Hello !
Pour ce nouveau chapitre, beaucoup de gore et d'action.
Bonne lecture :)
"Evans,"
Assis près de Smith, Evans leva les yeux, la tête penchée sur la carte d'un avant-poste dessinée à la main, souriant à l'arrivée de Tom dans le dernier village qu'ils avaient récupéré, et qui les avait conduit à leur victoire la plus surprenante depuis que Smith les avait rejoint. Ce dernier avant-poste contenait les portoloins qui les conduirait une garnison, laquelle gardait les portoloins les plus convoités, ceux de Londres, Poudlard, Dublin, Paris…
L'île avait été divisée depuis l'invasion, il y avait de nombreux endroits anti-transplanage dans tout le pays, et ce n'était que par portoloin que l'on pouvait contourner les postes de surveillance que les sorciers allemands avaient installé dans la Grande Bretagne. S'ils prenaient ce prochain village, s'ils tenaient cet avant-poste, ils auraient enfin leur porte d'entrée vers Londres.
Et tant que la guerre n'aurait pas été gagnée, il fallait renverser le cours des choses.
Ou du moins, si l'on en croyait Ernest Smith et son intelligence.
"Tu es en retard," commenta Evans avec beaucoup trop d'amusement pour la situation, comme si Tom devrait se sentir mal d'être quelque chose de moins que la perfection. Peut-être que lorsqu' il était encore préfet, cela aurait pu piquer, mais, pendant la guerre, Tom avait appris à laisser les choses arriver… Ou peut-être qu'il avait perdu cette habitude dans la chambre des secrets.
"Je ne suis pas en retard, je ne suis tout simplement pas en avance", rétorqua Tom avant de se joindre à eux, "et je suis très occupé."
Smith laissa échapper un rire moqueur, "On se demande comment, tu as toujours l'air de ne jamais quoi faire d'utile"
"Tu veux vraiment qu'on change les rôles ?" rétorqua Tom, et peut-être que Smith avait un peu d'instinct de préservation après tout parce qu'il pâlit considérablement sous le regard sombre de Tom, et il refusa de croiser ses yeux.
"Hé, arrête, nous avons du travail à faire", les interrompit Evans, "Je ne suis pas d'humeur pour tes sautes d'humeur, Jedusor."
"Vraiment, j'ai des sautes d'humeur ?" persifla Tom, se demandant si Evans pouvait même être dérangé par sa pointe d'ironie, mais apparemment pas, vu que Evans se retourna vers Smith.
"Très bien, comme je le disais avant que Jedusor..."
Voldemort, était-ce vraiment si difficile à dire ? Pourquoi est-ce que personne ne semblait l'appeler ainsi ? Était-ce simplement parce que Tom n'en voulait pas, au fond, ou était-ce parce qu'Evans ne l'avait jamais pris au sérieux ? Ou était-ce parce que Smith aimait jouer avec le feu ?
"… ne nous interrompe, c'est le moment propice pour attaquer. Selon mes sources, ils ne savent pas encore que nous avons pris cet endroit, nous devons donc agir rapidement avant que les informations ne fuient, et plus encore, mes sources affirment également que l'ennemi sera momentanément affaibli car Grindelwald va faire une apparition à Londres. "
Evans ne cligna même pas des yeux tandis que Tom ressentait une folle envie de bailler. Evans ne pouvait quand même pas croire une ânerie pareille !
" Et tu penses vraiment que, lorsque Grindelwald apprendra que l'une des rares garnisons contenant des portoloins de classe militaire a été prise par des rebelles, il restera assis à se tourner les pouces ?" se moqua Tom, ses yeux essayant de trouver ceux de Smith mais celui-ci fuyait soigneusement son regard.
"Pas si nous sommes assez rapides", insista Smith.
"Et pourquoi es-tu si certain qu'ils ne savent pas que nous sommes allés dans cette garnison en particulier ?" reprit Tom d'un ton sec, "Je trouve peu probable que personne n'en ait entendu parlé, que les protections n'ont pas été déclenchées ..."
"Nous avons abattu les protections! " objecta Smith avec impatience "Écoute, c'est toi le responsable de tout ça, donc si tu doutes de quelqu'un, tu doutes de toi-même ! De plus, si tu refuses de prendre des risques, jamais nous ne remporterons cette guerre."
Tom ouvrit la bouche mais Evans le devança: " Il a raison, nous n'avons pas encore perdu et nous n'allons pas perdre maintenant! Pas alors que nous sommes si proches et que nous avons cette opportunité ! Nous ne pouvons pas perdre, si nous y croyons suffisamment, si nous restons forts, nous ne perdrons pas…"
Il n'y avait pas de mots, Tom ne pouvait rien dire du tout, tout ce qu'il pouvait faire était de rester là comme un idiot tandis qu'Evans et Smith finalisaient les détails : où s'approcher, où était placé les protections…
Enfin, avec un air plus que suffisant sur son visage, Smith s'en alla, et il ne resta plus que Evans et Tom.
"As-tu remarqué, Evans, qu'il ne m'a pas regardé une seule fois dans les yeux", observa Tom.
"Oh," lâcha Evans avec véhémence, toujours agacé contre Tom, ses jointures blanches contre la table, "Je le savais, je savais que tu dirais quelque chose comme ça, même après tout ce qu'il a risqué et fait pour nous et ..."
