Hello !

Ravie de vous retrouver sur cette traduction qui me tient à cœur :)

Merci pour vos commentaires et vos lectures !


Il continua de marcher.

Il ne marcha pas vers Londres, c'était le but d'Evans et le but d'Evans était le suicide, mais il continua de marcher tout de même. Rester assis, c'était mourir, même si cela ne voulait pas dire qu'il se sentait mieux à l'idée de marcher sans direction précise.

(Dans ses rêves, les cris d'Evans résonnaient pitoyablement au loin, retentissant d'une façon étrange, ressemblant plus à l'appel d'une trompette qu'à celui d'une voix humaine. Tom l'ignora).

Il pouvait aller n'importe où, en Amérique peut-être, beaucoup étaient déjà allés en Amérique. Ou il pourrait se diriger vers le sud, traverser l'Europe puis rejoindre l'Afrique. Il y avait une magie ancestrale et mystérieuse dans le continent sombre, semblable à celle que les druides avaient pratiquée, avant d'avoir été éliminée par les sorciers romains.

(Mais quand vous pouvez aller n'importe où, la vérité est que vous ne pouvez aller nulle part).

C'était plus facile, dans un sens, plus calme. Il n'y avait plus de bataille de volontés avec ce salaud d'Evans, plus de querelles inutiles sur des choses qui ne se produiraient clairement jamais. Tom était à nouveau libre d'être ce qu'il voulait, Voldemort ou pas Voldemort.

Son destin lui appartenait encore ! Il était seul et pouvait comploter, planifier et préparer à sa guise. Il pourrait commencer quelque chose de nouveau, quelque chose d'exotique, acquérir toutes les connaissances dont il aurait besoin et…

Après le troisième jour, il s'arrêta.

Assis seul à côté du feu qu'il venait d'allumer, il plongea son regard dans les flammes et ,pour la première fois depuis longtemps, il pensa à ce que cela signifiait d'être en vie. Il survivait, mais c'était tout. Chaque jour était focalisé sur le renforcement des protections, où aller ensuite, comment partir, et il n'y avait rien d'autre.

Tout s'était arrêté pour lui, rien n'avait de but, il n'existait que pour exister.

Il avait voulu plus que cela; une fois.

Il n'y a pas si longtemps, Tom Elvis Jedusor avait rêvé de grandeur, de subjuguer ses pairs au sang-pur qui l'avaient systématiquement rejeté et les sang-de-bourbe et les moldus avec lesquels Tom n'aurait jamais dû être regroupé en premier lieu. Slughorn avait affirmé sérieusement que Tom pourrait peut-être un jour devenir le plus jeune ministre de la magie qu'il n'y ait jamais eu.

Le Tom Jedusor, le Voldemort qu'il avait été aurait été révolté en voyant le Tom qu'il était maintenant.

Quelque part, Evans était en train de mourir, et pour rien, peut-être qu'il était déjà mort, sa baguette entre les mains d'un autre petit sorcier. Tom avait une fois voulu le tuer, il avait voulu rendre sa mort lente et douloureuse, mais plus que tout il avait voulu le faire lui-même.

La Chambre des secrets lui ayant pris Voldemort, Tom n'avait jamais vraiment oublié cette douleur qu'il venait de ... mettre de côté.

Mais maintenant qu'il continuait à chercher Evans pendant qu'il errait sur cette terre, maintenant qu'il s'attendait à entendre sa voix et se souvenait que bientôt Evans n'existerait même plus, il revint à la surface, l'esprit bouillonnant.

L'agonie et la rage.

C'était peut-être cette unique pensée aveuglante qui fut la cause de la perte momentanée de sa raison.

La pensée qu'Evans lui devait ça, pas sa vie, mais sa mort. La mort lente, sanglante et angoissante d'Evans appartenait uniquement à Tom et à Tom seul. Elle appartenait à Tom comme elle aurait pu appartenir à Voldemort, et elle lui appartenait maintenant.

Et il n'allait pas laisser ces connards allemands le toucher.

