Chapitre 116 : Interrogatoire d'Ombrage
Harriet fut réveillée par quelques coups frappés contre sa porte. Elle avisa son réveil. Cinq heures du matin. Elle grogna mais se leva malgré tout. Elle enfila son peignoir bleu et alla ouvrir. Elle vit Alfie à sa porte. Elle écarquilla les yeux à sa présence alors qu'il pénétrait dans sa chambre.
« Comment es-tu parvenu à monter ? » demanda-t-elle. « C'est le dortoir des filles ici ! »
« Oh ! Je t'en prie ! » répliqua-t-il rapidement. « Tu me connais mieux que ça. Ce n'est qu'un simple sortilège. »
Elle referma la porte et l'observa un instant appliqué un sort d'intimité sur sa chambre. Elle releva un sourcil.
« Et que me vaut le plaisir de voir mon cousin frapper à ma porte à cinq heures du matin ? »
« Je sais que tu n'as plus ton miroir alors je suis venu t'avertir, » répondit le blond.
« M'avertir de quoi ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés.
« Maman n'est plus à Azkaban. Elle a été ramenée au Berceau. »
« Quoi ? » souffla-t-elle, surprise. « Et … Elle va bien ? »
Alfie baissa la tête et inspira profondément pour contenir ses émotions. Mais quand il releva la tête, Harriet put lire toute l'inquiétude et même la panique dans son regard émeraude.
« Non. Elle est actuellement entre les mains des meilleurs guérisseurs. Mais son état n'est pas du tout encourageant. Oncle Freeman m'a juste dit de patienter et de prier. »
La jeune Prince se rapprocha de son cousin et le prit dans ses bras.
« Alors patientons et prions pour elle, » murmura-t-elle en lui apportant une étreinte réconfortante. « Elle a besoin de notre soutien, même si nous sommes à des milliers de kilomètres. »
Ils restèrent ainsi quelques instants avant qu'Harriet ne s'écarte de lui mais elle laissa malgré tout une main sur chaque épaule.
« Tu veux rester avec moi ou ça ira ? » demanda-t-elle doucement.
« Euh… Je peux vraiment rester ? » demanda-t-il un peu hésitant.
Il ne voulait sans doute pas la déranger plus longtemps.
« Bien sûr, d'autant plus que tu sembles avoir besoin de quelqu'un toi aussi. On est une famille. Alors nous allons affronter ça ensemble. »
Il hocha la tête avant de sortir de sa poche une fiole qu'Harriet reconnut comme une potion de sommeil sans rêves.
« Je...si jamais ce n'est pas assez...tu pourras jeter un sort de silence ? Je ne veux pas te réveiller si je fais un cauchemar... »
Harriet se demanda alors quel genre de cauchemars pouvait bien faire le blond pour que cela le réveille malgré une telle potion. Elle hocha la tête et le laissa s'allonger dans son lit. Elle lui fit un doux sourire et le rassura encore de quelques mots apaisants avant de se diriger vers sa salle de bain pour se passer un peu d'eau fraîche sur le visage.
Avec ce qu'elle venait d'apprendre, elle ne pourrait probablement pas se rendormir. Son esprit tournait à plein régime. Merryl n'était plus à Azkaban mais était dans un état préoccupant. Comme elle l'avait dit à son cousin, Harriet fit une petite prière à Magia pour que sa tante s'en sorte.
Quand elle sortit enfin de sa salle de bain, elle entendit le doux ronflement d'Alfie. Il s'était déjà rendormi. Elle sourit doucement en voyant son visage plus ou moins serein et s'installa à son bureau pour s'occuper l'esprit. Et comme les BUSEs n'étaient plus qu'à quelques semaines, elle se plongea dans ses révisions.
Elle entendit dix minutes plus tard quelques petits coups contre sa porte et alla ouvrir. Elle découvrit sans grande surprise son directeur de maison devant la porte.
« Il y a un homme dans votre chambre, Miss Potter, » fit le professeur Flitwick sur un ton légèrement désapprobateur.
« Oui, en effet, » répondit-elle dans un murmure tout en demandant d'un simple geste au demi-Gobelin de baisser la voix. « C'est mon cousin, Alfie, » ajouta-t-elle en ouvrant un peu plus sa porte.
Le professeur Flitwick put voir ainsi le blond endormi dans le lit de la jeune Prince et son visage s'adoucit légèrement. Cette dernière poursuivit toujours dans un murmure pour expliquer sa présence.
