Chapitre 123 : Le Déménagement

Harriet posa le carton avec ses affaires au milieu du salon vide en soupirant.

« Voilà, c'est le dernier, » dit-elle à son frère. « J'ai vidé ma chambre. »

« Quel dommage que tu ne puisses pas te charger de les rétrécir toi-même, » maugréa l'homme en agitant la baguette.

Le paquet se rétrécit et fila droit dans une lourde malle où le nom de la Serdaigle était écrit.

« Désolée, ce n'est pas moi qui fais les lois… »

« Je sais. »

Il agita sa baguette d'un geste vif et la malle se referma et rejoignit trois autres contre le mur.

« Cela va faire bizarre de ne plus vivre ici, » commenta Harriet en s'appuyant contre le mur dépourvu de peintures.

« Maman ne vend pas la maison, Harriet, » soupira Severus. « Tu pourras toujours revenir. Et au besoin, elle pourra toujours servir de pied-à-terre. »

« Avec plus rien dedans ? »

« Il y a le minimum vital. »

« A quand le départ ? »

« Dès que Maman a fini de ranger ses affaires dans le bureau. Black s'est occupé de la bibliothèque commune. »

« Et elle a survécu ? » plaisanta la jeune fille, faisant naître un sourire en coin sur le visage de son frère.

« Apparemment, » ricana-t-il. « Tu ferais bien d'aller prendre une douche… »

« Dis tout de suite que je pue ! »

« Ce n'est pas loin. Tu es toute en sueur et même si je ne suis pas un chien, je suis sensible aux odeurs. »

« Très bien, » soupira la Serdaigle en se dirigeant vers sa malle. « Agrandis-moi ça alors. Autant prendre des vêtements propres ! »

L'homme s'exécuta sans un mot et l'adolescente partit dans le couloir en direction de la salle de bain pour une bonne douche bien méritée. Elle revint quinze minutes plus tard, habillée d'un large débardeur blanc et d'une jupe en jeans lui arrivant juste au-dessus du genou et elle avait attaché ses cheveux avec ses piques vif d'or. Severus se demandait encore par quel exploit elle arrivait à les faire tenir.

« Voilà, je suis prête. »

« Cela tombe bien, moi aussi, » sourit Eileen en sortant de son bureau avec trois sacs. « Sirius ? Severus ? »

« Je suis déjà dans le salon à vous attendre, » répondit le Serpentard.

Il se tenait debout à côté de la porte les bras croisés. Il était simplement vêtu d'un jeans sombre et d'une chemise noire. Sirius les rejoignit quelques instants plus tard précédé par une pile de cartons volants.

« Où je les mets ? »

Severus releva un sourcil mais agita simplement sa baguette en réponse. Une malle s'ouvrit. Le Maraudeur rétrécit alors les paquets et referma la valise.

« Voilà, fini, » conclut-il.

Le Maître des Potions agita sa baguette et les valises s'empilèrent et se rétrécirent pour être glissées dans le sac d'Eileen. La seule exception fut la malle concernant les produits et ingrédients nécessaires à la fabrication de potions dont il allait lui-même se charger. Il tendit ensuite la main vers le cerceau appuyé contre le mur. Un portoloin pour le Berceau. Ils commençaient tous à y être habitués. Ils l'attrapèrent tous et se laissèrent porter par la magie de l'objet.

A peine eurent-ils posé un pied au Berceau qu'ils furent accueillis et contrôlés par des hommes armés de l'Archipel. Les soldats semblaient sur le qui-vive et ils aperçurent, du haut de la colline où se trouvait la place aux miroirs, plusieurs patrouilles tout autour du feu sacré et dans les rues du village. Il ne faisait aucun doute que l'archipel était en état de guerre et avait augmenté les mesures de sécurité.

Une fois la fouille et l'interrogatoire terminés, ils furent dirigés plus loin où semblait les attendre une femme de taille moyenne. Elle était incontestablement belle, très belle même, rivalisant presque avec une vélane bien qu'elle avait les cheveux d'un brun chocolat et non blond doré. Elle avait également les yeux les plus bleus que la petite troupe ait eus l'occasion de voir et était vêtue d'une longue robe d'un rouge sang et fumait au moyen d'un porte-cigarette orné d'un dragon.

