Bonsoir à toutes et à tous !
Me revoilà pour le deuxième chapitre de cette fic un peu particulière dédiée aux Premières fois de Camus et Milo. Un chapitre qui comme vous le verrez, se place dans un registre assez différent du précédent...
Et au sujet de ce précédent chapitre: encore un grand merci à celles et ceux qui ont pris le temps de le lire et de me laisser un commentaire. Vos retours m'ont fait très plaisir et m'ont encouragée à poursuivre l'écriture de ce recueil. Et j'espère donc que vous ne serez pas déçu.e.s par ce deuxième volet... Que voici...
Chapitre 2 : Alors on danse ?
Disclaimer : Tous les personnages cités et décrits dans cette histoire appartiennent à Masami Kurumada.
Rating : T
Repère chronologique : Camus, Milo, Aïolia, Mû, Aldébaran et Shaka ont quatorze ans, ce qui devrait situer cet OS en 1980 (environ). Shura et DM en ont dix-sept, et Aphrodite seize. Saga, je ne précise pas son âge... il est beaucoup trop vieux ;-) (pardon...)
Univers : Celui du Manga original.
Genre : Romance / humour (enfin... tentative)
Note 1 : En préambule, quelques mea-culpa...
Nos héros ont 14 ans mais ne sont pas encore chevaliers d'Or. Oui pour une fois, laissons-les un peu faire leur adolescence d'abord...
Les filles ne portent pas de masque dans cette histoire (parce que c'est moche, que ça tient chaud, et qu'à l'époque, il n'y avait pas encore l'épidémie de covid-19), et elles sont un peu plus âgées que dans l'histoire originale.
Note 2: Essayez d'être indulgents s'il vous plaît, car il s'agit de ma première incursion dans le genre humoristique. Et étant donné le surnom dont on m'avait affublée au Lycée, je crains les pires réactions qui soient...
Note 3 : Merci à ma chère Lily qui a eu l'idée originelle de cet OS et la gentillesse de me permettre de l'exploiter, et qui en a de plus réalisé une relecture attentive et ô combien salutaire.
Note 4 (la dernière) : Pardon à Stromae à qui j'ai honteusement emprunté le titre de ce chapitre.
12 000 mots environ
Je vous souhaite une bonne lecture... en espérant que vous apprécierez... au moins un peu...
Chapitre 2 : Alors on danse ?
Jour J-3
« Mais bien sûr ! Milo, t'es un génie ! ».
Le futur Scorpion referme le magazine froissé et à moitié déchiré qu'il serre entre ses doigts, l'enfouit dans le fond de sa poche et sort de sa chambre en courant. Il se rue à l'extérieur de son baraquement et dévale à toute allure le sentier sinueux conduisant aux arènes. Il sait qu'à cette heure de la journée Camus devrait s'y trouver ‒ d'ailleurs il devrait s'y trouver lui aussi ‒ et il a absolument besoin de lui parler. Tout de suite, maintenant et sans attendre.
« Camus ! Camus ! » hurle-t-il en arrivant à proximité de l'aire de sable blanc.
Le futur Verseau relève la tête en fronçant l'un de ses drôles de sourcils, l'inquiétude envahissant déjà les méandres de son cerveau à la vue de l'agitation exagérée de son meilleur ami. Il sait qu'un Milo excité à ce point ne présage rien de bon. Jamais.
« Qu'y a-t-il Milo ? Ne me dis pas que tu viens subitement de prendre conscience de l'heure tardive et de ton impardonnable manque de ponctualité ?
- Quoi ? Quel retard ? Ah non, ça je m'en fiche ! Surtout que Saga ne semble pas être dans les parages aujourd'hui pour nous enquiquiner. D'ailleurs, je me demande bien où il peut être, ça fait des jours qu'on ne l'a pas vu !
- Il a dû partir en miss…
- Oui, bon à vrai dire je m'en tape ! Il faut que je te parle de toute urgence ! Viens avec moi s'il te plaît, ordonne le Grec en saisissant le bras du Français.