« Il est inquiet pour sa mère, » dit-elle.
« Votre tante ? »
« En effet, » répondit-elle simplement.
« N'était-elle pas enfermée à Azkaban ? »
« Était ? » nota la jeune fille en relevant un sourcil.
Le demi-Gobelin eut un léger sourire et lui fit un clin d'œil.
« Les nouvelles vont vite pour qui sait où se renseigner et où écouter, » lui révéla-t-il dans un murmure.
« Devons-nous craindre quelque chose ? » demanda ensuite Harriet.
« Rien de la plupart des professeurs, Miss Potter. Mais vous connaissez le professeur Ombrage … »
« Oui, en effet, » répondit-elle sombrement en serrant le poing. « Peut-elle faire quelque chose ? »
« Ca … je ne saurais le dire. Cela dépend de vous. »
« Je vois… Merci professeur. »
« Si votre cousin a besoin de parler, mon bureau est ouvert, » fit le professeur Flitwick en redescendant les escaliers.
« Je lui dirais, » promit-elle avant de refermer sa porte.
xXxXxXx
Harriet marchait dans le couloir en direction de la salle d'étude avec de nombreux autres étudiants de cinquième année. Elle avait besoin de bosser.
« Miss Potter ! »
Elle se retourna en retenant un soupir. Ombrage … La sorcière affichait un visage étrangement… neutre. Ce n'était pas du tout rassurant. Qu'est-ce qu'elle lui préparait ?
« Oui, professeur ? » fit-elle, feignant la surprise à la perfection.
« Venez avec moi. »
La Serdaigle releva un sourcil mais obéit. Elle partit à travers quelques couloirs en direction du bureau de la sorcière. Elle retint un léger sourire en passant par le marécage laissé par les jumeaux Weasley et rentra dans le bureau juste derrière le crapaud.
Elle s'installa sur la chaise et attendit simplement. L'effondrement de la prison d'Azkaban avait fait la une des journaux et il y avait eu quelques rumeurs dans Poudlard mais aucune information particulière. L'attaque n'avait pas encore été revendiquée.
« Qu'est-ce que vous voulez boire ? » demanda-t-elle.
« Je vous demande pardon ? » fit Harriet partiellement surprise.
« Ce que vous voulez boire, Miss Potter, » répéta le Crapaud. « Du thé ? Du café ? Du jus de citrouille ? »
Le regard de la jeune Serdaigle s'éclaira de compréhension alors qu'elle se remémorait certains détails de l'ouvrage de J. K. Rowling. Le Veritaserum… Mais était-ce du vrai ou du faux ? Son frère ne lui en avait pas parlé. Dans le doute …
« Rien, merci professeur, » répondit-elle avec politesse.
« Je souhaiterais que vous buviez quelque chose en ma compagnie, » insista la sorcière sur un ton doucereusement menaçant. « Choisissez. »
Harriet retint un soupir. Elle ne pouvait pas y échapper. Cela irait contre toute convenance et elle était bien éduquée. Elle supplia intérieurement qu'elle pourrait faire semblant sans que cela soit flagrant.
« Très bien… Du thé, dans ce cas, » répondit-elle. « Sans lait ni sucre, s'il vous plait. »
Ombrage prit un soin particulier à préparer la tasse d'Harriet, restant volontairement dos face à cette dernière, dissimulant ainsi ses gestes. Elle pouvait très bien verser quelque chose dans son thé, ce que la Serdaigle était totalement persuadée. Mais elle ne pouvait rien dire sans preuve hélas. Et puis pour se plaindre à qui ? Toute plainte devait absolument être faite à la Grande Inquisitrice …
« Voilà, » dit Ombrage en lui tendant le thé. « Buvez-le avant qu'il ne refroidisse, voulez-vous ? »
Harriet le prit et souffla sur le liquide fumant avant d'y tremper ses lèvres. Elle les garda toutefois hermétiquement closes par précaution. Elle vivait quotidiennement avec deux Maîtres des Potions et n'était de ce fait pas assez stupide pour tomber dans le piège, nom d'un sombral !
« Maintenant, Miss Potter… Je pense que nous devrions avoir une petite conversation après les pénibles événements de la nuit dernière. »
« De la nuit dernière, professeur ? » fit la Serdaigle, les sourcils froncés. « Que voulez-vous dire ? »
« Ce qui est arrivé à Azkaban, bien sûr. »
« N'est-ce pas contre le règlement ? » demanda-t-elle avec précaution.
