Hello les sorcières, j'espère que vous allez bien ?
Voici un long chapitre, le plus long de l'histoire, tout beau et tout chaud !
Bonne lecture !
Ce n'était pas que Poudlard manquait à Tom, que sa jeunesse naïve, ses ambitions et ses rêves lui manquaient, mais c'était toutes ces petites choses comme la façon dont la lumière du soleil passait à travers les fenêtres ou encore l'odeur de vieux cuir des livres de la bibliothèque. Il y avait des jours où il souffrait presque pour Poudlard, pour sa mémoire nostalgique, et il s'y accrochait en passant souvent du rêve à la réalité.
(Son âme, le cahier, esquissait souvent le Grand Hall, la bibliothèque ou la salle commune de Serpentard dans les moindres détails, dans l'encre et le sang qui avaient éclaboussé ces pages plus d'une fois. Et Tom l'ouvrait, tranquillement hors de la vue des autres, et ressentait un désir et un sentiment d'appréhension troublant.
Les horcruxes s'étaient révélés beaucoup plus énervants que Tom ne l'avait cru.)
Cependant, il n'aimait pas non plus se faire d'illusions, et il admettait qu'il y avait beaucoup de choses en rapport avec Poudlard qui ne lui n'avait pas manquées.
Par exemple, le fait d'être mineur, coincé dans ce maudit orphelinat moldu à devoir attendre chaque putain d'année jusqu'à ce dix-septième anniversaire qui lui apporterait enfin une véritable liberté. Même avec la guerre, le sang et la mort partout, il n'échangerait pas sa nouvelle existence contre cette ancienne, interminable et amère attente.
Et puis, il y avait aussi une chose plus intrinsèque à Poudlard qui ne lui avait pas manqué non plus : les gens.
Il les avait tolérés, au mieux, quand il était à l'intérieur des murs. Il avait toléré les Black, les Malfoy, les Goyle, les Brown, les Potter, les Nés-moldus et tous ceux qui étaient entre les deux. Mais ça, c'était uniquement de la tolérance, et même alors, cette amère tolérance avait alimenté le rêve de Voldemort. Voldemort, ce grand tyran imminent qui les dévorerait tous un jour, ...en fin de compte peut-être que ce n'était pas du tout de la tolérance.
Il avait juste attendu son heure, en réalité.
Il avait aimé tuer Malfoy, lui trancher la tête et l'enfoncer dans un piquet, au milieu d'un champ pour que les nouvelles autorités allemandes le trouvent. Il ne l'avait même pas nié, il avait même informé Evans du sort horrible de Malfoy avec désinvolture, et Evans avait été réellement surpris de l'honnêteté brutale de Tom. Il ne nierait pas non plus que s'il rencontrait à nouveau l'un de ses anciens camarades de classe, il aimerait probablement les tuer aussi. En particulier ceux qui avaient été dans sa propre maison.
Être terrifiant était merveilleux, il l'appréciait chaque seconde.
En revanche, il détestait chaque seconde de cela...
"N'est-ce pas génial ? C'est presque comme autrefois. " Evans souriait comme un idiot, il souriait de cette façon depuis près d'une semaine.
Depuis que Minerva McGonagall, la vieille rivale de Tom, était sortie de l'éther écossais, l'humeur de Harry Evans n'avait jamais été aussi élevée. Et Tom ne se souvenait pas d'avoir été autant agacé au cours de cette année.
Même affamé, couvert de sang, privé de sommeil, avec seulement Evans et ses courtisans pour seul compagnie, il n'avait pas ressenti cela…de l'agacement.
C'était vraiment comme autrefois.
Quand Tom et Evans s'étaient retrouvé seuls (et Merlin n'avait guère de temps à leur accorder), ils avaient transplané dans la grotte au bord de la mer puis ils avaient planifié, rallié, recruté et fait tout le reste. Certes, ils étaient plus efficaces, plus puissant, peut-être même assez puissants pour vraiment reprendre le pays, mais Tom ne pouvait s'empêcher de regretter cette période où il n'y avait que lui et Evans. Evans la chair à canon, Tom le planificateur, cela avait toujours fonctionné.
Maintenant, ils devaient faire face à des imbéciles qui les voyaient comme des héros, regardant Evans comme s'il était Jésus réincarné, et ils devaient les entraîner, les nourrir, les diriger, les garder en vie, et cela demandait beaucoup plus de logistique qu'auparavant.
Et même Evans, qui n'avait pas à s'occuper de cette logistique (ayant repoussé tous les problèmes de nombres, de comptabilité, d'armement, de nourriture, de transport, sur Tom) semblait épuisé par cela. Evans devait constamment revêtir ce personnage du héros grand et guerrier, il était toujours le premier au combat et toujours le dernier à en partir, peu importe ses baguettes défectueuses ou le fait que tous les yeux haineux des Allemands soient braqués sur lui.
La vérité était qu'ils étaient tous les deux fatigués.
Ou, du moins, ils l'avaient été jusqu'à l'arrivée de Minerva McGonagall.
"Je me demande qui d'autre est vivant… qui n'ait pas pris le chemin de Malfoy" Le visage d'Evans se décomposa, se fendant d'une grimace, mais il se reprit très vite, "Mais comme Minerva est vivante, je me demande qui l'est aussi."
Qui s'en souciait franchement ?
Tom serra les dents, souhaitant qu'il ait au moins quelque chose à faire pour qu'il ne soit pas simplement assis ici à ressembler à un idiot, c'était la dernière chose dont il voulait parler.
" Tu sais, quand la guerre sera finie, nous pourrons vraiment reprendre Poudlard. Je veux dire, j'ai toujours su que nous le ferions mais maintenant ... C'est comme si je pouvais tout voir et ... Je suis tellement content de revoir un visage familier. Ne ressens-tu pas la même chose ? "
Non, non, il ne ressentait absolument rien.
Tom épargna à Evans un regard glacial, ne dit rien puis recommença à regarder fixement le mur de la grotte. Le mur comprenait la douleur de Tom.
"Quel est ton problème ?"
Tom soupira, ou tenta de le faire, il était trop tendu pour soupirer, il respirait douloureusement à travers ses dents serrées, "Je n'ai aucun problème."
"Je pensais que tu appréciais McGonagall, sérieusement, quel est ton problème ?"
"Je n'ai aucun problème." répéta Tom de façon concise, il n'en avait vraiment aucun, à part l'avalanche de merdes qui lui tombait dessus, jour après jour, à part tous ces idiots qui les vénéraient comme des dieux. Et maintenant, il y avait la gentille, la merveilleuse Minerva McGonagall, qui avait été légèrement plus tolérable que quiconque à Poudlard, mais seulement légèrement.
"Tu n'as toujours que des problèmes," rétorqua Evans, la voix suintante de venin, "C'est la raison pour laquelle tu es un tel bordel, alors, qu'est-ce qui ne va pas avec Minerva ? C'est une fille super !"
C'est justement ça qui n'allait pas avec McGonagall. Harry Evans la connaissait à peine, l'avait pratiquement traquée sans aucune raison, et sa présence seule était suffisante pour égayer sa journée. Alors que Tom, il lui avait fallu mettre le feu à une ville et plus encore pour qu'Harry Evans lui adresse la parole sans l'insulter.
"Ce n'est pas parce qu'elle est là, qu'il faut se réjouir", asséna Tom à la place, tournant la tête pour fixer Evans dans les yeux, "Nous avons encore du travail à faire,"
"Qu'est-ce que c'est censé ..."