"Il n'agit pas comme un homme avec le canon d'un pistolet contre sa tête", souligna Tom, "Ne trouves-tu pas cela étrange, à quel point je le rends nerveux alors qu'il risque tout pour nous ? "
"Peut-être parce qu'il sait ce qu'il sacrifie et qu'il l'a accepté, mais il n'a pas à accepter que ses propres amis le poignardent dans le dos ..."
"Est-ce ainsi que tu le vois ?" Tom secoua la tête, "Tu es un idiot, Evans."
Tom regarda ensuite la carte, " Il a dit d'amener tout le monde, tous ceux qui étaient en état de se battre… Nous allons risquer tout pour ça, pour quelque chose dont je n'ai pas eu d'autres informations, je ne suis même pas sûr que ces portoloins soient dans cette garnison. Le portoloin que nous emmenons là-bas, d'ailleurs, pourrait nous conduire n'importe où. Je ne suis pas à l'aise avec une telle foi aveugle, Evans !"
"Et que sommes-nous censés faire, Jedusor ?!"riposta Evans, " Nous ne pouvons pas tout arrêter maintenant ! Je ne peux pas m'arrêter maintenant ! Pas alors que nous sommes arrivés si loin avec tous ces gens qui croient en nous…"
"En toi, Harry," claqua Tom, "Ils croient en toi."
Et puis, c'était comme si un rideau avait été tiré sur ses yeux et il vit pour la première fois ce qu'était vraiment Harry Evans, Harry James Potter. Il leur avait serré la main et tous ces hommes brisés avaient pleuré à sa vue comme s'ils étaient nés de nouveau simplement en se tenant près de lui, ils murmuraient qu'il serait le seul à sauver toute la Grande-Bretagne.
Et Evans n'avait jamais cligné des yeux, avait accepté ça sans rien dire alors qu'il n'était même pas né avec ce genre d'attention et qu'il n'en voulait pas d'ailleurs ...
"Et tu les crois," continua Tom, "Tu crois toutes ces personnes que nous avons ramassées, celles qui t'adorent et pensent que tu peux renverser les empires même avec les mains attachées dans le dos, sans baguette ... Ne voies-tu pas en quoi ils te transforment ? "
"Ils te transforment en un concept, en un idéal, Evans," cracha Tom, "Et c'est ce que tu es ! C'est pourquoi tu veux aller plus loin, toujours plus loin, avoir confiance et ne jamais t'arrêter et croire désespérément que les gens sont au-delà de tout soupçon ! C'est pour ça que tu veux avoir une foi aussi ridicule en l'humanité et me condamner pour avoir légèrement douté des intentions de quelqu'un ! Tu es prêt à te sacrifier et à m'emmener avec toi… "
Evans se mit à ricaner, puis son visage se fendit d'une grimace, "Je ne suis pas ..."
"Oh, si, tu l'es !" coupa Tom a interrompu: " Pour eux, tu l'es ! Mais j'étais là en premier, ton bras droit dans tous les sens du terme, et je ne me suis jamais trompé ! Et si tu écoutes ces bobards, si tu cours aveuglément dans ce piège flagrant à cause de ce que tu penses, de ce que tu dois faire…"
Tom se mit à rire, ne sachant pas quoi dire, sachant simplement que Evans n'écouterait pas. Il écoutait rarement, pas quand il s'agissait de choses comme ça, il faudrait que Smith les tue tous pour que Evans envisage d'écouter.
Pendant un instant, Evans ne dit rien, prenant un air calme et froid, ce qui était inhabituel chez lui, car Evans était un passionné qui s'enflammait facilement, puis il regarda Tom." Tu es plus susceptible de me trahir que lui."
Ses yeux brûlaient pratiquement autant que lorsqu'ils étaient caché derrière des lunettes lorsque Evans et Tom s'étaient battus en duel dans la chambre des secrets. "Tu as toujours été plus susceptible de me trahir que lui."
"Comment se fait-il que nous ayons passé tant d'années ensemble et que tu n'arrives toujours pas à me lire ?" s'agaça Tom avant de soupirer, se sentant tout à coup épuisé, vidé, alors même qu'il voyait sous ses yeux un champs de bataille maculé de sang et de cadavres. Il soupira à nouveau "Très bien, Evans, vas-y, fait comme ça te chante."
Conduis-les tous à une mort glorieuse, une lumière divine brillant autour d'eux alors qu'ils seraient abattus les uns après les autres, à l'exception de Tom dont l'âme avait déjà été divisée en deux, en préparation pour ce moment précis.
Et tandis que Evans serait en train de mourir, Tom sourirait, déclarant qu'il le lui avait bien dit, juste avant de plonger l'un des couteaux d'Evans directement dans son coeur. Peut-être que ce salaud écouterait enfin.
OoOoOoO
"Alors, c'est vrai ?"
Minerva McGonagall avait l'habitude de venir le voir lorsque Tom avait renoncé à se cacher. Bien que pour être honnête, en ce moment, alors que Evans rassemblait tous les rebelles capables de se battre, tous ceux qui n'avaient pas eu l'esprit totalement brisé (ce qui signifiait essentiellement tous ceux qui n'étaient pas déjà à la porte de la mort), il n'y avait pas vraiment d'endroit où Tom pourrait cacher.
Pourtant, il avait tout de même profité de quelques minutes pour souhaiter la mort à Harry Evans avec seulement ses yeux. Evans, il va sans dire, n'avait même pas pris la peine de regarder dans la direction de Tom.
C'était tellement typique de sa part.
"Tu veux vraiment mourir de cette manière ?"
Tom jeta un coup d'œil à Minerva, un coup d'œil morne et froid, avant de retourner son attention sur l'horizon.
