Chapitre 129 : La Visite de Luna
Quelques coups furent frappés à la porte et Sirius se leva pour aller voir de qui il s'agissait, les autres sorciers observant le combat qui se déroulait dans le jardin. Severus donnait une leçon de combat à sa sœur. Et à chaque fois, le Maraudeur était terrifié.
Il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec une jeune fille aux cheveux blonds et au regard bleu ciel. En avisant son accoutrement et son regard rêveur, il reconnut une amie de sa filleule et fit un sourire.
« Bonjour, tu dois être Luna. »
« Oui, Monsieur, » sourit la Serdaigle. « Bonjour. »
« Appelle-moi Sirius, » sourit l'homme en la laissant entrer. « Peut-être que tu vas pouvoir m'aider. »
« Cela dépend de l'aide dont vous avez besoin. »
« Je suis terrifié à l'idée de retrouver ma filleule tailladée en morceaux, » expliqua le Maraudeur en conduisant la jeune fille dans le jardin.
« Sirius, » soupira Eileen. « Severus ne fera jamais de mal à Harriet et tu le sais. Bonjour, jeune fille, » fit ensuite la mère en avisant la présence de son invitée. « Souhaitez-vous un rafraichissement ? Une limonade ou un jus de citrouille ? »
« Bonjour. Un jus de citrouille, s'il vous plait. »
Tous les regards se portèrent à nouveau sur le combat qu'il y avait lieu à quelques mètres de là. Le Maître des Potions était vêtu d'un pantalon noir et d'un T-shirt vert sombre qui laissait entrevoir une partie de sa musculature. Ses cheveux étaient rattachés en une queue lâche derrière sa tête tandis qu'il fixait son adversaire de ses yeux sombres, en une position défensive et tenant fermement un couteau dans sa main. La jeune fille de son côté était vêtue d'un bermuda serré au corps beige et d'un débardeur blanc qui mettait bien ses formes en valeur sans qu'elle le veuille vraiment mais qui surtout la rendait totalement libre de ses mouvements sans pour autant la faire subir les affres du soleil des tropiques. Ses cheveux étaient eux aussi attachés en une natte qui lui tombait doucement sur les reins.
« Bouge tes pieds, » ordonna Severus. « Toujours resté en mouvement. »
« D'accord, » fit Harriet en suivant le conseil avant de finalement repartir à la charge.
Elle tenta une approche sur le côté et donna un coup de pied avant de faire profiter de son élan pour pivoter et donner un coup de lame. Elle se sentit attrapée et plaquée contre le torse de son frère, les mains immobilisées dans une des siennes et son poignard à terre. Elle n'avait même pas vu comment il l'avait désarmée ! Elle tenta de se libérer mais se trouvait en être incapable. Pourtant, elle savait que c'était le but de l'exercice. Elle devait trouver le moyen de se libérer et repartir au combat, bec et ongles puisqu'elle n'avait plus sa lame.
« Hmmm… Sev ? »
« Oui ? »
« Ne te fâche pas. »
« Pour quelle raison ? »
Elle ne répondit pas mais l'homme eut rapidement la réponse quand il sentit un pied écraser violemment le sien avant de tomber à genoux en grognant, les deux mains se tenant l'entrejambe. Un autre pied était venu chatouiller plus ou moins violemment ses bijoux de famille.
« Pour ça, » fit la Serdaigle qui s'était libérée dans le processus. « Désolée. »
Elle tendit la main à son frère qui s'était laissé tomber allongé dans l'herbe tendre. Il ne l'avait vraiment pas vu venir, celui-là.
« Cela a le mérite d'être efficace en plus d'être extrêmement douloureux, » grinça-t-il les dents serrées. « On va arrêter pour le moment. »
Il resta encore quelques secondes au sol avant d'accepter la main d'Harriet et se redresser.
« Est-ce que c'est une victoire pour Riette ? » demanda Sirius, des étoiles dans les yeux.
« Oui, » répondit Severus, partiellement de mauvaise humeur, mais juste à cause de la douleur.
