ALLANAH AVAIT MAL DORMI.

Horriblement mal dormi. Et si peu qu'on pouvait se demander si ses yeux avaient réellement été clos un jour. Elle ignorait ce qui l'avait autant empêché de dormir. La sorcière avait simplement ressenti que quelque chose n'allait pas, le stress avait tordu son ventre durant une bonne partie de la nuit. Bien sûr, la magie camouflait ses cernes et son teint blafard, mais rien n'enlevait le mécontentement de son visage. A chaque pas qu'elle faisait, elle semblait voir rappeler qu'elle ne voulait pas être ici. C'est de cette manière que la jeune fille s'était assise à la table du petit-déjeuner sans adresser la parole à quiconque. Et qu'elle s'était levée de la même manière, à la différence d'avoir attendue son amie pour partir.

Lyssa, fréquentant Abraxas depuis quelques années, se disait que les deux adolescents paraissaient comme des jumeaux à certains instants. Cela la faisait rire. Leurs grognements le matin à chaque fois que quelqu'un tentait de leur adresser la parole. Leur sourire mesquin, et puis cette attachement entre eux qui ne se démontraient qu'avec des pics de glace plantés dans l'autre. Mais elle n'en parlerait aucun des deux car s'il y a bien une chose que des frères et sœurs refusent qu'on leur rappelle, c'est leur ressemblance.

Elles allèrent alors en cours alors que la jeune Willem songeait à sa bêtise et que l'endormie ne rêvait que de sommeil. Ce premier jour de cours s'annonçait rugueux pour l'américaine qui sentait déjà les répercussions de sa courte nuit. Sa tête semblait sonnée sans s'arrêter et lui donnait la migraine. Allanah s'assît alors à sa place de défense contre les forces du mal et planta sa tête entre ses deux bras posés sur la table. Elle n'avait aucune envie d'entendre parler d'un quelconque sort. Tout ce qu'elle souhaitait, c'est une potion qui lui permettrait de quitter les humains autour d'elle. Et malheureusement, personne ne semblait le comprendre.

Quelques minutes après la mise en place du cours et les explications, il fallait s'adonner à essayer de pratiquer la magie. Bien que ce soit élémentaire dans une école destinée à cela, le cerveau de la blonde n'était pas apte à réaliser toutes ses choses. Elle se plaça tout de même devant son adversaire qui semblait au contraire déterminée. C'était un serdaigle et son visage lui disait pourtant quelque chose. Mais aucun nom ne parvenait à se créer dans son esprit. Elle abandonner vite l'affaire, il n'était pas primordiale de connaître l'identité de quelqu'un pour le battre.

Pour des raisons de fatigue, Allanah s'activa simplement à contrer le sort offensif que lui lançait son camarade avec un trop grand entrain. Et peut être était-ce le manque d'enthousiasme qu'elle donnait à leur combat mais les sorts du jeune homme se montrait plus agressif. Finalement, elle ignorait si c'était sa magie qui l'abandonnait ou la sienne qui augmentait. Malheureusement, elle n'eut pas plus se poser de questions qu'un sort la frappa de plein fouet et l'envoya quelques mètres plus loin s'écraser sur le sol.

Et dans la panique de la salle de classe, la seule chose qu'elle put entendre avant que le noir prenne possession de ses sens fut :

- Allanah !

Et la douce voix de Lyssa disparut comme les autres.

Elle ignorait combien de temps elle avait dormi ni qui l'avait amené à l'infirmerie. Tout ce qu'elle savait c'était que les quelques heures de sommeil qu'elle venait de rattraper lui avait permis de ressentir ses membres correctement. La jeune fille ne s'était pas sentie aussi reposée depuis longtemps et elle n'ignorait pas le rôle de la potion vide sur la table à côté d'elle dans cela. Et alors qu'elle allait passé ses jambes en dehors du lit blanc et déprimant, une bourrasque de vent si froid prit d'assaut son pied droit qu'elle protégea rapidement. Elle se rendit alors compte qu'elle portait l'une des étranges robes de l'infirmerie, qui au contraire de son uniforme, ne comprenait pas de collant.