- Eh, doucement Milo ! Et ne me tire pas comme ça ! Je peux marcher à ta suite sans que tu t'agrippes à moi !
- Oh pardon, Monsieur le Saint de Glace qui ne supporte pas qu'on le touche !
- Non, je n'ai aucun problème avec le fait que tu me touches !
- Ah bon ? Je tâcherai de m'en souvenir…
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Pour rien, laisse tomber Camus ! »
Une fois se considérant suffisamment à l'écart et à l'abri des oreilles et des regards indiscrets, Milo lâche enfin le bras de son ami, à regret malgré tout, et s'adresse à lui d'une voix teintée d'un profond enthousiasme.
« Tu sais que c'est l'anniversaire d'Aïolia dans deux jours ?
- Oui, et alors ?
- Alors je viens d'avoir une idée de génie, comme toujours !
- Permets-moi d'en douter…
- Non, je ne te le permets pas, mais peu importe… Et tu sais ce qui lui ferait vraiment très plaisir pour son anniversaire ?
- Non Milo, je n'en ai pas la moindre idée. C'est ton ami, pas le mien.
- De pouvoir embrasser la petite Marine !
- Quoi ?! Mais où es-tu allé chercher une idée pareille ? Je te rappelle que nous serons tous très bientôt des chevaliers d'Athéna, et qu'en tant que tels, nous n'avons pas le droit à ce genre de distractions. Des diversions parfaitement inutiles, susceptibles de nous écarter de notre devoir et d'amoindrir le dévouement que nous portons à notre vénérée Déesse !
- C'est bon ? T'as fini ta tirade de rabat-joie coincé de l'armure et obsédé par le respect des règles soi-disant ancestrales ?
- Je ne suis pas coincé, je suis droit, nuance ! Droit et respectueux de ces règles que tu sembles vouloir négliger, en effet.
- Droit ou coincé, je ne vois pas la différence ! Mais je reprends le cours de mon explication, si tu me le permets…
- Non je ne te le permets pas.
- Pardon ?
- Ben oui Milo, chacun son tour… ajoute le Verseau en devenir, en dessinant une ébauche de sourire sur sa lèvre supérieure.
- Oh Camus !... Je vois que nos années passées tous les deux commencent enfin à porter leurs fruits… Et tu m'en vois pleinement satisfait !
- Ne te réjouis pas trop vite. Et alors, cette explication ?
- Ah mais je croyais que cela ne t'intéressait pas ?
- Disons que je suis d'un tempérament plutôt curieux ce matin. Alors ?
- Alors, j'ai trouvé la solution I-D-E-A-L-E pour permettre à Aïo d'atteindre le but qu'il recherche.
- C'est-à-dire ?
- Nous allons organiser une BOUM pour son anniversaire !
- Quoi ? Mais qu'est-ce que c'est que ça une BOUM ?! J'espère que cela n'a rien à voir avec une quelconque explosion, Saga ne le permettrait pas !
- Ah ben ça… lui, sorti de son Explosion Galactique… Mais non, cela n'a rien à voir ! Une boum, c'est une sorte de fête où l'on passe de la musique et où les jeunes de notre âge se divertissent en dansant.
- En dansant !? Mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Ben oui, je viens de le lire dans un magazine que j'ai trouvé l'autre jour par terre à la sortie du Quatrième Temple. A côté de tout un tas d'autres revues dont les pages étaient collées les unes sur les autres et qui, à l'allure de leurs couvertures, semblaient parler de musculation ou d'haltérophilie. D'ailleurs, j'ai été surpris d'imaginer Angelo en train de réaliser ce genre d'exercices, lui qui est d'habitude plutôt partisan du moindre effort…
- Oui, c'est étrange en effet. Peut-être qu'il veut simplement changer d'orientation dans le type d'activités physiques qu'il affectionne ?
- Oui, probablement… poursuit le jeune Grec, un instant perdu dans ses réflexions au sujet de l'intérêt d'un tel changement d'attitude.