"Tu sais, cette bataille pourrait être la fin, pour chacun de nous, est-ce vraiment de cette façon que tu veux que les gens se souviennent de toi ?"
"Il vaut mieux qu'on se souvienne de moi comme quelqu'un que je suis plutôt que comme quelqu'un que je n'étais pas", finit par répondre Tom, ce qui semblait être suffisant pour Minerva alors qu'elle lui adressait un sourire triomphant. Ses joues cependant, étaient beaucoup plus creusées qu'à Poudlard, ses vêtements beaucoup plus usés. Jamais elle ne lui avait souri comme ça quand ils étaient à Poudlard.
Mais, Tom s'en était rendu compte, personne n'était tout à fait ce qu'ils avaient été à Poudlard.
"Tu parles de Poudlard ? Je ne sais pas, tu n'étais pas si mal là-bas, le meilleur des Serpentard… Tu te souviens du club de Slug, où chaque mois nous devions aller à ces horribles fêtes horribles ?" Un doux sourire nostalgique se peignit sur ses lèvres.
"Comment pourrais-je oublier ?" lâcha-t-il. " C'était le fléau de mon existence. "
"Oh, mais Slughorn t'appréciait et tu l'as toujours encouragé, vous essayiez tous les deux de tirer quelque chose de l'autre et, quand j'y repense, c'était sacrément hilarant, Jedusor."
"C'était fastidieux, tu veux dire", rectifia-t-il avec un sourire réticent sur ses lèvres, comme s'il pouvait revoir facilement l'effort désespéré et inutile que Tom Jedusor avait fourni en manipulant ce bon vieux Horace Slughorn.
Bien que, ce n'était pas totalement inutile au final, après tout ces efforts lui avaient valu un horcruxe.
"Non, non, c'était vraiment hilarant, il parlait pendant des heures dans ton oreille et toi, tu souriais en hochant la tête alors que tu devais probablement le maudire de tous les nom. Mais j'étais toujours contente que tu attires l'attention pour le le reste d'entre nous, c'était très prévenant de ta part", et maintenant elle riait, et c'était peut-être dû à la guerre et à son propre épuisement, mais bon sang il riait aussi.
"Oh, parle pour toi, tu étais le toutou de Dumbledore."
"Oh, n'ose pas comparer Dumbledore à Slughorn," fit Minerva, "Même si entre Dumbledore et toi, ce n'était pas le grand amour"
"Eh bien, lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il a mis le feu à ma garde-robe," raconta Tom avant de rajouter sur le ton de la plaisanterie, "Cela m'a quelque peu marqué."
Elle bafouilla, regarda son expression, la bizarrerie de ses lèvres, puis aboya un rire aigu. Finalement, son rire s'estompa, son sourire diminua et elle murmura: "Comme j'aimerais savoir ce qui lui est arrivé..."
"Il est mort, je suppose," répondit Tom, "Cela ne semble plus vraiment avoir d'importance maintenant, n'est-ce pas ?"
"Non, je suppose que cela ne l'est plus," admit Minerva sur un ton distant, "Cela devrait cependant, cela devrait avoir plus d'importance que tout."
Il la regarda tout à coup, cette écossaise aux cheveux noirs dépassée par tous ces événements mais fonçant toujours en avant presque malgré elle, sans ami ... Et brusquement il se rendit compte qu''il ne voulait pas qu'elle meure. Peut-être, peut-être qu'il devrait rester quelque chose de Poudlard quand tout cela sera terminé, et pourquoi cela devrait-il pas être Minerva McGonagall ?
Cela ne dérangerait pas Tom de voir Minerva continuer à vivre.
Alors, en la regardant directement dans les yeux, en capturant son expression perplexe, il lui dit d'un ton tranquille, "Fait attention à toi là-bas."
Elle ouvrit la bouche pour le réprimander, peut-être pour dire qu'elle avait bien l'intention de le faire parce qu'en tant que Gryffondor, elle n'était pas totalement idiote, mais il la coupa, ses yeux tournés vers la droite, où Smith était en train de bavarder avec Evans à propos des portoloin.
"Nous courrons droit dans un piège", ses yeux se plissèrent en direction de Smith, "j'en suis certain."
Il n'était pas sûr de ce qu'il attendait d'elle. Elle resta silencieuse un moment tandis qu'elle fixait Smith à son tour et l'observait, puis elle prit un air indifférent et déclara : "Tu ne le connais pas, et puis même, tu sais, Jedusor, parfois on fonce même quand on sait que c'est un piège. On appelle ça de la bravoure. "
Pas étonnant que tous les Gryffondors soient morts.
Il sentit ses lèvres se tordre en un sourire cruel et amer, et, alors qu'il se dirigeait vers Evans, il murmura : "Bonne chance alors, Minerva."
OoOoOoO
Il y eut un moment, alors que les portoloins, gagnés par le sang, la sueur, les larmes et les propres informations de Smith, étaient en train d'être activés, l'unique moment où Smith n'était ni en train de mentir, ni en train de dire la vérité, un moment de possibilités infinies où ni Tom ni Evans ne pouvaient prétendent vraiment avoir raison.
Le moment exact où la série de succès de Smith était mise en balance avec la propre paranoïa de Tom.