Elle pesta contre cela et se dit alors qu'il valait mieux attendre que mourir de froid. Heureusement pour elle, le temps ne fut pas long. Une dizaine de minutes plus tard, alors qu'elle oscillait encore entre le sommeil et la vraie vie, des bruits se firent entendre dans l'infirmerie. Et passa soudainement devant elle, celle qui avait pris soin de Le'o quelques semaines auparavant. C'est avec un grand sourire qu'elle vint vers elle en s'exclamant :

- Vous êtes enfin réveillée, mademoiselle Green ! Vous avez passé une bonne partie de la journée endormie, encore plus que ceux qui ne viennent pourtant que pour cela !

Cette remarque fit doucement rire la jeune fille et conforta l'idée qu'elle se sentait bien mieux à présent. Son corps n'était plus soumis aux petites heures de sa nuit et elle craignait maintenant de ne pas avoir sommeil ce soir.

- Et j'ai vu défilé une paire de serpentards pour vous ! Aucun ne semblait accepté de vous laisser dormir et voulait expressément vous voir, s'écria-t-elle comme encore choquée de l'affront de ses amis.

Allanah se dit que quelques uns d'entre eux voulait surtout savoir quand ferait-elle sa vengeance d'avoir oser l'attaquer de la sorte. Elle connaissait bien Vector et Marcus. Elle abandonna pourtant toutes représailles quand elle vit enfin son uniforme arrivait entre les mains de l'infirmerie. C'est d'un coup de baguette qu'elle se changez et qu'elle arrangea ses cheveux qui prouvaient son grand endormissement. Avec l'information que son sac de cours était restée dans sa salle de ce matin, la jeune fille se rendit à nouveau en défense contre les forces du mal. Le chemin était long entre les deux endroits mais cela n'importait pas la sorcière. Si elle avait bien compris, c'était la dernière heure de cours alors elle n'avait aucune classe à rejoindre ensuite. Et puis le chemin se ponctuait souvent d'une vue ouverte sur le parc de Poudlard et sur sa beauté hivernale. La neige coulait toujours à flot et bien que ce soit un spectacle magnifique, elle remerciait le château de la protéger de cela.

Elle atterri bien trop rapidement devant la porte de la salle de cours. Elle entendait le bruit qui s'apparentait aux derniers qu'elle avait pu percevoir avant de s'évanouir. Il y avait une classe et elle s'exerçait avec entrain. Allanah se dit alors que toquer ne servirait à rien et si cela résonnait dans la salle, cela attirerait encore plus l'attention sur elle. Elle rentra alors tout simplement comme une voleuse et s'aventura dans la salle. Quelques élèves la remarquèrent directement et malheureusement elle identifia directement l'identité de ses camarades. C'était une classe de septième année confondant les serdaigles et les serpentards comme à leur habitude. Mais cela signifiait trop de choses.

Elle ne se trompait pas, au fond de la salle, près du professeur et de son sac de cours, se trouvaient tous ses camarades. Abraxas, Alphard, Marcus, Vector, Le'o et Tom. Aucun d'eux ne semblaient l'avoir remarqué mais ça ne saurait tardé avec le jeune Black qui s'adonnait plus à balayer la salle sous toutes ses coutures plutôt qu'écouter les explications de son professeur. Pour sa défense, Allanah du avouer que cela semblait barbant et que même sous le masque de Tom, on présentait l'ennui. Elle se dit alors que peut être son arrivée auprès d'eux serait une aubaine pour les sauver de ce calvaire.

Elle fit donc quelques pas de plus en captant cette fois-ci l'attention d'un bon nombres d'élèves. La blonde finir par se planter droite devant l'arc de cercle que former le groupe de jeunes hommes et son professeur. Étonnamment, ce fut l'adulte qui réagit le plus à la vision de la cinquième année.