Donc, ce troisième jour, il se détourna de la direction d'où il était venu, ses yeux flamboyants, et revint lentement mais sûrement sur ses pas, laissant cette partie sombre et irrationnelle de son âme remonter à la surface afin de faire en sorte que tous ceux qui n'ont jamais eu peur de lui le regardent en face et se souviennent de son nom.

Orphelin, sang de bourbe, bâtard, ils verraient qui il était vraiment.

Ils verraient qui il était quand il viderait le sang de leur corps, le souffle de leurs poumons et marquerait leurs cadavres de sorte que même lorsque leur chair se transformerait en charogne, ils porteraient toujours la marque de leur faucheuse.

Ils se souviendraient de son nom.

OoOoOo

Les rêves devinrent plus fréquents, et, au fur et à mesure, Tom se retrouva presque à jouer le rôle d'Evans. C'était une expérience étrange.

Les rêves possédaient une clarté indiscutable qu'il n'y avait généralement pas dans les rêves, comme si Tom ne rêvait pas vraiment mais voyageait en dehors de lui-même, vers un endroit sombre et inconnu mais qui appartenait totalement à Evans.

Cette fois-ci, Evans marmonna, il ne saignait pas, mais il était à peine reconnaissable, recroquevillé sur lui-même. Il semblait plus jeune, maigre, hanté et terriblement effrayé.

Parfois Evans criait, parfois il était furieux, parfois il semblait parfaitement conscient de la présence de Tom et lui criait, "Sors !"

Et puis Tom était à nouveau plongé dans la réalité, assis droit, en sueur, avec le sentiment qu'il avait évité de justesse un destin terrible.

Mais cette fois, cette fois, Evans semblait parfaitement content de permettre à Tom de s'attarder à côté de lui, dans ce petit espace exigu avec seulement un matelas jeté à l'intérieur.

"Evans," commença Tom, attendant que l'autre garçon réagisse, mais Evans se recroquevilla plus fermement sur lui-même, "Evans, tu dois me dire où ils t'ont emmené."

Evans ne répondit pas, ne tressaillit même pas, continuant à marmonner presque de manière incompréhensible.

"Si tu ne me dis pas où tu es, il sera difficile de te trouver."

Finalement, Tom obtint une réponse.

Cela commença par de petits rires qui se transformèrent rapidement en un rire sauvage, et Evans se retourna pour le regarder, "Me trouver ? Tu viens me trouver ? Eh bien, n'est-ce pas tout simplement merveilleux ? Ai-je déjà dit que je voulais que tu viennes me trouver ?!"

Non, et Tom savait qu'Evans ne l'apprécierait pas, mais cela n'avait pas d'importance. Rien n'avait vraiment d'importance, sauf que Tom ferait cela, qu'il était lié et déterminé à le faire, peu importe ce que Evans en pensait.

(Evans le lui devait, peu importe qu'il ait sauvé la vie de Tom des mains des allemands, qu'il l'ait épargné à la Chambre des secrets, Evans le lui devait.)

"Préfères-tu être torturé par les Allemands ?" demanda Tom et Evans tressaillit, mais il avait toujours ce sourire tordu accroché à son visage et il secoua la tête.

"Oh, comme si tu ne me torturais pas non plus, Jedusor ? Je sais ce que tu es vraiment et je sais que peu importe à quel point ils sont mauvais, tu es pire que…"

"Mais je les tuerais en premier et je m'occuperai des autres aussi." Tom se rapprocha, attrapant Evans par les épaules, ignorant la façon dont le garçon esquissait un mouvement de recul avec une véritable terreur dans ses yeux, "Je te jure que je tuerai tous les derniers avant de te toucher."

"Dieu, tu es malade ! Tu es ... dément !" s'écria Evans et Tom ne pouvait être que d'accord, parce que même avant tout cela, même à l'âge de onze ans, il savait qu'il n'était pas tout à fait comme les autres orphelins.

Il ne s'était jamais senti mauvais, ou malade, mais il ne s'était jamais senti comme quelqu'un d'autre non plus. Donc, si c'est ainsi que la société avait choisi de l'appeler, alors oui, oui, il l'était. Mais il ne choisirait pas d'être quelque chose de moins.