Tom l'interrompit: " Nous avons des soldats, des disciples, c'est excellent. Nous avons des terres, un quart de l'île, c'est magnifique. Dis-moi, Evans, qu'avons-nous exactement prévu de faire avec eux ?"
"Eh bien, de les guider..."
"Dans quoi ? Je ne suis pas un général, Evans " répliqua Tom avant de fixer le garçon avec insistance,"Toi, non plus d'ailleurs. La guérilla, oh nous sommes très bons dans ce domaine, mais bientôt nous devrons passer à la vraie guerre. Si nous ne nous affirmons pas, si nous continuons à nous cacher dans l'ombre, nous ne reprendrons jamais le pays."
Tom se leva alors, jetant ses mains en l'air alors qu'il faisait les cent pas et parlait: " Nous menons ces hommes depuis six mois maintenant, Evans. Un an et demi après Azkaban, nous les avons nourris, leur avons fourni des chaussures, les avons entraînés, et qu'avons-nous retiré de cela? "
"Nous avons récupéré l'Écosse ..."
"La moitié de l'Écosse, Evans, la moitié ! Pas Poudlard non, mais de petits villages magiques et des garnisons sans importance. Et seulement parce que nous avons retiré les garnisons et toutes leurs substitutions d'Angleterre. Et seulement parce que toi et moi avons en quelque sorte entretenu l'illusion que nous pouvons être partout à la fois! Nous n'avons pas de personnel pour les équiper, nous n'avons pas d'armée et l'Écosse n'est pas du tout la Grande-Bretagne. Nous ne pouvons pas continuer cette marche lente et rampante, en attendant que la guillotine nous tranche le cou, en attendant que Grindelwal envoie son armée, ses sorciers d'élite, pour s'occuper de nous. Il est temps de commencer à changer de direction" ,
Evans prit un air pensif, puis prononça soigneusement, "Eh bien, si je m'attendais...C'est Ste Mangouste qui se fout de la charité ..."
"C'était il y a un an, nous étions affamés, seuls, et tu voulais attaquer Londres par toi-même. Maintenant, nous sommes les leaders d'une révolution, Grindelwald a commencé à nous prêter une attention véritables, tous les subalternes qu'il nous a envoyés ont été éliminés. Nous ne sommes même plus une paire de terroristes trop ambitieux, Evans. Si nous ne bougeons pas, si nous ne changeons pas de cap, il nous éliminera."
Evans ne dit rien au début, il regarda juste Tom, puis lui adressa un petit sourire désapprobateur: "… Tu sais, Jedusor, de temps en temps, je me demande pourquoi je suis toujours là. Je veux dire, mon grand-père est probablement mort, non ? Et même s'il ne l'était pas, je ne pense pas que mon père aurait la même éducation, alors ... Comment suis-je encore ici ? "
Evans reprit son souffle, "Je sais, ce n'est pas la même chose mais ... Ils m'admirent tellement, on attend tellement de nous, et je ne devrais même plus exister,"
Et il avait, de temps en temps, une étrange aura qui l'entourait, comme s'il ne devrait pas être ici et pourtant l'était. Ils ne l'avaient jamais vue cependant, même pas Minerva McGonagall, quand elle l'avait serré dans ses bras.
Tout ce que Evans put dire fut: " Je continuerai à y réfléchir " .
OoOoOoO
"Merlin, Jedusor, pourquoi est-il si difficile de parler avec toi ?"
Jedusor, il restait maintenant deux personnes dans le monde entier qui l'appelait de cette manière, et une seule d'entre elles l'avait mérité.
"Parce que je suis très occupé,"
Tom ne leva même pas les yeux, continuant simplement à parcourir les rapports de renseignement de tout le pays, à la recherche de mouvements de troupes, de nouvelles voies d'approvisionnement, d'un peu de tout et de rien. Il y a eu des périodes où ils avaient décliné, où les sorciers allemands s'étaient ancrés dans tout le pays, mais cette fois-ci, encore, les Allemands étaient en force, des groupes de renforts avaient été envoyés des forts d'Ecosse, pour reprendre les garnisons aux rebelles… Et jusqu'à présent, Tom et Evans les avaient repoussés mais… mais ils n'avaient pas avancé depuis, même si Grindelwald ne les avait pas repoussés, ils n'avaient toujours pas avancé.
Ils s'étaient retrouvés dans une sorte de jeu sans fin, un jeu que Tom ne savait pas comment gagner, et il ignorait aussi ce que signifiait réellement le terme « gagner» dans cette guerre.
Clairement, ce n'était pas gagner des hommes, ils l'avaient déjà fait, et clairement ce n'était pas libérer des villes. Et c'était drôle parce que les hommes de Harry et Tom voulaient libérer ces villes, ces mêmes villes qui continuaient de se tourner vers les Allemands, vers les aurors et la protection et la loi qu'ils fournissaient, et Tom devait leur rappeler à quel point cette idée était vraiment terrible.
Comme Evans l'avait remarqué sombrement, tous les braves d'entre eux étaient morts depuis longtemps, il n'y avait plus de lions en Grande-Bretagne.
Peut-être ne gagneraient-ils même pas Londres ou Poudlard, ou les joyaux de la couronne.
Devraient-ils commettre un assassinat ? Tuer Grindelwald était-il le seul moyen? Ses hommes de main eux aussi aussi devraient être éliminés, et peut-être une bonne partie de leurs subalternes. À chaque seconde qui passait, leur tâche devenait de plus en plus ardue, ceux qui se battaient avec eux étaient exécutés, et ceux qui les avaient trahis avaient encore plus de raisons de rester avec Grindelwald.
Ils ne gagnaient pas, ils étaient une peste, une peste connue, une rébellion connue, et qui était peut-être sur le point d'être une révolution, mais ils ne gagnaient pas, ils ralentissaient jour après jour…
"Qu'est-que tu veux ?"
McGonagall ne dit rien, s'asseyant en face de lui jusqu'à ce qu'elle prenne finalement la parole: "Je ne t'ai pas vu, à Poudlard, je veux dire,"
Étrange, depuis combien de temps n'avait-il pas pensé à ce jour-là ? Parfois, ce jour fatidique se glissait dans ses pensées ou ses cauchemars, mais cela semblait toujours… surréaliste. Comme si cela ne lui était pas vraiment arrivé, comme si, jusqu'à ce jour, il était seulement venu pour Evans dans le village, quand il avait cru rêver.
"J'ai traîné Evans dans la clandestinité", raconta Tom plutôt brutalement et simplement, "Nous avons ensuite cheminer jusqu'à Prés-au-lard puis à travers toute l'Écosse",
Elle hocha lentement la tête, prudemment, "Je me doutais que cela s'était déroulé de cette façon ... Ce n'est pas ce qui m'est arrivé, tu sais."
Il n'a pas demandé ce qui lui était arrivé, mais il semblait qu'elle était déterminée à le lui dire de toute façon.
Elle avait toujours été comme ça, plus ou moins, lui parlant comme si son silence signifiait que sa conversation était la bienvenue. Bien sûr, il se disait aussi que cela aurait pu être parce qu'elle avait peu de personne avec qui discuter, parler à Tom devait être une bouffée d'air frais après avoir vécu avec des Gryffondor, "Je suis une sang pur, tu sais, alors ils nous ont tous gardés en vie, ceux dont ils ont reconnu le nom de famille, ou du moins ceux d'entre nous qui ont eu de la chance. Nous avons été envoyé à Londres, pendant un certain temps, on nous a enfermés au Ministère, parfois des gens disparaissaient si leurs proches n'avaient pas coopéré, ... Ensuite, ils nous ont offert un logement à Poudlard pour terminer notre année. Seulement, à ce stade, nous n'étions pas très nombreux."
