Hello et bienvenue sur le dernier chapitre de The Unwinding golden thread.

Je ne pensais pas que j'arriverai un jour à la terminer mais j'ai réussi et je suis ravie.

Un gros merci à toutes celles et tous ceux qui ont suivi cette histoire jusqu'au bout, j'espère qu'elle vous a plu même si l'histoire est assez sombre et dure par moment.


Il n'y avait pas de lune et, en conséquent, la mer noire et agitée semblait fusionner avec le ciel nocturne couvert.

Même si on était au début de l'été, il faisait encore froid et sombre alors qu'ils se déplaçaient dans une barque moldu volée, un sortilège de désillusion jeté à sa surface, suffisamment puissant pour les faire passer devant l'armée moldue qui patrouillait encore sur les plages mais pas assez pour les faire remarquer par les sorciers qui patrouillaient également régulièrement ces plages et qui pourraient être alerté par ce que faisaient Evans, Tom et Minerva.

Bien qu'ils aient probablement supposé qu'aucun sorcier ne serait suffisamment désespéré pour s'humilier en nageant ou en naviguant comme un moldu à travers le canal.

Tom et Evans poussèrent la barque hors des docks, Minerva à nouveau plongée dans un demi-sommeil alors qu'elle était allongée sur le plancher en bois. Ils achetèrent à la tête un bateau plus large, puis repartirent sur l'eau, Tom lançant un sort rapide pour les diriger vers la Normandie.

"Combien de temps cela prendra-t-il ?"

"Si nous ne dérivons pas, au moins jusqu'au matin ", répondit Tom, mais en se disant que ni lui ni Evans n'avaient appris à naviguer, et que Tom voulait utiliser le moins de magie possible durant leur voyage.

Il n'était pas aisé de ne pas se faire remarquer à la fois par les sorciers mais aussi par les moldus.

"Et ensuite, combien de temps pour aller en Allemagne?"

"Ce sera plus long, la frontière allemande est au sud-est si nous voulons être directs plutôt que d'avoir à traverser la Belgique, une fois que nous serons sur le continent, nous serons directement dans le territoire de Grindelwald, nous devrons être rapides à pieds pour éviter les patrouilles", déclara Tom, sans préciser que cela pourrait prendre des semaines, voire des mois, en particulier avec Minerva qui s'affaiblissait de jour en jour.

Tom ne voulait pas le dire à voix haute, mais il devenait de plus en plus clair qu'un de ces jours, ils l'enterreraient.

"Mais nous serons à Berlin fin août ?" demanda Evans avec insistance, comme si la réponse de Tom devait être positive.

"Si Merlin le veut," répondit simplement Tom avant de s'asseoir, regardant la brise nocturne souffler dans la voile et les vagues secouer leur embarcation, "Et si Merlin le veut, Grindelwald sera là aussi."

"Où d'autre irait-il ?" demanda Evans, d'un ton presque accusateur en regardant vers l'horizon, vers les côtes invisibles de la France.

"Le monde est dans la paume de sa main, Evans, la moitié de l'Europe lui appartient ", souligna Tom, "Où n'irait-il pas ?"

Et, plus important encore étaient les mots qu'il n'arrivait pas à prononcer à voix haute, s'ils réussissaient cette quête suicidaire, cette guerre serait-elle réellement arrêtée ? Cela arrêterait-il les moldus une fois qu'ils auraient appris la vérité sur le monde dans lequel ils vivaient ?

Cependant, ce n'étaient pas des mots que Evans était prêt à entendre, alors Tom se mordit la langue.

"Je te remercie."

Tom s'arracha de ses réflexions, fixant Evans avec une expression choquée, "Pardon ?"

"Je voulais juste te dire merci, je sais ..." Evans soupira puis fixa Tom droit dans les yeux, et ces yeux verts semblèrent à nouveau transpercer l'âme de Tom, "Je sais que tu ne veux pas faire ça, que tu ne penses pas que cela fonctionnera et tu as probablement raison. Mais tu es toujours là, alors… merci, Tom."

"Eh bien," fit celui-ci d'une voix traînante en inspectant à nouveau la voile, sa baguette pointée fermement vers la France, "Ce n'était pas comme si j'avais quelque chose de mieux à faire."

Evans lui offrit un sourire amusé et assez sardonique, car il savait, bien sûr, que n'importe quoi au monde valait mieux que de se précipiter vers une mort certaine. Pourtant, d'une certaine manière, Evans avait raison, si le monde tel que Tom le connaissait allait bientôt prendre fin, alors il valait mieux mourir en essayant de le sauver.

Quelle pensée niaise... il y a quelques années, Tom aurait été consterné par lui-même, quand était-il devenu si noble et si sentimental ?

Pourtant, il y avait une autre voie de secours qui hantait les limites de ses pensées, une voie de secours impossible…

"Par curiosité, qu'avais-tu appris sur le voyage dans le temps pendant cette première année à Poudlard ?" demanda Tom.

"Oh, Merlin, je ne me souviens même pas," répondit Evans en secouant désespérément la tête, "Bon sang, vu ce que cela a donné, ce n'était pas une très bonne idée, pas vrai ?"