- Mais bon, et alors ce magazine ? Parce que là, Milo, je ne comprends pas grand-chose à cette histoire d'explosion dansante…
- Bon alors, il était expliqué dans ce magazine que les adolescents branchés d'aujourd'hui se réunissent pour écouter de la musique et danser. Et surtout… et c'est là que cela devient intéressant pour notre futur chaton en armure, pour danser des SLOWS.
- Des quoi ?!
- Des slows… Attends, je vais te montrer… »
A ces mots, l'apprenti Arachnide se place devant son ami et le saisit par la taille.
« Milo ! Mais qu'est-ce que tu fabriques ?!
- Laisse-moi faire, je t'explique ce qu'est un slow, c'est tout ! C'est pour enrichir ta culture générale. Tu n'es pas contre le fait d'étoffer un peu ta culture, quand même ?
- Non évidemment…
- Alors je continue. Tu vois, pour danser un slow, le garçon prend la fille par la taille, comme ça, et la fille place ses bras autour du cou du garçon, précise le jeune Grec en positionnant les bras du Français autour de son cou à lui.
- Mais enfin Milo ! Je ne suis pas une fille !
- Oui, ça je l'avais remarqué Camus ! Depuis le temps que je te vois tout nu dans les thermes…
- Quoi ?!
- Ben oui… En tant que futur Assassin attitré du Sanctuaire, mes yeux se portent sur toute situation et tout détail susceptibles de relever une importance particulière pour l'exercice de mon devoir.
- Je ne vois pas le rapport…
- Alors tant pis pour toi… Et laisse-moi faire s'il te plaît, c'est pour la démonstration !
- Puisqu'il le faut… soupire le presque Verseau.
- Donc je disais… La fille place ses bras autour du cou du garçon, et les deux bougent ensemble tout doucement comme ça » ajoute le danseur néophyte en balançant ses hanches langoureusement.
« Et ils tournent lentement comme ça aussi…
- Ah, mais c'est… particulier… Et ils sont obligés d'être autant collés l'un à l'autre ?
- Bien entendu ! Le but de la manœuvre étant de stimuler un rapprochement physique entre les protagonistes, qui, si j'ai bien compris, sont censés s'apprécier un peu plus que la moyenne.
- Ah je crois que je comprends.
- Tu vois ? Ce n'est pas désagréable au final… ajoute le Grec en serrant davantage la taille du Français entre ses mains.
- Oui, c'est bon, j'ai compris ! s'exclame ce dernier en reculant subitement.
- Pour une fois que je t'apprends quelque chose ! Mais dis-moi, qu'est-ce qu'il t'arrive Camus ? T'es tout rouge tout à coup… s'amuse le sournois, fier de lui et de sa petite explication.
- J'ai chaud, c'est tout ! Il fait incroyablement chaud ce matin !
- Ah bon ? Moi je ne trouve pas…
- C'est parce que tu es habitué à la chaleur de l'été grec ! Ce qui n'est pas mon cas ! Je te rappelle que c'est le premier été que je passe au Sanctuaire depuis des années…
- Ah toi et ta fichue Sibérie ! Camus, un jour ce froid que tu chéris tant aura ta peau, tu verras !
- Cela ne risque pas d'arriver ! Je suis un futur Saint de Glace, je ne crains pas et ne craindrai jamais le froid !
- Par la Déesse, j'espère de tout cœur que tu as raison ! Je ne voudrais pas te voir mourir congelé un jour. Je ne le supporterais pas…
- Mais pourquoi dis-tu ça ?
- Je ne sais pas… Une sorte de mauvais pressentiment… Je te rappelle que tu es mon meilleur ami, Camus, et ce depuis nos six ans, et je ne pourrais pas imaginer ma vie sans toi à mes côtés.
