Chapitre 125 : Les Examens

Tom,

Je suis désolée d'avoir autant tardé à te répondre. L'évacuation et la survie de Merryl, son coma actuel, les cartons de déménagements, le décalage horaire, … J'étais épuisée et ailleurs … Mais maintenant ça va mieux. Enfin pour moi. Pour ma tante, on attend encore. Elle n'est déjà plus sous l'eau, c'est déjà ça je trouve. Il n'y a plus qu'à espérer qu'elle se réveille !

Correspondre avec toi est toujours aussi distrayant et intéressant. A tous points de vue ! J'ai de ce fait un œil sur toi, ton point de vue sur la guerre, des nouvelles d'Angleterre, … Je ne vais quand même pas te citer Sun Tzu à chaque fois … Peut-être devrais-je me tourner sur César ou Cicéron. Il faudrait que je les relise d'ailleurs. Hmmmm… Je louche sur ma bibliothèque rien que d'y penser. Je ne vais probablement pas pouvoir résister à l'envie d'ici la fin de ma lettre.

Le Berceau … C'est un endroit super et ce n'est pas la première fois que je viens ici. Maintenant, tu n'es pas sans savoir qu'on est soumis à un serment qui nous empêche de divulguer les secrets de l'archipel. Navrée mais je ne peux rien te dire de plus que ce qu'il y a dans le livre que ma tante a écrit il y a quelques années. Tiens, en voici un exemplaire. Ne l'abîme pas par contre ! C'est le mien et je l'ai reçu pour mon anniversaire ! J'y tiens beaucoup ! Une page abimée, une rayure sur la couverture et je te fais ta fête, tu m'as comprise ?

Gringott's fermé, quelle surprise ! En fait, non, pas vraiment. Ombrage est une idiote en plus d'être une raciste et le Ministère est assez con pour la suivre et la protéger. Que les Gobelins réagissent n'est pas étonnant. Elle a quand même insulté Maître Huan ! Mais tu sais quoi ? Moi je ne suis pas du tout touchée par ce problème ! Et ma famille proche non plus !

Tu veux rentrer en action. Soit. Ne fais juste pas de mal à mes amis, s'il te plait. Et oui, je suis très contente d'être loin de la guerre et de la sphère d'influence de Dumbledore. Et aussi de la présence toxique d'Ombrage. Franchement, je n'ai plus rien à la main mais j'ai encore parfois une légère douleur quand j'y pense. C'est quand même resté pendant un peu près une semaine ! J'en garderai une cicatrice à jamais de cette sorcière ! Je la déteste !

Trop tard ? Pour aller au Ministère ? Pourquoi j'irai ? Cela ne me sert à rien d'y aller puisque je connais déjà la prophétie. Maintenant, t'en parler … hmmm… Je ne sais pas. Tu as été sage ?

Cordialement ennemis,

Harriet Potter-Prince

Severus recracha une partie de son café en lisant la transcription de la lettre d'Harriet. Il toussa quelque peu juste après.

« Tu vas bien ? » lui demanda sa mère.

« Oui, » hoqueta-t-il. « L'audace d'Harriet, comme toujours. »

« Ah ? »

« Elle ose demander au Seigneur des Ténèbres s'il a été sage ! »

Sirius et Remus qui étaient assis dans le canapé du salon à discuter ne purent s'empêcher d'éclater de rire à cela. Eileen eut un simple sourire en coin.

« C'est Harriet, » dit-elle en haussant des épaules.

« Mais quand même ! » bougonna Severus. « Je n'ai pas intérêt à être là quand il lira cette lettre ou je vais me prendre un doloris gratuit ! »

Il brûla la copie et rangea l'originale, avec le livre rétréci, dans sa robe de sorcier tout en bougonnant sur cette satanée chipie qu'il avait pour petite sœur qui n'était pas là pour qu'il lui donne un savon.

« Tu voudrais peut-être encore qu'on reporte sa session d'examen au risque qu'elle fasse une année sabbatique ? » fit Eileen en nettoyant la table d'un coup de baguette.