"Allez, fais-moi plaisir", l'incita Tom, "Il y a sûrement quelque chose qui te revient à l'esprit."

"Eh bien, la plupart des livres disaient qu'on ne peut pas remonter aussi loin dans le passé, sinon on devient fou. Tu sais, des trucs utiles comme ça. On ne peut pas non plus aller trop loin dans le futur…"Evans esquissa un sourire quelque peu amusé et nostalgique.

"La seule chose que j'ai réellement et malheureusement appris c'est que détruire un tas de retourneurs de temps en même temps est une très mauvaise idée", conclut Evans avec un petit rire, "Ça, j'aurais vraiment pu leur dire."

"Et pourquoi es-tu toujours là ?" demanda Tom. "Même lorsque nous étions encore à Poudlard, tu as dit que tu avais provoqué des changements assez importants, tu as sûrement dû avoir fait des recherches à ce sujet ?"

"Bien sûr, mais personne n'a vraiment écrit à ce sujet", répondit Evans avec un haussement d'épaules épuisé et plutôt indifférent, "C'est tout un hypothétique non-sens, ou du moins, c'est ce que la plupart des livres ont dit. Ils ont brièvement évoqué ce qui arriverait à un voyageur du temps qui créerait un paradoxe… diverses branches dans le temps, certains ont dit que je serais revenu à ma propre époque. Eh bien, cela n'est clairement pas arrivé, mais comme pour le reste, qui sait…"

"Cela vaut la peine d'y penser", observa Tom, "Après tout, tu es bien arrivé là."

"Ouais, mais, je veux dire ... Qu'allons-nous faire à ce sujet ?" questionna Evans, l'air plutôt amusé par le commentaire de Tom: "Même si ma version de 1996 existe toujours quelque part, comment pourrais-je y arriver ? Mais je suppose que c'est une bonne idée d'imaginer que mes amis sont toujours là et qu'ils m'attendent… "

D'une certaine manière, cela semblait le réconforter, alors que Evans fermait les yeux, ayant l'air en paix pour la première fois depuis des semaines alors qu'il s'apprêtait à rencontrer son créateur, quelque part à Berlin, savourant l'idée que ses amis et sa famille patientaient dans d'autres mondes intouchables.

Un petit sourire ornait ses lèvres, rempli de nostalgie douce-amère.

Tom ferma brièvement les yeux, puis se permit de regarder par-dessus son épaule vers la côte britannique en déclin, la patrie qu'il ne reverrait probablement jamais, du moins pas dans ce monde.

Il repensa à son enfance, à Poudlard, aux collines vallonnées de l'Écosse, à la rive rocheuse du lac noir et même à la brume matinale de Londres…

Et bien que cela puisse être simplement la piqûre du vent dans ses yeux, il aurait juré avoir senti des larmes perler au coin de ses yeux alors qu'il offrait un dernier salut à sa patrie, "Adieu la Grande-Bretagne".

OoOoOoO

Sur les côtes battues de la Normandie, les preuves de l'arrivée des Alliés étaient encore plus évidentes. Il y avait des blocs noircis sur la plage, des bunkers allemands face à la mer qui avaient été attaqués.

Ils accostèrent rapidement, transportèrent Minerva entre eux et abandonnèrent leur embarcation, se collant près des troupes moldues et s'éloignant des postes des sorciers encore plus qu'actifs. Débuta alors une longue marche remplie de terreur vers la frontière allemande, ils s'abritaient sous les arbres et dans des grottes au moindre signe de mouvement ennemi, privilégiant la campagne et s'écartant de toute grande ville ou enclave magique.

Et partout où il y avait des preuves visibles que la guerre avec les moldus était terminée, alors que la guerre avec les sorciers avait commencé, des cadavres de moldus profanés tapissaient la campagne, sentant la magie noire à plein nez, des insultes provenant de Sang-purs français ou allemands étaient inscrits sur leur chair meurtrie. Au loin, ils pouvaient entendre le fracas des armes et le bruit des canons et la lumière des sorts clignotait dans l'air comme un éclair coloré à l'horizon.

"Ne réalisent-ils pas ce qu'ils font ?" demanda Evans à un moment donné alors qu'ils regardaient la bataille.

"On est au plus fort de la guerre, Evans," répondit doucement Tom, "On sait tous à quoi cela ressemble ... J'imagine qu'ils n'y pensent pas du tout, et s'ils le font, alors c'est qu'ils ne sont que des moldus. Et de quoi les moldus ont-ils jamais été capables ?"

L'état de Minerva, comme prévu, empira, ses moments lucides étaient rares, ses moments conscients étaient encore moins nombreux et, généralement, c'était un bon jour quand elle reconnaissait Tom et quand elle le faisait, Tom et elle étaient préfets avec un Poudlard toujours debout.

Elle babillait sur le Quidditch ou la Métamorphose et tout ce qui se trouvait entre les deux, et Tom hochait la tête comme s' il approuvait tout ce qu'elle disait.

Et à ce propos..il se sentait plus sensible à ce sujet qu'il ne s'en était jamais cru capable. Peut-être que, dans un autre monde, ou même dans celui-ci s'ils avaient disposé de plus de temps, ils auraient pu être amis.

Mais que valait une amitié avec quelqu'un comme Tom ?