Tom arrêta de regarder ses papiers, leva les yeux pour la regarder, et se rendit immédiatement compte qu'il était censé la plaindre ou du moins montrer de la compassion. C'était son passé tragique, celui qu'elle avait surmonté, jetant éducation et sécurité pour aller rejoindre la révolution.
Et elle voulait qu'il éprouve de la compassion, comme c'était adorable.
Il n'eut même pas besoin de parler, McGonagall plissa les yeux à la manière d'un chat et soudain elle cracha: "Tu sais, je viens de passer trois jours avec ces hommes et ces femmes, et à leur parler, tu penses sérieusement que toi et Evans êtes des dieux! Tu as toujours été un enfoiré de première, c'est drôle, n'est-ce pas, à quel point les gens ne changent pas ? "
Evans lui avait dit une fois la même chose, seulement, Evans savait exactement ce que cela voulait dire.
"McGonagall, tu as vraiment fait tout ce chemin pour me dire ça ?"
Elle pâlit, s'arrêta, recommença: " Écoute, Jedusor, je suis désolée. Je… je ne pensais pas que je te reverrais un jour. Je sais que je voulais en parler depuis un moment, je pensais que tu ressentirais la même chose. "
Bon Dieu, elle et Evans faisaient vraiment la pair.
Tom soupira, mettant de côté ce qu'il faisait." Écoute, McGonagall, je suis… Je n'ai jamais été aussi sympathique ou aussi gentil que je n'ai pu l'être à Poudlard. D'une certaine manière, cette guerre a été… libératrice pour moi."
Lui décochant un mince sourire, il poursuivit "Si tu veux évoquer le passé avec quelqu'un, sur Poudlard et la gloire du Quidditch, alors il vaut mieux que tu parles à Evans. Si tu arrives à passer devant sa foule d'adorateurs, bien sûr. Sinon… Il y a des jours où Poudlard me manque, c'est vrai, mais je ne suis pas très nostalgique, je ne ne trouve pas cela très utile à vrai dire "
Puis, avec plus d'irritation qu'il ne l'aurait souhaité, Evans et sa constante réflexion sur la grandeur de Poudlard jouant dans sa tête, il se retourna vers son travail et cracha: " Parce que pendant que tu te souviens du bon vieux temps des BUSE et des ASPIC ou du fait que tu étais la poursuiveuse de Gryffondor, je dois m'asseoir ici, et préparer ce que nous allons faire ensuite et anticiper ce que les Allemands vont faire de leur côté. Donc, si cela ne te dérange pas, je suis un peu occupé. "
Minerva fronça les sourcils, croisa les bras, le fixant d'un œil inquisiteur "J'ai entendu dire que tu étais responsable de ça, des renseignement, je veux dire. J'ai toujours pensé que ce serait l'un des aurors, car il y en a quelques-uns ici maintenant."
Oui, eh bien, ils n'étaient plus les mêmes depuis leur libération d'Azkaban. Certains venaient juste de reprendre leurs esprits et il y en avait une bonne partie qui n'était utile que comme chair à canon (étrange, n'est-ce pas, à quel point les détraqueurs pouvaient ôter la capacité à penser mais pas la mémoire musculaire de l'instinct de combat).
Quant à ceux qui venaient des villages, eh bien, Evans s'en était tiré assez bien avec eux (même si sa santé était plus fragile qu'auparavant, et qu'il était parfois dangereuse proche de l'anémie), mais beaucoup étaient morts dès les premiers jours de leur sauvetage et d'autres avaient suivi les semaines d'après, ceux qui restaient n'étaient probablement plus ce qu'ils étaient.
Ce qui laissait les élèves, ceux qui avaient quelques années de plus ou quelques années de moins que Tom, de jeunes sorcières et sorciers souriants, des Sang-Mêlés, des Sang-Purs idéalistes et des Sang-de-Bourbe chanceux, qui regardaient Tom presque avec vénération et lui demandaient ce qu'il comptait faire d'eux. Lui, tout ce qu'il voulait à ce moment là, c'était qu'ils retournent d'où ils venaient.
En tout cas, Tom avait été plus que soulagé de laisser ce fardeau à Mc Gonagall, et certains élèves qu'ils avaient sauvé avaient aussi été plutôt soulagés. Ils se demandaient en effet à quoi s'attendre avec ces deux fugitifs de Poudlard aux cheveux noirs, dont l'un ne possédait même pas une baguette qui fonctionnait.
"Les aurors ne s'occupent pas de ça, je crains qu'il n'y ait juste moi",
Minerva hocha la tête, ne le quittant toujours pas des yeux, se contentant de rester assise et de fixer du regard, "Cela te convient, tu sais, bien plus que le fait d'être préfet."
"Je sais."
Et n'était-ce pas ironique? Parce qu'il ne savait pas ce que le Tom à l'époque, le Tom avant Evans et la chambre des secrets, ferait du Tom d'aujourd'hui. Tom ne pensait pas qu'il aurait était aussi ennuyé, irrité, par la présence d'Evans, il se serait certainement senti un peu insulté, mais ... Mais il y avait du pouvoir ici, du pouvoir et de la reconnaissance pour tout ce qu'il était, et même s'il n'était pas un empereur, cette situation lui convenait parfaitement.
Peut-être qu'une partie de tout ça se refléta sur son visage, ou peut-être que Minerva McGonagall finit par s'ennuyer car elle lui adressa un bref signe de tête en disant: "Très bien, je devrais probablement partir alors."
Et elle s'exécuta, rapidement, sans un mot, et Tom roula des yeux et retourna à ce qu'il faisait, se réjouissant intérieurement qu'elle soit enfin partie.
Malheureusement, elle prit l'habitude de revenir presque tous les jours, et rien de ce qu'il faisait ne semblait pouvoir la chasser.
"Merlin, Evans semble presque possédé. Tu savais qu'il pouvait se battre comme ça, à l'école, je veux dire ? Je n'ai jamais assisté à l'un de ses duels, je ne lui prêtais pas beaucoup d'attention il faut dire. Tu sais, il était un Serpentard et… Et j'en suis désolé, rétrospectivement, parce qu'en fin de compte nous étions tous des étudiants de Poudlard."
Tom répondit par un grognement, étant déjà au courant des talents du duelliste qu'Evans avait été, avant que sa baguette ne soit volée par un Allemand, ou brûlée.
Et même alors, Evans avait trouvé des moyens de compenser cela, devenant peut-être encore plus terrifiant qu'il ne l'avait jamais été à l'époque.
Et comme pour tous les étudiants de Poudlard, Tom se souvenait très clairement de l'école à certains moments. Le fossé entre Gryffondor et Serpentard avait été à la fois vaste et insurmontable. Et il ne parlait même pas du fossé entre les Sangs-de-bourbe et les Sangs Purs qui était plutôt un gouffre. Poudlard avait mis un point d'honneur à les diviser.
C'est la guerre qui les avait tous rendus égaux.
Elle mentionna aussi Evans à plusieurs reprises : « Tu savais que Evans avait fait ça ? », « Je n'en reviens pas que Evans soit aussi... ». Tom répondait alors brièvement puis faisait tout pour qu'elle trouve quelque chose d'autre à faire parce que contrairement à certaines personnes, il était très occupé.
Bien sûr, après qu'elle soit partie et qu'il ait de nouveau poussé un soupir de soulagement exaspéré, elle revint le lendemain, "Il est encore pire que toi ! Au moins, tu m'ignores autant que tout le monde. Lui, il essaie de me parler, parle de Poudlard et n'importe quoi d'autre, puis il se tait et ne dit plus rien."
