Chapitre 130 : Préparatifs

Harriet terminait le glaçage de son propre gâteau d'anniversaire. La fête se déroulerait le lendemain chez sa tante et elle avait invité ses amis en plus de la famille. Elle savait que les Dursley viendraient. Elle n'avait toutefois aucune certitude pour les autres à l'exception de Luna évidemment.

Eileen rentra à la maison et vint embrasser sa fille sur la joue.

« Bonjour, mon ange, » fit-elle avec enthousiasme. « Devine qui vient d'arriver. »

« Je ne sais pas, » répondit la jeune fille en posant les ustensiles de cuisine.

Elle venait de finir et ne devait plus que mettre le gâteau au frigo pour le lendemain.

« Je ne t'ai même pas manqué ?! » s'indigna une voix que la Serdaigle reconnut immédiatement.

Elle se retourna vivement pour croiser le regard amusé de sa meilleure amie.

« HERMIONE ! » s'exclama-t-elle en fonçant vers l'entrée pour la prendre dans ses bras. « Tu es là ! C'est super ! Comment vas-tu ? Et tes parents ? Comment cela s'est passé ? Pas trop difficile de v… grmmmhmgrgmhhhmmmggr …. ! Sev ! »

L'homme était en effet apparu pour saisir sa sœur par derrière et poser sa main sur la bouche de cette dernière pour la faire taire.

« Et si tu lui laissais le temps de répondre à une question, hmmmm ? Il n'est pas encore nécessaire de la noyer que je sache… »

Hermione rit doucement avant de prendre à nouveau la jeune fille dans ses bras. Severus partit dans la cuisine déposer la valise de la Gryffondor avant de partir, rentrer auprès de sa propre famille. Les deux jeunes filles montèrent rapidement dans la chambre où un lit de camp fut monté en deux coups de baguette magique et elles s'installèrent sur des oreillers pour discuter le temps que la mère prépare le repas du soir.

« Mes parents et moi on va bien, » répondit finalement Hermione. « Cela pourrait aller mieux mais considérant que c'est la guerre et ce qui se passe dans le monde sorcier anglais, les Nés-Moldus s'en tirent pas trop mal avec l'économie moldue pour les soutenir… Et j'ai demandé au professeur Snape de venir me chercher, comme ça, j'évitais de me perdre. »

« Sev n'est plus ton prof, Hermione. Et je crois que tu vas être amenée à l'appeler bientôt par son prénom… »

« Quoi ?! Tu plaisantes ! »

« Non. Luna l'appelle déjà ainsi parce qu'il l'a proposé. Maintenant, il ne faut pas oublier qu'il reste plus vieux que nous et qu'il peut toujours nous punir … »

« Les chaudrons à récurer, très peu pour moi, merci, » rit la brune avant de jeter un regard par la fenêtre.

On pouvait y voir le Berceau sous le ciel rougeoyant. L'île était animée à cette heure, les travailleurs faisant leurs dernières courses rapides avant de rentrer chez eux et les quelques enfants qui s'amusaient et courraient çà et là.

« C'est vraiment un endroit magnifique, » dit-elle.

« Oui, » sourit Harriet. « Je suis tombée sous le charme de cette île dès ma première venue. Justement pour célébrer mon quatorzième anniversaire. »

« Et dire que maintenant tu vas en avoir seize… »

« Et surtout seize pour la seconde fois ! »

« Evidemment ! »

Les deux amies éclatèrent de rire avant de s'allonger dans le tas d'oreillers, détendues.

« Sinon, tu ne devineras jamais la dernière…, » fit Hermione en se retournant pour s'appuyer sur ses coudes.

Harriet tourna simplement la tête pour fixer son amie dans les yeux, un sourcil relevé, interrogateur.

« J'ai reçu une lettre de l'académie de Pelhisir pour que je vienne suivre des cours ici ! »

La Serdaigle se redressa sur ses coudes, n'en croyant pas ses oreilles.

« Répète ça. »

« Je vais être avec toi, comme nouvelle élève à l'académie ! » rit Hermione avec excitation, secouant ses jambes dans le vide.