Tom, pour sa part, quand Evans n'était pas sur ses gardes et quand Minerva dérivait vers d'autres horizons, regardait le journal dessiner les plages de Normandie, une nuit sans fin s'étirant sur la mer grise, le ciel peint en noir et les nuages en rouge comme un coucher de soleil en enfer. Parfois il esquissait le sourire d'Evans rempli de nostalgie puis des fragments de vie qui devaient provenir du passé mystérieux de Evans dans un monde qui ne l'a plus jamais été.

Tom vit un garçon dégingandé aux cheveux roux et une petite fille aux cheveux touffus, tous deux en uniforme de Poudlard souriant à un Evans plus jeune, portant des lunettes et une cravate Gryffondor.

Evans dans un pull trop grand, rouge, avec un « H » tricoté sur le devant dans de grandes mailles bouclées, Evans regardait le pull à la fois choqué et ravi comme s'il n'avait jamais rien vu quelque chose d'aussi beau de toute sa vie.

C'était sans doute, supposait Tom, une façon pour le journal intime de lui dire qu'il voulait discuter, un moyen subtile de piquer sa curiosité.

Et, bien qu'il détestait l'admettre, il ressentait effectivement de la curiosité quand il regardait ces croquis étrangement réalistes du jeune Evans. Parce qu'ils représentaient Evans et le monde dans lequel il avait grandi, le monde que Voldemort avait presque conquis, et il y avait quelque chose de très étrange à tout ça, c'est que le journal connaisse tous ces détails alors qu'il n'avait aucun moyen de les connaître.

Un fait que le journal savait sans aucun doute, puisqu'il avait la capacité alarmante de planifier, de savoir et de dessiner toutes ces choses, des choses que Tom n'aurait cru voir un jour.

Tom avait évité d'y écrire depuis son arrivée en France, il le regardait, certes, mais écrire à l'intérieur… C'était une faiblesse trop grande, de céder à une tentation qu'il ne pouvait nommer.

Cependant, il finit par craquer, alors qu'il se trouvait à mi-chemin de la France, juste au nord de Paris, il écrivit sur les pages sans aucun préambule, "Que veux-tu ?"

Le dessin du jour, cette fois, était une jolie jeune fille d'une beauté alarmante, aux cheveux argentés, probablement à moitié veela, décochant à Tom un regard plutôt méprisant, le dessin s'interrompit, puis éclata, l'encre se réorganisant pour former les mots habituellement sardoniques du journal.

"Oh alors, comme ça, tu es toujours en vie ?", une pause, les mots s'estompant, puis en dessous une autre phrase apparut "J'étais à peu près sûr que tu faisais encore parti des vivants mais pardonne-moi, parfois c'est difficile à dire, les jours sont longs ici."

"Qu'est-ce que tu veux ?" répéta Tom avec une grimace.

"Une conversation intelligente", Et Tom crut entendre résonner un rire amusé dans sa tête , "Honnêtement, Tom, tu ne te rends pas compte à quel point cela devient ennuyeux de rester à l'intérieur de ce journal. Laisse-moi tranquille trop longtemps et je jure que je deviendrai fou. "

"Tu n'étais pas censé penser," fit remarquer Tom de manière assez laconique.

"Oui, eh bien, avec des si, on mettrait Paris en bouteille", répliqua le journal avant d'ajouter: "Mais je suis là, et je pense donc je suis, et nous ne pouvons rien y faire. Peu importe à quel point tu me trouves énervant. "

Et il y avait une ironie à cela, que Tom trouva tellement énervante, mais c'était aussi une vérité indéniable. Le journal… était énervant, il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier cela.

"Quel genre de conversation intelligente recherches-tu ?" Les mots de Tom s'incrustèrent dans la page, son écriture était rapide, presque précipitée, mais beaucoup moins que celle de l'autre moitié de son âme, même s'ils disparurent assez rapidement dans les pages.

"Oh, n'importe quelle conversation fera l'affaire," répondit le journal, "Mais je suppose que je peux te proposer quelque chose, notre bon ami Harry James Potter par exemple?"

"Tu veux parler d'Evans ?" demanda Tom avec ironie, se demandant pourquoi cette réponse ne l'avait pas vraiment surpris.

"Cesse donc d'avoir l'air aussi peu enthousiaste, Tom, il a eu une vie fascinante", le réprimanda le journal avant de continuer, "Mais oui, je veux discuter de Evans, et d'ailleurs je sais quelque chose sur lui que tu ne sais pas."

C'était une conversation assez retors, mais, alors que Tom lisait ces mots taquins, il sentit que c'était le but du journal. C'était son plan. Maintenant, c'était à Tom de décider s'il voulait se livrer ou non à son propre horcruxe.

"Allez, Tom, tu n'es pas curieux?" le titilla le journal intime en formant de belles lettres courbes sur les pages immaculées.

"Non, pas particulièrement," répondit Tom, qui avait de plus en plus envie de claquer le journal et d'aller dormir, "C'était tout ce que tu avais à me dire ?"

"Eh bien, j'allais dire que je sais beaucoup de choses que tu ignores, la plupart d'entre elles sont des petits détails qui ne t'intéresseraient franchement pas, mais je sais aussi quelque chose que tu souhaites désespérément savoir. Une choses à laquelle tu penses depuis longtemps maintenant."