"Sais-tu que j'ai une faiblesse pour les citations moldues?" lâcha Tom regardant Evans continuer à s'effondrer à côté de lui, essayant désespérément de donner l'impression qu'il ne se brisait pas en miettes:" C'est peut-être mon héritage en tant qu'orphelin de bâtard sang-de-bourbe, elles ne peuvent pas s'empêcher de rester. Celles des sorciers… elles sont pâles en comparaison, franchement, et je n'arrive jamais à m'en souvenir d'une seule "

"Peut-être que celui qui est malade c'est moi en fin de compte et je suis en train de rêver de toi, toi qui parle d'assassiner des personnes, n'importe où, n'importe quand ..." marmonna Evans, semblant déterminé à ignorer Tom, à se recroqueviller sur lui-même et à laisser la colère le distraire.

Tom l'interrompit: "Je pense qu'il y a en une qui s'applique très bien à cette situation. De bien mieux même, Evans : On sait ce que l'on quitte, mais on ne sait jamais ce que l'on trouve "

Pendant un moment, la colère se dissipa du visage d'Evans, laissant la place à quelque chose qui ressemblait à du vide et de l'épuisement "Tu sais, pendant un moment là-bas ... J'ai presque pensé que tu n'étais pas Voldemort."

"Je ne le suis pas, je ne peux plus l'être." Le Voldemort que Tom avait rêvé lui avait été arraché d'abord par Evans puis par les Allemands, il ne pouvait pas redevenir ce Voldemort, n'avait plus de réelle envie de ça "Pas ce Voldemort du moins, car je peux être un Voldemort différent ... Je peux être plus que cela."

Evans secoua juste la tête, sa bouche se tordant en une ligne sombre, "Tu ... Tu ne peux vraiment pas changer, n'est-ce pas ?"

Non, il avait déjà changé, mais peut-être pas de la façon dont le voulait si désespérément Evans. Et cette fois, cette fois, Evans serait forcé d'abandonner ses illusions funestes.

Evans laissa échapper un sanglot angoissé, se penchant brusquement vers Tom, enfonçant ses ongles dans ses bras, le son de sa voix était rauque et douloureux comme une personne s'efforçant de respirer et de vivre alors que son âme est déchirée en mille morceaux.

"Je ... je ... je ne veux pas ... je ne veux pas ..." répéta-t-il encore et encore, sa tête s'enfonçant dans l'épaule de Tom, comme s'il essayait de s'y enfouir.

Tom ne lui demanda pas ce qu'ils faisaient avec lui, pourquoi après tant de jours ils ne l'avaient pas déjà tué, ce qu'ils pensaient pouvoir apprendre de lui ou même ce qu'ils attendaient de lui, d'une certaine manière cela n'avait pas d'importance.

"Nous reprendrons l'Angleterre, Evans, nous jouerons les héros que tu désires désespérément être. Et puis, alors, quand ce sera fini, je te tuerai et tu pourras mourir comme tu l'as toujours voulu."

Les sanglots déchirant se transformèrent peu à peu en un rire pathétique entremêlé de toux et de respirations hachées, puis Evans hoqueta: "Il y avait une prophétie, tu sais ... Tom… Il y avait une prophétie et… et… et je n'ai pas pu tout entendre. Je n'ai pas entendu le reste… "

Tom ne dit pas que tout allait bien, que tout irait bien bien, qu'Evans s'en sortirait, mais il ordonna simplement: "Maintenant, dis-moi où tu es."

Et Evans obéit.

OoOoOoO

C'était plus quelque chose d'instinctif que des coordonnées réelles, une sorte d'attraction magnétique accompagnée d'une sensation d'assurance croissante qui lui disait qu'il marchait dans la bonne direction.

Cela faisait un petit moment qu'il ne s'était pas senti aussi sûr de lui.