« Alors en gros, les jumelles Carrow, Alfie, Luna, toi, moi, Neville… »

« Neville aussi ? »

« Oui ! Et aussi quelques enfants de Serpentard et de Poufsouffle que je ne connais pas vraiment. On n'est pas beaucoup mais déjà quelques-uns de nos amis. »

« Comment tu le sais ? »

« Alfie m'en a parlé il y a une grosse semaine. »

« Comment va-t-il d'ailleurs ? Et ta tante ? »

« Ma tante va bien. Tout comme ma nièce. Mais Alfie, … je ne sais pas. Tu verras demain. »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien… Je suis juste en froid avec lui. Enfin, lui l'est avec moi plutôt. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Hermione.

« Rien, une broutille. J'ai lu un truc à lui que je n'aurais pas dû. Une histoire. Et monsieur n'est pas content, c'est tout. Je laisse couler et j'attends qu'il daigne bien vouloir accepter mes excuses. » Elle soupira de dépit. « Malheureusement, le sang des Evans fait qu'il est une vraie tête de mule ! Pire que ma mère ! »

« Ta mère ? Eileen ? »

« Non, Lily. Severus pourra t'en parler si tu veux. Il connait pas mal d'anecdotes sur Poudlard quand il n'y a pas les maraudeurs autour. Elles sont plus calmes et discrètes mais certaines en valent le détour. »

Elles discutèrent encore longuement, Harriet rapportant quelques informations concernant le Berceau pour la jeune fille qui serait encore et toujours sa camarade sur les bancs de l'école.

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Severus donnait le biberon à sa petite Félicity quand Harriet vint lui demander de l'aide.

« Je suis occupé, » dit-il simplement. « Cela peut attendre une dizaine de minutes ? »

« Hmmm… mouais… mais on ne peut pas avancer pendant ce temps. Enfin, je suppose que c'est le moment de faire une pause… »

Elle s'assit sur une chaise à l'opposé de Severus et se servit un verre de limonade.

« Quel est le problème ? » demanda le Maître des Potions sans quitter sa fille des yeux mais ayant malgré tout l'oreille attentive.

« Je comprends pas la tente… »

« Ce n'est pourtant pas sorcier de monter une tente. »

« Moldue peut-être. J'en ai déjà montée quelques-unes. Mais là, c'est une sorcière. Et le sortilège qu'il y a dans le manuel, je n'arrive pas à le faire ! Et Hermione non plus. »

« Cela a l'air sérieux …, » fit le Serpentard en levant la tête. « Merryl ? »

« Hum ? » répondit la voix de la rousse depuis la cuisine.

« Tu veux bien t'en occuper ? » demanda-t-il en lui montrer doucement Felicity du menton. « Je vais aller aider Harriet avec la tente. »

« Je peux m'occuper de la tente si tu préfères passer un peu plus de temps avec ce petit lutin ? » proposa la rousse en arrivant, s'essuyant les mains sur un torchon qu'elle fit disparaître d'un coup de baguette. « En plus je viens de finir le pain fourré pour l'apéritif, » ajouta-t-elle avec un sourire.

« Non. Occupe-toi de Félicity, plutôt, » répliqua doucement l'homme. « Telle que je te connais, une fois que tu es lancée dans les préparatifs, on ne t'arrête plus. Il faut que tu tiennes la journée encore et Merlin seul sait ce qu'elles ont encore à faire. Je vais aller les aider. »

La rousse plissa des yeux et pinça des lèvres, la faisant ressembler étrangement à sa sœur à cet instant.

« Je ne vois pas ce qui est fatiguant à lancer quelques sorts et de toutes façons à part la tente il ne reste plus rien ! Je vais aller chercher Pétunia et sa famille donc ne t'avise pas de bouger de ce siège, je m'en occupe. Comme si porter Félicity allait m'empêcher de bouger, » fit-elle en se dirigeant vers le jardin.

