Je ne possède aucun des personnages de la série tv, des jeux ou des livres

La clarté de la lumière de la Lune se reflétait sur les rochers les faisant briller. L'endroit en était presque féérique, mais un danger planait dans l'ombre et Geralt devait le localiser avant qu'il ne soit trop tard.

Ce texte a été écrit pour la Nuit du FoF sur le thème "Ami"

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


AFFRONTEMENT SOUS LA LUNE

Chapitre 2

Le soleil faisait pénétrer ses rayons par les interstices des petits volets en bois qui plongeaient la petite chambre dans une obscurité latente. Ils frappèrent le visage de l'homme étendu dans le lit et réchauffèrent sa peau. Jaskier semblait encore pâle et à bout de force, mais la douce chaleur lui fit plisser les yeux et il reprit doucement connaissance. Sa tête bourdonnait, il se sentait mal. Il avait la bouche pâteuse, ce qui n'était jamais bon signe.

Le barde grimaça et posa la main sur son torse. Il sentit le bandage et serra les dents pour lutter contre la douleur pendant que des images lui revenaient en tête. Il se revoyait partir en courant en comprenant que les leshens étaient deux. Il n'avait pas vraiment réfléchi en voyant Geralt être à deux doigts de se faire déchiqueté… Geralt, la dernière image qu'il avait de son ami était son regard noir angoissant et la pâleur anormale de sa peau pendant qu'il prenait soin de lui. Il lui avait parlé, lui avait dit de tenir bon, qu'il allait s'occuper de lui et puis… C'était le noir…

Jaskier pensa qu'il allait devoir lui demander des explications. Le connaissant un peu, il ne devait pas être loin et il tenta de se redresser sur un coude pour balayer du regard la petite chambre. La douleur le fit gémir pendant qu'il constata qu'il était seul.

Jaskier fronça les sourcils et tourna la tête en direction de la porte qui s'ouvrait. Une jeune femme blonde entra et sursauta en le voyant conscient.

- Juste ciel ! Vous êtes réveillés ?

Jaskier la trouva charmante et lui fit son plus beau sourire charmeur.

- Si c'est vous qui avait pris soin de moi, je ne pouvais que me réveiller.

La jeune fille rougit et le sourire du troubadour se fit plus grand.

- Est-ce que mon ami est en train de se reposer lui aussi ?

Sa question était innocente, mais l'air interloqué de la jeune fille le terrorisa instinctivement.

- Votre ami ? Le Sorceleur ? Il n'est pas revenu.

Jaskier se tendit, perdant son sourire. Dans son brouillard douloureux, il se rappelait des mains de son ami sur ses blessures, mais aussi du sang qui avait coloré ses mèches blanches et sa cotte. Il était blessé lui aussi…

- Comment ça il n'est pas revenu ? Comment suis-je arrivé ici ?

- Eh bien, on vous a trouvé en pleine nuit. C'est le cheval qui vous a ramené.

- Le cheval ? Ablette ? … Mais, le Sorceleur ?

- Pas vu depuis et…

La jeune femme se tut et écarquilla les yeux.

- Qu'est-ce que vous faites ? Vous ne pouvez pas vous lever ! Cria-t-elle en courant vers Jaskier pour tenter de l'immobiliser.

- Depuis combien de temps je suis là ?

- Eh bien, on vous a trouvé dans la nuit et il est prêt de midi et…

Jaskier sentait la terreur faire accélérer son cœur et lui donner une étrange décharge d'adrénaline. Lui qui était toujours à se plaindre de la moindre égratignure, il ne semblait plus faire cas de la douleur et de la gravité de ses blessures.

- Où sont mes vêtements ?

- Je ne pense pas que…

- Je ne vous demande pas de penser ! Mes vêtements ou je pars nu !

La jeune fille fut touchée par le ton cassant du barde et lui tendit une panière. Ce dernier prit ses habits et tenta de se vêtir, mais la douleur et les vertiges manquèrent de lui faire tourner de l'œil et il retomba lourdement dans son lit. La jeune fille se rapprocha.

- Vous voyez bien que vous ne pouvez pas vous lever.

Jaskier haleta et des sanglots se nouèrent dans sa voix.

- Je sais que pour vous ce n'est qu'un simple Sorceleur, mais il est mon ami… Il était blessé lui aussi… et il n'est pas rentré… je ne peux pas l'abandonner… Aidez-moi s'il vous plaît.

Il y avait de la douleur et de la détresse dans sa voix, deux choses profondes et sincères qui la toucha et elle hocha la tête.

- Je vais vous aider.

OoooO

Jaskier serrait les dents. Il ne voulait pas montrer aux hommes du village avec lui qu'il était mal et sans doute à deux doigts de perdre connaissance. Il n'excluait pas de le faire, mais uniquement quand ils auraient retrouvés Geralt… uniquement quand il saurait et… incapable de finir sa pensée morbide, il frissonna. Ses yeux le piquèrent, les larmes n'étaient pas loin… Il était resté inconscient pendant des heures, même si c'était Geralt, même s'il ne voulait pas perdre espoir… son cœur se serrait… Il avait hâte et peur un même temps, deux choses qui furent balayer par un sentiment plus violent quand il arriva aux pieds de la butte.

- Non !

Le cri qui lui échappa fit sursauter ses compagnons de route, qui le virent descendre maladroitement du dos d'Ablette. En titubant, une main sur son torse blessé, il se rapprocha. Il y avait un corps étendu à plat ventre sur l'herbe, un corps inerte, à la peau plus blanche que d'habitude.

Jaskier trembla et se laissa tomber à genoux à la fois épuisé par l'effort et terrassé par sa douleur.

- Non… Pas ça…

En larmes, il avança la main et effleura la joue de Geralt. Sa peau était gelée et les larmes le submergèrent.

- Ce n'est pas possible…

Tout doucement, il passa ses bras sous le corps inerte de son ami pour le retourner et l'allonger dans ses bras. La tête de Geralt bascula dans son cou et Jaskier lui caressa la joue tout en pleurant.

- Pardon Geralt… Pardon…

Pardon pour ne pas avoir pu l'aider, pour ne pas l'avoir sauvé… Doucement, toujours dans sa détresse, ses doigts glissèrent dans son cou et son cœur rata un battement. Il était livide, exsangue, inerte… mais il y avait encore un pouls, là sous ses doigts, il sentait les faibles battements de son cœur. Jaskier sursauta et tourna la tête en direction des villageois.

- Il est vivant… je vous en prie aidez-moi, il est vivant… Aidez-moi…