Chapitre 126 : Merryl…

Harriet lisait, allongée sur un transat sur la terrasse. Elle était officiellement en vacances. Plus d'études, plus d'examens, plus rien jusqu'en septembre. Il ne lui restait plus qu'à attendre ses résultats pour savoir ce qu'elle avait vraiment réussi ou pas. Ce serait déterminant pour savoir quelles options prendre. Elle avait déjà une petite idée de quels cours sélectionner comme l'archéomagie et les sciences. Elle hésitait encore pour une langue à apprendre. Elle en connaissait déjà tellement… Elle hésitait entre une langue commune comme l'espagnol ou le japonais ou alors une magique. Mais elle avait encore le temps pour se décider.

« Tu lis quoi ? » demanda Severus en la rejoignant.

Il était vêtu d'une simple chemise noire et d'un jeans.

« Il faudra vraiment que tu m'expliques comment tu ne meurs pas de chaud habiller ainsi, » soupira la jeune fille avec un sourire.

Elle referma son livre pour lui en montrer la couverture.

« L'Enéide de Virgile, » répondit-elle.

« Encore une œuvre antique ? »

« Tu as un problème avec ça ? »

« Du tout. »

« Comment ça se passe outre-Atlantique ? »

« La guerre… »

« Mais encore ? »

« Les réformes du ministère dans le cadre de l'éducation vont se maintenir. Ombrage est et restera directrice au moins pour l'année prochaine. »

« Charmant. »

« Filius a été viré. »

« Tu déconnes. »

« Non. Sa parenté avec les Gobelins. »

« Oh … »

« Il regrette juste de ne pas avoir eu le temps de mettre sa lettre de démission sur la table comme je l'ai fait, » sourit Severus. « Et Hagrid aussi est en cavale. Il a quitté l'Angleterre pour plus de sécurité. »

« Mais … toute sa vie se résume à Poudlard ! C'est sa maison ! »

« Pas tant qu'Ombrage sera là-bas à faire sa loi. Minerva y reste pour protéger un minimum les élèves. »

« Je lui souhaite bon courage. »

« Dumbledore est toujours en cavale, » continua Severus. « Le Seigneur des Ténèbres commence à bouger mais reste encore discret, tel un serpent. Il veut s'insinuer au cœur du ministère, d'y placer ses pions, avant de se révéler. »

« Très serpentard de sa part… »

« Lupin est quelque part en France en mission pour Dumbledore. Et il doit se faire très discret quand il rentre en Angleterre. Les Loup-Garous ne sont plus tolérés. »

« En fait tout ce qui n'est pas un sorcier pur n'est plus toléré, c'est ça ? »

« Cela va déboucher à ça, oui, » soupira le Maître des Potions en sortant un livre d'une mallette qu'il avait avec lui. « Tiens. Le Seigneur des Ténèbres te le rend. »

Harriet récupéra son exemplaire du Berceau de Magia écrit par sa tante et découvrit une lettre du Lord Noir glissée à l'intérieur. Elle releva un sourcil amusé et la décacheta.

Ma très chère Harriet,

Savoir que tu acceptes toujours d'échanger quelques lettres et civilités avec moi me remplit de joie.

Te tourner vers César ou Cicéron serait une preuve de ta culture et de ta soif de connaissance. Et tu pourrais peut-être même m'en apprendre plus, je ne suis pas un grand lecteur des auteurs antiques. J'en connais quelques maximes et citations mais sans plus.

Tu as bien de la chance de pouvoir te rendre et vivre même au Berceau de Magia. C'est, dit-on, un immense honneur. Le livre que tu m'as prêté a été très intéressant à lire mais hélas insuffisant à mon regard. Je souhaiterai en savoir tellement plus… Dommage que le Berceau se protège par tant de règles et de protections pour préserver ses secrets. Mais je respecte cela.

Et ton livre est en parfait état. S'il lui arrive quoi que ce soit entre-temps, tu devras t'en prendre à Severus. J'ai presque envie d'apprendre qu'il le malmène pour voir ce que tu pourrais lui faire. Juste par curiosité.

Tes amis … Je n'en connais aucun hélas. Je ne toucherai pas à Poudlard si cela peut te rassurer. Du moins pas en période scolaire. Ainsi tes amis dont j'ignore les noms seront en sécurité, du moins de moi et de la guerre. Mais ils ne seront pas à l'abri de cette Dolores Ombrage. Elle restera directrice de Poudlard.

Faut-il vraiment que je sois sage pour que tu me divulgues l'entièreté de la prophétie ? Qui t'a informé d'ailleurs de son contenu ? Je suis curieux. Mais effectivement, si tu en as eu connaissance, se rendre au Ministère n'est dès lors plus une nécessité. Je t'en prie, dis-moi ce que tu sais pour qu'on soit sur un pied d'égalité.

J'espère que tes examens se sont bien déroulés.

Cordialement ennemis,

Lord Voldemort.

Les deux Prince restèrent un instant silencieux après qu'Harriet eut fini de traduire le contenu de la lettre.