- Mademoiselle Green ! Je ne m'attendais plus à ce que vous veniez chercher vos affaires, je suis heureux de voir que vous vous portez maintenant au mieux !

C'est quand le professeur s'éloigna quelque peu que ses amis réagirent enfin à sa présence.

- Est-ce que tu veux qu'on lui mette une raclée à cet imbécile de serdaigle ? déclara soudainement Marcus.

- Moi, je serais pas contre lui arracher quelques plumes, continua Vector en attrapant les joues de l'américaine affectueusement.

Allanah comprit, ce qui réchauffa son cœur, que malgré leurs imbécilité, ses amis avaient réellement été inquiets pour elle. Et bien que cela dure depuis quelques mois à présent, elle n'avait pas pu réellement se demander ce qu'ils représentaient pour elle. A présent, elle savait que sans eux sa vie deviendrait terne et sans intérêt à Poudlard.

Elle regarda du coin de l'œil son professeur être alpaguer par une élève en péril. Elle souria et profita du temps que sa détresse lui accordait.

Son regard permuta ensuite vers le jeune Avery qui s'avançait vers elle doucement. Il posa, comme une caresse, sa main sur son front comme l'avait toujours fait sa mère dans son enfance. Le jeune homme plissait les yeux comme pour mieux voir un quelconque mal qui rongerait sa protégée.

- Tu es sûre que ça va mieux ? questionna-t-il sérieusement.

La réponse de la jeune fille fut loin de s'accorder à la question. Elle hocha vivement la tête et tourna sur elle même à vive allure pour prouver sa santé. Elle finit par un grand sourire sous les applaudissents d'Alphard, impressionné par son talent à être bête.

- D'accord, d'accord, accepta-t-il en souriant légèrement, mais reste jusqu'à la fin du cours comme ça on ira manger un petit truc dans les cuisines. Ok ?

- Ok, confirma Allanah en se tournant vers le professeur arrivant vers eux.

Il lui tendit finalement son sac en lui souhaitant de ne plus connaître ce genre de désagrément et partit à nouveau à la rescousse d'un élève. Dans un dernier sourire, la jeune fille se mit quelque peu l'écart, assise sur une table éloignée. Elle ne voulait pas déranger le cours et surtout elle voulait profiter de ce laps de temps pour observer le potentiel de ses amis.

Bien qu'elle le savait déjà, Vector était un bon sorcier. Ce qui faisait sa force et peu étrangement, également celle de Marcus et d'Alphard, c'était le sournois qu'ils employaient à chacun de ses sorts. Leurs baguettes se mouvaient comme un serpent autour de sa proie et leurs yeux brillants de malices suffisaient à déstabiliser leurs adversaires. Le'o, au contraire, semblait très scolaire dans ses mouvements. Bien moins instinctif mais ce qu'il semblait rajouter dans ses sorts étaient une tranquillité légère qui prouvait qu'il n'avait aucunement peur d'échouer. C'était son comportement qui primait plus que ses actes.

Il y avait ensuite Abraxas. Une force abrupte, comme incapable de se contrôler. Ses coups étaient toujours puissants et vifs. Il n'y avait pas de tranquillité dans les combats du jeune blond, ni même dans ses yeux. Au contraire, son regard brillait de contentement à chaque instant, il s'adonnait à toujours un peu plus mettre en péril ses camarades. Ce fut quand elle tourna les yeux vers la dernière personne dont elle connaissait pourtant la force, qu'elle remarqua que Tom venait de se mettre en place dans un combat.

Le roi, tout en haut de l'échelle sociale, semblait affronter un pauvre petit paysan qui se demandait ce qu'il faisait au front. Cela devait être exaltant pour le jeune homme de dominer de tout part son adversaire. Pourtant, à présent, Allanah connaissait le serpentard et ne pouvait que se dire qu'il devait s'ennuyer devant un être aussi peu confiant.

