Chapitre 132 : Une Bougie de Plus

Eileen approcha du groupe d'enfants qui ne cessaient de s'amuser, comptant naturellement Sirius dans le lot car il ne semblait pas vouloir grandir dans sa tête, et sourit doucement en voyant sa fille souriante et insouciante.

« Harriet, ma chérie, si tu veux avoir ta part de gâteau, il serait sage de venir souffler tes bougies ! Il en va de même pour tes amis s'ils veulent une part… »

« On arrive ! »

« Eh ! Personne ne prendra ma part ! » s'exclama Sirius en sortant sa tête de l'amas de membres en tous genres.

La table du dressée et bientôt tout le monde fut rassemblés devant l'énorme gâteau en forme de pièce montée dont certaines décorations bougeaient magiquement. Ce fut le moment que choisis Alfie pour se faufiler discrètement dans la tente et se poster dans un coin.

« Allez, Riette ! » fit Sirius, impatient de manger. « Souffle sur tes bougies ! »

« Calme-toi, le clébard, » dit calmement Severus en posant sa tasse de thé. « Ou tout ce que tu mangeras sera une boite pour chien ! »

« La ferme, Snivillus ! C'est pas toi qui commande aujourd'hui ! »

« Calmez-vous ou je vous envoie valser dans l'océan avant que vous n'ayez le temps de me supplier à genoux de ne pas le faire, » s'amusa Merryl tout en étant étrangement sérieuse. « Riette, plus vite tu souffleras tes bougies plus vite nous pourrons manger en paix sans que ces deux grands idiots ne s'écharpent. »

« Que veux-tu, Merryl ? » rit la jeune fille. « Les chiens et les chats ne sont pas faits pour s'entendre. »

Elle ferma les yeux pour faire un vœu avant de souffler sur ses bougies. Elle s'arma ensuite d'un grand couteau.

« Alors ? » fit-elle avec un sourire sadique. « Qui veut une part ? »

« Allez, Grand-Mère, » dit Hermione avec un sourire espiègle. « Passe-moi une part. »

« Grand-Mère ?! »

« Si Harriet est grand-mère je n'ose imaginer l'âge que tu penses que j'ai, » blêmit sa tante.

« Oh toi, Merryl ? » fit alors Harriet avec le même sourire qu'Hermione.

« Harriet..., » prévint Severus.

« Tu es une momie, c'est certain. »

« Tu as le choix jeune fille, soit tu fais un vol plané dans l'océan soit c'est l'océan qui vient à toi ? »

« Mon amour, envoie-la valser, » intervint le Maître des Potions. « Sinon on va tous être trempés. »

« Notre petit Snivillus a peur de l'eau ? »

« Envoie les deux, » ajouta alors le Serpentard.

La rousse leva alors les bras, surprenant les quelques Moldus mais aussi les sorciers qui n'étaient pas habitués à la magie sans baguette et encore moins la magie élémentaire. Un halo bleu entoura ses tatouages et sa nièce, son compagnon et Sirius furent soulevés dans les airs, leurs baguettes tombant au sol dans la manœuvre.

D'un mouvement ils furent éjectés de la tente pour atterrir tête la première directement dans l'océan. Elle se retourna ensuite vers les invités dans un tournoiement de chevelure rousse.

« Tsss si je le voulais j'arriverais à me faire passer pour une femme dans la vingtaine, » fit-elle avec légère véhémence. « Revenez me voir quand vous aurez mon âge tout en étant aussi bien conservés ! »

« Eh ! Mais je n'ai absolument rien dit moi ! » s'exclama Severus après être remonté à la surface. « Merryl ! »

« Tu te serais moqué d'eux et je sentais bien que tu avais besoin de te rafraîchir un peu... »

Harriet toussa légèrement, inquiétant légèrement son frère par le son étrange. Elle recracha sa feuille de mandragore dans l'eau.