Et alors qu'ils étaient entraînés dans le temps et l'espace, Tom se permit, pendant ce bref instant, de considérer un monde où il avait tort, et tout ce qu'avait dit Evans se réaliserait. Ils gagneraient et Londres serait libérée… Et à la fin, que feraient Evans et Tom ? Reconstruire un nouveau gouvernement, rouvrir Poudlard ? Un monde plus doux, plus juste, en paix, bien après qu'eut lieu les procès des traîtres qui s'étaient vendus aux Allemands, où la guerre serait une chose tacite du passé, et où Tom pourrait enfin se reposer un instant ou deux…
Est-ce que lui et Evans seraient amis ? Après la fin de cette guerre et après que le destin ait cessé de les jeter ensemble ?
Étrangement, il imaginait qu'ils seraient, ou plutôt, qu'ils continueraient d'être ce qu'ils étaient aujourd'hui, peu importe comment ils s'appelleraient. Frères d'armes, amis, même après que le sang de leurs proches ait cessé de déborder dans les gouttières.
Oui, ce seul instant, Tom pouvait presque l'imaginer.
Mais alors qu'ils apparaissaient au centre du village sorcier transformé en fort militaire, ils tombèrent non pas sur quelques hommes mal préparés mais sur des dizaines de sorciers expérimentés armés jusqu'au dents et protégés par de puissants bouclés, cette image demeura ancrée dans l'esprit de Tom.
"Tout le monde à terre !" hurla aussitôt Evans, se jetant au sol, et même si Tom fit de même, il ne fut toutefois pas assez rapide pour éviter le spectacle macabre de ses camarades qui se firent exploser le crâne, éclaboussant ses cheveux et son visage de sang et de cervelle.
Des cris d'agonie retentirent autour de lui, Tom leva les yeux vers les protections de leurs ennemis, qui lui étaient totalement inconnues. Pendant ce temps, Evans projeta un bouclier sur lui et sur un camarade qui était juste à ses côtés, les protections tinrent bon pendant un moment, puis semblèrent vaciller.
Partout, les gens couraient autour de lui, essayant de se mettre à l'abri, se piétinant les uns les autres, emportés par la terreur et la folie. Bon nombre d'entre eux furent tués par des sorts, certains tentèrent de franchir les protections mais les corps des malheureux furent aussitôt carbonisés.
Le temps semblait ralentir, les gens trébuchaient, Tom se retrouva à ramper sur des mains coupées, des membres de personnes qu'il avait connues, des hommes qu'il avait entrainés, nourris et maintenus en vie tout ce temps…
L'air empestait le sang, mais aussi la mort, la putréfaction, la cervelle, la moelle osseuse, la bile, et tous les fluides du corps humain que provoquaient la maladie et la mort. Tom rampa en avant, ne voyant rien, n'entendant rien, le temps ralentissant jusqu'à ce que seul l'arrière de la tête de Evans soit visible.
(Tom n'avait pas l'intention de mourir ici, Smith voulait qu'il meure comme un porc à l'abattoir, mais Tom ne mourrait pas dans cet endroit, il n'en était pas question).
Autour d'eux, les protections scintillaient, des sorts fusaient contre elles, mais elles restèrent debout, obstinément. Et quelque part, au milieu des sanglots et des hurlements, Evans criait, ou plutôt, son âme elle-même semblait hurler, hurlant sans relâche à l'intérieur de la tête de Tom, recouvrant tous les morts dont Evans avait été témoin.
Là où auparavant il y avait eu un garçon dans un cimetière, un homme au turban violet brûlé vif, une femme aux cheveux roux suppliant devant un berceau, ainsi que les nombreux morts qui avaient suivis, il n'y avait plus désormais que le sang et les cris et les gens qui couraient partout et un homme qui fut brusquement tué à côté de lui, leurs boucliers n'étaient pas assez forts…
Quelqu'un chuta sur le dos de Tom, des perles écarlates tombèrent sur ses vêtements, glissant le long de son torse. Il secoua l'homme, ne clignant même pas des yeux quand la tête tomba, se détachant du reste du corps, il regardait Tom avec les yeux d'un poisson mort, sa langue sortant de sa bouche tachée de sang.
Enfin, Tom atteignit Evans, et avec lui les deux personnes que Tom avait espéré trouvé auparavant. Il y avait Smith, accroupi près d'Evans qui fixait avec effroi les protections qui les entouraient, tremblant comme une feuille, et McGonagall, de profondes entailles dans la poitrine, une main suspendue inutilement à ses côtés, mettant tout ce qu'elle avait dans un bouclier qui les protégeait tous les trois alors que ses yeux noisette saisissaient ce qui allait être ses derniers instants.
Oui, aucun d'entre eux ne devrait mourir ici, dans cet endroit. Il y avait encore des histoires pour chacun d'entre eux et quant à Smith, eh bien, Tom avait deux ou trois mots à lui dire avant qu'il n'aille rencontrer son créateur.
De ses mains tachées de sang, il les attira tous les trois, et avec sa volonté également tachée de sang, cette volonté qui voyait sa propre mort comme inconcevable, il dépassa le bruit, la mort et l'inhumanité que devait être cette fin, tirant l'âme d'Evans avec la sienne, brisa les protections anti-transplanage et s'enfuit avec ses camarades.
Laissant le reste de la rébellion mourir.
OoOoOoO
«Au champs d'honneur, les coquelicots sont parsemés de lot en lot, auprès des croix, et dans l'espace les alouettes devenues lasses mêlent leurs chants au sifflements des obusiers. Nous sommes morts, nous qui songions la veille encor', à nos parents, à nos amis, c'est nous qui reposons ici, au champs d'honneur… »Tom s'interrompit à l'approche d'Evans, le bruit de ses pas résonnaient à l'intérieur de la grotte, cette grotte abandonnée de l'enfance solitaire de Tom.