Car ce qui amusait le plus Tom n'était pas la victoire absolue. C'était de voir peu à peu la lutte féroce dans le regard de ses adversaires s'amoindrir. Que disparaisse le courage et la force des coups pour remplacer cela par son incontestable supériorité. Son plaisir était dans la bataille et non pas dans l'abandon d'office.

Elle ne préféra alors pas regarder le carnage de confiance que serait ce combat. Cela ne servait à rien de voir être détruit le potentiel d'un sorcier, simplement parce que c'était Tom en face de lui. Allanah attendit patiemment la fin du cours pour partir loin du tortionnaire. Cela la fatiguait encore de voir tout cela.

Elle se plaça joyeusement devant Le'o en lui rendant son manteau et en attrapant son bras tendrement comme le ferait un couple fraîchement fiancé. Et les deux adolescents partirent aux cuisines pour assouvir la fin de loup de la jeune fille. Mais, malgré que le temps était passé, Tom se demanda en observant ses camarades partir comment ils pouvaient être aussi amnésiques.

Soudainement alors qu'Allanah venait de terminer d'exprimer un nouvel argument en faveur de la littérature moldue, une silhouette se dessina entre les deux amies et les empêchèrent de poursuivre. Après quelques heures d'absence, Abraxas était enfin revenu dans la salle commune comme promis. C'était pour cette simple raison que les deux jeunes filles attendaient seules patiemment. Leurs groupes d'amis s'étaient encore disloqués en faveur de Tom et l'américaine et Lyssa s'étaient vite trouvés également abandonné par Alphard. Préférant la compagnie d'une serdaigle si elle avait bien compris à elles.

- Je suis désolé pour toi, Allanah, mais je viens chercher ma princesse, indiqua-t-il en attrapant la jeune rousse par les genoux et le dessous des bras.

La sorcière mima un profond chagrin en effaçant des larmes imaginaires tandis que Lyssa agitait sa main pour lui dire au revoir. Une fois que les deux adolescents eurent disparus, Allanah s'accorda un profond ricanement. Et alors qu'elle s'apprêtait à se lever de son canapé, une ombre vive passa devant elle et vint se placer à ses côtés. Elle soupira, qu'avait-Elle fait pour ne pas mériter un jour de répit. La jeune fille s'installa alors à nouveau confortablement contre le dossier pour écouter quelle torture Tom allait lui faire écouter cette fois-ci.

Elle s'attendît à beaucoup de choses mais sûrement pas à ce qui sortir de la bouche mielleuse du jeune

homme.

- Veux-tu que je l'envoie à Sainte-Mangouste cette fois ? demanda-t-il d'un ton calme comme s'il parlait d'aller chercher du pain.

Le cerveau n'eut besoin que de faire un tour pour comprendre à quoi il faisait référence et cela lui glaça le sang. Mais comment pouvait-Elle s'empêcher d'être proche de Le'o ? Ici, c'était son ami le plus proche et il n'avait que son rôle en lui permettant de se goinfrer tout en riant trop fort. La jeune fille avait passé une merveilleuse fin d'après-midi. Et pourtant, elle se rendait alors compte que chacun des actes qu'elle avait entreprit et chacune des paroles n'avait poussé qu'à enrager un peu plus l'être à ses côtés. Et par conséquent, mettre en danger le jeune Avery. Elle se frappa mentalement la tête.

A présent, une chose avait changé. Elle connaissait le risque que représentait Tom pour Le'o, elle pourrait alors le protéger le plus possible. Cela changeait la donne et lui permet de répondre au jeune homme.

- Nous ne faisons qu'être ami et cela ne changera pas peu importe tes stupides menaces, rétorqua la blonde en fixant un point devant elle.

Le crépitement du feu non loin accorda à cet espace vide un peu de vitalité, car Tom ne répondit rien à la contre-attaque de la sorcière. Il sourit pourtant en se disant qu'elle était véritablement têtue. Et comme punition, il se décida à torturer sa moralité et son pauvre petit cœur.