« La famille Prince j'imagine ? » sourit-elle en s'avançant. « Je suis Aimée Delacour et je serais votre guide. »

« Enchanté, » fit Severus.

« Nous nous sommes déjà rencontrés l'une ou l'autre fois en compagnie de Merryl, » sourit Sirius en approchant pour lui faire un baisemain.

Les sourcils de la jeune femme se haussèrent, amusée, et elle se tourna en direction des deux autres femmes.

« Est-ce que vous avez tout ? Nous pouvons y aller ? »

« Nous avons tout, » confirma Eileen.

« Eh bien, dans ce cas, je vais vous inviter à me suivre messieurs, dames, » fit-elle en marchant en direction du village.

Il fallut descendre la colline et emprunter la rue principale du petit bourg. Ils suivirent la jeune femme le long des rues pavées, les escaliers et les habitations de pierres blanchies et la végétation. Elle les amena en direction d'un quartier sur le flan sud de l'île et s'arrêta devant une petite maison avec un toit-terrasse, surplombé d'une pergola, et dont la végétation cachait partiellement la vue.

« Voici la maison, il y a deux chambres et un sous-sol aménageable en laboratoire de potions. Elle appartenait à notre maître avant qu'il ne nous la lègue à sa mort. »

« Nous vous remercions beaucoup, Mme Delacour, » fit Eileen.

« Mademoiselle en fait. Il n'y a pas de quoi. Je peux vous aider et ensuite vous montrer le chemin le plus pratique vers l'hôpital ? Je vais rendre également visite à Merryl juste après. »

« Si cela ne vous dérange pas, ce serait apprécié, » dit Severus d'une voix bien trop contrôlée pour paraître normale.

« Avec plaisir ! » Elle sortit de l'une de ses poches un trousseau de clefs et ouvrit la porte d'entrée donnant sur un salon-salle à manger de belle taille et une cuisine à demi-ouverte et totalement équipée. « Il y a l'électricité et l'eau donc normalement il n'y a plus qu'à s'installer. Et je m'y connais en installation d'équipements moldus via des générateurs magiques si cela vous intéresse ! »

« On pourra installer la télé ? » demanda Harriet

« Et même le magnétoscope ! »

« Super ! »

« Harriet adore les soirées films, » révéla Sirius. « Une belle invention des Moldus. »

« J'approuve totalement ! Il y a aussi des inventions technomagiques qui permettent d'avoir le lave-vaisselle et le réfrigérateur et même la machine à laver ! Nous avons des chercheurs à Abysse-la-Vieille qui se spécialisent dans la Technomagie et ils s'inspirent largement du monde moldu. C'est d'ailleurs eux qui ont inventé les miroirs et qui sont en passe de créer des ordinateurs et des téléviseurs grâce à des miroirs plus grands. »

« Des ordinateurs ?! » s'exclama Harriet. « Youhou ! »

« Peux-tu nous expliquer ton enthousiasme, Riette ? » demanda Sirius, curieux.

« Pas sans la présence d'un avocat ! »

« Je t'avoue que je suis moi-même émerveillée devant tout cela mais pour l'instant le service est un peu en pause tant que Merryl n'est plus apte à valider des projets. Elle était très investie dans ce service et, en attendant, les chercheurs passent plus de temps à jouer avec des armures corporelles qui améliorent les compétences physiques... une idée de Merryl qui a parlé de Transformeurs... ou un truc du genre, jeux en réalité virtuelle mais je ne comprends pas trop le concept. »

« Oh hmmm... Je vois plus ou moins à quoi elle pensait..., » fit lentement Harriet en se grattant la tête.

« Oh Merlin..., » soupira Severus qui comprenait enfin d'où venaient les idées des deux femmes. « Les filles vous êtes vraiment graves ... »

« Quoi ?! » demanda la Serdaigle. « J'ai encore rien fait moi ... ! »

« Et moi non plus ! » rit Aimée. « C'est Merryl qui joue les savants fous ! Bon nous avons une maison à rendre vivante non ? »

« Je suis bien d'accord, » soupira Eileen. « Rangeons l'essentiel, on s'occupera du reste petit à petit dans les jours à venir. »

« Donc la cuisine et les chambres en priorité ? » demanda l'amie de Merryl. « Je m'occupe des appareils électroniques ! »

« Tout le monde au travail, » soupira Severus.

