Chapitre 131 : La Réaction d'Alfie

En voyant ses amis, Harriet ne put s'empêcher de courir pour foncer dans les bras de Neville qu'elle était contente de revoir et saluer plus normalement Luna et Hermione. Elle regrettait un peu l'absence de Drago mais sa position durant toute l'année avait été claire : sa famille était sombre, il ne pouvait pas mettre sa famille en danger juste pour maintenir une amitié.

Elle salua ensuite les jumelles Carrow avec plus de retenue, se demandant intérieurement pourquoi elles étaient là mais refusant de les chasser. Elles devaient se sentir bien seules au Berceau et Alfie était leur ami alors pourquoi pas leur faire passer un agréable moment auprès de visages plus ou moins connus.

Elles avaient apporté un cadeau qu'elles déposèrent sur la table prévue à cet effet puis partirent rejoindre Alfie qui se trouvait au bout de la terrasse, au bord de l'eau.

« Pr… Professeur ?! » s'exclama Neville, surpris alors que Severus pénétrait dans le salon.

Il venait de voir passer les jumelles Carrow et se doutait donc que tout le monde était arrivé. Il releva un sourcil en fixant le blond qui venait de s'adresser à lui.

« Oui, Mr Londubat ? » fit-il d'une voix neutre.

Le jeune homme ne répondit pas mais fixa Harriet. Cette dernière pouffa avant de finalement éclater de rire.

« Oui, lui aussi est là, » dit-elle en se dirigeant vers l'homme pour lui faire un câlin. « Et il est absolument hors de question que mon grand frère rate mon anniversaire ! »

« Ton … grand … frère…, » répéta lentement Neville. « Mais … » Il s'arrêta quelques secondes avant de lever les mains au ciel. « Je ne comprends plus rien ! »

« La compréhension n'est pas indispensable, Mr Londubat, » répliqua Severus avec un rictus amusé. « Par ailleurs, à l'avenir, vous pouvez vous passer du 'professeur'. Je ne suis plus le vôtre dorénavant. Et j'en remercie Merlin en ce qui vous concerne. Ouille ! Petite Peste ! Ca fait mal ! »

« Tu n'insultes pas mes amis parce qu'ils sont nuls en potions okay ! On n'a pas tous un don pour ça. »

Severus soupira en se massant les côtes avant de se rapprocher des Dursley qui tenaient quelques paquets.

« Donne, Pétunia, » fit-il en tendant les bras. « Avant que tout tombe à terre, Black est là et a décidé de passer un moment à quatre pattes. Autant éviter les accidents. »

« Je te remercie Severus. Aurais-tu vu Alfie ? Il n'a pas répondu à mes lettres et j'espérais enfin le rencontrer ? »

« Il est sur la terrasse avec les jumelles Carrow, » répondit-il. « Harriet, et si tu montrais les deux tentes à tes amis pour qu'ils puissent y déposer leurs sacs. Ainsi, vous serez plus à l'aise pour célébrer ton anniversaire. »

« Oui, Sev ! » sourit la jeune fille. « Venez, » ajouta-t-elle à l'adresse de ses amis.

« Et n'oublie pas ton cousin, » informa le Maître en Potions.

« Comme si j'allais le laisser sur la touche, tu viens Dudley ? »

« Euh… j'arrive. »

« T'inquiètes, on va y aller doucement, » sourit Harriet. « On ne va pas trop faire de magie. Il y a moyen de s'amuser sans. »

Le Moldu sourit et suivit volontiers le groupe de jeunes sorciers dans le jardin, laissant les adultes ensemble les rejoindre à une vitesse plus raisonnable.

Une fois dans les tentes, les Dursley se dirigèrent vers un petit groupe de trois qui semblait en retrait. Pétunia venait de reconnaître celui qui devait être son neveu. Il discutait avec deux petites brunes en tous points identiques et ils observaient un bébé que l'une des jumelles portait dans ses bras.

Quand il les vit approcher, le garçon de quatorze ans se figea, ses yeux s'écarquillant. Il récupéra lentement le bébé dans ses propres bras tout en ne cessant pas de fixer les deux adultes.

« Bonjour, Alfie, je suis..., » commença Pétunia en s'approchant, mais elle fut interrompue par le garçon qui la regardait d'un air dégoûté.

« Ne vous approchez pas... NE M'APPROCHEZ PAS ! » se mit-il à crier surprenant tous les invités.

« Alfie que se passe-t-il ? » souffla l'une des jumelles.