"Eh bien, Evans est souvent en proie à des coups de fouet émotionnels", répondit Tom allègrement, sans que cela puisse mettre fin à la diatribe qui s'ensuivit.
"C'est comme...c'est comme s'il ne pouvait pas se décider!" s'irrita Minerva.
"Il ne peut généralement pas," acquiesça Tom, repensant à ses propres interactions avec Evans, "Cela semble être chronique."
Mais elle continua "Veut-il être mon ami ou non?! Ne peut-il pas simplement...simplement se décider ! ? "
Et il semblait, alors qu'elle continuait, malgré toutes les bonnes raisons du monde et de l'univers, Minerva McGonagall avait décidé, tout seule, qu'elle et Tom étaient amis. Et que Tom avait non seulement du temps à lui accorder, mais appréciait également ses réprimandes sur le comportement inexplicable de Harry Evans.
Même lui lancer un sort, la jeter hors de la tente et la coller sur un arbre à proximité, pour être stupéfixer ensuite par les hommes plus âgés (dont certains avaient eux-mêmes déjà été dans la même situation sinon pire, parce que Tom n'était pas un maître particulièrement patient), ne semblait pas du tout la dissuader de s'en aller.
Et il ne savait pas quoi faire à ce sujet.
Mais, pensa-t-il en examinant les rapports, au moins ce n'était pas un problème qui allait mettre un terme à sa vie.
OoOoOoO
Le début de la fin était souvent décevant, ou peut-être que Tom était simplement trop exigeant, et que rien n'était jamais à la hauteur de ses attentes.
"Evans, monsieur, il y a quelqu'un qui veut vous parler, il dit qu'il vous connaît, qu'il était dans la même école que vous et qu'il détient des informations importantes sur l'ennemi,"
C'était l'un des rebelles les plus jeunes qu'ils avaient ramassés qui avait dit cela, il avait peut-être quelques années de plus qu'Harry et Tom, probablement fraîchement sorti de Poudlard lorsque les Allemands avaient violé l'école, mais d'une certaine manière, il semblait plus jeune, ne serait-ce par la façon dont il dévisageait Evans, ses yeux brûlants comme des étoiles et cette expression presque adoratrice sur son visage.
Cela énervait toujours Tom.
Ou peut-être parce qu'il regardait Tom avec la même expression, sachant exactement ce que Tom avait fait aux soldats ennemis qu'ils avaient capturés (parce que vous ne pouviez pas faire confiance à ces hommes réduits en miettes et à ces garçons idéalistes pour le faire correctement), et sachant exactement à quel point Tom pouvait se montrer impitoyable.
Ils se trouvaient dans l'un des villages à moitié détruits qu'ils avaient récupéré quelques instants plus tôt, presque entièrement dépourvu de civils maintenant. Ils avaient fui il y a des mois, poussés vers les villages occupés par les Allemands, ne laissant derrière eux que ceux qui voulaient brûler leur propre pays pour la liberté.
Tom et Evans devaient hanter cet endroit au moins une fois par jour, pour concevoir des plans, s'approvisionner, collecter des informations, tout ce qui était nécessaire pour la prochaine marche vers le nord. Mais plus que cela, simplement pour être vu, pour rassurer leurs hommes et montrer à leurs ennemis qu'Evans et Tom étaient toujours sur leurs gardes et en quête de la moindre embuscade.
"Vraiment?" fit Evans, rétrécissant les yeux et il fronça les sourcils alors qu'il enregistrait cette information, "Quel est son nom ?"
"Il dit qu'il s'appelle Ernest Smith, monsieur, et qu'il était à Poufsouffle."
Evans décocha à Tom un coup d'œil que Tom lui retourna silencieusement avec un petit signe de tête peu enthousiaste, affirmant ainsi que oui, Smith avait en effet été un Poufsouffle de leur année et que Smith devait probablement s'attendre à ce que Tom le connaisse.
Tom, qui s'était fait un devoir de connaître tous ses camarades de classe, le connaissait certainement. Assez intelligent, sang-pur, famille vaguement aisée et bien trop prétentieuse pour le peu de richesse de leur coffre-fort. Tout chez ce garçon hurlait Serpentard mais il ressentait une étrange fierté à avoir été jeté chez les Poufsouffle comme l'avaient été ses ancêtres avant lui.
Ce n'était pas vraiment une personne à risquer sa vie pour une rébellion, mais bon...
"Eh bien, allons voir ce qu'il a à nous dire alors", déclara Evans, et dès que le garçon quitta le bâtiment délabré que Tom et Evans avaient réquisitionné pour en faire leur quartier général, Evans se tourna vers lui "C'est à croire que tout Poudlard s'est décidé à revenir."
"Oui, comme les mauvaises herbes," répondit Tom, car vraiment, une fois, c'était un hasard, deux fois une coïncidence, mais trois fois ...
"Tu t'entêtes encore à ce sujet ?"
"Tu peux voir de vieux amis et des visages familiers, Evans, mais ce n'est pas parce que nous savions que ces gens étaient avec nous à Poudlard que nous pouvons…"
Tom s'interrompit quand le garçon entra, et en effet, qui qu'il puisse être, il avait au moins le visage d'Ernest Smith, même si ses traits étaient usés et fatigués et qu'il avait considérablement maigri.
"Alors, c'est vrai, Evans et Jedusor, menant une rébellion sous le nez des Allemands", déclara Smith, avec un sourire qui se voulait sympathique mais il échoua lamentablement.
"Tu as dit que tu avais des informations pour nous Smith ?"fit Tom, coupant court à cette réunion de Poudlard avant qu'elle n'ait pu vraiment commencer.
"Merlin, tu es devenu impatient, Jedusor"
"La guerre ne favorise pas la patience, Smith", asséna Tom d'un ton impatient, "Et le renseignement est bon quand il est obtenu en temps et en heure, donc tu ferais mieux d'aller droit au but."
"Ce n'est pas de ce genre de renseignements dont je veux parler… Ce sont plutôt… des relations. Je n'ai pas passé la dernière année à ne rien faire, tu sais, j'ai été derrière les lignes ennemies, établissant des contacts aux bons endroits… "
"Vraiment ?" fit Tom en haussant un sourcil, parce que les espions dans les guerres sorcières finissaient généralement par se faire rapidement tuer ou du moins, c'était ce que Tom était parvenu à découvrir. Si l'on devait survivre en tant qu'agent double, il valait mieux être sacrément bon dans ce domaine, et Ernest Smith ne semblait pas posséder ce genre de talent.
"Tu ne me crois pas ? Eh bien, tu peux me croire, ils vont venir dans ce village, samedi à midi avec une trentaine d'hommes, pas les meilleurs qui soit, mais ce ne sont pas non plus des débutants inexpérimentés."
"C'est terriblement pratique", commenta Tom, en regardant le garçon (parce que celui-ci, même s'il vivait au beau milieu d'une guerre, semblait toujours être un enfant par rapport à Evans ou même à Tom).
Les yeux d'Evans se fixèrent sur Tom, sachant très bien ce que celui-ci allait dire tout en n'approuvant nécessairement mais ne faisant rien non plus pour arrêter Tom alors qu'il se dirigeait vers Ernest. Le Poufsouffle leva le menton alors que Tom le fixait droit dans les yeux "Tu sais, si tu mens et que nous nous retrouvons tous au même endroit au même moment, en attendant ton embuscade, en laissant nos autres garnisons et villages à la merci de tous, je n'aurai pas d'autre choix que de t'éviscérer. "
"Je n'ai pas…"
"Si," appuya Tom, "j'ai dit si ..."