« Je vais aider Miss Delacour, » ajouta Sirius avec un immense sourire

« Prenez garde, Miss Delacour, » prévint le Serpentard au grand dam du Maraudeur. « Black est un vrai chien. »

« Et je suis un dragon, je vous laisse deviner qui aura des poils roussis si on ne me laisse pas travailler ! »

« Je vous aime déjà, » ricana Severus en faisant léviter la malle d'Harriet. « Allez, Petite Peste, va choisir ta chambre tant que j'accepte encore de porter ta valise. »

Quelques heures plus tard, une fois le plus important du travail fait, la petite troupe se retrouva à l'hôpital en vue d'avoir des nouvelles de Merryl et du bébé. Remus devait déjà se trouver sur place, surveillant qu'il n'arrivait rien et voulant se rendre utile.

Les médicomages les laissèrent entrer sans problème et ils furent surpris lorsqu'ils constatèrent que Merryl ne se trouvait plus sous l'eau et sous une barrière vitrée mais dans un lit. Son corps semblait totalement remis mais pas son esprit selon le médicomage qui les avait accompagnés.

Remus se tenait à son chevet, tenant une main de la rousse entre les siennes.

« Elle s'appelle Felicity, » dit-il en regardant principalement le Serpentard. « C'est Merryl qui me l'a dit. »

« Je te demande pardon, Lupin ? » fit Severus.

« La petite … Elle s'appelle Felicity. »

« Merryl s'est réveillée ? » demanda Harriet avec une lueur d'espoir dans le regard.

« Oh non ! J'ai testé cette histoire d'impulsions magiques qui sont proposées pour la réveiller et cela m'a fait … rentrer dans son esprit… C'est dans son esprit qu'elle me l'a dit ! C'est un peu compliqué à expliquer en fait... » Il soupira. « Je suis désolé, je ne comprends pas moi-même mais… le résultat est que j'ai pu rentrer en contact avec son esprit ou... du moins une partie d'elle. Les médicomages ont dit que comme sa magie s'était rétablie et qu'on pouvait maintenant s'approcher et tenter de la réveiller en l'entourant de notre magie. Mais il faut le faire à petite dose pour ne pas déclencher de stress, » ajouta-t-il avec un léger sourire.

« Oh ... Merci... Lupin, » fit le Maître des Potions en approchant. « A-t-elle dit pourquoi Felicity ? »

« Pas vraiment... je ne saurais l'expliquer mais cela avait l'air d'être elle mais mélanger à des souvenirs d'Azkaban... Elle était enceinte dans son esprit et ... elle semblait plus ou moins consciente que ce n'était pas réel. Elle m'a juste fait promettre... pardon, elle a fait promettre à Moony de veiller sur Felicity si elle ne se réveillait pas... peut-être qu'elle ne percevait que mon loup... c'était assez vague … et étrange aussi. Je suis désolé, Snape, » dit-il avec un air embarrassé de quelqu'un qui ne disait pas tout.

Severus le remarqua mais ne commenta pas. L'hôpital n'était pas un lieu propice pour faire un esclandre. Et peut-être qu'il ne disait pas tout juste parce qu'il jugeait des informations bien trop privées pour être divulguées devant autant de monde. Ou bien que, comme il le disait, il ne comprenait pas tout. Il verrait plus tard avec le Loup-Garou.

« Si je comprends bien, elle te désigne un peu comme son parrain, » soupira de dépit le Serpentard. « Je n'ai déjà pas assez avec un Maraudeur pour ma soeur, enfin... tout mieux que Potter, je suppose... »

« Eh ! » s'indigna Harriet en donnant un coup de coude à son frère. « Vilain chat ! C'est méchant de dire ça ! »

Remus sourit.

« C'est bon, Riette. Et puis, il ne crie pas de rage ou d'indignation, c'est déjà ça. »

« Et on a enterré la hache de guerre aussi, » commenta Sirius.

Les sourcils de la jeune fille se soulevèrent de deux bons centimètres sous sa surprise.

« Hmmm... j'ai raté combien d'épisodes moi ? »

« Toute une saison, » soupira Severus en prenant la main de Merryl pour l'embrasser. « Je t'expliquerai plus tard. »

« Dites-moi, je reviens d'une discussion très intéressante avec le médicomage, celui qui a un balai dans le cul…, et j'ai appris quelque chose de très intéressant ! » s'exclama Aimée avec un sourire en entrant dans la salle.