Elles n'eurent pas le temps de faire quoi que ce soit que le garçon s'enfuyait de la tente avec le bébé.

En entendant son cousin crier, Harriet sortit de l'autre tente, baguette en main et le vit fuir en quatrième vitesse. Elle fronça les sourcils. Ce n'était pourtant pas son genre… Quand elle jeta un œil à l'intérieur, elle vit les Dursley et les jumelles. Pourtant, il n'était pas sensé les connaitre … si ? Elle se rapprocha des adultes et des jumelles.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi il a crié ça ? »

Les jumelles se regardèrent entre elle, perplexes, puis regardèrent les Dursley.

« Il s'est figé et a récupéré Félicity en voyant ce couple venir vers nous, comme si... »

« … Comme s'il était en danger et qu'il fallait mettre Félicity en sécurité, » continua la deuxième.

« Je… je voulais juste rencontrer Alfie, » souffla Pétunia sous le choc.

Harriet réfléchit un instant.

« Bon… vu ce que vous avez fait avec moi contre votre gré, ma question va être simple. L'avez-vous déjà rencontré avant ? » demanda-t-elle avec sérieux.

« Non... non, jamais, » répondit la femme en jetant un coup d'œil à son mari.

Ce dernier confirma d'un hochement de tête. Jamais ils n'avaient encore vu une seule fois le jeune garçon de leur vie.

« Bizarre, » commenta Harriet, les sourcils froncés. « J'aurais compris dans le cas contraire mais là… Une idée Sev ? »

« Même si je voudrais bien, je n'ai malheureusement pas la science infuse. Mais tu as dit toi-même qu'Alfie agissait étrangement ces derniers temps. Et ton amie Luna a confirmé tes impressions. »

« Tati est-ce que tu peux aller le voir ? Moi je vais me faire remballer comme du poisson pourri si j'essaie…. »

« Hum, excusez-moi mais... vous êtes les Dursley c'est cela ? » fit l'une des jumelles.

Tous se retournèrent en direction des deux jeunes filles qui semblaient en savoir plus qu'eux.

« Oui. Je suis la tante d'Harriet et Alfie, Pétunia Dursley et voici mon mari, Vernon. »

« Alfie nous a déjà parlé de vous et de ce que vous avez fait... »

« Mais il en parlait comme si... »

« On pensait que vous vous étiez déjà rencontrés vu comme il parlait de vous..., » ajouta la deuxième.

« Astoria doit en savoir plus... »

« Okay…, » fit Hermione qui avait suivi Harriet au cri d'Alfie. « La question a un million de gallions est : comment peut-on connaître des personnes et en avoir peur alors qu'elles sont pour ainsi dire anonymes et inconnues au bataillon ? Sans offense, Mr et Mme Dursley, bien sûr. Disons que la situation est tout aussi bizarre pour vous que pour nous. »

« Je vais aller voir ce qui se passe, » souffla Merryl. « Flora, Hestia ? Pourriez-vous contacter Astoria ? »

« Oui Madame Evans ! » firent les deux brunes d'une même voix

« Tu veux que je t'accompagne, Merryl ? » demanda Severus. « Peut-être récupérer Félicity pendant que l'on tire tout cela au clair ? Sauf si tu as une autre idée bien sûr. »

« Je pense que Felicity ne risque rien et que ce serait une très mauvaise idée de la lui retirer si tu veux mon avis. »

« Très bien, dis-moi juste si tu veux un coup de main ou si je te laisse t'occuper de ton fils, Merryl. Tu le connais mieux que moi. Je n'ai jamais été que son professeur jusqu'à présent. Je ne suis pas son père. Je ne voudrais pas qu'il croie que je veuille prendre la place de son père… »

« Ce ne serait pas plus mal crois-moi, » marmonna la rousse en se dirigeant vers la maison, direction qu'avait pris l'adolescent.

Elle passa les portes vitrées et emprunta les escaliers, suivant la trace de la magie de son fils. La piste la mena dans sa chambre et elle observa l'intérieur de la pièce depuis la porte entre-ouverte. Le jeune garçon se trouvait assis dans un coin de la pièce, le bébé dans les bras qu'il berçait doucement en chuchotant. Elle poussa la porte et son cœur se fendit en voyant Alfie se recroqueviller un peu plus sur lui-même.

Severus qui l'avait suivie reconnut bien vite la posture de l'enfant. Il en avait vu d'autres dans sa vie. Il posa une main sur le bras de sa compagne pour lui informer de son observation, une observation qu'il n'avait vu que trop de fois parmi ses serpents à Poudlard.