- Oh mais Milo... Je ne sais pas quoi dire…
- Alors ne dis rien ! C'est encore comme ça que tu t'exprimes le mieux ! »
Le Français reste silencieux, après tout son camarade le connaît bien ‒ ils ne sont pas les meilleurs amis du Monde depuis toutes ces années pour rien ‒ mais lui offre la seule chose qu'il peut se permettre de lui donner. Son plus joli sourire.
« Merci Camus. Tu sais que ton sourire est la lumière de ma vie, le seul élan qui me guide, l'unique joie qui me porte.
- Tu n'exagères pas un peu ?
- Non, pas du tout. Mais pour retourner à nos moutons… T'as compris le principe de mon idée ?
- Je crois que oui. Et donc, tu veux organiser cette fameuse Boum pour permettre à Aïolia et à Marine de s'adonner à ce petit pas de danse dont tu viens de me faire la démonstration ?
- C'est tout à fait ça ! Ah, et en parlant de moutons… Salut Mû ! Ça fait longtemps que tu es là ?
- Suffisamment pour m'interroger sur votre comportement ! Qu'est-ce que vous manigancez encore tous les deux ?
- Une surprise pour Aïolia qui vient de germer tout à l'heure dans l'esprit génial qui est le mien.
- Je vois que tu fais une nouvelle fois preuve de la grande modestie qui te caractérise, Milo. Mais pourrais-tu m'en dire davantage, s'il te plaît ?
- Milo veut organiser une BOUM pour les quatorze ans d'Aïolia, le coupe le futur Verseau en soupirant.
- Une quoi ?
- Bon, Milo, je te laisse refaire ta petite démonstration à notre camarade. Moi je m'en vais. J'ai une dizaine de litres d'eau à congeler dans les cuisines du Sanctuaire. Le cuistot veut faire une expérience gastronomique… Mû, fais attention tout de même ! Milo peut avoir la main baladeuse…
- Quoi ?! Mais c'est totalement faux ! Et je n'ai pas besoin de réaliser une telle démonstration, je peux tout simplement montrer ce que je veux dire sur la base des photos que j'ai trouvées dans ce magazine, précise le jeune Grec en sortant ledit magazine de sa poche.
- Je vois… A plus tard Milo ! Bon courage Mû ! » lance le Français en s'éloignant avec un sourire imperceptible sur les lèvres.
Jour J-2
Milo marche lentement en direction du réfectoire pour rejoindre ses compagnons en plaqué or. Il sifflote, joyeux et convaincu de la réussite du plan imparable qu'il vient d'échafauder. Un plan visant un double objectif : aider son ami Aïolia dans sa tentative de séduction de la petite rouquine qu'il sait si chère à son cœur, et contribuer à son propre rapprochement avec celui qui tient toute la place dans son cœur à lui. Son meilleur ami Camus. Car Milo aime Camus. Il l'a aimé depuis le premier jour où il l'a vu poser ses pieds au Sanctuaire, et qu'il a senti ses grands yeux se perdre sur ce monde qu'il ne connaissait pas. Il n'a jamais compris pourquoi, ou plutôt, il n'a jamais cherché à comprendre. Il a juste su. Simplement. Telle une évidence. Il l'a vu et il a su qu'il l'aimait, et qu'il l'aimerait pour toujours.
Alors il a tout fait pour devenir son ami, pour chercher sa présence, pour passer autant de temps que possible à ses côtés. Et si le Français a semblé faire preuve de réticence au début, ce dernier a rapidement changé d'attitude face au tempérament du Grec. Qui ne pourrait pas devenir ami avec Milo ?
Mais maintenant, à presque quatorze ans, le futur Scorpion souhaiterait passer à autre chose. Ou au moins, pouvoir dire la vérité. La vérité sur ce qu'il ressent. Pour lui. Pour son meilleur ami. Surtout qu'il a l'impression, un peu folle et insensée, que Camus pourrait peut-être… lui aussi… s'intéresser à lui pour d'autres raisons que son sens de l'humour et sa gentillesse. Enfin… Milo n'en sait trop rien. Et cette incertitude l'accable presque tout autant que l'amour interdit qui le ronge.