« Ne vous en faites pas, » sourit Ombrage avec un petit geste. « Vous ne serez pas punie, cette fois. » Le regard du crapaud se posa sur sa tasse l'espace d'une seconde. « Buvez, buvez, » reprit-elle ensuite.
Là, Harriet en fut certaine, il y avait quelque chose dans son thé, sinon cette satanée sorcière ne serait pas aussi insistante. Elle continua alors de feindre se désaltérer.
« Que pouvez-vous me dire sur l'attaque d'Azkaban ? »
« Concrètement ? » répondit la jeune fille. « Rien de plus que ce qui est paru dans le journal, professeur. »
« Miss Potter, cessons les enfantillages, voulez-vous ? Je sais parfaitement que vous savez ce qui s'est passé. Votre tante n'était-elle pas à Azkaban ? »
« Parce qu'elle ne fait pas partie des rescapés ? » demanda alors Harriet, feignant l'inquiétude. « Oh Merlin … Mais que dira Tante Pétunia ? »
Oui, elle venait de dire Tante Pétunia. Elle la détestait – enfin, moins maintenant qu'elle savait la vérité – mais en ce moment, elle pouvait clairement jouer cette carte.
« Tante Pétunia ? Qui est cette femme, Miss Potter ? »
« Ma tante, Pétunia Dursley, l'autre sœur de ma mère, Lily Evans-Potter. Une Moldue. Elles ont repris contacts il y a quelques temps. Elle va être totalement bouleversée quand elle apprendra ce qui est arrivé à Merryl à Azkaban. Je ne sais même pas comment je vais lui dire ! »
Harriet, en parfaite actrice, feignit l'hystérie et se leva pour marcher et se frotta les mains avec une fausse anxiété.
« Vous êtes sûre qu'elle ne fait pas partie des rescapés ? Merryl a péri ? Dites-moi la vérité, professeur ! Merryl n'est pas … »
Ce fut à cet instant qu'elle reporta son regard sur le Crapaud et lut de la surprise avec une – très – légère consternation sur le visage. Elle avait réussi sa petite comédie. Maintenant, elle devait continuer à jouer cette carte.
« Du calme, Miss Potter. Votre tante est vivante. »
« Alors où est-elle ? »
« Elle ne fait ni partie des victimes de l'attaque, ni des rescapés. Mais des hommes ont été vus au large d'Azkaban après l'attaque. »
« Des hommes ? Qui ? Ont-ils enlevés ma tante ? Etaient-ils vêtus de noirs ? Portaient-ils un masque ? »
Ombrage fronça les sourcils à ses questions. Harriet connaissait déjà les réponses mais cela la menait vers une version plausible de son mensonge qui la ramenait à énoncer une vérité par la suite. Et il n'y a pas de meilleur mensonge que ceux ayant une part de vérité en eux.
« Qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils seraient vêtus de noir ? »
« Parce que les partisans de Voldemort sont vêtus de noir et que capturer ma tante serait le meilleur moyen de m'atteindre ! Voldemort sait parfaitement que je tiens à elle ! Oh Merlin… J'espère qu'elle ne finira pas comme ma mère… ou pire les Londubat. Je ne m'en remettrais jamais. Encore une personne morte par ma faute ! »
Tout en disant cela, elle continuait à marcher et à serrer 'anxieusement' ses mains. Sa peau blanchissait là où elle la serrait avec force pour que cela paraisse plus crédible.
« Le mage noir n'est pas de re… »
« Restez dans votre illusion de monde en paix si vous le souhaitez professeur ! » s'exclama Harriet dont la voix montait pour exprimer un certain stress. « Je sais ce que je dis ! Il est de retour ! Et maintenant il a ma tante ! Les mangemorts l'ont enlevée ! »
« Ce ne sont pas des mangemorts qui l'ont emmenée ! » cria presque Ombrage. « Ces hommes étaient vêtus de bleu ! Cessez de parler de ce complot concernant ce prétendu retour de Vous-Savez-Qui ! »
« Il n'empêche que j'y crois dur comme fer à son retour ! » Harriet resta silencieuse quelques secondes. « Attendez une minute. Des hommes vêtus … de bleu ?! »
« Parfaitement, Miss Potter. » Ombrage inspira pour reprendre son calme et lui présenta la chaise. « Rasseyez-vous et buvez. Cela vous détendra. »
La Serdaigle obéit et 'but' une nouvelle gorgée de thé.
