à ça ! C'est extrêmement toxique ! Il faut la cueillir délicatement et avec des gants ! Et vous, Mr Dursley, écartez-vous de ce parterre, vous écrasez le dictame ! Par Salazar, Miss Granger pourquoi n'avez-vous rien dit ? »

« Je n'avais pas fait attention, professeur, » répondit la Gryffondor, coupable, alors qu'elle relevait la tête de son syllabaire Lunerousse. « Je suis désolée. »

« Tant pis, Sev, » soupira Harriet juste derrière. « On en replantera. Oui, je sais que le dictame est très important. Je sais encore d'où vient l'essence de dictame quand même ! Mais ce ne sont que des Moldus et le dictame ressemble un peu à de la mauvaise herbe. Il ne pouvait pas savoir qu'elle a des propriétés curatives et aromatiques. Je ne le vois tellement pas trainer dans un jardin à s'occuper de plantes… On y va 'Mione ? »

« J'arrive. On s'installe où ? »

« Dans ma chambre. Je laisse les grands discuter entre eux. »

« C'est pas vrai. Toi, laisser les grands discuter de toi sans toi ? Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Harriet Potter-Prince ? »

« Planquée dans le placard sous l'escalier, » fit la jeune fille entre ses dents en jetant un regard noir à sa tante.

« Harriet ! » coupa Severus. « Qu'est-ce que j'ai dit ? »

« Oui, oui… Elle est ensorcelée. »

« Alors tiens ta langue ! »

« Je la tiendrai… Jusqu'à ce que je suis dans ma chambre. »

Elle partit bras-dessus, bras-dessous avec Hermione Granger. Severus la regarda partir en soupirant avant de se tourner vers la Moldue.

« Excuse-la, Pétunia. Elle n'est pas comme ça d'habitude. Sauf peut-être avec un jeune garçon particulièrement désagréable et insistant. » Il inspira profondément. « Venez. On va s'installer autour d'un thé pour discuter. »

« Vas-tu repartir comme tout à l'heure ? »

« C'est possible alors profite tant que je suis là. Pendant les vacances scolaires, je suis tiré de tous les côtés selon les désirs de Dumbledore et du Lord Noir. Je ne suis pas un homme libre malheureusement, qu'un vulgaire pion sur un échiquier. »

Il s'installa à la table et écarta les quelques ouvrages que les deux adolescentes avaient laissés sur la table. Il releva un sourcil en avisant l'un d'eux.

« Sur quoi elles travaillent pour utiliser un tel ouvrage ? » demanda-t-il, curieux en montrant le livre.

Il le feuilleta quelques instants avant d'aviser la date de parution. Ses yeux s'étrécirent.

« Harriet ! » s'exclama-t-il.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle en arrivant.

« Tu ne peux pas te servir de ça comme référence pour ton travail ! »

« Hmmm… pourquoi ? » demanda-t-elle les sourcils froncés.

« Il sort de la Salle-sur-Demande n'est-ce pas ? »

« Oui… » Une lueur de compréhension passa dans le regard d'Harriet. « Oh … je vois où tu veux venir. T'inquiète. La grammaire égyptienne n'a pas changé depuis des siècles, ce n'est pas une petite décennie ou deux qui changera cela. C'est juste une grammaire. Comme la Michel en latin ou la RTH en grec. La langue ne change pas. C'est juste pour traduire. Elle n'apparaitra même pas en guise de source. Comme si on mettait une grammaire dans les sources maintenant ! C'est n'importe quoi. A moins d'énoncer un problème épineux de la langue, ce qui n'est pas notre cas, ce n'est pas nécessaire. Je ne vois pas du tout pourquoi tu flippes. »

« Il faut que tu sois plus prudente. »

« Oui, chef ! »

« Rembarque ça. »

« Okay…, » soupira la jeune fille en levant les yeux au ciel. « Il faut que tu arrêtes d'être parano pour des broutilles. Tu vas avoir des cheveux blancs avant l'heure. »

« Avec toi, c'est sûr. Je suis même étonné de ne pas en avoir déjà. »

« Je peux toujours m'arranger avec Sirius si tu veux, » rit la jeune fille. « Je suis sûre qu'il a encore quelques petits tours dans sa manche. »

« Petite Peste ! »

« Moi aussi je t'aime ! » rit-elle en retournant vers sa chambre.

« Qu'est-ce que ça cache ? »

« La permission de fouiller ta bibliothèque pour faire mon devoir pour toi ? »

Severus fixa son regard sombre sur sa sœur un instant avant de soupirer.