Eh bien, n'était-ce pas une réponse à la fois inquiétante et irritante ?

"Et qu'est-ce que c'est ?" écrivit Tom qui se sentait au bout de sa patience à présent, alors qu'il se frottait l'arrête du nez, se demandant pourquoi il supportait toutes ces bêtises alors qu'il avait de bien meilleures choses à faire.

"Je sais pourquoi Harry James Potter est pris au piège dans cette chronologie, et plus encore, je sais comment le renvoyer dans la sienne"

A présent, l'attention de Tom était totale. "Quoi ? !"

"Tu n'es pas aveugle, Tom", se moqua le journal, puis, il garda le silence, attendant la réponse de Tom, cette page blanche semblait presque lui crier dessus.

"Eh bien, tu ne vas pas me le dire?!" Tom parcourut rapidement la page et les mots, lentement, trop lentement, saignèrent dans le papier blanc.

"La guerre t'a rendu impatient et ennuyeux, Tom", et il pouvait presque entendre un soupir venant du journal, comme si Tom l'exaspérait vraiment. Puis ses mots s'estompèrent, remplacés par d'autres écrits en lettres de sang "Je ne pense pas que tu sois suffisamment prêt pour cette réponse."

Les mots semblaient presque s'envoler de son stylo, "De quoi parles-tu ?! Plus tôt nous pourrons quitter cet endroit, mieux ce sera ! Il n'y a rien qui nous attache ici ! Je suis plus que prêt…"

Au-dessus de l'écriture de Tom, des doigts ensanglantés émergèrent de la page, formant un dessin grotesque de Tom Elvis Jedusor rampant hors d'un grand abîme blanc, du sang coulant sur son visage avec un regard désolé dans les yeux.

Puis, des mots s'étalèrent sur les deux pages dans un mélange d'encre et de sang en grandes lettres dentelées, comme celles qu'il avait peintes sur les murs de Poudlard avec le sang des coqs : "Je ne pense pas que tu sois suffisamment prêt pour cette réponse, Tom."

Brusquement, les pages furent à nouveau d'un blanc immaculé, puis une seule phrase, d'une calligraphie parfaite, se forma au centre de la page de droite, "Reviens plus tard, Tom, quand tu seras prêt. Et nous parlerons."

La réplique impatiente et furieuse de Tom transperça presque la page "Tu vas me le dire maintenant! Je suis prêt, tu n'entends ! Parle-moi !" et fut englobée dans le journal, ne suscitant aucune réponse de l'âme de Tom qui se reposait à l'intérieur. Le journal indiquant plus que clairement que leur conversation intelligente était terminée.

OoOoOoO

Une semaine plus tard, presque à la minute près, Minerva McGonagall décéda.

OoOoOoO

Ils se trouvaient dans une forêt du nord de la France, cachés dans une clairière parmi les arbres, debout au-dessus du corps d'une jeune femme qui, maintenant, ne les regarderait plus.

"Nous devrions dire quelque chose," fit Evans, se tenant au-dessus de son cadavre, la regardant avec des yeux éteints. Un regard que Tom ne lui avait encore jamais vu. Comme si la vie qui animait les yeux verts du jeune garçon s'était envolée à tout jamais.

La jeune fille était morte en silence, si Tom avait été moins attentif à vérifier constamment ses signes vitaux pendant qu'elle dormait, ils ne l'auraient probablement pas remarqué. Elle était silencieuse depuis des semaines maintenant.

Même maintenant, bien que son visage était pâle, maigre et maladif, elle avait la même apparence que n'importe quel autre jour depuis leur arrivée en France. La mort la poursuivait depuis des semaines et elle avait finalement rattrapé son retard.

"Tu devrais dire quelque chose," corrigea Evans, une boule semblant se former dans sa gorge, "Je ... je la connaissais à peine."

"Nous n'étions pas amis", déclara Tom, "Mais je pense ... que nous aurions pu être assez proches."

"Elle était mon professeur, l'une des meilleures que je n'ai jamais eu," déclara Harry, un sourire tremblant s'étirant sur ses lèvres, "Et aussi la directrice de ma maison, lorsque j'étais à Gryffondor ."

"Tu sais, je pense qu'elle était une Gryffondor, plus que n'importe qui d'autre. Elle n'avait pas peur de mourir, et c'est… c'est très rare ", fit Tom, puis, s'autorisant un sourire plus doux qu'il ne l'aurait cru possible possible, il ajouta, "Le monde sera un endroit plus sombre sans elle..."

Evans ne sembla pas ressentir le besoin de rajouter quelque chose à cela et d'ailleurs, Tom non plus. Peut-être méritait-elle un meilleur éloge funèbre, mais c'était le cas de beaucoup de personnes en ce moment. Sans plus tarder, Tom embrasa le corps de Minerva avec sa baguette, puis les deux garçons la regardèrent brûler jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres qui se dispersèrent dans le vent.

Sans plus tarder, Tom et Evans se retournèrent, ramassèrent leurs bagages et continuèrent leur chemin en direction du sud-est, vers l'Allemagne et la mort de Grindelwald.