Elle s'approcha du berceau-couveuse, l'ouvrit et prit doucement le bébé dans ses bras sous les yeux alarmés des autres personnes dans la pièce.

« Il semblerait, que cette petite merveille puisse sortir deux heures par jour de son incubateur doooonc qu'une personne ici puisse la prendre dans ses bras et faire sa connaissance ! Un volontaire ? »

La petite famille ne dit rien mais plusieurs regards se tournèrent vers le père de l'enfant.

« Sinon je me ferais un plaisir de me taper une conversation entre filles hein ! » continua Aimée d'une voix enjouée. « J'ai tellement de choses à lui apprendre sur comment bien faire enrager sa mère ! »

Severus eut un sourire en coin mais approcha malgré tout de la sorcière.

« Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai bien pouvoir avoir quelques instants avec ma fille en premier. Je n'en ai pas encore eu le droit jusqu'à présent. »

« Eh bien dans ce cas assis papa ! Je ne laisserai pas ce petit paquet entre des mains tremblantes ! »

Severus obéit sans dire un mot et s'installa sur un siège non loin. Il tendait simplement les bras, prêt à cueillir son enfant des bras d'Aimée.

« Tu crois qu'il va bien ? » demanda Harriet à sa mère dans un murmure. « Parce que je ne l'ai jamais vu aussi docile face à quelqu'un. »

« Ces dernières semaines ont été plus qu'éprouvantes pour lui, » répliqua doucement Eileen. « Tu aurais dû le voir à la dernière réunion de l'Ordre. S'il n'y avait pas eu Sirius, il aurait très certainement fait la tête au carré à certains. »

« Alors Sirius et Sev sont maintenant amis ? »

« On peut dire ça. Mais ton frère ne l'avouera jamais, même sous la torture. »

Pendant ce temps, Aimée s'approcha et se pencha mais juste avant de déposer le bébé dans les bras de son père, elle releva un sourcil et le fixa, amusée.

« Et on ne tombe pas dans les pommes, » avertit-elle. « Ca ne se trouve pas à l'épicerie du coin ce genre de choses, c'est du cent pour cent bio hein ! »

« Cela ira, merci beaucoup, Miss Delacour, » fit Severus en assurant sa prise autour de sa fille. « Je tiendrai le coup. »

« Je sens que je vais aimer cette femme, » commenta Harriet en regardant sa mère. « Comment Fleur n'a pas pu me parler d'elle ? Ou même Alfie ? Elle est juste géniale ! »

« Mon filleul n'est pas très bavard si on aborde pas le sujet en premier et ma nièce ne semble pas vraiment être ta meilleure amie, par contre, mon autre nièce, Gabrielle, m'a parlé de toi, » souffla la dite-femme en apparaissant derrière Harriet

« Je serais curieuse de savoir ce que Gabrielle a pu dire sur moi, » fit la jeune fille.

« Aaaaah désolée mais une promesse faite en se serrant les petits doigts c'est très important et je tiens à ce que mes sources continuent à me divertir d'anecdotes sur les parents de ces mêmes sources. » Aimée rit doucement quelques instants. « Ne sont-ils pas mignons ? » demanda-t-elle ensuite en pointant Severus et le bébé, changeant habilement de sujet.

« Très mignons, » confirmèrent les deux Prince avec un sourire.

« Je ne suis pas mignon, » maugréa Severus, redevenant un peu plus lui-même, faisant pouffer sa famille.

« Un homme même s'il avait une verrue au milieu du front, aurait quand même l'air mignon avec un aussi beau bébé dans les bras, » répliqua la brune. « Du beau boulot ! Quand la belle au bois dormant se sera réveillée, je lui demanderai son mode d'emploi pour faire d'aussi beaux enfants ! Quoi que mes bébés dragons sont très mignons aussi ! »

Toute la famille pouffa encore et Severus n'ajouta rien, baissant simplement son regard pour admirer sa petite fille qui dormait paisiblement dans ses bras en tenant son long doigt entre ses petites mains.


N'est-il pas mignon, notre Severus ? Moi je craque.

Encore désolée du retard.

Plein de bisous et à bientôt

Memepotter952504