« Encore une, » soupira-t-elle. « Relax, Sev. Je vais bien. On l'a cherchée et on l'a mérité ! » ajouta-t-elle avant d'éclater de rire.

« Ouh ! Tu vas voir, Petite Peste ! » fit l'homme en forçant sa petite sœur à remettre sa tête sous l'eau pendant une demi-seconde.

« Bon, pendant que vous vous amusez, » dit Sirius en s'éloignant des deux Prince. « Moi, je m'en vais manger vos parts. »

« PAS QUESTION ! » s'exclamèrent frère et sœur d'une même voix avant de nager rapidement pour rejoindre le rivage.

Tout cela s'était fait sous le regard impressionné et amusé de tout le monde. Même Alfie arborait un sourire en coin, léger. Mais juste un petit.

« On s'ennuie pas avec vous, » dit Dudley avec un sourire à sa cousine quand elle fut revenue à sa place.

« C'est toujours comme ça ? » demanda Pétunia légèrement souriante aussi.

« Entre Severus et Sirius ? » répondit Eileen. « Presque toujours oui. De vrais ados. »

« Et Harriet n'est pas triste dans son genre, » ajouta Hermione. « Tu aurais du voir tous les coups qu'elle a fait à ce crétin de Weasley ! »

« Oh oui ! » s'exclama Neville. « De vraies perles ! A se demander si les jumeaux n'étaient pas dans le coup par moment ! »

Ils furent tous les trois séchés par la sorcière rousse puis purent enfin se mettre à table sous les rires et les exclamations de tous les invités. Soudain, Luna se tourna vers les trois plus jeunes sorciers présents.

« Flora, Hestia, Alfie, ne restez pas dans votre coin. Venez nous rejoindre. On ne mord pas, vous savez. »

Les deux jeunes filles, telles des copies conformes, se tournèrent vers leur ami qu'elles encadraient. Puis elles l'attrapèrent chacune par un bras et s'approchèrent du centre de la tente. Bien que ce fut un peu difficile pour le blond qui restait sur ses gardes, Harriet réussit à le faire sourire l'une ou l'autre fois et à le tirer de son mutisme apparent. Certes pour avoir quelques phrases courtes, si pas des monosyllabes mais c'était déjà un peu mieux qu'avant.

Avant de partir ouvrir ses cadeaux devant tout le monde, elle passa à côté de lui pour lui murmurer à l'oreille sans attendre aucune réponse.

« Si un jour tu as besoin de parler de ce que tu as subi, Severus et moi avons subi aussi un lourd passé, nous pourrons écouter sans juger, et peut-être te conseiller et t'aider à aller de l'avant, Alfie. Songes-y. Cela pourrait te faire beaucoup de bien d'en parler. »

Elle l'embrassa sur la joue avant de s'installer devant ses paquets. Il y en avait de toutes sortes et de toutes tailles. Elle tendit le bras vers une boîte apportée par les jumelles Carrow et enleva le ruban.

« Miam ! » sourit-elle, plus que ravie.

« Bonjour la crise de foie, » commenta Hermione en riant. « Et la crise cardiaque pour mes parents ! »

« Si tu savais le nombre de chocolat que je peux manger avant d'en être lassée …. »

« Un grand nombre, » confirma Severus. « J'ai du conseiller à Maman de les planquer. »

« Oh mais je les ai aussi caché de toi, Severus, » fit Eileen avec un sourire en coin. « Tu n'es pas triste non plus quand il s'agit de chocolat. »

« Ce n'est pas notre faute, » répliquèrent les deux Prince en même temps. « On aime le chocolat ! »

Harriet lança une barre de chocolat galler noir à son frère – son préféré – et en prit une pour elle avant de pousser la boîte vers tous les autres pour qu'ils puissent se servir. Elle se tourna ensuite vers les autres paquets. Elle reçut d'autres confiseries de la part d'Alfie et Neville, quelques breloques et grigris de la part de Luna qu'elle rajouterait bien dans la décoration de sa chambre, Hermione lui avait offert, tout comme Remus, des romans qui venaient de sortir. Elle tendit la main vers deux gros cadeaux. L'un venait de son frère, l'autre de sa mère. Elle se figea un instant en les déballant.