Et la vision du Tom de 1996, son fantasme d'un monde qu'il n'avait jamais vu, avait maintenant un trou béant, là où s'était tenue autrefois Minerva McGonagall.

OoOoOoO

Il était peut-être inévitable qu'il fasse exactement ce que l'autre moitié de son âme attendait de lui, mais la guerre était une chose fatigante, drainante, qui changeait et transformait Tom Jedusor en antithèse, en quelque chose qu'il n'avait jamais été auparavant.

Quelque chose avec lequel le journal pouvait accrocher des cordes puis regarder Tom Elvis Jedusor danser.

Cependant, dans sa rage, il s'en moqua complètement. Il sortit le journal de sous sa chemise, ignorant la forme endormie d'Evans, et l'ouvrit prestement.

"Toi", écrivit-il dans le journal, l'encre coulant dans les pages du journal comme une hémorragie "tu as causé plus qu'assez de dégâts."

Pendant un moment, le journal ne dit rien puis, lentement, il répondit: "Mes condoléances, Tom. "

Tom n'y prêta pas attention alors qu'il continuait à écrire.

" Je t'ai fait entrer dans ce monde, n'oublie pas que je peux t'en faire sortir" , l'encre tachait les doigts de Tom alors qu'il s'acharnait sur le journal," Tu n'es rien de plus qu'une coquille de ce que je suis et nous le savons tous les deux. "

Le journal semblait considérer la menace effrontée dans les mots de Tom, puis il observa:" Peut-être est-il préférable que nous nous rencontrions face à face pour en parler, tant de choses se perdent dans les mots. S'il te plaît, Tom, entre dans mon salon. "

Et puis Tom tomba, tomba à travers le journal et, d'une façon ou d'une autre, il se retrouva à l'intérieur de la salle commune des Serpentard, chaleureuse et réconfortante et épargnée par la guerre, et où l'attendait un sosie de lui-même vêtu de la robe d'intérieur du préfet.

C'était une chose surréaliste, car Tom ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait pris la peine de se regarder dans un miroir ou avait eu l'occasion de le faire.

"C'est mieux", fit remarquer l'autre Tom, celui du journal. "C'est bon de te revoir, après tout ce temps."

"Tout ce temps ?" se moqua Tom, "Cela ne fait que quelques mois."

Le Tom du journal haussa les épaules et lui offrit un sourire un peu amusé alors qu'il s'asseyait près de la cheminée: "Eh bien, tu as changé. Comme par exemple, ce manque de sang-froid… c'est très nouveau. Tu es devenu… plus doux, je pense."

"Plus doux ?" demanda Tom en plissant les yeux mais le journal semblait tout sauf perturbé.

"Tu n'aurais pas cligné des yeux avant, et nous le savons tous les deux, depuis quand nous soucions-nous des goûts de Minerva McGonagall ?"asséna le journal, et Tom ne répondit rien, parce que son sosie marquait un point et qu'il ne voulait surtout pas le lui montrer, "Mais assez parlé de ça, je crois que tu as une question pour moi."

"Non, pas une question," corrigea Tom, marchant droit vers lui jusqu'à ce qu'il domine son horcruxe, "Une accusation. C'était inutile et tu le sais. "

"Vraiment?" interrogea le journal puis sa main pâle fit un signe en direction d'un fauteuil , "Assieds-toi, Tom, tu me rends nerveux à baisser vers moi des yeux accusateurs."

Tom ne bougea pas, son double montra à nouveau le fauteuil avec un peu plus d'insistance: "Assieds-toi, s'il te plaît, tu es en bonne compagnie."

À contrecœur, avec une tension qu'il ne put pas s'expliquer, Tom s'assit sur le fauteuil rembourré.

Le journal lui offrit le sourire charmeur, breveté Tom Jedusor, le genre de sourire qu'il avait adressé à Slughorn à de très nombreuses reprises: "Là, ce n'est pas si mal, n'est-ce pas ?"

Tom ne releva pas, se contentant de le regarder, laissant le silence s'étirer, former des bords dentelés et tranchant dans la fausse réalité qui les entourait.

Enfin, le journal brisa le silence d'une voix calme et entièrement maîtrisée: "Pour répondre à ta question, Tom, celle que tu n'as pas posée, j'ai dit que je savais comment ramener Harry Potter en 1996, je n'ai rien dit sur Minerva McGonagall ou toi d'ailleurs. "

Oh, oh Tom n'avait jamais voulu autant tuer quelqu'un de sa vie, même pas Evans…

"Et à quoi cela peut-il servir ?" persifla Tom, sa voix dépourvue de toute inflexion, de toute émotion, semblant même au-delà de toute émotion, alors qu'il pensait à sa rage gaspillée et à tous ces cadavres qu'il avait laissés derrière lui.

Le journal le considéra un moment, puis il répondit d'une voix froide, comme s'il était totalement indifférent au tourbillon de rage qui emportait Tom "Tu vas bientôt le savoir, car je pense que tu es prêt à entendre pourquoi seul Harry Potter peut être ramené en 1996."

Se penchant en avant, une lueur dans ses yeux bleu pâle, le journal murmura avec les lèvres de Tom Jedusor, "Harry James Potter est un horcruxe."