- Mais, je ne dis cela que pour lui, avoua-t-il comme s'il était sincère, cela ne se fait pas de donner des espoirs de romances à Avery.

Il marqua une pause, un sourire goguenard déformant son visage habituellement froid.

- Surtout quand on sait que c'est moi que tu veux.

Il y avait un écart monstre entre l'idée qu'une chose ou une pensée existe. Et le démontrer. Et Tom venait de montrer au grand jour, de faire naître une idée qui n'était pas passagère dans son esprit comme réelle et bien consistante. La bouche d'Allanah s'entrouvrit automatiquement sous l'audace du garçon et cela ne servit qu'à le rendre d'autant plus fier de lui. Il observait sa proie ressentir peu à peu qu'elle était pris au piège avec un être qui la dépasserait toujours.

La jeune fille se dit qu'elle ne devait pas répondre et qu'elle ne devait surtout pas de donner de l'importance au serpentard. Si elle le regardait, lui parlait encore ou évoquait ne serait-ce qu'une pensée trop fort à son égard, il l'utiliserait contre elle et la détruirait.

C'était pourtant étrange comme l'américaine avait toujours cette sensation de devoir sauter à pieds joints dans un piège tendu d'avance. Comme si elle appréciait étrangement le jeu de pouvoir qui s'était installé entre eux. Mais elle savait pourtant cela mauvais pour elle et qu'il n'y a que le maître de la partie qui peut gagner. Elle ne pouvait qu'espérer que la défaite ne la fasse pas chuter trop bas.

- Tu sembles très confiant pour un homme qui a du me forcer à l'embrasser la première fois.

- Te forcer ? s'indigna-t-il.

Elle sourit, elle avait l'avantage pour une fois.

- Je te rappelle que j'étais attachée.

Un sourire plana à nouveau sur le visage de Tom qui observait Allanah. Elle était très belle lorsqu'elle songeait avoir gagner.

- Ça ne sera pas la dernière fois que tu seras attachés, mon cœur, minauda le jeune sorcier, envahi de pensées lubriques.

Cette fois-ci, la bouche de la blonde forma un rond parfait de choc et son regard permuta enfin vers son interlocuteur. Elle put voir avec horreur dans ses yeux que rien ne l'empêchait de réaliser cela maintenant. Et elle put dans son propre intérieur reconnaître que ce n'était pas le feu bientôt mort qui lui faisait détester sa chemise trop épaisse. Elle pesta contre la lumière de celui-ci qui était encore trop forte, elle savait bien qu'il pouvait voir la rougeur de ses joues.

- Au final, tu n'es pas bien différent des autres hommes.

- Mais moi, je t'attire comme le joli papillon que tu es, précisa Tom en détachant chacun de ses mots.

Elle eut une grimace de mécontentement qui ne passa pas au travers des yeux du sorcier.

- Il faut bien qu'une part de nous ressemble au commun des mortels. Je t'attire aussi, pas comme les autres femmes, ajouta-t-elle pour les mettre sur un pied d'égalité rassurant.

Et, soudain, une pensée attrapa Allanah en plus profond d'elle. Elle ne s'était jamais posée cette question car cela semblait logique. Elle attirait les hommes par sa beauté. La blonde était la parfaite représentation physique de la sang-pure. Il y avait également son caractère confiant et son cynisme. Les hommes forts aiment les femmes fortes. Mais, à cet instant, un doute s'imposa à elle. Pourquoi, exactement, Tom ne la lâchait pas ? Pourquoi ne voyait-il pas toutes les jeunes qui étaient folles de lui depuis leur arrivée ici ?

Elle se demandait profondément ce qu'elle avait de si spéciale pour lui. Et l'humain chercher toujours à trouver du sens, alors elle entrouvrit enfin les lèvres tout en plantant ses yeux dans les siens :

- Pourquoi moi ?