« Cela ne va pas, Petite P… »

« L'intégrale de Plutarque en bilingue ! Les Loeb en plus ! Trop génial ! »

« Je t'avais dit que cela lui plairait, » sourit Eileen. « Elle ne peut pas y résister. »

« Cela ne me plait pas … Le mot n'est juste pas assez fort pour dire combien ce cadeau est génial ! »

« C'est qui Plutarque ? » demanda Dudley.

Une tête tomba sur la table en grommelant un 'alerte à l'intello,' faisant rire ceux qui étaient habitués à cette réaction de la part de Sirius quand une question était posée et qu'Harriet était probablement la seule à pouvoir y répondre.

« Un auteur ancien des deux premiers siècles de notre ère qui a été pendant un temps prêtre d'Apollon, » répondit d'ailleurs cette dernière, toujours excitée par son dernier cadeau. « Il était philosophe, moraliste et biographe à Rome malgré ses origines grecques. Et comme c'est un platoniste, il a tout pour me plaire ! »

« J'ai … rien compris. »

« Moi non plus, Dudley, » soupira Sirius. « Comme quoi, la magie n'aide pas toujours. Ta cousine est juste bizarre parfois… »

« Ce n'est pas parce que toi, tu ne la comprends pas qu'elle est bizarre, le clébard. Elle a juste des intérêts divers et différents du commun des mortels. »

« La ferme, Snivillus… »

« Sirius…. C'est SE-VE-RUS ! »

D'autres rires amusés fusèrent tandis qu'elle se tournait vers les derniers présents. Voldemort lui avait envoyé une copie d'un livre en fourchelangue écrit par le fils de Salazar. Quelques aventures burlesques en contrées magiques pour se détendre le soir. Dudley lui avait offert une gameboy avec deux jeux pokemon. Quant à Tante Pétunia, elle lui avait offert plusieurs livres encyclopédiques dont un qu'elle fixa plus longuement que les autres, plongées dans ses souvenirs

« J'avais cru comprendre que tu aimais l'archéologie et les vieilles civilisations, » dit la Moldue en voyant le regard pétillant de sa nièce.

« C'est parfait, Tante Pétunia, » répondit la jeune fille.

« Alors pourquoi tu pleures, Riette ? » demanda Sirius, les sourcils froncés.

« Je … »

Elle rejeta un œil sur l'exemplaire de L'art pariétal, langage de la préhistoire écrit par Marc Groenen avant de le reporter sur sa famille. Elle se mordait la lèvre, hésitante à parler devant tant de personnes ignorantes de la vérité.

« Tu te souviens des conversations complètement tirées par les cheveux qu'on a souvent eues, Merryl et moi et surtout le pourquoi nous les avons ? »

« Euh… non ? »

« T'es irrécupérable, Black, » soupira Severus en se passant une main sur le visage. « Et les bouquins qu'elle t'a fait lire, tu les as oubliés ? Et ce qu'il signifie aussi ? »

« Tu parles des livres pour enfants en français ? »

« Pour… adolescents ! » grogna la jeune fille. « Et oui ! Merci de te souvenir de choses importantes me concernant, cela fait très … plaisir ! »

Elle croisa les bras et leva le nez en l'air, clairement décidée à bouder son parrain.

« Ce comportement ne te va pas du tout, Riette, » commenta le Maraudeur.

« Je vais prévenir Remus qu'il devrait te donner une piqûre de rappel ! »

« On le fera à deux, Petite Peste. Black, sérieusement ?! »

« Quoi ?! Toute cette histoire est d'un compliqué ! Comment veux-tu que je l'enregistre correctement alors que cela ne se voit même pas sur elle ?! »

« Vous parlez de quoi ? » demanda Pétunia.