Sous ses vêtements, pressé contre lui, se trouvait son vieux journal intime, dans lequel il n'avait pas écrit depuis un certain temps, avant sa confrontation désastreuse avec Evans. Ne possédant rien de précieux ou d'important, il avait juste récupéré son premier horcruxe, se sentant presque sentimental. Le journal, s'était-il dit, faisait partie de lui, plus que n'importe quoi d'autre.

C'était sans doute la raison pour laquelle il l'avait gardé avec lui, depuis le début de l'invasion allemande jusqu'à aujourd'hui, il avait toujours fait partie de son plan. Tom l'avait oublié pendant un temps, emportée par la hâte grisante de la survie

Mais maintenant, avec cette confrontation qui approchait, cet objectif de retrouver Evans et de tuer tous les Allemands qu'il trouverait en cours de route ... Maintenant, ce plan de créer toujours plus d'horcruxes était bien ancré dans son esprit.

C'était la seule pensée rationnelle qui dominait son esprit, ses doutes et ses peurs s'étaient volatilisées, emportés par une jubilation sauvage.

Il ne ralentit donc pas en apercevant le camp allemand, il ne paniqua pas, il s'arrêta simplement tout en observant et en réfléchissant à la meilleure façon de procéder. Ça ne servirait à rien d'y aller à l'aveugle, l'arme au poing, encore une fois pourquoi revenait-il toujours à ces maudites expressions moldus, et ce n'était pas vraiment son style. Ce manque évident de plan ressemblait bien au mode de pensée d'Evans, ce Gryffondor suicidaire, et cela le conduirait forcément dans la mauvaise direction, sans doute même à sa mort.

Si son seul objectif était d'attraper Evans et de courir, il pourrait essayer de s'approcher plus près de l'endroit où il était détenu. Compte tenu de son statut de sang de bourbe, et si on ne l'avait pas laissé pour mort, il n'était probablement pas surveillé de trop près. Mais bien que ce plan était plus solide que ceux catastrophiques d'Evans, il n'était pas non plus suffisamment satisfaisant.

C'était un petit endroit qui avait autrefois été un village magique, Tom imagina qu'il n'y a pas si longtemps, cette petite ville avait ressemblé à Pré-au-Lard. Un petit village animé et joyeux avec son propre boulanger, son boucher et tout ce dont vous pensiez avoir besoin, un petit monde simple et terne à l'image de ceux qui manquaient de talent et d'ambition.

Mais, comme Pré-au-Lard, ce village s'était transformé en ruines fumantes car toutes les fondations du village avaient été brûlées. À leur place se trouvaient de nouveaux bâtiments gris et construits grâce à la magie et qui ressemblaient davantage à des garnisons qu'à autre chose. C'était probablement simplement un point de contrôle, un endroit situé entre Poudlard et Londres où l'on pourrait facilement transplaner, probablement installé avant l'invasion du château.

C'est probablement là qu'ils triaient les prisonniers, choisissant ceux qui valaient la peine d'être gardés et ceux qui ne valaient rien, et s'ils valaient la peine d'être gardés pour quelles raisons. La magie noire, la magie noire de haut niveau, exigeait souvent des sacrifices ainsi que des sujets d'expérience.

En tant que prétendu sang de bourbe, Tom doutait que Harry Evans était gardé comme otage.

En observant les Allemands entrer et sortir, si assurés dans leurs déplacements dans la ville, comme si deux ou trois gardes postés autour du périmètre et quelques protections bien placées suffisaient, Tom ressentit la brusque envie de tester à sa manière leur utilisation de la magie noire,. Après tout, à Poudlard, il n'avait jamais vraiment eu la chance de se déchaîner.

Et certains des livres de la réserve, les plus anciens, ceux qui étaient trop utiles pour être interdits mais trop sombres pour être imprimés à cette époque, mentionnaient que le feudeymon était magnifique. Comme un dieu du feu féroce qui aurait été invoqué et qui, une fois créé sur ce monde, ne pourrait pas être éliminé.

Et comme Tom l'avait espéré, lorsque les flammes léchèrent avec avidité les parois des ces bâtiments, les Allemands perdirent rapidement de leur arrogance. Ils avaient mis en place des protections anti-transplanage, avaient placé des gardes, mais ils ne s'étaient pas préparés à affronter un adversaire qui n'avait rien à perdre. Un adversaire qui prendrait le risque de se détruire lui-même si cela signifiait détruire ce ridicule avant-poste.