Regardant dans ses yeux et dans son esprit, Tom essaya d'analyser et de déchiffrer ce qu'il voyait, mais il s'aperçut immédiatement que Smith avait une certaine pratique de l'occlumancie, ce qui signifiait que Tom ne pourrait jamais être entièrement certain des informations qu'il trouverait. Se faufilant à travers les boucliers et marchant à travers les pièges et les barrières, il se retrouva à fouiller ses souvenirs et entendit bien vite la petite cloche de la vérité.
Le son était là, en sourdine, mais le garçon disait la vérité.
Cependant, ce n'était pas aussi clair et distinct que Tom l'aurait souhaité.
"Toi, mon jeune ami, tu es désespérément opportun," marmonna Tom avec un froncement de sourcils, mais Evans se déplaçait déjà devant lui, serrant la main du garçon, lui demandant prestement qui étaient les contacts de Smith et quelles étaient leur identité ( Smith répondit qu'il devait les protéger au risque de sa propre vie), et alla se préparer à ce qui allait arriver samedi avec les informations qu'il disposait à présent.
Evans, toujours survolté, prompte à risquer sa vie pour quelque chose qui aurait pu n'être qu'un soupçon de vérité.
Il fallait toujours qu'il éclate la bulle de Tom.
"Je n'aime pas ça" murmura-t-il une fois que Smith et les autres furent partis, laissant Harry écrire sur la table, organisant et restructurant leurs défenses, quelles personnes seraient là en plus de Harry et Tom, quels seraient les postes et les endroits où les Allemands étaient susceptibles de transplaner.
"Tu n'aimes rien," se moqua Evans, presque affectueusement, mais jamais de manière suffisamment dédaigneuse pour irriter Tom.
"Il est beaucoup trop opportun à mon goût", enchaîna Tom, "Il nous poignardera dans le dos à la moindre occasion, je te le garantis."
"Ce n'est pas très Poufsouffle de sa part."
"Il n'y a plus de maison en nous, Evans, elles sont toutes mortes à Poudlard."
Evans leva la tête en soupirant et levant les mains en signe de défaite: " Qu'est-ce que tu veux dans le fonds ? Tu te plains d'un manque de service de renseignements depuis des mois. Tu en veux un depuis le début . Et maintenant que nous avons une mine d'informations, tu râles, mais que veux-tu vraiment ?"
"Être sûr qu'il ne nous tranchera pas la gorge dans notre sommeil."
Evans lui lança un regard plutôt plat et morne, "Tu a lu dans son esprit, as-tu vu qu'il mentait ?"
"À ce sujet, non, mais il c'est un occlumens qui se débrouille assez bien, et je n'ai pas réussi à tout lire dans son esprit."
"Tout le monde a des secrets ces jours-ci, et quiconque possède un jardin secret a un certain talent en Occlumancie."
"Sauf toi," ne put s'empêcher de faire remarquer Tom car Evans n'avait jamais réussi à protéger ses pensées, même après des mois de pratique. Parfois, Tom avait l'impression qu'Evans lui criait ses pensées sans même avoir à établir un contact visuel, toutes les émotions, les inquiétudes, les espoirs et les rêves d'Evans se battaient en duel dans sa tête.
"D'accord, sauf moi, mais nous savons tous que je suis un idiot," soupira-t-il, fixant Tom directement dans les yeux. "Est-il si difficile de croire que certaines personnes sont honnêtes ?"
"Complètement."
Evans sourit tristement, comme si c'était une blague, "Eh bien, alors, quand il nous poignardera tous dans le dos, assures-toi de me dire:" Je te l'avais bien dit..."
Pourquoi Evans ne le prenait-il jamais au sérieux ?
OoOoOoO
Parfois, au milieu de la nuit, confronté à lui-même, Tom avait des pensées vraiment terribles.
Car Tom, depuis l'arrivée d'Evans, avait été forcé de reconnaître des vérités plutôt inconfortables à son sujet. Il avait… des défauts.
Maintenant, les défauts qu'Evans soulignerait n'étaient pas vraiment les mêmes que Tom aurait reconnu comme des défauts. Tom n'avait aucun problème avec sa propre arrogance (qui était plutôt justifiée à son avis), son impitoyabilité, son manque de sentiments et d'empathie.
Mais Tom avait l'habitude d'idéaliser des choses qui ne méritaient peut-être pas d'être idéalisé. Le basilic n'avait été qu'au cœur des choses, un besoin désespéré et insensé de faire ses preuves, de réclamer sa naissance juste sous le nez de Dumbledore.
Et parfois, parfois, il pouvait être impulsif.
Comme il était seul, il sortit l'horcruxe de la couche de ses vêtements, n'ayant jamais trouvé un endroit pratique ou sûr pour le ranger, et fixa d'un air maussade la couverture usée et maintenant tachée. Les pages cependant ... Elles étaient toujours vierges, bien qu'elles aient été mouillées plus d'une fois, ces pages n'étaient pas exactement comme elles avaient été la première nuit, parfaitement vides et invitantes.
Excepté quand elles ne l'étaient pas ... Le journal dessinait, pas toujours, mais assez souvent, il dessinait des villes et des scènes fantastiques, des esquisses parfois douloureusement réalistes de Poudlard, de la campagne et de nombreux profils de Harry Evans (mais ce n'était pas le Evans qu'il connaissait et avait connu, mais l'enfant hypothétique Evans, l'Evans qu'il avait été une fois en 1996 et bien avant…)
Le livre qu'il avait consulté dans la réserve avait été bref sur les horcruxes, Slughorn avait été bref sur les horcruxes, mais d'après ce qu'il avait été amené à croire les horcruxes étaient censé être un souvenir de vous, mais son horcruxe, lui, allait bien au-delà, il dessinait des êtres humains... et ce n'était pas censé se produire.
D'habitude, il mettait cette question de côté, il avait des choses beaucoup plus importantes sur lesquelles se concentrer après tout, mais Evans avait déjà eu ses moments de stupidité, et apparemment c'était au tour de Tom d'en avoir.
Donc, alors qu'il se trouvait seul dans la campagne écossaise, dans un village rural en ruine avec Evans dormant à côté de lui, Tom jeta un dernier regard au garçon (enregistrant dans son esprit ce visage épuisé, même quand il dormait, et ces traits cruellement familiers) et utilisa l'un des stylos moldus qu'il s'était conjuré (l'utilisation de la plume et de l'encre s'était révélée fastidieuse dans une guerre même si la guerre avait rendu Tom douloureusement moldu), se mettant à écrire.
Ou plutôt, hésitant sur la page, ne sachant pas trop quoi dire.
Finalement, en s'humectant les lèvres, il écrivit cette question qui le dérangeait le plus, sans préambule : " Pourquoi dessines-tu des versions plus jeunes de lui ?"
Le dessin qui était en train de se former représentait une fois de plus un Harry Evans de onze ans, ses cheveux créant des angles étranges comme des plumes noires, les yeux agrandis derrière de larges lunettes. Il portait des vêtements étranges et guère flatteurs et qui étaient beaucoup trop grands pour son petit corps maigre et il regardait la devanture d'une boutique du chemin de traverse avec une joie enfantine que Tom n'aurait jamais cru voir un jour chez Evans, chroniquement laconique et irritable. Le dessin d'Evans cessa tout à coup, le rouge de ses joues se retirant alors que le sang utilisé pour l'encre retournait au cœur du cahier.
Le reste de l'image s'estompa, les lignes s'effondrant sur elles-mêmes et se rapprochant du centre de la reliure, hors de la vue de Tom.