Ah comme c'est compliqué l'adolescence ! Sans parler de ses fichues hormones qui le travaillent de plus en plus… D'ailleurs, il a aussi pu étudier cette question en long, en large et en travers dans ces fameux magazines. Car, même s'il s'est bien gardé d'en parler à son bien-aimé camarade, il n'a pas lu que des articles au sujet de distractions culturelles dans les feuilles de chou récupérées à l'arrière du Temple du Cancer. Et ses lectures lui ont appris beaucoup de choses intéressantes…
Perdu dans ses pensées chargées de testostérone, Milo ne se rend pas compte qu'il est finalement arrivé au réfectoire, et fonce tout droit dans Aldébaran.
« Alors Milo, regarde devant toi !
- Pardon Aldé ! s'excuse le distrait en se frottant l'épaule après son choc contre le torse en acier trempé du Brésilien.
- Pas de problème, c'est pour toi que je dis ça… Je ne voudrais pas t'avoir blessé à mon insu.
- Ne t'inquiète pas pour moi ! Je suis plus solide que j'en ai l'air ! Les autres sont arrivés ?
- Oui, ils sont à l'intérieur.
- Et ils sont tout seuls ?
- Oui, il n'y a personne d'autre dans le réfectoire. Bon, mais tu vas nous expliquer ce que tu manigances à la fin ?! Mû et Camus n'ont rien voulu nous dire à Shaka et à moi…
- Ah mais c'est tout à leur honneur ! Oui, suis-moi. Je vais TOUT vous expliquer… »
oOoOo
« Alors les gars, vous en pensez quoi ? Aldé ?... questionne l'excité en croisant les bras sur sa poitrine d'un air pleinement satisfait.
- Ah mais moi je trouve que c'est une excellente idée, Milo ! Je suis sûr qu'Aïolia sera emballé et ravi de ton initiative. Et personnellement, j'adore danser, évidemment ! Nous les Brésiliens, nous avons la danse dans le sang… Donc, tu peux compter sur moi !
- Mû ?...
- Je trouve que c'est une gentille attention de ta part. Et je partage l'avis d'Aldébaran. Je pense sincèrement que cela fera plaisir à Aïolia. Par contre… Je te souhaite bien du courage pour convaincre Marine et Shaina de participer à ta petite fête !
- Et c'est là que je vais avoir besoin de toi ! Je voudrais que tu viennes avec moi lorsque j'irai leur proposer.
- Je ne crois pas que mon aide te sera d'une grande utilité, répond le Tibétain en fronçant ses points de vie avec le plus grand scepticisme.
- Je pense sincèrement le contraire ! Ton sens de la persuasion est sans pareil, Mû ! Enfin c'est vrai… tu pourrais convaincre une poule de voler !
- Je ne vois pas le rapport.
- C'est parce qu'il n'y en a pas. Mais je n'ai aucun doute sur ce que j'avance. Tu sauras persuader les filles de nous rejoindre. Et au pire… tu n'auras qu'à un peu influencer leur prise de décision…
- Non mais ça va pas la tête ! Je n'ai pas le droit d'utiliser mes pouvoirs pour servir ce genre d'objectif !
- OK, OK. Oublie ça ! Et de toute façon, tu n'en auras pas besoin. Tu verras. Donc tu es d'accord ?
- Oui. Je veux bien essayer de t'aider. Mais je ne garantis pas le résultat…
- Merci Mû ! T'es un chef ! Et tu t'occuperas de la déco aussi ? Aldé tu pourras lui donner un coup de main, s'il te plaît ?
- Bien entendu ! Du moment que tu me donnes carte blanche…
- Carte blanche et de toutes les couleurs que tu souhaites ! Camus, toujours d'accord pour m'aider avec la musique ?
- Puisqu'il le faut…
- Ah, mais modère ton enthousiasme surtout !