« Charmant, » commenta-t-elle ensuite en se levant. « J'ai faim. Je vais me faire des crêpes. »

« Toi et tes crêpes, » rit doucement Severus.

« Ben quoi ? »

« Rien… J'en prendrai aussi quelques-unes. »

« Personne ne résiste à mes crêpes ! »

xXxXxXx

Severus, Harriet et Eileen se rendait à l'hôpital pour prendre des nouvelles de Merryl et Felicity quand, arrivant dans le couloir menant à leur salle, ils se retrouvèrent face à des soldats aux mines sombres qui bloquaient leur route et la salle de soins où ils se rendaient.

« Que se passe-t-il ? » demanda le Maître des Potions à l'un d'eux.

Les soldats ne répondirent pas à la question dans un premier temps puis un homme plus âgé sortit de la salle de soins, le visage défait et les observa minutieusement.

« L'accès n'est pas autorisé au public, messieurs dames. Passez votre chemin. »

« Nous sommes venus voir ma compagne et ma fille, » contra Severus en fixant l'homme. « Alors je me répèterai qu'une seule fois, que. se. passe. -t-il ? »

« Du calme Severus, » fit doucement Eileen en posant une main sur l'épaule de son fils avant de se tourner vers leur interlocuteur. « Je vous en prie, monsieur. Nous sommes leur famille. »

« Je ne peux pas vous laisser passer. Le cœur de la gardienne s'est arrêté et un de nos meilleurs guérisseurs venu de Val-Climat se charge d'elle. »

« Quoi ?! » s'exclama Harriet qui n'était pas sûre d'avoir compris.

En réalité, elle l'avait compris, mais elle ne voulait simplement pas le croire. Severus n'était pas dans un meilleur état émotionnel, il était juste silencieux et figé, son regard sombre et horrifié suspendu dans le vide. Il sentit à peine la pression de sa mère sur son épaule.

« Et Felicity ? » demanda Eileen, comprenant que son fils ne dirait rien de plus.

« Le bébé ? Le médicomage Mao n'a rien dit mais cela ne semble pas bon du tout à cause de l'onde de choc. »

« L'onde de choc ? »

« Lorsque le cœur s'arrête, le noyau magique peut provoquer une onde de choc, c'est rare mais cela arrive. »

La mère remercia l'homme et emmena ses enfants un peu plus loin pour ne pas gêner le passage. Ils restèrent toutefois sur place pour rester aux nouvelles. Elle gardait une main sur l'épaule de son fils tandis qu'Harriet serrait fort la main de ce dernier. Il ne pleurait pas. Pas encore. Il en était encore à assimiler l'information probablement. Par contre, la jeune fille versait silencieusement des larmes. Eileen se demandait ce qui se passerait avec Alfie... Il était très proche de sa mère. Et si Felicity ...

Elle ferma les yeux en soupirant et se força à se vider la tête, penser à autre chose. Cela n'apporterait rien de bon à imaginer les pires scénarios. Ils vivaient dans un monde suffisamment horrible comme cela.

Quelques temps plus tard, un homme de petite taille et d'origine asiatique, que les Prince n'avaient jamais vu, sortit de la salle et retira son masque et sa blouse de médicomage en les faisant disparaître d'un coup de baguette magique.

Il s'adressa au soldat qui leur avait accordé la parole plus tôt.

« Le fils de la gardienne n'est pas là ? Non ? Miss Delacour, Vassilios Orologas ou même Freeman Addington alors ? »

« Non, Guérisseur Mao, mais il y a des personnes se disant de sa famille. »

Le guérisseur se tourna vers les trois sorciers, les soldats s'écartant sur son passage.

« Bonjour, vous êtes venus pour la gardienne d'Abysse-la-Vieille, je présume ? »

« En effet, » répondit Eileen en se levant. « Je suis Eileen Prince. Voici mon fils, le compagnon de Merryl Evans, et ma fille, Harriet, la nièce de Merryl. »

« Je suis le guérisseur Mao et je dois vous annoncer une nouvelle des plus...particulières... Suivez-moi ! »

Il se retourna et passa la porte de la salle de soins. Un rideau cachait la vue donnant sur l'espace où se trouvait le lit et le berceau du bébé. Quand ils passèrent, ils se figèrent. Dans le lit, assise contre les coussins et en grande conversation avec un soldat de l'eau, se tenait Merryl, réveillée.

« Merryl ! » s'exclamèrent les trois Prince.

Severus fit un pas vers son amour avant d'hésiter et de se tourner vers le médicomage.

« Puis-je ? » demanda-t-il.

« Merci de ne pas parler de moi comme si je n'étais pas là ! Je suis réveillée youhouuu ? » s'exclama la rousse en repoussant les couvertures et en s'asseyant au bord du lit. « Bolin, je t'interdis de l'ouvrir ! Je suis restée silencieuse assez longtemps ! » fit-elle ensuite en voyant le guérisseur sur le point de parler.