Enfin, une unique phrase se matérialisa : "Bonjour, Tom "
C'était sa propre écriture...Non… c'était bien mieux que sa propre écriture, plus expérimentée avec un air de facilité et de légèreté que l'écriture de Tom ne possédait plus. C'était l'écriture qu'il avait à Poudlard, quand chaque devoir avait été une œuvre d'art.
Il y avait aussi quelque chose de sardonique dans cette phrase, un ton sombrement amusé qui n'était pas détectable dans les mots eux-mêmes, ou même dans l'écriture, mais dans l'atmosphère comme si cet autre Tom avait chuchoté ces mots dans son oreille et que toutes les inflexions de cette voix humaine s'étaient entassées dans la tête de Tom.
" Je me demandais quand tu allais te poser la question et écrire quelque chose continua-t-il", et il y eut un sourire derrière ces mots, le sourire cruel et sardonique de Tom. « Tu y réfléchis depuis un certain temps, n'est-ce pas ? La curiosité tue le chat, tu sais "
… Cela n'avait pas été écrit, et ce n'était pas quelque chose que Tom s'était dit, mais c'était tout de même à l'intérieur de sa tête. Et soudain, Tom ne put s'empêcher de se sentir beaucoup plus énervé à ce sujet que lorsqu'il avait parlé à Slughorn des horcruxes.
Cela avait semblé être une si bonne idée à l'époque.
Soudain, Tom se demanda si fabriquer sept de ces choses n'était pas un peu beaucoup.
"Et pourtant, je pense que la complaisance a laissé derrière elle beaucoup plus de cadavres", écrivit finalement Tom sur la page, et encore une fois, il y a eu une pause alors que l'encre s'estompait.
Et puis, sorti de nulle part, apparaissant bien plus vite que les autres mots: "Touché, c'était une remarque très intelligente. Mais, nous avons toujours été intelligents, n'est-ce pas ? "
Les mots s'éteignirent presque avant que Tom ne puisse les distinguer, soudainement remplacés par une nouvelle phrase," Je suis désolé, je suis impoli. C'est juste… Ce n'est pas vraiment ce à quoi nous nous attendions, n'est-ce pas ? Moi, ici, dans ce blanc sans fin, potentiellement pour toujours pendant que toi, tu es là-bas et ... Eh bien, désolé, Tom, mais je commence à me demander si je n'ai pas été traité injustement. "
"Injustement ?" écrivit furieusement Tom, grinçant des dents, se demandant s'il avait déjà entendu pareilles inepties... Il avait l'impression de parler à un Evans plus spirituel, comme si Tom avait eu la personnalité d'Evans greffée sur lui, "Rien n'a été injuste. J'ai juste divisé mon âme en deux pour obtenir l'immortalité…"
Des mots répliquèrent: " Il y a deux moitiés d'âmes impliquées, Tom, la tienne et la mienne. Maintenant, je ne sais pas pour toi, mais je n'ai jamais demandé d'être coincé dans un maudit journal pour toujours ! "
Tom se moqua, "Tu es un souvenir."
"Étrange, je n'ai pas l'impression d'être un souvenir", répliqua sa propre âme avec colère, les mots étaient plus grands, prenant plus de place sur la page, "Je n'ai pas l'impression d'être juste une pensée passagère que Tom Jedusor a eu une fois dans un rêve éveillé. En fait, d'après moi, la seule véritable différence entre nous, c'est que tu as un corps et moi non !"
Finalement, en ayant plus qu'assez, Tom griffonna furieusement, "Tu préfères être mort ?"
Le blanc soudain des pages semblait presque auditif, comme un silence assourdissant.
"Ce serait peut-être mieux pour nous deux de nous oubliéter", continua Tom, parce que c'était le but d'un horcruxe, l'ultime affaire, pour vivre éternellement vous devez vous arracher quelque chose en échange ...
Après une longue pause, le journal écrivit en retour, son écriture redevenant normale, "Il me fascine."
"Quoi ?" griffonna Tom après avoir cligné des yeux à la phrase.
"Harry Evans, Harry James Potter, il me fascine." Une pause, puis : "Ne t'ai-tu jamais demandé d'où il venait ? Quel genre d'enfance façonne un homme comme lui, où à l'âge de quinze ans il tue un basilic avec seulement sa baguette, tente d'apprendre l'occlumancie avec l'aide de quelqu'un qu'il déteste, a des mots gravés sur le dos de sa main ... As-tu emprunté cette idée d'ailleurs, pour tes propres prisonniers, les forcer à graver "Je ne dois pas mentir" sur leur propre peau, encore et encore et encore ? "
Il avait… Non, ça ne lui avait pas traversé l'esprit, seulement maintenant il ne pouvait plus s'arrêter d'y penser, de penser à lui et plus encore, de penser que quelqu'un avait fait la même chose à Evans dans un monde où Voldemort avait été plus qu'une chimère de Tom Jedusor…
Une image d'Evans apparut, esquissée avec désinvolture mais avec précision, un dessin d'Evans assis dans une pièce sombre, des ombres projetées sur son visage, les yeux écarquillés, une plume à la main alors qu'une silhouette se penchait au-dessus de lui, lui souriant d'un air moqueur.
" C'est un exercice inutile" , écrivit Tom par-dessus les traits d'Evans, " je me fiche de l'enfance d'Evans."
"Non," répondit le journal assez rapidement, "Tu refuses de penser au Voldemort qu'il a connu, celui que tu ne seras jamais, tu penses que tout ce qui appartient au passé d'Evans ne fera qu'alimenter cela."
Une pause, l'image s'estompant, puis: "Si je ne te connaissais pas mieux, je dirais presque que c'est triste, Tom."
"J'ai assez de choses à craindre" , rétorqua Tom, ce qui était certainement assez vrai.
"Ah, oui, la guerre ... J'ai senti la guerre, tu sais, j'ai goûté ton sang, celui d'Evans et de bien d'autres ... J'ai touché leurs âmes, tu sais, toutes leurs âmes mortes et mourantes et elles criaient à moi dans leur langue étrangère, priant Dieu ou leurs mères. "
Des mains se dessinèrent en bas de la page, elles étaient tournées vers le ciel, comme si elles imploraient quelque chose ou quelqu'un, tandis qu'en haut, le visage de Tom Jedusor était baissé vers cette fosse, quelque chose d'inexprimable dans les yeux.
"Peut-être que c'est une autre raison pour laquelle je dessine Evans, j'ai tellement goûté son âme que j'ai presque l'impression que c'est la mienne, et il ne mendie jamais, ne crie jamais, il ... brille, beaucoup, beaucoup trop pour rester sur ces pages très longtemps. "
Et Tom pensa brièvement qu'il avait l'impression qu'Evans s'attardait parfois dans sa propre tête, qu'ils avaient une connexion étrange et inexplicable que Tom n'arrivait jamais à établir et…
"C'est trop dur pour toi, Tom?"
Sans un mot, Tom claqua le cahier.
Il expira une respiration tremblante, ferma les yeux, puis les rouvrit et regarda de nouveau Evans, qui, comme l'avait prédit Tom, n'avait rien remarqué.
OoOoOoO
L'air empestait le sang et la fumée et crépitait sous la puissance des magies virevoltantes. L'odeur incomparable de la guerre de sorciers, les bâtiments presque saturés de magie sombre et claire, prenant parfois des couleurs étranges et brillantes dans le crépuscule.