« C'est un enfant battu, Merryl, » murmura-t-il. « Ou en tous cas, il en a le comportement. Vas-y doucement. »

Elle hocha la tête et lentement, elle s'avança vers son fils. Elle s'assit à son tour sur le sol et passa une main sur la joue puis dans les cheveux et jusqu'à l'arrière du crâne d'Alfie.

« Tout va bien mon chéri, je suis là… Laisse-moi installer ta petite sœur dans un couffin, elle doit être fatiguée, tu ne crois pas ? »

Il hocha lentement la tête et il installa lui-même le bébé dans le couffin qu'elle venait de faire apparaître d'un tour de baguette.

Là, elle s'installa à côté de lui, dos au mur, et ouvrit simplement ses bras dans sa direction. Il s'y coula presque immédiatement, alors qu'elle se mettait à lui caresser les cheveux et le dos.

« Cela faisait longtemps que tu ne m'avais pas fait de câlin comme cela..., » dit-elle pour lui changer les esprits.

« Je sais ce que tu fais et cela ne fonctionne pas... »

« Ah oui ? Tu sais pourtant que tu peux tout me dire ? »

« Oui je sais... »

« Alors si tu as envie d'en parler à un moment ou à un autre, ou si tu n'as pas envie ... je respecte ton choix et je serai là pour toi. Mais j'aimerais que l'on retourne à l'anniversaire de ta cousine. Tu peux rester encore un peu ici avec ta sœur si tu veux mais n'oublie pas de venir pour le gâteau et pour tes charmantes amies. »

Elle regarda du coin de l'œil Severus qui se tenait toujours dans l'embrasure de la porte, et lui fit un non de la tête tout en continuant à passer ses mains dans les cheveux du garçon. L'homme hocha la tête et laissa les deux ensembles pour redescendre auprès des autres. Merryl finit par les rejoindre en bas et fit un signe de tête aux jumelles, les autorisant à aller rejoindre Alfie dans la maison, ce qu'elles firent en courant.

Elle se dirigea ensuite vers sa sœur.

« Je suis désolée pour ce qui vient de se passer... Alfie ne va pas très bien en ce moment ... Laisse-le venir à toi de lui-même. »

La Moldue hocha la tête, le regard peiné mais avec le regard de terreur et de haine que le garçon lui avait jeté, que pouvait-elle dire ?

« Qui veut jouer à Twister ? » demanda Harriet pour changer l'ambiance lourde.

C'était son anniversaire et le but était de s'amuser. Elle ne pouvait de toute façon rien faire pour aider son cousin dans l'immédiat….

« A quoi ? » firent les sorciers, complètement perdus.

« Ils sont sérieux ? » demanda Dudley à sa cousine, un sourcil relevé.

« Les sorciers ne connaissent pas, tu as donc l'occasion de gagner facilement, » plaisanta Merryl à son neveu.

« Ca, c'est pas encore sûr, » rétorqua Hermione avec amusement. « Il faut avoir une certaine flexibilité et une chance de dingue au Twister. Moi, je joue ! »

« Je ne sais pas ce que c'est, mais je joue aussi, » sourit Luna.

« Moi aussi, » ajouta Neville.

« Ce sera une première pour moi mais je participe aussi, » fit Dudley.

« Sans façon, » fit Severus en s'asseyant sur une chaise, méfiant quant à la boîte posée au sol qui venait d'apparaître de Merlin seul savait où. « Je préfère regarder de loin. »

« Moi, je veux bien essayer ! » s'exclama Sirius qui venait de reprendre forme humaine, les yeux luisant de curiosité et d'amusement.

« Gamin, » marmonna le Maître des Potions.

« J'aimerais bien mais deux grossesses n'aident pas vraiment à être souple donc sans moi, » rit Merryl.

« Maman ? » fit Harriet avec un sourire.

« Même pas dans tes rêves les plus fous, ma chérie, » répliqua Eileen avec le même sourire. « Mais va t'amuser avec tes amis. »

Ainsi les adolescents installèrent le tapis parsemés de taches de couleurs et Dudley, Harriet et Hermione expliquèrent aux autres le but du jeu. Très rapidement, le groupe ne fut plus qu'un amas de bras et de jambes difformes sur le sol, éclatant de rire et plaisantant sur des bêtises tant ils s'amusaient tous comme des fous, Sirius Black étant naturellement le plus gamin de tous malgré ses trente-six ans.