Chapitre 120 : Revenir chez les Dursley

Harriet suivait sa mère dans des rues moldues.

« Rappelle-moi pourquoi j'ai accepté, » fit la jeune fille.

« Parce que tu es officiellement encore mineure, que tu es supposée être à l'école pendant que je travaille mais ce n'est plus le cas. Tu vas être recherchée dans le monde sorcier. Il y a un rassemblement à la Chambre des Lords, donc tu ne peux pas rester avec Sirius et comme Remus est mission pour Dumbledore, Gnarlak n'était pas disponible, il ne reste plus que cette solution. Et tu m'as promis de faire un effort. »

La Serdaigle soupira mais n'ajouta rien.

« Heureusement que j'ai pris de la lecture, » dit-elle malgré tout au bout d'un moment alors qu'elle fixait le ciel. « Il va faire mauvais aujourd'hui. »

« Tant que tu évites de faire de la magie … »

« Dois-je te rappeler que tu t'adresses à une ancienne Moldue ? » demanda Harriet avec un sourire en coin.

« Serais-tu en train de me chercher ? » demanda à son tour la mère avec le même sourire.

La jeune fille leva la main.

« Juste un petit peu, » rit-elle en rapprochant son pouce de son index.

Eileen secoua doucement la tête alors qu'elle s'engageait dans le quartier résidentiel de Huyton où vivaient les Dursley. Elle frappa trois petits coups contre la porte. Cette dernière ne resta pas fermée très longtemps. Pétunia Dursley apparut sur le seuil et s'écarta rapidement en voyant les deux sorcières.

« Merci d'accepter de la garder, Mme Dursley, » fit Eileen.

« C'est tout à fait normal, » fit la Moldue.

« Je passe pour une enfant de dix ans dit comme ça …, » commenta Harriet. « Est-ce qu'on peut faire comme si j'avais quinze ans ? »

« Elle n'apprécie pas le principe de 'babysitting', » confia la mère à Pétunia.

« Maman, si tu voulais être discrète, c'est raté. »

« Commencerais-tu à avoir des oreilles de chat toi aussi ? »

« J'en sais trop rien…, » répondit la jeune fille en retirant sa veste. « Je ne connais pas encore mon animagus. Je n'ai pas encore réussi l'épreuve de la feuille… »

Harriet fit de son mieux pour ignorer chaque souvenir de son passé en avisant les quelques bibelots et cadres familiers qui s'imposait à son regard dans cette maison inconnue mais elle ne put s'empêcher de pincer les lèvres. Eileen le remarqua tout de suite et s'approcha de sa fille.

« Essaie de faire un effort, s'il te plait. Ils ne sont pas totalement responsables et tu le sais. »

« Je sais, Maman, » soupira la Serdaigle dans un murmure. « Mais … je vais essayer, » promit-elle une fois encore.

« Je sais que tu le feras, Harriet, » dit la mère avant de lui embrasser le front. « Après tout, tu as déjà un certain âge… »

« Dis tout de suite que je suis vieille ! »

« Autant que ton frère, » sourit Eileen. « Allez, je file. Je ne dois surtout pas être en retard. »

« Qu'Ombrage mange de la poussière ! »

« Commençant un peu à connaître Lord Addington, il y a de grandes chances que cela arrive, » confirma la mère. « Passez une bonne journée. »

Un silence tendu se posa entre la nièce et la tante quand Eileen fut partie.

« Tu … tu veux faire quelque chose en particulier ? » demanda Pétunia, hésitante.

« Je ne sais pas, » répondit honnêtement la jeune fille. « Maman vient de me retirer de Poudlard alors que j'avais mes examens à préparer … Je ne sais pas du tout comment cela va se passer par la suite… Tout s'enchaîne dernièrement… »

« C'est ce que j'ai compris, oui. » La Moldue hésita un instant. « Tu veux du thé ? »

« Volontiers. »

Elles s'installèrent l'une en face de l'autre à la table de la cuisine. Harriet jeta un œil dans le jardin.

« Est-ce que c'est … le lilas qu'il y avait à Privet Drive ? » s'étonna-t-elle.