- Je ne vois pas pourquoi je devrais être enthousiaste… Nous courons à la catastrophe avec ton histoire ! Si le Grand Pope l'apprend, nous aurons des ennuis que je n'ose même pas imaginer !
- Personnellement, ce n'est pas le Grand Pope qui m'inquiète, précise le jeune Grec, mais plutôt Saga… S'il nous tombe dessus, il va tout gâcher avec son sale caractère ! Surtout qu'en ce moment, je sais pas si vous l'avez remarqué, mais… par la Déesse, qu'est-ce qu'il est lunatique !
- Oui, tu as raison, je l'ai noté moi aussi, acquiesce le futur Bélier. Cela doit être la surcharge de travail. Chevalier des Gémeaux, c'est un emploi à plein temps. Il ne doit plus savoir où donner de la tête…
- Ce n'est pas une excuse ! Mais nous n'aurons qu'à nous la jouer fine. Discrétion et dissimulation… Hein Shaka ? »
L'Indien ouvre lentement ses lèvres pour laisser échapper une réponse dans un timbre de voix limpide et… presque divin. Le tout sans ouvrir les yeux, bien évidemment.
« Milo, nous savons tous que discrétion et dissimulation sont tes maîtres mots et ceux qui te caractérisent le plus…
- Je prends ça pour un compliment ! Et toi, j'ai prévu que tu te charges des boissons et de la nourriture. Pour une fois que tu devras nourrir autre chose que ton esprit… Est-ce que cela te convient ?
- Oui parfaitement. Mais il me semble que tu as oublié deux choses fondamentales Milo…
- Lesquelles Shaka ?
- La première… Comment comptes-tu diffuser la musique qui semble nécessaire à l'activité à laquelle tu souhaites nous soumettre ?
- Facile… Je sais que Shura a un radiocassette. On aura qu'à le lui piquer. Et idem pour les cassettes. Sachant que je compte descendre à Rodorio pour en acheter quelques-unes en plus. J'ai repéré un ou deux groupes de rock qui valent très certainement la peine d'être écoutés. Dont un, non mais vous n'allez jamais le croire tellement c'est ÉNORME ! Dont un qui s'appelle… Ta-da… Scorpions ! Au pluriel, attention ! C'est pas le meilleur nom pour un groupe de rock ?! Sérieux ?! Hein Camus ?
- Si Milo.
- Bref… Et qu'est-ce que j'ai oublié d'autre selon toi Shaka ? »
Un silence pesant s'installe alors entre les cinq comparses, quatre d'entre eux étant suspendus aux lèvres du cinquième. Et l'angoisse s'élève encore d'un cran lorsque celui-ci ouvre subitement les yeux. Par la Déesse ! Shaka a ouvert les yeux !
« La deuxième chose que tu sembles avoir oublié, Milo… Dans quel lieu penses-tu pouvoir organiser cet évènement que tu veux festif mais discret ?
- Alors tu touches là le point faible de mon plan infaillible. J'en ai pas la moindre idée !
- Moi je sais ! s'exclame le futur Bélier.
- …
- Dans la Septième Maison !
- Quoi ?! Non, Mû… Je ne crois pas que cela soit une bonne idée…
- Et pourquoi ça Milo ? Le Temple de la Balance est inoccupé depuis des années et personne ne s'y arrête jamais.
- Et pour cause ! Il est hanté ce foutu Temple !
- Pfou ! N'importe quoi Milo ! Où es-tu allé chercher une idée pareille ?! s'exclame le pré-Verseau.
- Si, j'en suis sûr ! On entend des bruits bizarres à l'intérieur…
- Ce sont des courants d'air voyons !
- Ah oui… Et dans ce cas, il est où le Chevalier de la Balance ? Hein, Monsieur je sais tout ?
- Je n'en sais rien Milo…
- Eh bien moi je vais te le dire Camus ! Il est mort ! Et son fantôme erre entre les murs de sa Maison !