« Non, » soupira-t-il en se levant. « C'est juste… Je n'aime pas être torturé pour rien. »

« Personne n'aime ça, Severus, » fit-elle en le serrant dans ses bras. « Tu n'auras qu'à te venger sur elle en lui faisant récurer des chaudrons. »

« Pour ce que cela lui fait… »

« Alors trouve autre chose. »

« Facile à dire. Les punitions lui passent par-dessus la tête. Elle les fait sans broncher. »

« Tu oublies que tu as affaire à une adulte. »

« C'est justement ça le problème, Maman. C'est plus dur à cause de ça. »

« Un défi à ta mesure, » dit-elle avec un sourire malicieux. « Je sais que tu trouveras. »

Severus eut un sourire en coin et embrassa sa mère sur la joue avant de partir. Il devait rentrer en Angleterre. Son premier rapport aux deux camps sur la vie à Pelhisir. Enfin, ce qu'il pouvait en dire …

xXxXxXx

Harriet était assise sur les marches d'un bâtiment juste à côté de l'hôpital à réviser pour ses examens.

« Salut Harriet, » fit une voix.

Elle redressa la tête et un sourire apparut sur son visage.

« Bonjour, Alfie, » dit-elle directement. « Comment tu vas ? »

« Ca va. Et toi ? »

« Ca va. Je vais passer mes examens. Je suppose que tu vas voir ta mère… »

« Hmmm… Oui, après mon examen, oui. »

« Ton examen ? » Elle resta deux secondes silencieuse avant d'écarquiller les yeux. « C'est toi l'autre élève ?! »

« Oui. J'étudie le cursus élémentaire à distance. Normalement, je n'aurais pas dû aller à Poudlard mais c'est ma grand-mère qui a insisté. Alors ils ont trouvé ce compromis là pour moi. » Il soupira tandis que la jeune fille se relevait. « Enfin, ce sera fini. Oncle Freeman l'a convaincue que je devais passer le reste de ma scolarité ici, en sécurité. »

« Ah ? »

« Elle accepte de le croire et de le suivre quand il s'agit de la sécurité de l'héritier. Et il a été très clair sur le retour de Tu-Sais-Qui. »

« J'imagine… » Elle rangea ses notes dans son sac. « Cela me rassure que tu sois là. Enfin, je veux dire… Je ne serais pas toute seule ici. Quelqu'un de connu avec qui discuter, cela fait toujours plaisir. »

« Tu dis cela comme si tu ne t'en sortirais pas toute seule, » rit le blond, taquin. « Où est passée la courageuse et malicieuse Harriet Potter que je connais ? »

« Ben, je suis là. Et je suis une Serdaigle, pas une foutue Gryffondor, bon sang de bois ! » Ils pouffèrent en faisant quelques pas sur la place. « Mais avoir un repère connu dans la gente étudiante fait toujours du bien. »

« T'inquiète, tu auras bien vite tes repères. Ici, de ce que je sais, les classes sont très petites à un tel point qu'on devient presque aussi soudés qu'une famille. A ton avis, comment on est si proches avec les Delacour ? »

« D'où le 'Tante Merryl' de Fleur, » rit ensuite la Serdaigle.

« Je me rappelle tellement de ce jour-là, la tête que tu faisais ! » continua Alfie avec un immense sourire. « Et celle de Fleur ! »

« C'est vrai qu'avec le recul, c'est assez drôle, » admit Harriet avec un sourire.

Un homme vint les chercher et ils le suivirent à l'intérieur d'un bâtiment aux murs clairs.

« Installez-vous, » dit-il simplement en leur montrant deux bancs écartés de deux mètres l'un de l'autre. « Je suppose que vous informez que toute tricherie est naturellement interdite et sera sévèrement sanctionnée… »

Les deux adolescents acquiescèrent d'un simplement hochement de tête.

« Bien, » fit l'homme en claquant des doigts. « Commencez. Vous me rendrez vos copies dans deux heures. »

Un rouleau de parchemin vierge ainsi qu'un questionnaire venaient d'apparaître sur leur pupitre et les deux cousins se sourirent pour se donner du courage l'un à l'autre avant de commencer leur épreuve du jour. Tout comme celles des jours suivants. Cela dura deux semaines à un rythme effréné. Ils passaient la théorie au matin et la pratique l'après-midi auprès de Maîtres en la matière. Ils étaient pour la plupart des inconnus, du moins pour Harriet, mais ils étaient tous des chercheurs du Berceau qui avaient acceptés de sacrifier une journée dans leur emploi du temps pour leur cas exceptionnel.

A la fin de leur éprouvante session, ils n'avaient naturellement aucun résultat mais tant Harriet qu'Alfie avaient tout donné pour les réussir. Alfie plus même puisqu'il donnait encore de son essence magique à sa sœur tous les jours. Il s'effondra d'ailleurs à la fin de son dernier examen. Heureusement que Severus était là pour le rattraper. Le blond était tombé dans les pommes.