Enfin, Harry Evans se tint épaule contre épaule avec Tom, le regard hanté, mais ne disant rien, il fixa simplement Tom, une seule question silencieuse hantant ses yeux, « Pourquoi ? ».
Tom lui offrit un sourire amer, mais ne répondit pas, il répondit à la place: "C'était un poème moldu, sur la Première Guerre mondiale, une guerre pour mettre fin à toutes les autres guerres ... Quelle idée..."
Harry Evans et Tom Jedusor se tenaient près d'une Minerva McGonagall blessée, recroquevillée, pâle et fiévreuse, pratiquement morte aux yeux du monde même si les saignements s'étaient arrêtés grâce à l'intervention de Tom, et d'un Ernest Smith pétrifié, la terreur écrite dans chaque cellule de son corps alors qu'il fixait l'obscurité comme s'il avait voulu s'y perdre.
"Nous avons échoué", fit doucement Evans, comme s'il avait du mal à croire ce qu'il venait de dire, "Il a gagné, il nous a complètement détruits, la révolution est finie."
"Tu… Tu aurais pu les faire sortir! Tu nous a fait sortir, tu as fait un trou dans les barrières, pourquoi ne les as-tu pas fait sortir ?! Certains d'entre eux, je… "
Evans s'arrêta, regarda à nouveau Tom, et se souvint peut-être que la plupart d'entre eux étaient morts bien avant que Tom ne les ait sortis tous les quatre.
"Tu n'as pas dit, « Je te l'avais dit »!" lui lança Evans d'un ton accusateur, les yeux humides de larmes, "Tu as promis que tu le ferais ! Pourquoi ne l'as-tu pas dit ? Dis-moi ! Tu avais raison, tu as toujours raison, et moi à chaque fois… à chaque fois je gâche tout ! Ce n'est même pas la première fois que cela arrive... J'ai été dupé, traqué, quand je suis entré dans le département des mystères, tu le savais ? Et j'ai conduit tous mes amis droit dans un piège et je ne sais même pas s'ils sont encore en vie, s'ils pouvaient encore l'être je... Dis quelque chose bon sang ! "
Tom ne dit rien, pas par sympathie ou par pitié, il ne prit même pas la peine de rabaisser Evans alors qu'il semblait en avoir tellement besoin. Tom avait déjà dit ce qu'il avait à dire, bien avant tout cela, et avec du sang encore sur lui et un horcruxe fourré sous ses vêtements et collé à sa peau, il n'y avait tout simplement rien à dire.
"Tu avais raison," avoua faiblement Evans, "Bon sang, tu avais tellement raison."
Il soupira, tenta de mettre ses mains dans ses poches, seulement pour les garder dehors quand il réalisa que ses vêtements étaient souillés par le sang et la saleté. Fermant les yeux, il bafouilla : "Nous… Nous avons besoin d'un plan… Quelque chose que nous devons recommencer mais… Plus intelligents, nous devons être plus intelligents et ..."
Il s'arrêta, hoqueta alors qu'il réprimait un sanglot, secoua la tête et souffla d'une voix si basse que Tom crut l'avoir imaginée, "De combien de morts suis-je responsable ?..."
Des larmes coulaient sur son visage, laissant des traces claires au milieu de la saleté et du sang, et Evans secoua doucement la tête avant de murmurer:" Il y avait une prophétie, tu sais, dans le département des mystères. Une prophétie à propos de toi et moi, mais je… je n'ai aucune idée de ce qu'elle disait. Même après tout cela, je n'ai aucune putain d'idée de ce qu'elle disait. Et parfois je me demande si…"
Et alors qu'il se tenait là, devant la houle grise de l'Atlantique, le vent repoussant ses cheveux noirs, à moitié dans la lumière du monde et à moitié dans l'obscurité de la grotte, il semblait presque transparent, comme si seulement la moitié de lui se tenait ici avec Tom Jedusor, tandis que l'autre moitié se tenait quelque part en dehors du monde, en dehors de lui-même.
Evans le regarda dans les yeux et en eux il y avait du désespoir.
En silence, sans un autre mot, Evans observa un Ernest Smith gelé, couvert de sang, sacrifié par Grindelwald juste pour cette unique chance de détruire la rébellion d'Evans. Tom tendit silencieusement à Evans sa propre baguette, la pressant dans ses doigts, puis regarda Evans lever son bras, pointant sa baguette directement à l'arrière de la tête de Smith.
La grotte, pendant un moment, étincela d'une étrange lueur verte puis l'obscurité tomba à nouveau, recouvrant Minerva toujours fiévreuse, Evans qui ressemblait à un dieu silencieux avec son bras tendu, Tom qui se tenait pareil à une ombre, au bord de la mer, observant sans dire un mot, et Ernest Smith figé sur place comme si rien n'avait changé.
OoOoOoO
La grotte, cette grotte oubliée, elle devenait beaucoup trop familière.
"Mon état ne s'améliore pas, n'est-ce pas ?" Minerva le regarda avec des yeux fatigués, emplis d'une sorte de résignation terne et amusée, parce qu'elle avait raison, son état ne s'améliorait pas.
"Je ne suis pas un guérisseur," répondit doucement Tom alors que ce n'était même pas nécessaire. Evans dormait à nouveau, affalé contre un mur, à moitié recroquevillé sur lui-même, les yeux fermés ... Evans semblait beaucoup dormir ces jours-ci. Peut-être qu'il trouvait cela plus facile, parce que quand il était réveillé, c'était comme si ses yeux hurlaient une douleur sans nom.