« Okay... de l'état de mort, tu nous reviens aussi énergique et fraiche qu'avant, cela fait plaisir, » rit Harriet avant de se prendre une taloche derrière la tête. « Eh ! Sev ! Qu'est-ce que j'ai fait ?! »

« Tu le sais très bien, » fit Severus avec un sourire en coin alors qu'il s'approchait de Merryl. « J'ai eu si peur de te perdre, » lui murmura-t-il à l'oreille.

« Et moi j'ai l'impression de ressortir d'une trop longue séance de cinéma, je suis aussi courbaturée qu'une femme de la génération de Bathilda Tourdesac ! C'était d'un frustrant d'entendre tout ce qui se passait sans rien pouvoir faire, » fit-elle en le prenant dans ses bras.

« Cela fait plaisir de vous revoir, Merryl, » dit ensuite Eileen. « Prière de ne plus jamais nous faire une frayeur pareille ! »

« Promis, la prochaine fois j'essayerais de ne pas me faire kidnapper, » s'amusa-t-elle.

« Sais-tu qui c'était exactement ? » demanda Severus. « Nous n'avons eu jusqu'à présent que des doutes sans preuve. »

« Aucune idée, et puis Azkaban est aussi bon pour la mémoire qu'un bon vieil Alzheimer. »

« On peut toujours laisser notre bon vieux Voldy trouver pour nous, non ? » proposa Harriet avec un sourire. « Heureuse de te revoir, Tati. »

« Et voilà pourquoi je me sens moins fraîche que tu ne le dis ... je me sens vieille tout d'un coup. J'ai loupé combien d'épisodes au juste ? »

« Hmmm..., » continua la Serdaigle, songeuse, un doigt sur le menton. « Ombrage dictatrice, pardon, directrice de Poudlard, l'évasion des mangemorts, Voldemort qui espère que j'accepte de le rejoindre, ma torture sous la plume d'Ombrage, la guerre entre le Berceau et l'Angleterre, la fermeture de Gringott's, mon retrait de Poudlard, mes examens, ma prochaine rentrée à l'académie de Pelhisir... Est-ce que j'ai oublié quelque chose ? »

« La naissance de Felicity, » fit Severus avec un sourire.

« Ouais mais nan, Moony a dit qu'elle savait pour ça. Ca compte pas. Ca compte ? »

« La fermeture de Gringotts ? » s'exclama Merryl. « Mais qu'a fait cette cinglée de Muppets ? »

« Muppets ? »

« Une marionnette rose et poilue pour moi, c'est un Muppet. »

Harriet se frappa le front et glissa ses quelques mèches folles derrière ses oreilles.

« Oh, que je suis bête ! »

Ils rirent tous, rassurés de revoir Merryl, et cette dernière de revoir tout le monde et de pouvoir enfin communiquer et interagir avec les autres.

« Merryl ? » fit-le Guérisseur Mao en s'avançant avec Felicity dans les bras. « Loin de moi l'idée de te menacer pour que tu te réinstalles correctement dans ton lit mais si tu le fais il est possible que je te laisse donner le biberon à ton bébé, elle devrait pouvoir le supporter à présent. »

« Oh mais si elle ne le fait pas tout de suite, notre chère Merryl aura affaire à moi, » fit Severus avec une lueur malicieuse dans le regard mais un sourire en coin, sincère. « Et si elle n'obéit pas, c'est moi qui donnerai le biberon à Felicity. »

« Je suis peut-être bloquée dans ce lit mais cela ne durera pas ! Alors que personne ne touche à ce bébé avant moi ! » menaça-t-elle l'assistance

« J'y ai déjà touché, » fit Harriet en reculant d'un pas. « Et Alfie aussi. Et Maman. Et Severus. Et les infirmiers... » Elle recula d'un pas et mima de sortir en courant. « Sauve qui peut ! »

« Ouuuh toi alors ! » s'exclama la rousse en agitant ses doigts.

Elle attira magiquement à elle la jeune fille, contrôlant simplement l'eau qu'elle avait dans son corps. Harriet en fut plus que surprise. Merryl lui pinça une joue avant de la libérer.

« Voilà ! Raison de plus pour que ce bébé devienne ma propriété privée pour les vingt prochaines années au moins ! » ajouta-t-elle.

Tout le monde rit et Harriet prit sa tante dans ses bras pendant une petite minute avant de se dégager. Pendant ce temps, Severus qui avait récupéré Felicity dans ses bras la tendit à la rousse.

« Felicity, je te présente ta mère. Merryl, voici Felicity. »

« Ne dis pas de bêtises, » souffla la sorcière en récupérant doucement le bébé dans ces bras. « On se connait déjà elle et moi, elle a littéralement vécu en moi. »

Elle prit le biberon que le guérisseur Mao lui tendait et le présenta à sa petite Felicity.

« Et tu as été une locataire plus qu'irréprochable, » finit-elle tout doucement alors que le bébé s'agrippait à une longue mèche de ses cheveux.

Severus sourit doucement et embrassa sa compagne sur la tempe avec tout l'amour qu'il éprouvait pour elle. Eileen et Harriet ne restèrent pas très longtemps après cela, préférant laisser le couple en tête à tête pour se retrouver.