« Je disais cela juste pour toi, Merryl, » dit Severus en levant les mains. « Selon le médicomage, tu n'es pas tout à fait remise. Maintenant, si tu veux le faire, je t'en prie. Je ne voudrais pas t'énerver. Encore moins le jour de l'anniversaire de la Petite Peste ! Elle me le ferait payer au centuple ! »

« Pour gâcher ma fête ? Tu as oublié les neuf cents autres fois, » commenta la jeune fille avec un sourire en coin, moqueur.

Elle secoua la tête et sortit à la suite de sa tante. Elle s'arrêta juste sur le seuil pour se retourner et fixer son frère.

« A la rigueur, tu peux vérifier la pile de cadeaux qui est déjà arrivée, » proposa-t-elle. « Pour voir s'il n'y a pas un quelconque problème avec. »

« Tu crains quelque chose ? »

« De Voldy directement ? Non. Des Weasley et Dumbledore ? C'est possible. J'ai vu qu'ils m'ont envoyé quelque chose. Je n'ai pas encore touché à la pile pour garder le suspense. »

« D'accord, je vais y jeter un œil, » répondit Severus en se levant.

« Arf, je déteste qu'il me prenne pour une poupée en porcelaine qui manque de se briser au moindre coup de vent ! » souffla sa tante en s'approchant doucement de Hermione et du tas indistinct qui devait être la tentative échouée de monter la tente. « Alors...montrez-moi votre sort, je vais voir ce que je peux faire, » sourit-elle.

Harriet qui se trouvait toujours debout sur la terrasse, fit un pas vers Severus qui était déjà penché sur sa pile de présents. Elle s'assura que Merryl était bien penchée sur le manuel de 'comment monter sa tente ?' avant de se pencher vers lui.

« Je crois que tu l'as vexée, » murmura-t-elle.

« Je sais, » soupira-t-il. « Je me rattraperai. » Il termina son inspection et sépara quelques cadeaux de la pile. « Mais dis-moi, tu commences à avoir l'ouïe vraiment fine. »

« Oui. Je sais. »

« C'est bon signe, » sourit-il avant de faire un geste vers les cadeaux mis à part. « Ne touche pas à ceux-là. »

« Ils viennent de qui ? »

« Dumbledore et les Weasley. Etrangement, celui du Seigneur des Ténèbres ne comportent aucun sortilège à l'exception d'un empêchant une autre personne que toi de l'ouvrir. Et sinon, tu as reçu un cadeau ensorcelé d'un anonyme. Un cadeau qui aurait pu te couter la vie si tu ne m'avais pas demandé de vérifier. Tu as été inspirée. »

« Je me demande qui peut bien vouloir ma mort à part Voldy… »

« Moi aussi, Petite Peste. Moi aussi. » Il soupira. « Tu veux que je regarde ce que c'est avant de les détruire ? »

« Oui, c'est toujours bien de savoir… »

Pendant ce temps, Merryl était penchée sur le manuel avec Hermione pour comprendre et, surtout, résoudre le problème que les jeunes filles rencontraient.

« Je vois, » fit-elle au bout d'un moment. « Il s'agit d'une tente de Pelhisir donc le sort n'est pas en latin mais en langue ancienne translittérée. C'est pour cela que vous avez du mal, les filles. »

La rousse sortit alors sa baguette et d'un tour et d'une incantation informulée, les parties de la tente s'assemblèrent et se fixèrent au sol en une seule structure solide.

« Et voilà, » se réjouit-elle. « Regarde bien, Hermione je vais te remontrer le sort au ralentis pour que tu puisses le refaire plus tard et cela t'aidera par la suite avec les sorts de Pelhisir. »

La Gryffondor accepta, attentive, et fut rapidement rejointe par Harriet, cette dernière voulant également apprendre le sortilège bien que pour, notamment, une autre raison qui lui venait plutôt d'une connaissance d'un futur potentiel qu'elle espérait ne jamais avoir à vivre.

Quand vint l'heure, Merryl les laissa quelques instants pour aller chercher les quelques invités à la fête qui devaient être arrivés sur la place des miroirs. Elle revint à la maison avec les amis de sa nièce ainsi que la famille Dursley.