"Tu n'en as pas trouvé d'autre, n'est-ce pas ?" Elle toussa à la fin de sa phrase, l'air marin ne faisant rien pour améliorer l'état de ses poumons, elle n'avait pas tort. Il s'était rendu à de nombreux villages, mais à chaque fois on lui claquait la porte au nez.
Il n'y aurait plus de sympathie de la part de la Grande-Bretagne, s'il y en avait déjà eu.
Dans les semaines qui avaient suivi leur embuscade désastreuse, le massacre de la rébellion, il semblait que tout le pays était au courant que les envahisseurs étaient sur le point de gagner. Non, il n'y aurait plus de guérisseurs pour eux, non à part s'ils utilisaient un impero ou inventaient une histoire incroyable (car quel genre d'accident aurait pu arriver à Minerva pour qu'elle soit dans un tel état, non, un guérisseur saurait aussitôt ce qui était arrivé).
"Non, j'ai bien peur que nous soyons coincés ici, à nous supporter les uns les autres", répondit-il et elle ébaucha un sourire, essayant de rire, mais son éclat de rire finit en quinte de toux.
"C'est bon, je ... je n'ai pas peur de mourir, Tom", dit-elle finalement, et elle le pensait vraiment, pensa-t-il, il n'y avait aucun doute en elle, Minerva McGonagall ne tremblerait pas face à la mort, face à l'inévitable néant.
"Moi si", admit-il lentement, "La mort m'a toujours effrayé."
"Eh bien," dit-elle, levant sa main tremblante, celle qui était encore valide, pour la poser sur celle de Tom, "C'est une bonne chose que je sois celle qui va mourir alors."
"Penses-tu que cela ... que cela ressemblera à Poudlard ?" demanda Minerva sur un ton proche du désespoir, "J'espère, j'espère que cela ressemblera à Poudlard, que cela sera comme Poudlard."
L'obscurité, une obscurité vide et cruelle, c'était ce que Tom avait toujours imaginé. Mais quelque chose en lui l'empêcha de dire ça, peut-être la froideur de sa main dans la sienne, il répondit: "Je pense que ça ressemblera à tout ce que tu veux ... Je ne vois pas pourquoi ce ne pourrait pas être Poudlard."
"Gryffondor ... Nous gagnerons la coupe des quatre maisons et la coupe de quidditch," déclara-t-elle avec un faible sourire, "Et je pense que je serai préfète, je pense, et toi ... Tu seras préfet aussi."
"Mais je ne serai pas là", fit-il remarquer doucement, mais elle ne semblait pas s'en soucier, semblait s'éloigner de plus en plus de lui et de cette petite grotte au bord de la mer.
"Bien sûr que tu seras là," objecta-t-elle doucement, "C'est Poudlard, tu dois être là ... Et nous passerons de très bons moments, toi et moi, et nous passerons nos examens d'ASPIC ..."
Sa main se relâcha dans la sienne, glissant de se ses doigts, et ses yeux se fermèrent alors qu'elle plongeait à nouveau dans un sommeil fiévreux. Il y avait des fois où Minerva McGonagall était en dehors du monde réel, puis elle y revenait, et un jour, peut-être bientôt, elle ne reviendra pas du tout.
Mais bien sûr, avec Evans dormant constamment, il semblait que Tom était le seul à avoir les pieds fermement plantés dans la réalité.
Pointant sa baguette sur elle, se souvenant des sorts qu'il avait lu dans la Salle sur Demande, il l'examina à nouveau et, lentement, versa sa force dans un sort dont il espéra qu'il marcherait, pour de bon, cette fois.
OoOoOoO
Les semaines s'enchaînèrent, avec Evans glissant tête la première dans le désespoir et McGonagall tête la première vers la mort, Tom constata qu'il manquait grandement de motivation pour élaborer une stratégie et à la place, se retrouva, dans ses moments libres, coincé entre la maladie de Minerva et la dépression d'Evans, à errer dans des pubs moldus. .
Les moldus, les Britanniques et les Américains et les Soviétiques de l'est, ils se rapprochaient de l'Allemagne, de Berlin.
Les moldus, contre toutes attentes, étaient en train de remporter leur guerre.
Et en lisant les journaux, en écoutant le discours, quelque chose de très préoccupant et de très intéressant se passait à cause de ça.
Que se passerait-il lorsque les moldus gagneraient leur guerre mais que les sorciers perdraient la leur? Que se passerait-il lorsque Grindelwald, au pouvoir sur le continent depuis plus de deux ans, et avec une forte implantation en Angleterre (incontestée maintenant avec le massacre de la rébellion), exécuterait finalement ce qu'il avait promis ?
En Allemagne et en France, leur secret était en train de s'effriter, les journaux moldus britanniques montraient des hommes avec des baguettes créant des trous gigantesques dans des chars, ou bien des fusils pointés en direction de mages noirs allemands ... Certains disaient que c'était les dernières armes d'Hitler, mais beaucoup affirmaient que cette menace était tout autre chose.
Grindelwald avait juré de remettre les moldus à leur place, de les asservir et sans doute aussi leur progéniture, et il avait choisi de le faire au pire moment possible.