« Oui, » confirma Pétunia en revenant. « Ton oncle l'avait acheté à ma demande, je ne comptais pas le laisser là-bas alors que les prochains propriétaires avaient déjà décidé de l'abattre. Pourquoi cette question ? »

« Juste comme ça. Pour faire la conversation… »

La tante sourit et hocha la tête. Elles restèrent silencieuses un instant.

« Ton oncle va rentrer un peu plus tôt aujourd'hui… et Dudley… »

« Je suppose qu'il rentrera vers treize heures puisqu'on est mercredi. »

« Treize heures trente oui. Sauf s'il se fait emmener chez des amis. Cela arrive parfois. »

« Comment Dudley prend tout cela ? Il n'a pas été très bavard la dernière fois… »

« Pas plus que toi. » La jeune fille lui lança un regard noir. « Excuse-moi. C'est juste … C'est difficile pour moi d'accepter tout ce qu'on t'a fait. Quand Merryl et Severus sont venus la première fois, je ne voyais que des monstres et par la suite, à chaque fois que Merryl essayait de … je ne sais pas comment expliquer … quand elle utilisait sa baguette pour réparer ce que ton satané directeur a fait … Je me sentais plus … »

Harriet écoutait attentivement sa tante, la fixant dans les yeux alors qu'elle assimilait ses paroles qu'elle avait déjà lues dans ses lettres.

« J'étais horrifiée par tout ce que je t'ai fait, tout ce que je t'ai dit sur toi, sur Lily … » La Moldue se passa une main dans les cheveux. « Je suis sincèrement désolée, Harriet. »

« Hmmm hmmm… J'accepte tes excuses, Tante Pétunia. J'ai très bien compris que vous n'étiez pas totalement fautifs dans cette histoire. Vous êtes Moldus, par conséquent facilement influençables. Mais il faudra accepter que j'ai un temps d'adaptation, j'ai certains souvenirs assez … percutants pour ne pas dire traumatisants. » Pétunia hocha la tête, l'air coupable. « Qu'en est-il de Dudley ? »

« Je dois le reprendre sur les aspects de 'monstres' et sur la magie… »

« Il a gardé cette vision, » soupira la jeune fille. « Je suppose que ce sera à moi de l'éclairer sur ce point ? »

« Pas nécessairement. Mais tu seras certainement plus capable que moi de lui en parler en bien. Moi j'ai surtout été jalouse de Merryl et Lily. Alors je me suis braquée là-dessus. »

« On croirait entendre l'histoire du père de Sev … Mais en plus dramatique. »

« Tobias Snape était connu pour être un ivrogne violent. »

« En effet. C'est vrai qu'Oncle Vernon n'était pas alcoolique, lui… Je suppose que c'était ça le pire. Savoir qu'il était pleinement conscient et non influencé par l'alcool… »

« Je suppose, oui. Est-ce que … ? Mme Prince ne m'a jamais dit comment tu es arrivée chez elle … »

« Elle veillait déjà sur moi quand j'étais à Privet Drive. Elle me cherchait, » répondit honnêtement Harriet. « Dudley et ses amis lui lançaient des pierres alors qu'elle était sous sa forme de chouette. Je me suis interposée à l'époque, pensant qu'elle était un simple animal sans défense. Dudley et sa bande m'ont frappée et … je crois que j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillée, j'étais chez elle et elle m'a promis que je ne retournerais jamais chez vous… Et elle m'adoptée par le sang. Elle est maintenant ma mère biologique au même titre que Lily Evans. »

« J'ignorais qu'on pouvait faire cela. »

« Il n'y a de limite pour la magie que notre imagination, Tante Pétunia. Plus on est créatif, plus on peut faire de choses, pour peu qu'on ait suffisamment de puissance. »

Elle but une gorgée de son thé et posa à nouveau son regard sur le jardin, laissant courir son regard sur les plantes.

« Tu comptes faire quoi plus tard ? » demanda Pétunia au bout d'un moment. « Je veux dire … après la guerre. »

« Archéologie sans doute. Il y a l'option archéomagie à Pelhisir, » répondit la jeune fille avec un sourire.

Elle était contente de pouvoir envisager de reprendre plus ou moins ses études passées même si cela incluait un nouveau point de vue.