« Mais gagner une bataille ne signifie pas qu'on peut gagner la guerre, » répliqua la jeune fille avec sagesse. « Severus ne s'y attendait pas à ce que j'ose faire un coup pareil. Maintenant, ce sera d'autant plus dur qu'il sait que j'en ai l'audace. »
« Petite Peste, » grogna Severus en s'asseyant sur une chaise.
« Tu ne le diras pas à Merryl hein ? »
« Que tu viens de me briser les œufs ? Franchement, je devrais, juste pour voir en quoi elle te transformerait ! » termina-t-il avec un sourire narquois.
Le Maître des Potions soupira.
« C'est bien joué. Tu t'améliores, c'est indéniable. Ca et tes compétences en duel vont faire de toi une combattante redoutable. »
« Je peux apprendre aussi ? » demanda une voix rêveuse.
« LUNAAAAAA ! »
Harriet, tellement contente de revoir une amie en ce lieu si éloigné des terres anglaises, fonça dans les bras de la blonde pour lui souhaiter la bienvenue. Elles restèrent ainsi à se faire un câlin de retrouvailles pendant deux bonnes minutes avant de se lâcher et que la brune aille prendre une douche rapide.
« Pas aujourd'hui, Miss Lovegood, » répondit Severus en acceptant volontiers le paquet de glace que sa mère lui tendait. « Je ne me bats plus pour aujourd'hui à moins que ce soit une question de vie ou de mort. »
La jeune fille hocha la tête avec un sourire doux sur les lèvres. Le Maîtres des Potions posa alors la poche dans son entrejambe et soupira de soulagement. C'était que la Petite Peste n'y était pas allée de mains mortes !
« Est-ce que ta fierté en a pris un coup, Snivillus ? »
Severus releva le regard pour aviser le regard goguenard du cabot.
« Pas vraiment, » répliqua-t-il simplement. « Je l'entraîne pour qu'elle puisse me battre. Je veux qu'elle soit la meilleure et qu'elle survive à tous les obstacles qui seront sur sa route. Mais il n'empêche que cela ne fait pas du bien. Mais peut-être voudrais-tu, toi, donner une petite leçon à Harriet, histoire qu'elle varie d'adversaires. »
« Désolé, je fais l'amour, pas la guerre. »
« Et des farces douteuses aussi, » sourit Harriet en revenant rapidement, vêtue de vert cette fois.
Elle donna un petit coup derrière la tête de son parrain en passant.
« Eh ! » s'indigna ce dernier.
« Si tu crois que je suis sourde, » ricana-t-elle en s'installant entre Severus et Luna. « C'est Se-ve-rus ! »
Le Maraudeur soupira en levant les yeux au ciel tandis que les Prince et Luna souriaient doucement.
« Comment trouvez-vous le Berceau, Miss Lovegood ? » demanda ensuite Severus en se tournant vers la jeune fille.
« C'est magnifique, professeur. Il y a tellement de diversités, de connaissances, de magie ici que je me sens comme sur un petit nuage. Et nous ne sommes pas dénigrés pour notre différence. Cela change… »
« Je ne suis plus votre professeur, Miss Lovegood. Et comme Harriet et vous êtes bonnes amies, je suppose que nous pouvons nous passer de quelques barrières… » L'homme tendit la main à la jeune fille. « Je m'appelle Severus. »
La blonde fit un immense sourire alors qu'elle la serrait.
« Luna. Enchantée, Severus. »
« Vous resterez pour le thé, Luna ? » demanda Eileen avec un sourire.
« Oui, volontiers. Mon père est occupé avec toutes sortes de paperasse et m'a proposé de sortir rejoindre mes amis. »
« Tu voudrais qu'on te fasse visiter l'île après ? »
« On m'a déjà fait faire le tour, » répondit la blonde.
« Oui, mais c'était le tour officiel ! » rétorqua Harriet avec un immense sourire. « Moi, je te parle d'un tour plus personnel avec quelques anecdotes à la clef ! »
« D'accord. » La blonde se pencha un peu vers son amie. « Tu as de nouveau une feuille de mandragore dans la bouche ? »
« Oui, j'ai repris enfin cette satanée épreuve. Au calme, loin de toute nuisance. »
Eileen rapporta le thé et une corbeille de fruits et petits gâteaux avant de se joindre à eux.