Rabaissant son journal, une bière moldue à la main, Tom jeta un œil sur ces gens qui avaient survécu aux bombardements, qui avaient survécu à la famine, qui avaient survécu à la guerre et aux effusions de sang sur cette île minuscule, et il se demanda comment ces gens, après tout ce qu'ils avaient vécu, prendraient la déclaration de guerre de Grindelwald une fois qu'il se serait dévoilé au grand jour.
Comment leur premier ministre, Churchill, réagirait ? Il y a des années, il avait attiré l'attention de Tom alors que celui-ci tripotait les boutons de la radio de l'orphelinat, à l'époque où les moldus n'étaient que de vers sous ses pieds, des vers qui pourraient très bien provoquer sa mort avec leurs bombes aériennes.
«Ne cédez jamais. Ne cédez jamais. Jamais, jamais, jamais, au grand jamais, ne cédez jamais en rien de grand et petit, important et dérisoire. Ne cédez jamais - si ce n'est face à l'honneur et au bon sens. Ne cédez jamais à la force, ne cédez jamais à la puissance apparemment écrasante de l'ennemi».
Et il se demanda alors qu'il observait ces gens dans leurs vêtements moldus, qui avaient déjà traversé une guerre, s'ils auraient en quelque sorte plus de chance que lui et Evans. Perversement, il espérait, contre tout bon sens, qu'ils donneraient à ce salaud allemand une leçon bien méritée.
Qu'ils ne céderaient jamais.
Mais, tandis que les moldus étaient en train de célébrer une victoire proche, ils étaient sur le point de se retrouver emportés dans une guerre qui irait certainement au-delà de tout ce qu'ils n'aient jamais imaginé.
"Une guerre pour mettre fin à toutes les guerres," marmonna Tom dans son verre, "Quelle idée."
OoOoOoO
Evans, affaissé à nouveau contre un mur, fixait le feu d'un regard vide. Au moins, cette fois-ci, il était réveillé. Bien que ce fut assez difficile à dire, car il n'eut aucune réaction lorsque Tom jeta de la nourriture et des cruches d'eau dans un coin, dans un grand bruit.
"Alors, comme ça, tu es toujours en vie," remarqua Tom, Evans ne cilla même pas alors que Tom continuait, "Minerva est plus animée que toi."
Celle-ci était toujours recroquevillée sur elle-même, dormant à nouveau, rattrapant le fait qu'Evans était réveillé, supposait-il.
"Aussi, je pense que c'est officiel, nous avons perdu le pays, bien sûr, tu le sais déjà", déclara Tom alors qu'il s'emparait d'une pomme, "Les moldus se sont bien débrouillés cependant, ils sont en train d'envahir Berlin pendant que nous parlons . "
Tom s'assit près du feu, en face d'Evans, se réchauffant les mains. "Je me demande si cela s'est déjà produit auparavant, les moldus gagnent tandis que les sorciers perdent, il semble que nous sommes souvent liés ensemble. Là où l'empire britannique va, nous suivons, en Chine, en Inde etc.… Mais à présent, ils vont devoir faire face à Grindelwald, et nous ne serons pas là pour les protéger."
Et pour la première fois en ce qui semblait être des semaines, Evans ouvrit la bouche, une étincelle inquiète brillant dans ses yeux, "Que veux-tu dire ?"
"Tu ne crois pas qu'il les épargnera, n'est-ce pas ?" fit Tom, sans remarquer qu'Evans revenait soudain à la vie après avoir été un zombie, "Ces moldus insouciants."
"Mais ... Ce sont des moldus."
"Tu n'as pas lu sa propagande?" demanda Tom "Grindelwald se moque bien du Code International du Secret Magique, il pense que ces moldus devraient savoir où se trouve leur place."
"Tu veux dire qu'il ... qu'il va leur dire, leur montrer ?" lâcha Evans avec un frémissement d'horreur, "A tout le monde ?"
"J'imagine qu'il va les tuer", décréta Tom, "mais il ne fera pas semblant de le cacher."
"Il ... Il ne peut pas faire ça, Jedusor ..." Evans leva la tête, s'avançant plus près du feu, "Il nous tuera tous. Il détruira le monde."
"Il détruira le monde?" répéta Tom incrédule, les sourcils levés alors qu'il ressentait la panique d'Evans, une panique qu'il n'avait jamais ressenti chez lui auparavant, même dans la pire des situations, "Je pense que tu accordes un peu trop de crédit à Grindelwald, il est peut-être un connard surpuissant mais…"
Evans se pencha en avant, la terreur semblant vibrer dans tout son être alors qu'il secouait la tête avec une énergie qu'il n'avait pas eu depuis des semaines, "Non, non, je ne parlais pas de lui mais ... Les moldus, les moldus américains, ils ont construit quelque chose. Ils ont construit une bombe, une horrible bombe que nous n'avions jamais vue auparavant. Une unique bombe qui peut anéantir une ville entière, peut causer des cancers pendant des décennies ... Ils peuvent le faire, Jedusor, ils peuvent tous nous tuer, et si Grindelwald fait ce qu'il dit... Merlin, il n'a aucune idée des conséquences qu'il va causer . "
Une bombe… Tom se souvenait des bombes, il se souvenait du Blitz… Cela n'avait été que de simples bombes, non?
"Eh bien, c'est mauvais," fit Tom sur un ton neutre tandis que Evans fixait Tom avec des yeux brûlants.
"Oui, Jedusor, c'est très mauvais ! Très très mauvais ! Nous tous… On pourrait tous mourir !" Il écarta les mains, respirant profondément, les yeux flamboyants. Et puis, tout à coup, il lâcha, presque fiévreusement, "Nous devons l'arrêter, nous devons l'arrêter maintenant, nous devons empêcher Grindelwald de violer le secret de ... d'asservir les moldus ou ce qu'il veut faire."