« J'aime bien l'idée de parcourir le monde à la découverte d'anciennes civilisations, tant magiques que moldues et ensuite les étudier… » Elle reposa son regard, soudain brillant, sur sa tante. « Tu savais que Stonehenge était un haut lieu de magie en plus d'être un ancien monument funéraire du néolithique ? »

« Non, je l'ignorais, » répondit la Moldue.

« Avant le procès de Dumbledore l'an dernier, je ne le savais pas non plus ! Cela a été vraiment une surprise de voir l'aspect sorcier des choses alors que je n'avais qu'une connaissance purement moldue des lieux. Et j'ai pu voir Maman et Papa là-bas pendant un instant… C'était … bizarre. Surtout de voir Sev et Papa parler de manière … civilisée … alors qu'ils étaient comme chien et chat ! »

« Tu sembles être quelqu'un de très passionnée quand tu t'exprimes, » fit la Moldue avec un sourire. « Heureusement que tu as pu partir d'ici avant qu'on te détruise… Je ne me le serai jamais pardonné. Et je pense que Vernon non plus. »

« Et Dudley ? Il veut faire quoi lui ? » demanda alors la jeune fille.

« Il n'en a aucune idée. Il préfère passer ses journées à trainer ou à jouer sur sa console. Je dois batailler pour qu'il fasse ses devoirs… »

« Est-ce qu'il sait que sans travail, on n'a point de plaisir ? » demanda-t-elle avec un sourire.

« Je le lui répète constamment, » soupira la maîtresse des lieux. « Ca au moins, je n'avais pas de problèmes avec toi. »

« Pas vraiment, non, » admit Harriet avec une grimace. « Je faisais juste les siens et négligeait les miens… Mais j'ai toujours appris mes leçons. Je suis une Serdaigle après tout ! Si je n'ai pas au moins la moyenne, c'est une catastrophe ! Et je n'ai pas droit à moins qu'un Effort Exceptionnel en potions ou en DCFM si je ne veux pas me faire tuer par Severus ! »

« Cela correspond à quoi je ne me rappelle plus très bien. »

« En gros, Acceptable c'est la moyenne. Effort Exceptionnelle, soixante, septante pour cent. Et Optimal, quatre-vingt, nonante. »

« Et tes notes avoisines généralement … ? »

« Alors … Je ne suis jamais en échec à moins d'avoir une excellente raison qui est généralement d'ordre médical et je me mets toujours en ordre. Sinon… eh bien… Je suis en général entre Effort Exceptionnel et Optimal avec une exception pour l'Histoire de la Magie où je n'ai qu'un Acceptable… Ce foutu fantôme est tellement soporifique que suivre son cours est un calvaire ! »

Pétunia pouffa en voyant sa nièce s'avachir légèrement sur la table, paraissant un peu plus adolescente et normale que quelques instants auparavant où elle était droite comme un piquet. Elle avait réussi à la détendre un peu. Peut-être qu'elles pourraient recommencer à zéro comme elle l'avait demandé dans ses lettres. Elle voulait vraiment essayer.

Elles parlèrent de tout et de rien jusqu'à arriver à un sujet qu'elles maitrisaient toutes les deux, à savoir la cuisine. Et elles se mirent aux fourneaux ensemble. Ce fut d'ailleurs à cet endroit que Dudley les surprit à plaisanter doucement tout en sortant les cookies au chocolat du four.

« Je meurs de faim ! » fit-il en approchant.

« Eh ! Pas les pattes ! » s'exclama Harriet en lui frappant la main. « Dame Politesse et Dame Propreté, elles sont où, dis-moi ?! »

« Hein ? »

« Dis bonjour à ta cousine et va te laver les mains, Dudley, » soupira Pétunia en transférant les cookies sur un plateau. « Tu auras des cookies plus tard mais il faut en laisser quelques-uns pour ton père. »

« Faudrait en refaire une fournée plutôt, » plaisanta Harriet en l'aidant. « Je suis une grande mangeuse de chocolat ! »

« Tiens, toi aussi… Tu es comme ta mère. »

« Oui, je sais, Sev m'a dit, » sourit la jeune fille. « Ils dévalisaient à chaque fois les rayons de chez Honeydukes pour avoir leur réserve de chocolat à Poudlard. »

« Et toi, tu les dévalises ? »

« Non… mais j'arrive à m'arranger pour toujours en avoir. »