- Bon, Milo, arrête de dire n'importe quoi ! s'offusque le Taureau en devenir. Mû a raison : le Temple de la Balance sera parfait pour ta petite fête. Tu ne voudrais tout de même pas l'organiser dans la Maison du Sagittaire ?
- Ah ben non, sûrement pas ! Aïo ne le supporterait pas…
- Nous sommes bien d'accord. Et Camus a raison : il n'y a aucun fantôme, et les courants d'air, j'en fais mon affaire. D'ici deux jours, il n'y en aura plus, ou je ne m'appelle plus Aldébaran ! »
Le rire de stentor du Brésilien se met soudain à résonner dans l'enceinte du réfectoire, et cet écho rassurant semble apaiser les craintes du jeune Arachnide.
« Ben… vous avez probablement raison ! Et puis finalement… quoi de mieux que le Temple de la Balance pour se balancer sur un peu de musique ? Hé hé ! Vous avez compris ? Elle est bien bonne celle-là ! Hein Camus ?
- Oui Milo… Elle est très drôle ta blague… » approuve le Français, avec une ébauche de sourire franc et sincère sur les lèvres.
« Bon alors, c'est réglé ! Qui s'occupe d'aller piquer le radiocassette de Shura ?
- Qui veut aller voler quoi à qui ? » interroge une voix douce et envoûtante en provenance de la porte d'entrée du réfectoire. Porte qu'aucun des cinq jeunes apprentis n'a entendu s'ouvrir. Et porte de laquelle émane désormais une odeur entêtante de roses fraîchement cueillies.
« Bonjour Aphrodite, ça fait longtemps que tu es là ? s'inquiète le comploteur en chef.
- Suffisamment pour avoir compris que vous maniganciez quelque chose… Et vous avez intérêt à m'expliquer de quoi il s'agit si vous ne voulez pas tous finir dans les geôles du Palais du Grand Pope !
- C'est-à-dire que… tu vois… comment dire ?
- Oui Milo ? Je m'impatiente…
- Ben c'est que c'est une surprise alors…
- Alors quoi ? Je veux savoir sinon il n'y aura pas de surprise ! Enfin, sauf pour les rats qui grouillent dans le fin fond des cachots. Car ça fait longtemps qu'ils n'ont pas eu de la chair aussi jeune et aussi fraîche à grignoter… » menace le chevalier des Poissons, en appuyant ses mots d'un sourire chargé d'une légère pointe de perversité.
- Dis-lui Milo. Je crois que nous n'avons plus le choix…
- Oui Milo, écoute donc ton cher ami au sang froid et aux cheveux de feu, et crache le morceau !
- OK. Ça va ! On est en train d'organiser une boum pour les quatorze ans d'Aïolia. Voilà, t'es content ?
- Une boum ? Comme c'est mignon… Et c'est pour cela que vous avez besoin du radiocassette de Shura ? Mais alors aucun problème mes poussins. Je vais l'emprunter pour vous. Vous en avez besoin pour quand ?
- Euh… tu ferais vraiment ça pour nous ? s'étonne le jeune Grec surpris par tant de bonté d'âme de la part de son aîné.
- Si je te le dis. Et donc… il vous le faut pour quand ce radiocassette ?
- Eh ben pour ce soir, ce serait l'idéal ! Comme ça on pourrait commencer à choisir la musique.
- Entendu ! Je descendrai l'appareil à votre baraquement avant le dîner. Ciao les gamins ! Et travaillez bien à vos petits préparatifs.
- Attends Aphrodite !
- Quoi Milo ?
- Tu ne diras rien aux autres, hein ?
- Bien sûr que non. Je serai muet comme une carpe.
- Ah oui ! Normal pour le chevalier d'Or des Poiss…
- La ferme Milo ! le coupe le Français d'un coup de coude dans les côtes.
- Pardon… elle m'a échappé celle-là, murmure le fautif à l'oreille de son camarade. Merci Aphrodite ! C'est super sympa de ta part !