"Quoi ?!" laissa échapper Tom, abasourdi. C'était tellement… absurde qu'il sentit une partie de sa colère diminuer alors qu'il essayait de digérer cette révélation.

Le journal, cependant, ne faiblit pas "Il est l'horcruxe du Voldemort que nous aurions pu être, et donc dans un sens, c'est aussi notre propre horcruxe."

Tom sentit un sourire absurde grandir sur ses lèvres, "C'est une théorie intéressante que tu as élaboré tout seul."

Il était possible que le journal ait réfléchi à tout cela durant toutes ces années.

"Ce n'est pas une théorie", corrigea le journal de manière égale, "C'est un horcruxe. Certes, il semble ignorer cela autant que toi-même, mais c'en est un. "

"Un horcruxe humain?" fit Tom en brassant l'air avec ses mains avec un rire quelque peu perplexe,"Mais c'est absurde ! Pourquoi quelqu'un...pourquoi ferais-je quelque chose comme ça ? Les humains sont mortels, mettre un horcruxe à l'intérieur d'un humain défait le but même d'avoir un horcruxe !"

"N'as-tu jamais remarqué cette connexion instinctive et étrange que vous partagez tous les deux ? La façon dont tes pensées se glissent vers les siennes et les siennes vers les tiennes ? La façon dont tu arrives si aisément à le trouver alors qu'il se trouve à des kilomètres du lieu où tu te trouves ? La façon dont tu arrives à rentrer dans ses rêves ? " Le journal s'interrompit, marqua une pause, puis ajouta "Parce que moi je l'ai fait, Tom."

Si, Tom l'avait déjà remarqué, mais cela ne voulait pas dire… Cela ne pouvait sûrement pas signifier… Il devait y avoir une autre explication pour expliquer comment le journal avait rassemblé tant d'informations sur le passé de Evans, comment Tom semblait entendre Evans hurler dans sa tête, comment Evans semblait être capable de regarder dans son âme…

Le journal poursuivit d'un ton incisif et impitoyable alors que Tom n'arrivait toujours pas à digérer les informations qui venaient de bouleverser son monde: "La seule chose qui maintienne Harry James Potter dans cette chronologie déformée et qui l'empêche de retourner dans la sienne, c'est Tom Elvis Jedusor. Pour que Potter puisse revenir à son époque, la solution est plus que simple : Tom Elvis Jedusor doit mourir."

Les mots semblaient résonner entre les murs de la pièce, Tom leva la tête et regarda la forme antipathique de son sosie, qui l'observait sans broncher.

"La réalité est mince comme un élastique, et cette simple mort suffira à catapulter Harry Potter dans sa propre chronologie, en1996."

Une horreur lente qui s'enfonçait, saignait dans sa gorge, peignant ses poumons dans la glace. "Non, ça ne peut pas être ..."

"La vie est la plus grande magie qui soit, et son sacrifice volontaire, encore plus. Tu le sais aussi bien que moi, et tu sais que ce sera plus que suffisant "coupa impitoyablement son sosie, ne laissant même pas Tom reprendre son souffle.

Tom le regarda avec horreur, attendant quelque chose, n'importe quoi pour sortir de ce cauchemar, mais rien ne vint. Enfin, d'une voix qu'il n'osait pas laisser trembler, il lâcha: "Pourquoi se donner la peine de me dire ça ?"

"C'est peut-être la meilleure voie de secours qui s'offre à nous, le seul chemin qu'il nous reste", déclara le journal, en joignant ses mains et en lui décochant un regard plutôt sincère "Ce complot qui vise à assassiner Grindelwald est un suicide, nous le savons tous les deux, même Harry le sait. C'est la dernière noble cause de deux hommes désespérés avant que tout ce que vous avez connu ne s'éteigne. Cependant, si tu donnes le journal à Harry Potter, si tu sacrifies ton corps mortel, alors nous pourrons survivre. Ton horcruxe existera dans une autre dimension, libre de cette guerre sorcière, gardée par Evans lui-même. Tu seras effectivement immortel. De plus, peut-être que la moitié de ton âme, sans corps, sera attirée par ma présence dans la chronologie de 1996. "

Tom ricana "Pourquoi penses-tu que je serais jamais d'accord avec ça ?"

Le journal lui offrit un sourire empreint de pitié: "Parce que je sais que tu n'as pas le choix, Tom, et que c'est le dernier espoir."

Et avec ce dernier commentaire, Tom se retrouva projeté hors du journal intime, de retour dans son propre corps, respirant fortement alors que ses yeux s'ouvraient pour regarder le ciel nocturne. Roulant sur le côté, il se redressa et aperçut le journal, toujours ouvert, un grand désert rouge esquissé sur ses pages, et un nuage en forme de champignon à l'horizon.

En au dessus, dans une écriture élégante, il y avait ces mots peints en lettres de sang « Je suis devenu la Mort, le Destructeur de mondes », puis ils disparurent, laissant les pages d'un blanc immaculé.

OoOoOoO

"Quand atteindrons-nous la frontière?"

Il était tard, la rosée commençait à se former sur les brins d'herbe, et autour d'eux la nuit semblait si étrangement calme, à croire que même les grillons et les crapauds savaient qu'une guerre des sorciers avait lieu. Ou peut-être que c'était simplement Tom qui, dernièrement, trouvait tout étrangement calme.