Tom attendit, suivant de loin l'appel de détresse de cette sirène d'Evans, comptant les Allemands paniqués alors qu'il passait. Un, deux, trois, quatre… Plus que suffisant pour une douzaine d'horcruxes s'il le voulait vraiment, mais non, il ne voulait vraiment que celui qui s'en sortirait. Quand il aurait des réceptacles plus adaptés, il y penserait.

Juste au moment où les Allemands fonçaient droit vers l'incendie, tentant de le contenir et de se protéger, Tom lança le sort de l'autre côté, les flammes des deux feudeymon se précipitant les unes vers les autre, luttant pour la domination.

Et puis, alors que les incendies faisaient rage, ils commencèrent à s'approcher de l'endroit où il était en train de contempler ce spectacle avec fascination.

Sous sa carapace froide, il ressentit un frissonnement d'excitation, le même qu'il avait ressenti dans la Chambre des secrets. Il avait perdu trop de temps à Poudlard à jouer l'élève parfait auprès des élèves et des professeurs. Il allait enfin réaliser ce pour quoi il était né.

Il s'en amusait presque.

Plus tard, cette excitation subite se dissiperait certainement, consumée par la fatigue, l'abattement, et la brutalité de leur situation .

Mais pour l'heure, pour l'heure, il allait s'amuser et profiter de son nouvel objectif.

Il franchit la porte d'une maison en ruine, les gardes s'étant enfuis en direction des flammes déchainées ou bien ayant été tués par Tom sur le chemin, ses yeux tombèrent sur les corps des prisonniers, certains étaient recroquevillés, les membres tremblants, d'autres étaient d'une immobilité anormale.

Et dans un coin, il y avait Evans, qui le regardait avec des yeux vides et fatigués.

" Evans", salua Tom et bien qu'Evans essaya de rester impassible, ses lèvres se contractèrent légèrement comme s'il réprimait un sourire.

"Jedusor," répondit Evans, la voix cassée. Les yeux de Tom dérivèrent vers les mains tremblantes du garçon, couvertes de petites coupures fines.

"C'est toi qui a allumé le feu au village ?" demanda Evans, comme s'ils parlaient de la météo ou de leur dernier devoir de potions. Comme s'il n'y avait rien d'étrange à propos de ces retrouvailles ou du fait que Tom était revenu pour lui et l'avait en quelque sorte trouvé sans même savoir où il était allé.

Ou que Evans avait également senti l'âme de Tom se rapprocher au fur et à mesure.

Alors Tom répondit tout aussi nonchalamment: "Cela me semblait approprié."

Ils ne mentionnèrent pas qu'il valait mieux qu'ils partent bientôt. Au lieu de cela, ils se regardèrent simplement, les yeux dans les yeux, avec Evans qui clignait des paupières comme il n'avait plus ses lunettes.

Evans jeta un coup d'œil aux corps qui l'entouraient, son expression triste mais bien au-delà de l'épuisement, enfin il murmura: "Je ne pense pas qu'ils pourraient venir avec nous s'ils le pouvaient… De nous tous, c'est moi qui ai le mieux résisté."

Tom ne répondit pas que de toute manière il n'aurait jamais proposé de les aider à s'échapper, Evans savait probablement que s'il voulait que ces gens soient libérés, il devrait le faire lui-même.

Il entra seulement, enjambant les corps gémissants silencieusement, enroula son bras sous les épaules d'Evans et le souleva de sorte que le garçon s'appuya contre lui. Evans tressaillit un instant, puis suivit le mouvement, utilisant Tom comme une béquille pendant que celui-ci les sortait silencieusement du bâtiment.

(C'est ainsi que la guerre débuta vraiment pour eux, ils se déplaçaient tranquillement épaule contre épaule dans la nuit noire tandis que derrière eux, l'enfer dévorait les chairs et les cœurs).


Voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu :)

A bientôt pour la suite !