Il était samedi midi, et les paroles d'Ernest Smith s'étaient révélées suffisamment prophétiques, une trentaine d'hommes étaient arrivés, des hommes qui n'étaient pas les pires que Tom et Harry avaient rencontrés, mais qui n'étaient pas non plus l'élite redoutée parmi les forces de Grindelwald.
C'était suffisant pour que Harry et Tom, ainsi que les hommes qu'ils avaient postés là-bas, aient facilement éliminé la menace.
Appuyé contre un mur, regardant les ennemis assommés, leurs baguettes retirées, attachés afin de subir un interrogatoire avec lui plus tard (il était d'ailleurs certain qu'il n'obtiendrait rien d'important ou de vital de la bouche des prisonniers), Tom finit par concevoir que les renseignements de Smith avaient eu une certaine valeur.
En revanche, peut-être avaient-ils été d'une précision troublante.
Cela ne fit rien pour améliorer son humeur, comme le notèrent ceux qui étaient là, ou du moins qui vivaient ici depuis suffisamment longtemps pour savoir que l'on ne chatouille pas un dragon qui dort et surtout pas un Tom Jedusor de mauvais poil.
Bien sûr, Evans n'avait jamais fait parti des personnes ayant une dose raisonnable d'auto-préservation.
Evans erra à côté de lui, ses vêtements déchirés à nouveau, tachés à nouveau, les cheveux noirs pratiquement dressés en pointe, mai le sourire suffisant que Tom détestait tellement était étalé sur ses lèvres, "Eh bien, Tom, tu n'as pas quelque chose à dire ? "
Tom lui lança un regard froid avant de retourner son attention sur les captifs puis de lancer un sortilège de désillusion et une bulle de silence.
Evans ne cligna même pas des yeux alors qu'il commençait à comprendre.
"J'aurai tellement aimé que tu me dises « Harry, j'avais tort et ... »" Evans s'interrompit, son sourire diminuant alors qu'il prenait un air blasé, "Mais vu ton regard, j'ai comme l'impression que tu ne fais pas du tout confiance à Smith, on dirait presque que tu regrettes qu'il ne nous ait pas trahi.. "
Oui, d'une certaine façon, cela aurait été plus rassurant, plus rapide…
Evans ne semblait cependant pas intéressé par ce que Tom pensait, alors qu'il se moquait et assénait : "Je pense que tu ne peux tout simplement pas admettre qu'il y a encore de bonnes personnes, même dans cette guerre ... Mais c'est un bon signe, les gens croient en nous, ce en quoi nous nous battons. S'il y avait plus de personnes comme lui, alors nous aurions vraiment une chance de nous battre. Et je ne parle pas simplement de chiffres. Les gens croient en nous, Tom. N'es-tu pas fatigué par cette guerre ? "
"C'est plutôt l'opportunité qui me fatigue," déclara froidement Tom.
"Tu es vraiment un connard paranoïaque", asséna Evans avant de soupirer, roulant ses yeux trop verts vers le ciel comme si Tom était déraisonnable, puis il demanda: "D'accord, je vais te faire plaisir, s'il était vraiment là pour nous piéger alors n'aurait-il pas menti pour aujourd'hui ? "
"Il ne mentait pas pour aujourd'hui", répondit Tom, sachant qu'Evans passerait délibérément à côté du sujet.
"Je sais, ce qui signifie clairement que ..."
"Il pourrait mentir demain", enchaîna Tom, "Ou alors un autre jour, tout ce dont il a besoin est d'une opportunité..."
Pendant un instant, Evans ne dit rien, puis: "Je ne veux pas vivre dans ce monde, Jedusor. Je ne veux pas vivre dans un monde où j'attends que l'on me poignarde dans le dos, incapable de faire confiance à personne. Enfer, si je peux apprendre à te faire confiance, à te donner ma vie alors en ce qui me concerne, tout le monde est rachetable."
"C'est bon de savoir que je suis toujours ta référence en matière de rebut de l'humanité", railla Tom, se demandant pourquoi, après toutes ces années, ça piquait toujours autant. On pourrait penser qu'il se serait plutôt habitué aux insultes désinvoltes d'Evans sur sa moralité.
"Tu dis cela comme si je ne te connaissais pas et que je ne sais pas exactement ce que tu es", fit Evans, puis ses yeux semblèrent traverser Tom de part en part, "Mais je suis le seul à savoir ce que Voldemort était censé être."
"Oui," fit Tom avec un soupir, "Et quel souvenir doux-amer."
"Pour toi," répliqua sombrement Evans, "Mais pour le reste du monde… Croie-le ou non, je pense toujours que le monde est mieux sans lui. Si nous gagnons, non seulement j'aurai aidé à remporter cette guerre, mais en plus j'aurai réussi à empêcher… "
"Ma conception ?" termina Tom en arquant les sourcils.
"Merlin, Jedusor, ne ..." Evans frissonna, "Ce n'était pas le bon mot et tu le sais."
"Et encore une fois, tu n'as aucun goût pour la poésie", se moqua Tom.
"Ce n'était pas de la poésie! C'était… des mots grossiers !" se révolta Evans "Je veux dire, il y a quelques choses auxquelles je ne veux jamais avoir à penser, et tes parents en train de se bécoter et de faire des bébés en fait partie !"
Oui, étrangement, Tom était tout à fait d'accord avec lui sur ce point là. Il préférait ne pas penser à ses parents et à la façon dont Tom avait vu le jour.
"Quoi qu'il en soit, revenons à Smith, je pense que nous devrions lui faire confiance, jusqu'à ce qu'il nous donne vraiment la preuve du contraire ... Et nous devrions aussi éviter de lire son esprit à chaque fois qu'il regarde dans notre direction !"
Tom grimaça mais préféra garder le silence.
Il s'était attendu à ce genre de réflexion, depuis que les trente hommes étaient arrivés, Tom se doutait que Evans deviendrait complètement insensé. Parce que la vérité était qu'il voulait croire en la bonté innée des hommes, que seuls quelques-uns étaient indiscutablement mauvais et totalement irréparables (Tom, ironiquement, se trouvant parmi eux). Evans était à l'aise dans un monde en noir et blanc, où ceux qui étaient sombres et mauvais ne pourraient jamais se racheter, il ne prenait pas en considération la nature lâche et cupide des hommes ordinaires.
Bien sûr, Tom pouvait se tromper, peut-être que Ernest Smith voulait vraiment aider, peut-être avait-il réussi en effet à obtenir des contacts du côté de leurs ennemis. Peut-être, comme le répétait souvent Evans, que Tom était simplement un bâtard paranoïaque incapable de voir la lumière danser dans chacune des âmes de ses camarades.
Evans se tenait debout, mal à l'aise, s'attendant peut-être à ce que Tom réplique vertement, mais finalement il céda et murmura: "Eh bien, je vais quand même aller lui parler, voir ce qu'il sait d'autre. Toi, tu peux…"
"M'occuper du reste", compléta Tom, montrant de la tête les hommes capturés, soupirant intérieurement aux longues heures de travail qui l'attendaient et qui, il le savait, ne rapporteraient probablement rien d'intéressant. "Je connais le refrain Evans."
"Très bien, à plus tard alors", déclara Evans, donnant une tape dans le dos de Tom avec cette camaraderie que Tom avait toujours détesté. Et puis il s'en alla, bavardant avec un Ernest Smith souriant, laissant Tom les regarder tous les deux et attendre que le sort se déchaîne à nouveau.
La bonté innée de l'humanité, honnêtement, comment Evans pouvait croire à une chose pareille, alors qu'il comparait pratiquement Tom à l'antéchrist, c'était franchement ridicule.