« Il est épuisé, » fit simplement remarquer le Serpentard après un simple sort de diagnostic.

« Ouais, rien d'étonnant, » soupira Harriet en se frottant les yeux. « Il passe ses journées entre la salle d'examens et l'hôpital jusqu'à ce que son père ou son oncle vienne le chercher. Et bien que je ne sois pas dans le même état que lui, j'aimerais bien aussi rejoindre Morphée. On peut rentrer ? »

« Tu sais où est-ce qu'il habite ? » demanda ensuite son frère.

« Non. »

« Tu crois que Maman le sait ? »

« Je n'en sais rien. Peut-être. Elle fréquente un Addington au laboratoire. J'en sais pas plus. »

« On le ramène et on va simplement prévenir Lord Addington par miroir alors. »

Harriet hocha la tête et suivit son frère avec un certain soulagement sur le chemin de la maison. L'homme portait son beau-fils dans les bras avec précaution, la tête contre son épaule. Il lui devait beaucoup. Grâce à lui, tant Felicity que Merryl étaient toujours en vie. Le danger de mort était écarté pour la petite. Il ne restait plus qu'à la Gardienne de se réveiller. Il priait chaque jour pour cela mais il n'en remerciait pas moi le jeune Alfie pour tout ce qu'il avait fait à son jeune âge. Cela représentait tellement.

Il l'allongea dans le canapé du salon et le recouvrit d'un fin drap avant de souhaiter une bonne sieste à sa sœur. Après avoir prévenu Freeman Addington, il commença ensuite à préparer le repas du soir pour tout le monde pour occuper son esprit et se rendre utile.

Il n'avait rien de spécial à faire. Pas de potions, pas d'espionnage et son rôle de babysitteur d'Harriet dans cette guerre n'avait en soi aucune raison d'être puisqu'elle n'avait pas besoin de lui dans ce sens-là. Pour le reste, il n'avait qu'à broder un peu ou divulguer des choses insignifiantes concernant n'importe quelle vie d'adolescente.

Il ne fut pas surpris de voir sa mère rentrer en compagnie de l'oncle d'Alfie. L'armoire à glace sourit doucement en voyant son neveu endormi dans le sofa et rejoignit les deux Prince dans la cuisine.

« Cela a été ? » demanda-t-il simplement.

« Il ne s'est pas du tout réveillé, » répondit simplement Severus. « Pas plus qu'Harriet. A moins qu'elle se soit encore plongée dans un traité de philosophie ou de littérature du cinquième siècle avant Jésus Christ. Avec elle, rien n'est moins sûr… »

« Une Serdaigle, » sourit le viking.

« Souhaitez-vous vous joindre à nous pour le repas ? » demanda ensuite le Maître des Potions.

« Volontiers. Enfin, si vous avez assez de nourriture. »

« Nous en avons pour un régiment entier. »

Une porte s'ouvrit et se referma et des pas se firent entendre sur le plancher à l'étage.

« J'ai mes oreilles qui sifflent, » fit doucement Harriet en arrivant dans la cuisine. « On parle de moi ? »

Elle déposa un livre sur la table et se servit un verre de lait. Pendant ce temps, Freeman prit simplement le bouquin et en examina la couverture.

« Les Métamorphoses d'Ovide… »

« Bon allez, peut-être pas cinquième siècle avant Jésus Christ, » admit le Serpentard en entendant l'auteur. « Il n'empêche que cela reste un vieil auteur. Il est du … premier ou du deuxième avant… »

« En fait, il est à cheval sur le premier siècle avant-après Jésus Christ, » informa la jeune fille en récupérant son ouvrage. « Il a écrit les Métamorphoses, l'Ars Amatoria, les Héroides et les Fastes. »

« Tu aimes lire les auteurs antiques ? » demanda Freeman, curieux.

« Je suis une philologue classique, » répondit simplement la jeune fille. « Mais par contre, on ne m'a pas répondue. »

« Oui, on parlait de toi et de tes lectures, » sourit Eileen.

« Ah … On mange quand ? »

« Dans une demi-heure, » répondit Severus.

« Super. Je vais prendre encore un peu de soleil et je vous rejoins, » sourit-elle ensuite avant de se diriger vers la terrasse pour lire un peu.