« A votre avis, » continua le Crapaud. « Qui pourraient être ces personnes ? »
« Des hommes vêtus de bleu ? » réfléchit la jeune fille. « Sincèrement, je ne sais pas professeur. A part les Mangemorts, je ne vois pas qui pourrait vouloir capturer ma mère. A moins peut-être… »
« Oui ? »
« Je ne sais pas … Vous avez déclaré la guerre contre Pelhisir pour l'enfermement de ma tante. Peut-être sont-ils venus la libérer. »
« Est-ce une affirmation ? »
« Une hypothèse, professeur, » corrigea la jeune fille. « Les hommes qui sont venus il y a quelques temps avec le Gardien Hiro Huan étaient, pour certains, vêtus de bleu. Tous des combattants de Pelhisir. Un guerrier de l'eau vous a d'ailleurs agressée. »
Ombrage la laissa sur ce point. C'était une hypothèse plausible sur base de ce qu'elle venait de lui annoncer. Harriet respira profondément.
« Je vais devoir envoyer une lettre à Tante Pétunia, » fit-elle ensuite. « Et parler aussi à Alfie. Il doit certainement se faire un sang d'encre ! Quelle piètre cousine je fais ! »
« Je suis sûre que vous êtes une cousine exemplaire, » fit Ombrage d'une voix douce, certainement pour l'amadouer.
Harriet resta discrètement sur ses gardes. En effet, elle lui demanda de boire encore. La jeune fille fut contrainte de boire son thé cette fois car la tasse étant petite, elle ne pouvait clairement pas feindre indéfiniment. Elle ne sentit toutefois rien du tout, aucune différence. Il n'y avait pas de véritserum. Ou du moins, s'il y avait, il ne devait pas être correctement préparé.
« J'ai une autre question. »
« Oui, professeur ? »
« Où est Dumbledore ? »
« Comment le saurais-je ? » répliqua Harriet en secouant la tête. « De ce que je sais, la dernière fois que le professeur Dumbledore a croisé la route de ma mère, cela a bien failli mal finir pour elle. Plus loin je suis de cet homme, mieux je me porte. Je vous remercie d'ailleurs de l'avoir chassé de Poudlard. Je me sens bien plus rassurée loin de son influence et de son pouvoir. »
Brosser Ombrage dans le sens du poil pour qu'elle la laisse partir. De toute façon, elle ne portait clairement pas Dumbledore dans son cœur. Elle n'avait pas spécialement à dire pourquoi devant cette sorcière. Si elle voulait vraiment le savoir, elle n'avait qu'à récupérer les articles de journaux parlant de son procès devant Magia.
« Mais je vous en prie, Miss Potter, » sourit Ombrage. « Vous pouvez y aller. »
Harriet se leva et remit son sac sur l'épaule. Elle s'arrêta toutefois quelques secondes, la main sur la poignée de la porte, quand le Crapaud l'interpela à nouveau.
« Oui, professeur ? »
« Savez-vous par hasard où est le professeur Snape ? »
La jeune fille haussa les sourcils de surprise. Elle réfléchit un instant. Il était vrai qu'elle ne l'avait pas vu au petit-déjeuner ni au dîner. Où pouvait être son frère ?