« Rien d'important, Pétunia, » sourit Merryl. « En tout cas, pas trop. Juste un détail que le chien n'aurait pas du oublier. Mais cela n'a aucune incidence réelle. Tu peux dormir sur tes deux oreilles. »

« Le cadeau est super, Tante Pétunia, » ajouta Harriet en se levant avec tous ses nouveaux livres pour aller les ranger. « Merci beaucoup à tous ! »

« Tu n'ouvres pas ceux-là, Harriet ? » demanda Neville en pointant une autre pile du doigt.

« Après et pas à la main, » répondit-elle.

« Pourquoi ? » firent les Moldus.

« Parce qu'ils contiennent tous quelques sortilèges plus ou moins dangereux, » répondit Severus à la place de sa sœur. « Mais autant savoir par curiosité et avec d'infinies précautions. »

La jeune fille revint et agita sa baguette pour faire léviter les différents présents restants à l'extérieur de la maison. Severus se leva et créa une barrière simple mais puissante avant de s'occuper lui-même du dépaquetage.

Dumbledore lui avait envoyé des bonbons au citron ainsi qu'un livre pour l'aider à se préparer à son affrontement avec le mage noir. Le Maître des Potions avisa le titre et le rejeta. Il l'avait dans sa propre bibliothèque et ne le jugeait pas du tout suffisant pour la tâche confiée à sa sœur. Merryl lui confirma cette impression en regardant le paquet avec un léger dédain. Le paquet suivant provenait des Weasley. Molly Weasley avait envoyé un pull tricoté rouge avec un grand 'H' dessus ainsi que des petits gâteaux faits maisons imbibés de potions de confiance et de philtre d'amour.

« Tu veux faire quoi du pull, Harriet ? » demanda Severus.

« Incendio, » répondit-elle en agitant sa baguette.

Le pull de très mauvais goût et, à vue d'œil, même pas à sa taille brûla et fut rapidement réduit à l'état de cendres éparpillées par le vent marin. Il se tourna vers un autre paquet envoyé par les jumeaux Weasley et il découvrit que ce qu'il avait jugé dangereux n'était que le produit de différentes farces de leur cru.

« Très bien, tu peux les garder mais tu ne les ramènes jamais chez moi, Petite Peste, » siffla-t-il.

« Pourquoi je perdrais mon temps à te faire une farce, Sev ? » demanda Harriet en récupérant la boîte de produits Weasley. « J'ai d'autres victimes en vue qui méritent bien plus d'attention ! »

« Comme ? »

« Hmmm… Sirius pour commencer. »

Le Maître en Potions ricana. Mais son sourire s'effaça rapidement quand il entendit la suite de la liste.

« Dumbledore, Molly et Ronald Weasley, tant qu'à faire bonne mesure, Ginny Weasley pour emmerder Tom ! Limite les Mangemorts en pleine réunion bien que je ne sais toujours pas comment je vais m'y prendre ni comment même récupérer un souvenir ! »

« Tu es folle ?! »

« C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ? » répliqua-t-elle avec un sourire maraudeur. « Et cette boîte est une aubaine ! Il y a quoi dans le dernier paquet ? »

Il s'agissait d'une boîte remplie de thés en tous genres. Cela aurait pu être plaisant, surtout qu'Harriet adorait le thé. Mais ils étaient tous empoisonnés.

« Par contre, je ne vois pas qui peut te l'avoir envoyé, » confia Severus, les sourcils froncés.

Tous les amis proches d'Harriet répondirent avec elle, comme un seul homme.

« Ombrage. »

« Maintenant, va toujours le prouver, » ajouta la jeune Prince dans un soupir.

Elle incendia les sachets de thé d'un autre coup de baguette.