Et il sourit. Comme s'il savait que cette question serait posé. Mais le jeune homme réfléchit tout de même en laissant son regard se balader sur le corps de la serpentarde. Rien ne l'obligeait à répondre comme rien ne l'obligeait à dire la vérité. Mais ils parlaient à cœur ouvert depuis quelques minutes, alors pourquoi pas.

- Je ne sais pas vraiment, répondit-il.

Elle ne s'attendait pas à cela et fut incroyablement déçue. Elle n'aimait pas le flou et avait au contraire un goût prononcé pour la certitude. Allanah se dit alors que le jeune homme ne souhaitait tout simplement pas répondre et qu'elle resterait sans savoir. Mais il l'a contredit une fois de plus dans le savoir.

- Pour beaucoup de raisons, en faite. Tout d'abord, tu es intelligente, intéressante et distrayante à ta manière. Sur ce point, tu n'es pas comme toutes les femmes, cela doit me plaire.

Tom ne formulait que des hypothèses finalement. Et la jeune fille ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Était-ce car le sujet n'était jamais venu à son esprit ? Cela signifierait qu'il ne pensait jamais à l'attirance qu'il aurait pour elle. Ou peut être était-ce car c'était trop flou ? Lorsqu'on était attiré par quelqu'un, lorsque le sentiment dépasse ce qu'on a l'habitude de ressentir, on se perd et on ne sait plus ce qu'on fait. Cela se calquerait bien avec les ressentiments d'Allanah à l'égard du sorcier.

Tout d'un coup, le serpentard se redressa de sa place pour venir se mettre juste à ses côtés. Les jambes collés et leurs bras se frôlant continuellement. Le souffle de l'américaine se coupa instantanément et cela permit au jeune homme d'observer tout l'effet qu'il avait sur sa proie. Il faisait dérégler tout son système interne et dans ses yeux toujours tournés vers lui, il pouvait voir la naissance d'un désir.

- Mais en même temps, c'est si simple de te contrôle. Il me suffit de faire glisser ma main sur ton corps pour que tu ne répondes plus que d'elle, argumenta-t-il en parsemant ses paroles des actes énoncés.

À nouveau, le contrôle quitta le corps d'Allanah et elle retrouva chacune des sensations découvertes dans le train. C'était enrageant de voir à quel point sa maitrise d'elle-même était si faible. Et d'autant plus, le coup de poignard était les paroles de Tom.

- Alors, ce n'est véritablement qu'une partie de jeu pour toi, articula-t-elle difficilement.

- Oui, mais un jeu qui me tord de plaisir.

Dans une fraction de seconde, la jeune fille put voir les lèvres du garçon devenir à nouveau ce pourquoi son cœur battait à cet instant. Durant un moment, elle se demanda si abandonnée n'était pas plus judicieux mais au contraire elle fit exactement ce que souhaitait son tortionnaire. La blonde se releva soudainement, loin de Tom et de son air suffisant. Elle se planta devant le canapé avec l'envie de lui faire ravaler son sourire.

Comme dans le train, tout avait à nouveau quitter son corps. Mais cette fois-ci, c'était sa force qui lui avait permis de l'extirper du piège.

- Ne crois surtout pas que je vais m'abaisser à accepter ce traitement de soumission auquel tu tentes de me soumettre. Je ne suis pas une petite fille qui apprend à jouer, Tom, déclara-t-elle alors que le battement de son cœur accélérait ses paroles.

Il sourit simplement. Il était exalté par la tournure que prenait chacun de leurs altercations. Et principalement de voir Allanah devant lui le souffle coupé et le regard enflammé. De rage ou de désir, cela pouvait bien être les deux, ils allaient de paire.

- J'espère bien, sinon tu serais inintéressante.

Elle partit sous cette dernière parole. Elle quitta ce que sera le théâtre de beaucoup de ces moments de faiblesses. Elle pénétra ses épaisses couvertures en maudissant l'être exalté que devait encore être Tom. La jeune fille parvint à s'endormir rapidement tandis que non loin de là, son camarade songeait à la fin du jeu et avait une grande exaltation.