"Bientôt, à peine quelques jours," répondit tranquillement Tom, "Mais nous avons aussi un peu de temps pour aller en Allemagne."

"Penses-tu ne que nous allons rencontrer des obstacles ?" s'enquit Evans.

"Je ne sais pas", fit Tom, "Si nous sommes chanceux, ce sera aussi facile que le voyage en mer."

De toute façon, ils avaient déjà combattu auparavant, avec un peu de chance ils survivraient à de prochains combats. Ils n'étaient pas allés si loin depuis si longtemps pour être abattus maintenant.

"Tom."

Tom s'arrêta, puis regarda Evans avec étonnement, se demandant si Evans l'avait déjà appelé "Tom" auparavant ?

"Tom, je veux que tu me promettes quelque chose," dit Evans, une insistance étrange dans ses yeux verts alors qu'il fixait Tom, "Tu sais, nous allons sûrement être confrontés à une mort certaine, alors..."

"Je ne ferai pas de promesse que je ne peux pas tenir," coupa Tom, mais cela sembla juste amuser Evans, ses lèvres s'étirant en un sourire avant que le regard solennel ne revienne.

"Tu peux tout de même garder celle-ci", déclara Evans avant de reprendre son souffle et d'enchaîner, "Je veux que tu me promettes, après tout ce qui ce sera passé, que tu deviennes une bonne personne. Au mieux de tes capacités. Ne deviens pas un seigneur des ténèbres, ne tue pas les Nés-moldus, les enfants ou n'importe qui d'autre. Même si je ne suis pas ici, surtout si je ne suis pas ici, juste… sois ce que tu aurais toujours pu être. "

Evans montra de la main leur environnement, son habituel sourire moqueur revenu sur son visage "C'est la seule chose que je puisse donner au monde, les moldus pourraient être confronté à Grindelwald, et peut-être que j'ai déjà tout gâché, mais si je peux garder Voldemort éloigné d'eux … Alors ce sera déjà quelque chose que j'aurai accompli."

Oui, c'était déjà quelque chose, et peut-être que c'était quelque chose qui devrait rendre furieux Tom au-delà de toute mesure, que Evans lui vole ce dernier rêve. Evans, qui était l'ombre de sa propre âme, de sorte que même maintenant, quand Tom le regardait, il pouvait voir un reflet de lui-même simplement en regardant ces yeux verts.

Tom lui rendit son sourire," Evans, tu ne sais pas ? Depuis que tu as tué le basilic, Voldemort n'a jamais eu la moindre chance d'exister."

Et pour la première fois depuis des années, il semblait que Harry Evans, Harry James Potter, comprenne ce que cela signifiait.

"Tu te souviens quand nous nous détestions, Evans ?" fit Tom, levant les yeux vers le ciel nocturne, "La vie semblait tellement plus simple alors, quand nos plus grands défis étaient ceux de notre propre création."

"Tu veux dire de ta création", rectifia Evans avec un air moqueur, "Tu es celui qui a libéré ce fichu basilic."

"Oui, c'est vrai, mais je suis bien fade par rapport à Grindelwald," répondit Tom avec un sourire narquois.

"Tu aurais causé des dégâts dans ton propre temps, si cela signifie quelque chose pour toi ", déclara Evans, "Pourtant, je suis heureux, que même si j'ai détruit ce monde, j'aurai au moins fait une différence avec toi."

"Tu penses ?" demanda Tom, cela lui semblait être un prix élevé à payer.

"Eh bien, il y a quand même un point positif quelque part sur ce monde, non ?" Evans eut un sourire effronté, celui d'un homme beaucoup plus jeune, peut-être celui qu'il avait été au cours de sa cinquième année plutôt que cette version de lui, endurcie par la guerre.

"Peut-être," admit Tom, puis, regardant l'horizon, vers la frontière et la guerre sans fin dans laquelle ils semblaient pris, "Harry, pourquoi n'as-tu pas abandonné ces gens ? Alors qu'ils ont l'air tellement déterminés à se détruire les uns les autres ?"

Si Tom avait été seul, alors sans aucun doute, il les aurait laissés se démerder tous seuls, pour le meilleur ou pour le pire.

"Je ne sais pas," répondit lentement Evans, puis, jetant un regard plutôt pensif à Tom, il ajouta :, "Un vieil ami a toujours dit qu'il y avait un truc chez moi qui me poussait à sauver les gens ... Si je ne le faisais pas, eh bien, je ne serai pas moi. "

Je ne serai pas moi…

Mais qu'était Evans exactement ? Comment pouvait-il répondre à quelque chose comme ça, sourire à Tom et pourtant porter son visage comme un masque avec un fragment de l'âme de Tom ? Parce que, d'une manière ou d'une autre, dans ce moment calme avant le lever du soleil, Tom voyait enfin ce que le journal avait vu si facilement.

Que lui et Evans, d'une manière incroyable et inexplicable, étaient des miroirs de l'un et de l'autre. Et que les deux n'existaient, dans cet étrange équilibre, que parce que l'autre était là. Dès que l'un disparaîtrait, l'autre serait libre.

