Disclaimer : Portrait de la jeune fille en feu est l'oeuvre de Céline Schiamma.
Résumé : Marianne ne s'était pas attendue à devoir peindre Héloïse pour la troisième fois. [Portrait de la jeune fille en feu] [Femslash Feburary]
Note de l'auteur : Cet OS fait partie du défi Femslash February 2021 où on écrit, tous les jours du mois de février, sur un thème donné avec un couple lesbien. Je l'entame le 4 février avec un peu de retard, ayant appris son existence il y a deux jours. Je vais essayer de rattraper le train en marche ! Surtout que ce challenge me sort de ma zone de confort !
Thème du 5 février : Celebratory Kiss
Je dédie cet écrit à Angelica R
La troisième fois
La vie était bien étrange et le destin cruel. C'était tout ce que Marianne pouvait penser alors qu'elle venait de recevoir un billet de commande. Ce n'était pas ainsi qu'elle pensait revoir un jour Héloïse et pourtant, son mari, qui avait eu vent de ses talents de portraitiste et ayant apprécié celui qu'elle avait fait lors de leurs fiançailles, lui demandait d'immortaliser à nouveau sa femme. Un cadeau du milanais à son épouse pour célébrer sa deuxième grossesse. En elle valsaient la joie, l'ivresse et la douleur.
Comment prétendre être une simple connaissance voire une amie face à celle qu'elle aimait tant ?
Car rien n'était plus comme avant : il fallait compter avec le mari, l'enfant, l'ensemble du personnel qui était bien plus étendue que sur la petite île qui avait hébergé leur amour illicite.
Comment revoir Héloïse et en être vue alors que rien n'avait changé pour l'une et que tout avait été bouleversé pour l'autre ?
La revoir en face à face n'était pas la même chose que la revoir au loin ou à travers les pinceaux d'un confrère.
Cependant, une chose était sûre : elle devait accepter.
Au-delà de l'aspect pécuniaire, Marianne savait qu'elle ne se pardonnerait jamais d'avoir manqué l'occasion de pouvoir entendre à nouveau la voix de cette jeune femme qui continuait à hanter ses nuits, ses jours, ses pensées et son âme. Peut-être se diraient-elles finalement adieu. Toujours était-il qu'il existerait et elles pourraient ainsi aller de l'avant.
Marianne s'était attendu à tout sauf à cela et elle avait oublié une chose essentielle : Héloïse était imprévisible, elle n'en faisait qu'à sa tête et obtenait ce qu'elle voulait. Le mari était au loin pour affaire, l'enfant à la campagne auprès de sa grand-mère pour laisser la future maman se reposer et le personnel avait été prévenu qu'il ne fallait les déranger sous aucun prétexte. Il n'y avait qu'elles, l'atelier de peinture organisé pour le confort de la peintre et leur amour silencieux. La jeune femme n'avait absolument pas changé, la grossesse ne faisait qu'accentuer sa beauté irréelle. Mais surtout, une fois seules, la porte refermée derrière elles, malgré son ventre rond, elle se jeta dans les bras de son amante avant de capturer ses lèvres et, à travers elles, elle lui transmit toute la passion qu'elle lui inspirait encore.
Ce n'était que temporaire, elles en avaient conscience mais elles étaient déterminées à profiter au maximum de ce don du Ciel.
Ce baiser scellait cette promesse.
Elles s'étaient enfin retrouvées.
FIN