"Evans, nous avons déjà perdu ce combat," lui rappela Tom en écarquillant lentement les yeux, sentant quelque chose s'enfoncer dans son cœur, "Tu l'as dit toi-même, nous avons essayé et nous avons échoué."
"Nous n'avons plus le choix, plus maintenant ! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre !"
Tom secoua la tête, presque à contrecœur, "Nous n'avons plus le temps, il est allé en France et en Allemagne, les moldus sont sur son territoire ..."
"Août", déclara tout à coup Evans, "Août 1945, j'ignore quand ils ont fini la bombe, mais c'est à ce moment-là qu'ils l'ont larguée, dans ma chronologie, en août. Nous avons jusqu'en août."
"Août ... Quelques mois pour reprendre l'Angleterre, traverser la Manche et libérer la France et l'Europe de l'Est ... Ça ne peut pas se faire, Evans."
Même avec une armée, ils n'avaient pas pu gagner, et là ils n'étaient que trois personnes, lui, une élève à moitié morte, un pied quasiment dans la tombe, et Evans et sa volonté de survivre qui avoisinait la folie. Comment diable pourraient-ils avoir la moindre chance de l'emporter ?
"Nous ... Nous allons assassiner, Grindelwald, c'est le seul moyen." reprit Evans, de la sueur gouttant sur son front alors qu'il tremblotait, "C'est notre seul espoir maintenant."
Tom le fixa simplement, se sentant ... vide, vidé et épuisé et tellement plus fatigué qu'il ne l'avait jamais été "Nous avons déjà essayé et nous échoué et cela fait des années que cela dure ... Dumbledore, lui-même, a probablement tenté de faire la même chose et il a perdu "
"C'est tout ce que nous avons", fit Evans en englobant d'un geste de la main Tom, Minerva et lui-même, "C'est tout ce qu'il nous reste."
Trois rebelles ratés, réfugiés dans leur propre pays, dans un monde déchiré par la guerre et la mort, et la seule perspective qu'ils avaient était l'assassinat du plus grand seigneur des ténèbres que l'Europe de l'Ouest ait jamais vu, un monde qui risquait bien d'être anéanti par les moldus eux-mêmes…
Non, non, il ne pouvait se résoudre à croire en cet avenir, pas avec le désespoir d'Evans.
En fait, Tom se demandait s'il lui restait encore assez de foi pour croire en ce monde. Parce que l'avenir s'annonçait bien sombre.
OoOoOoO
"Tu sais," se confia Evans plus tard, en pleine nuit, chuchotant les mots dans le creux de l'oreille de Tom, "Parfois je pense que je n'aurais jamais dû naître. Tout ce que je fais, c'est provoquer la mort et la destruction, et chaque fois que je pense que la situation ne peut pas empirer davantage… "
Tom ne dit rien, observant simplement les yeux d'Evans, ces yeux qui venaient d'un futur qui ne pouvait plus exister. Evans lui-même existait comme un paradoxe, un paradoxe pourtant si solide alors qu'il était assis ici, au fin fond de cette grotte avec Tom, comme s'il appartenait à cette époque, comme n'importe qui d'autre.
"Si tu pouvais revenir en arrière, Evans, le ferais-tu ?"
"Revenir en arrière ?" demanda Evans.
"A ton époque, quitter cet endroit, laisser les moldus et les sorciers et toute cette mort et cette destruction ..."
"Je ... Mais est-ce qu'ils me reconnaîtraient au moins ?" demanda Evans "Cela fait des années maintenant ... Je serais même trop vieux pour aller à Poudlard."
Tom ne dit rien, à la place, il ferma les yeux et questionna, "Comment est-ce, dans ton monde?"
"C'est loin d'être paisible mais au moins ... Il n'y a pas de guerre, pas comme ça, et Poudlard est debout et mes amis sont toujours ... C'était merveilleux, ça me manque tellement parfois." avoua Harry "Mais je ne pourrai jamais revenir en arrière, j'ai ... Je me suis ôté moi-même de l'histoire, comment pouvons-nous tous aller à Poudlard si l'école n'est même pas debout ?"
"Tu as joué au quidditch ?" voulut savoir Tom, distrayant Evans de ses regrets.
"Je ... Oui, j'étais attrapeur, depuis ma première année", déclara Evans distraitement, "J'adorais ce sport."
"Si tu y retournais, y jouerais-tu encore?"
"Oh, oui, bien sûr, en un battement de cœur," dit Evans avec un sourire, "Je referai tout à nouveau, même les retenus avec Rogue.."
Evans s'interrompit et continua de regarder le plafond de la grotte alors que Tom se détendait, dans sa tête, il y avait une unique lueur d'espoir, une toute petite tache de lumière dans cette obscurité écrasante.
Il n'avait plus le choix, il devait effectuer des recherches alors même qu'ils se préparaient à assassiner Grindelwald, il devait se renvoyer lui-même, Evans et peut-être même Minerva en 1996, et abandonner ce monde condamné que Grindelwald avait créé pour lui.
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Dans le journal intime que Tom feuilletait paresseusement, il tomba sur une dessin représentant Ernest Smith, attaché à une croix, son visage se transformant lentement en celui d'Evans tandis qu'une couronne d'épines entourait son front et que des gouttelettes de sang éclaboussaient les pages du journal.