"Tu sais, c'est étrange comment quelque chose d'aussi horrible que la guerre peut changer les gens en quelque chose de mieux."
Tom tourna la tête, remarquant Minerva McGonagall qui se tenait à côté de lui, l'air d'une combattante qui venait de sortir victorieuse d'une bataille. Bon sang, personne ne se rendait compte que Tom n'était franchement pas d'humeur à parler aux gens aujourd'hui ?
Quoi qu'il en soit, le regard sombre qu'il lui lança ne démonta pas Minerva outre-mesure qui poursuivit.
"Je n'avais jamais pensé que Smith aurait fait quelque chose comme ça un jour, risquer sa vie de cette manière... Et pour toi, c'est pareil...je suppose qu'il y a plus de Gryffondor en chacun de nous que je ne l'aurai jamais pensé." Elle marqua une pause, offrit à Tom un sourire, semblable à celui qu'Evans venait de lui adresser il n'y a pas si longtemps, "Je pense que toi et Smith, vous êtes tous les deux devenus de meilleures personnes depuis Poudlard."
En regardant Evans et Smith s'éloigner, le bras d'Evans enroulé autour de l'épaule de l'ancien Poufsouffle, Tom sentit ses yeux se rétrécir et cette sombre suspicion s'emparer de son esprit, et une seule pensée traversa son esprit : " Oui, je pense aussi que nous avons tous les deux changé."
OoOoOoOoO
Mais bientôt, les succès s'enchaînèrent à un rythme endiable, les paroles de Smith se révélèrent aussi vraies que précises, et soudain, ils firent plus de progrès qu'ils ne l'avaient fait en quelques mois, recommençant à gagner du terrain et à se rapprocher de Londres.
Et à chaque succès, Ernest Smith se rapprochait de plus en plus de Evans, devenant son plus proche confident, tandis que les doutes de Tom continuaient à le harceler sans relâche. Là où Evans était rassuré, plein d'espoir même, Tom se demandait pourquoi Smith semblait si à l'aise d'être vu en compagnie d'Evans. Comment était-il si confiant ? D'autant plus que ce n'était un secret pour personne que Tom ne ferait rien pour le protéger.
Ce jeune homme qui avait réussi à avoir l'air plus jeune que Tom ou Harry malgré leur même âge, dont le sourire rayonnait d'arrogance et irritait les nerfs de Tom à chaque fois qu'il le voyait. Tom regardait dans son esprit maintes et maintes fois et la petite sonnette claironnait toujours la vérité à chacun de ses mots.
Et chaque fois que les renseignements s'étaient révélés exactes, chaque fois Evans venait vers Tom pour lui faire ravaler ses mots.
Quant à Smith, eh bien, si Tom avait été Smith, il n'aurait pas fait exactement les mêmes choses. Smith ne se souciait pas d'être vu et bien qu'il n'ait jamais révélé ses sources, il avait souvent révélé qu'il avait des contacts un peu près partout. Et il ne semblait pas du tout inquiet à l'idée de se faire dénoncer ou exécuter par les Allemands.
Ce n'était pas quelque chose d'évident que Tom pouvait localiser, c'était juste de petites observations qui s'étaient accumulées les unes sur les autres, alimentant son propre malaise et aussi, peut-être, sa paranoïa. Parce que la vérité était que Smith avait eu beaucoup d'occasions jusqu'à présent, trop d'occasions, mais ces succès le dépassait , si bien que Tom se demandait s'il ne serait pas obligé de ravaler un jour sa fierté et d'admettre qu'Evans avait marqué un point.
Que peut-être, sous la cupidité et la médiocrité, il y avait une noblesse qui attendait son heure, une noblesse que Tom n'avait tout simplement pas remarqué.
Le pire pour lui c'était lorsqu'ils se regroupaient tous autour du feu, sans tenir compte des maisons de Poudlard, et qu'ils se mettaient à chanter à l'unisson, parlant ensuite du bon vieux temps et se réjouissant d'être tous devenus amis, sauf Tom qui n'avait pas du tout fait l'effort d'apprendre ces refrains à la noix et n'avait franchement aucune envie de… Merlin, le simple fait d'y repenser le rendait malade.
Et il y avait toujours des choses plus importantes à s'inquiéter que le sens de moralité plutôt particulier de Tom, peu importe le nombre de fois ou Evans avait jugé nécessaire de le lui rappeler.
Pourtant, Ernest Smith l'obsédait, et un jour, ce fut le journal lui-même qui le lui en fit la remarque.
Assis sur un toit, profitant des quelques minutes qu'il avait avec lui-même (ayant réussi à perdre McGonagall dans un autre village et laissé Evans conspirer avec ses agents doubles préférés), le journal posé ouvert sur ses genoux, les mots semblant particulièrement sombres contre les pages blanches de son âme.
"N'est-ce pas intéressant comme ces victoires sont petites?"
Tom fit une pause, pas sûr de vouloir s'adonner à l'abomination que son autre moitié avait transformée en journal intime, mais il finit par gratter dans une calligraphie plutôt nonchalante, "Nous avons gagné bien plus de territoire en quelques jours que nous n'en avons eu en un an"
Le journal était rarement pris de court, bien qu'il prétendait ne pas posséder de yeux sur le plan physique, et Tom se demandait toujours comment il osait se sentir si confiant face à des situations qui ne lui étaient révélées que par un Tom plutôt réticent. Il était pourtant extrêmement confiant: " Mais il n'y a rien eu d'extraordinaire, rien n'a renversé le cours des événements. Notre situation n'a pas franchement évolué, n'est-ce pas? Dis-moi, où est Grindelwald? Où sont les renforts ? "
Pourquoi est-ce devenu tout à coup aussi facile ?
Oui, Tom se l'était souvent demandé, alors qu'il écumait les bars, caché derrière un déguisement, écoutant les ragots et méditant sur leur traversée rapide à travers la campagne quand, des mois auparavant, ils étaient finalement passés de terroristes à révolutionnaires, le marteau tombant durement sur eux.
Où se trouvait le marteau maintenant ?
Et pourquoi était-ce tellement plus énervant maintenant que le journal lui en faisait la remarque ?
Tom ne répondit pas, les mots glissant dans le journal à la façon d'un serpent, suintant la même confiance sournoise que le journal semblait tellement apprécier, " La raison pour laquelle nous ne sommes allés nulle part pendant des mois est que Grindelwald est meilleur dans ce domaine que nous, ou du moins qu'il dispose de meilleurs hommes, d'approvisionnements, et d'argent. De plus, il s'adapte, il change de stratégie, alors que nous avons à peine progresser, il nous a retenus, nous a contenus mais maintenant nous voilà de nouveau en mouvement et… Où est-il censé être de toute façon ? En France ?"
Quand l'homme avait-il été vu pour la dernière fois en Angleterre? C'était un événement rare, il passait généralement la plupart de son temps sur le continent, même si Evans et Tom l'avaient poussé à sortir de la clandestinité… Mais aujourd'hui, malgré leurs progrès, Grindelwald n'était pas là. Et cette situation harcelait Tom depuis des mois maintenant.
La complaisance bien plus que la curiosité, menait à la stagnation et à la mort elle-même. Tom n'en avait jamais douté une seule fois, et alors que ses yeux se levaient vers la ligne d'horizon, et qu'il s'imaginait regarder la façade moldue de Londres, il ne pouvait s'empêcher de penser que la complaisance était suspendue au-dessus de leur cou comme une guillotine, prête à tomber au moindre instant.
Et, à la fin, il ne resterait que Tom.
Alors Smith, bon ou méchant ? Traitre ou pas ?
Qu'en pensez-vous ? :)