OoOoOoO

«Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défier, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… »

OoOoOoO

Tout était silencieux lorsqu'ils atteignirent la frontière, tout comme ils avaient été silencieux alors qu'ils traversaient toute la France, il n'y avait que le bruit de leurs pas, les battements de leur cœur et le souffle de leur respiration. Et pendant un instant, il y eut une ouverture près de la frontière, quelques gardes inactifs, Evans se précipitant comme il le faisait toujours avec un tuyau en acier à la main, Tom avec sa baguette sortie, passant devant la patrouille et jetant le sortilège de la mort...

Mais leurs adversaires se montrèrent plus rapides, car Tom trébucha en poussant un cri de douleur, son côté droit en feu. Malgré la souffrance qui irradiait ses côtes, il put se retourner et tuer le lanceur de sort le temps d'un battement de cils. Un coup de chance…

Mais parfois, c'était tout ce qu'il fallait.

Evans le rattrapa alors que la main tremblante de Tom exerçait une pression sur la blessure, du sang coulant à travers ses vêtements, et les fit transplaner en France, sans se soucier de la façon dont les boucliers déchiraient la blessure de Tom.

"Oh merde, oh Merlin merde," jura Evans, remplaçant la main de Tom par la sienne, alors que Tom se balançait sur place, voyant des étoiles ...

"Jedusor, Tom, Tom, tu dois me dire quoi faire ! Donne-moi ta baguette et dis-moi quoi lancer ! "débita Evans d'une voix paniquée. Tom baissa les yeux, cligna deux fois, voyant le désespoir sur le visage de Evans alors qu'il le regardait, "Rappelle-toi, nous l'avons déjà fait. Ce n'est pas différent de toutes les autres fois, la situation est juste un peu plus mauvaise que d'habitude. Tu dois tenir, Tom. Tom, s'il te plaît ! Dis-moi quoi faire et je le ferai ! "

Le soleil se couchait, comment ne l'avait-il pas remarqué ? Il peignait le ciel de toutes les nuances de rouge, de violet et d'or qui existaient, et plus il le regardait longtemps, plus il se demandait pourquoi il ne l'avait pas remarqué quelques instants auparavant.

Fixant la lumière dorée, sentant la chaleur quitter ses doigts, cette lumière qui s'infiltrait en lui, il se retrouva à sourire, et à prendre une décision qui aurait dû être impossible il y a des années auparavant.

"Harry". Avec des doigts tremblants et tachés de sang, Tom repoussa les mains de Evans et fouilla dans sa chemise, sortant le journal complètement ensanglanté à présent et le tendit à Evans.

"Qu'est-ce que ... Qu'est-ce que c'est ?" demanda Evans, mais en voyant son visage, il savait exactement ce que c'était. D'une manière ou d'une autre, dans un autre monde, Evans avait déjà vu ce journal.

"Harry, j'ai besoin que tu gardes ça en sécurité pour moi." insista Tom, poussant le livre dans les doigts de Evans.

"Non, non, cette chose est mauvaise, Jedusor ! Ça m'a presque tué et…"

"Est-ce vrai ?" demanda Tom, un sourire grandissant sur ses lèvres alors qu'il n'était pas vraiment surpris, mais il continua malgré tout, se sentant de plus en plus étourdi alors qu'il se tenait debout "Je te promets, celui-ci n'agira pas de cette façon, c'est ... Je suis différent, Harry et tu sauras quoi faire, je le sais. "

Les doigts de Evans s'enroulèrent à contrecœur autour de la couverture en cuir noir, et Tom laissa immédiatement ses doigts tremblants s'éloigner de la couverture, sentant la perte instinctive d'une partie de son âme.

"Je te le dis, Tom, je ne veux pas que ... Qu'est-ce que tu fais ?"

Tom tendit la main vers lui une fois de plus, l'attira dans ses bras tremblants et lui chuchota à l'oreille, "La dernière chose que je puisse t'offrir, mon ultime cadeau, Harry."

Les bras de Evans se déplacèrent instinctivement vers l'épaule de Tom, le serrant en retour, puis Evans murmura: "Écoute, tu perds beaucoup de sang et tu...tu n'as vraiment pas l'air bien, il vaut mieux que je prenne ta baguette-"

"Tu es la personne la plus proche que je considérai comme un frère," enchaîna Tom, coupant Evans avant qu'il ne puisse poursuivre "Quand tu arriveras de l'autre côté, s'il te plaît, n'oublie pas cet endroit, ni tout ce que j'ai fait . Et quand tu verras ce bâtard de Voldemort, tue-le pour avoir été tout ce que je n'ai jamais eu la chance d'être."

Ce fut à la fois la chose la plus difficile et la plus facile au monde, éloigner Evans de lui alors que le garçon tenait toujours son journal intime, puis tourner sa baguette sur lui-même.

" Avada Kedavera "

OoOoOoO

Mai 1996

Haletant, toussant, rampant hors de la poussière, Harry James Evans, avec des doigts tachés de sang et un journal noir serré dans ses mains tremblantes, se leva et, de manière inconcevable, se retrouva juste là où tout avait commencé.

Comme si rien n'avait du tout changé.

FIN