« Je t'apporterai demain ce que j'ai dans ma bibliothèque qui concerne les propriétés de l'aigue-marine. »

« Super ! »

La jeune fille disparut dans le couloir en sautillant, ignorant clairement les deux Moldus présents à la table. Le Maître des Potions tourna alors son attention sur Pétunia.

« Bien. On va t'expliquer tout ce qui s'est passé cette année et ce qu'on prévoit de faire. » Il jeta un regard à sa mère avant de continuer. « Je t'ai dit que Merryl était en prison pour une raison aussi stupide et irrecevable que la pureté du sang. Cela s'est fait sans procès. Elle a juste été attaquée à la veille de Noël, une attaque éclair de ce que j'ai pu déterminer. Elle n'a pas eu la possibilité de se défendre. »

« Mais elle est une sorcière puissante ! »

« C'est vrai. Mais même une femme aussi puissante qu'elle peut avoir un moment d'inattention. Et elle était seule face à plusieurs agresseurs. Son sac à main et sa baguette étaient tombés dans la neige. Aussi puissante soit-elle, je pense qu'elle n'a pas eu de chance. »

« Mais tu n'en sais rien. »

« Voilà ce que je sais, ce que nous savons. Actuellement, les Gardiens du Berceau se rassemblent et débattent quant aux actions à faire dans le futur pour ramener Merryl chez elle. Des sorciers élémentalistes spécialisés dans l'eau se relaient autour d'Azkaban pour veiller sur elle de loin. Ils ne peuvent pas entrer hélas sans le feu vert de leurs chefs. Sinon, ils l'auraient déjà fait et même détruit Azkaban jusque ses fondations. »

« Mais s'ils ne peuvent pas agir, pourquoi restent-ils là ? Ils vont se faire repérer non ? » demanda la Moldue, confuse.

Les deux sorciers sourirent doucement.

« Non, ce n'est pas aussi simple de trouver des guerriers de l'eau, en particulier dans une mer aussi agitée que celle autour d'Azkaban, » répondit Eileen. « Ils savent bien se cacher. »

« Par ailleurs, » continua Severus. « De ce que Freeman a pu me rapporter lors de notre dernière entrevue, ils surveillent les énergies présentent dans la prison. Ils y sont très sensibles. Encore plus que nous. Ils surveillent les constantes de Merryl par ce biais. Elle ne va pas bien à ce que j'ai pu comprendre mais vu que c'est Azkaban, c'est encore normal. Les détraqueurs ne sont pas des créatures agréables à vivre, bien au contraire. »

« Vous ne pouvez pas la faire sortir de là, n'est-ce pas ? »

« Pas de manière officielle, » acquiesça Eileen. « Mais des plans se font pour la faire évader. Hélas, nous seuls, on ne peut pas le faire. Severus est déjà assez dans les ennuis comme ça avec la guerre et Merryl ne supporterait pas qu'il sacrifie ses devoirs envers Harriet pour la sortir de là. »

« D'autant plus que je ne suis pas sûr de pouvoir le faire, même si je joins mes forces avec celles de Black et Lupin, » soupira Severus. « L'Ordre ne nous aidera pas à la faire sortir, hélas. Le Berceau est notre dernier espoir de la sauver et je sais qu'ils le feront. »

« Comment peux-tu en être aussi sûr ? » demanda Pétunia.

« Parce que dès l'instant où j'en ai parlé à Freeman, la terre a tremblé de sa colère et qu'il a contacté directement une personne de Pelhisir. Le Berceau a déclaré officiellement la guerre contre l'Angleterre pour avoir enfermé l'une de ses Gardiennes, et je dirais même héroïne, dans une prison sans le moindre motif valable. C'est une promesse, Pétunia, on va faire sortir Merryl de cet enfer. Nous y travaillons avec le Berceau. »

Eileen fit un léger sourire encourageant à la Moldue. Elle prit ensuite la parole.

« Vous resterez bien pour dîner. »

« Harriet va apprécier, » commenta Severus en se massant la nuque.

« Qu'elle grandisse ! »

« Elle va apprécier ce commentaire aussi. »

« Oh… Elle l'a … »

« Déjà eu. Oui, j'ai entendu. »

« Elle n'aura qu'à faire un effort. »

« Facile à dire, Maman. » Il se leva. « Bon, je passe au château terminer ma potion pour Poppy puis je reviens. »

« Va chercher Harriet au passage, » fit alors la mère. « J'aurais besoin d'aide en cuisine. »

L'homme hocha simplement la tête.

« Comptez-moi dans le lot, » dit-il simplement.

« Tu as de la chance, Sirius ne vient pas ce soir. »

« Je saute de joie, » sourit-il en disparaissant dans le couloir. « Harriet … Maman t'appelle pour l'aider à faire la cuisine. »

« J'arrive ! »