« Alors vous allez vous aussi rentrer à l'Académie de Pelhisir ? » demanda la mère.
« Oui. Je me demande ce qu'il y a de vraiment différent avec Poudlard… »
« Déjà une bonne partie des cours et la taille des classes, » répondit Harriet. « Alfie a laissé entendre qu'en général elles étaient petites, cinq ou six personnes tout au plus. Et que nous serions nous une exception… La plus grande de tout Pelhisir. »
« D'ailleurs comment va Alfie ? » demanda Luna en se servant. « Il semblait étrange la dernière fois que je l'ai vu. Il y a comme… je ne sais pas… une aura sombre autour de lui. »
« Quel genre d'aura ? » demanda Severus, les sourcils froncés.
Depuis qu'Harriet lui avait parlé que le garçon avait un comportement étrange, il gardait un œil sur lui mais il devait avouer ne pas savoir ce qu'il devait rechercher puisqu'il ne le connaissait pas plus que cela.
« Je ne sais pas trop. J'arrive à percevoir les émotions des autres dans leur aura et celle d'Alfie est extrêmement sombre. Quelque chose l'affecte émotionnellement depuis quelque temps et cela n'a fait qu'empirer. »
« Depuis combien de temps ? » demandèrent Severus et Harriet d'une même voix.
« Je ne sais pas. Je ne l'ai pas remarqué tout de suite. Plusieurs mois déjà. Mais il le cache bien. Il a presque toujours un masque jovial sur le visage. »
« Plus avec moi, » maugréa Harriet en se laissant aller contre le dossier de sa chaise.
« Est-ce qu'il y a une raison particulière à cela ? » demanda Eileen.
« J'ai peut-être fait une bêtise…, » avança la jeune fille avec une grimace.
« C'est-à-dire ? » demanda Severus en posant sa tasse de thé.
« Tu te souviens du carnet qui n'appartenait ni à toi ni à moi quand je faisais le ménage ? »
« Le jour où je faisais mes valises ? »
« Oui. »
« Il n'appartenait pas à Maman ? »
« Non. C'était celui d'Alfie. Je l'ai feuilleté, curieuse, et parce que cela ne ressemblait pas du tout à un journal intime, je l'ai lu. C'était une histoire très glauque, remplie d'horreurs et de mal être en plus d'une guerre. Bref, je ne vais développer puisqu'il ne voulait pas la partager avec qui que ce soit… » Elle soupira. « Quand je lui ai rapporté son carnet et que je lui en ai un peu parlé, il est devenu froid avec moi, pour ne pas dire glacial. Malgré mes excuses et mes tentatives pour me réconcilier, j'ai fait chou blanc. »
Elle prit une pomme et joua un instant avec la tige, la tête basse, avant de finalement mordre dedans mais pas à pleine dent. Elle mâchouilla sa mini-bouchée avant de soupirer à nouveau.
« Parfois, je peux être vraiment nulle et stupide ! » fit-elle en grognant.
« Comme tout le monde, » rétorqua doucement Severus en passant une main dans le dos de sa sœur. « Ce n'est pas moi qui vais te le reprocher. Au moins, toi, ce n'est qu'une petite broutille… »
« Cela semblait être l'horreur pour lui… »
« Tu t'es excusée ? »
« Oui. »
« Alors tu ne peux rien faire de plus à part attendre. »
« En gros, je me retrouve dans la même situation que toi il y a presque vingt ans à la différence que c'est avec mon cousin et que je ne suis pas amoureuse de lui. »
« En quelque sorte, » soupira Severus. « Sauf que j'avais fait quelque chose de bien pire que ça… »
« Je sais… Cela n'empêche pas que cela fait mal d'être ainsi en froid alors qu'on s'entendait bien… »
« Cela passera. »
« J'espère. »
Elle termina sa pomme en écoutant avec son amie une anecdote sur les Maraudeurs et leurs terribles ravages à Poudlard.