« Je ne sais pas professeur. Pourquoi cette question ? »
« Parce que le professeur Snape semble vous accorder une attention toute particulière. J'ai supposé que vous étiez proches. »
« Dans un sens, c'est vrai. Le professeur Snape est en couple avec ma tante Merryl. Cette relation a rendu nos échanges un peu plus familiers certes mais sans plus. Il reste principalement mon professeur. Je ne sais pas ce qu'il fait de sa vie en dehors des heures de cours. A part qu'il passe certainement beaucoup de temps au-dessus d'un chaudron, je ne peux absolument rien vous dire sur lui. »
« Comment savez-vous qu'il passe beaucoup de temps au-dessus d'un chaudron si vous ne savez rien de lui ? »
« Pour deux raisons évidentes, professeur, » répondit Harriet. « La première, il est Maître en Potions. C'est son art. Et il publie quelques articles parfois, ce qui laisse supposer qu'il fait des recherches et essais dans son bureau, entre quelques heures de cours. La seconde, eh bien… Rien qu'à voir l'état de ses cheveux, c'est évident ! Il passe tellement sa vie au-dessus de chaudrons qu'il est obligé de se badigeonner les cheveux de lotions pour les protéger ! Cela faisait d'ailleurs souvent l'objet de remarques de Merryl quand nous prenions le thé ensemble et qu'il sortait de son laboratoire … Autre chose ? »
« Non. Je vous remercie, Miss Potter. Vous pouvez y aller. »
La Serdaigle sortit mais ne prit pas la direction de la salle d'étude comme elle l'avait prévu à l'origine. Après tout, elle devait 'parler' avec Alfie. Si cela devait être rapporté à Ombrage, elle passerait pour la gentille cousine attentionnée. Mais elle avait besoin du miroir de son cousin, n'ayant plus le sien. Elle alla donc se poster à côté de la classe d'Alfie en attendant la fin de son cours de métamorphoses.
xXxXxXx
Severus était assis sur un siège dans la salle d'attente. Black et Lupin n'étaient pas loin et discutaient à voix basse, cherchant à se rassurer en se racontant quelques petites anecdotes. Le Serpentard faisait de son mieux pour les ignorer et rongeait son anxiété en silence en attendant des nouvelles de l'état de Merryl.
De ce que Freeman avait pu lui dire avant de repartir travailler, c'était que les pronostics n'étaient vraiment pas bons. Cela n'avait pas arrangé l'état psychologique de Severus mais il faisait de son mieux pour garder son calme. Il devait rester fort. Non seulement pour Harriet, mais aussi pour le jeune Alfie. Surtout pour ce dernier, Harriet survivrait certainement. Elle avait déjà vécu pire et avait même rencontré la mort en face plus d'une fois. Les terribles coups du destin, même s'il faisait mal au cœur, elle connaissait pour avoir déjà beaucoup perdu. Mais ce n'était pas le cas du jeune Serdaigle qui n'avait encore rien perdu dans sa vie. Severus se promit d'être là pour lui dans le cas où Merryl …
Il ferma les yeux et s'empêcha de penser de trop à cette éventualité. La perdre elle aussi était comme un film d'horreur. Une deuxième Evans de perdue. Il serait totalement anéanti.
Il fut interrompu dans ses sombres pensées par la sonnerie de son miroir. Il le sortit et vit que l'objet principal de ses serments l'appelait justement.
« Mr Addington ? » fit-il d'une voix neutre. « Que puis-je pour vous ? »
Le visage du Serdaigle fit un bref sourire avant de regarder quelque chose au loin.
« Tiens. Sois brève, j'ai encore un cours moi. »
« D'accord, » fit la voix d'Harriet.
Le visage de cette dernière apparut dans le miroir.
« Salut Sev. Je ne sais pas où tu es. »
« Je suis…. »
« Non tais-toi. Je ne veux absolument pas le savoir. Ombrage viens de me choper pour un interrogatoire. Avec veritaserum, je pense. »
« Ce n'est pas du vrai. »
« Je m'en suis aperçue à la fin quand je n'ai plus pu prétendre le boire. Mais… » Harriet soupira. « Elle m'a posé des questions sur Azkaban, sur Merryl et dans l'ensemble, ça a été. Mais avant de partir, elle m'a posé une question sur ton absence. T'es dans de beaux draps. »
« Je m'en fiche. »
« Je m'en doute. C'est Ombrage. Mais comme ça, tu as le temps de te trouver une excuse en béton armé. »
« Merci. »
« De rien. Ca sert à ça la famille. Bon, je te laisse. Alfie doit retourner en cours. »
Son visage s'effaça pour ne plus laisser qu'une surface réfléchissante. Severus observa son propre reflet et vit de la peur dans son regard. Il rangea rapidement son miroir pour ne plus avoir à se regarder et retourna à ses pensées.
Il ne dut pas attendre beaucoup plus longtemps car un médicomage s'adressa à eux une dizaine de minutes plus tard.
« Vous êtes là pour Merryl Evans ? » Les trois anglais confirmèrent d'un hochement de tête. « Qui est Severus Snape ? »
« C'est moi, » répondit l'homme. « Je suis le compagnon de Merryl. »
« J'ai quelque chose d'important à vous annoncer. »