- De rien… » lance le Gardien de la Douzième Maison en quittant le réfectoire un sourire ravi au coin de ses superbes lèvres.
oOoOo
« Sérieux, Aphro ? Ils vont faire ça les gamins ?
- Je te jure !
- Ben, ils n'ont pas froid aux yeux ! Et ils remontent d'un coup dans mon estime.
- Tu es sévère avec eux… Moi je les trouve plutôt mignons !
- Ouais, ben on a pas besoin de mignons ! On a besoin de guerriers et d'assassins ! Et pour l'instant, je les sens assez mal barrés.
- Enfin… tu ne te rappelles pas comment tu étais à leur âge ? C'était il n'y a pas si longtemps que ça non plus…
- Ah mais si je m'en souviens ! Et je sais que je n'avais pas besoin d'organiser des trucs à la con pour parvenir à mes fins.
- Ça, je m'en souviens moi aussi… précise le Suédois, en s'approchant de l'Italien.
- J'espère bien ! approuve-t-il en caressant les hanches de celui qui se tient maintenant à quelques centimètres de lui, le bras droit nonchalamment appuyé contre le mur de son Temple.
- Et si on les enquiquinait un peu, Angelo ?
- Oh toi… t'as une idée derrière la tête !
- Oui, en effet… Mais viens avec moi. Nous devons aller parler à Shura.
- Comme tu veux… Tu sais que tes désirs sont des ordres… » approuve le chevalier du Cancer en approchant ses lèvres de la bouche si parfaitement dessinée du chevalier des Poissons.
Le jour J
« Alors on danse ?!
- Vas-y Milo. T'as qu'à commencer… Je te regarde…
- Allez Aïo ! C'est pour toi qu'on a organisé tout ça ! Alors viens danser !
- Je sais pas… Je crois que j'ai pas trop envie en fait… confesse le futur Lion, en laissant son regard dériver vers le coin opposé de la grande salle principale du Temple de la Balance.
- C'est parce que t'es gêné de danser devant Marine, c'est ça ? s'enquiert l'Arachnide juvénile en se retournant en direction de la pré-adolescente.
- Milo ! Ne la regarde pas comme ça !
- Eh bon ça va ! Elle sait bien pourquoi on l'a invitée. Faut pas la prendre pour une idiote… Et je peux te dire qu'elle en pince pour toi. C'est une évidence ! Sinon, elle n'aurait jamais accepté de venir !
- Et qui te dit que ce n'est pas plutôt pour accompagner sa copine qu'elle est venue ? Shaina est peut-être amoureuse de l'un d'entre nous ? Tiens, je suis persuadé qu'elle est amoureuse de toi !
- Non mais ça va pas la tête ?!
- Ben quoi ? Elle ne te plaît pas ? Elle est super jolie …
- Ce n'est pas mon genre ! Et puis ne change pas de sujet, s'il te plaît. Je te dis que Marine t'aime bien, et qu'elle n'attend qu'une seule chose : que tu l'invites à danser !
- Alors va falloir faire quelque chose pour la musique… Parce que là, ce n'est pas possible ! »
Aïolia lance un regard désolé en direction de la piste de danse temporaire aménagée au cœur de la grande salle, que ses amis ont décorée avec… toute l'attention qu'ils pouvaient y accorder. Quelques lampions accrochés aux torches des murs ‒ et prêts à s'enflammer à tout instant ‒, deux ou trois banderoles multicolores tendues entre les colonnes, et une énorme boule rouge en papier fixée en plein milieu du plafond. Et sous cette boule rouge, Aldébaran qui se déhanche au rythme de la musique reggae qui sort des haut-parleurs du magnétophone.
« Everything 's gonna be alright… Everything 's gonna be alright…» (1)
« OK. Je m'en occupe. En attendant, offre donc un verre de jus de fruits à Marine et Shaina. Je suis sûr qu'elles meurent de soif. Il fait super chaud aujourd'hui !
- Entendu. Et puis tu as raison : comportons-nous en parfaits gentlemen, et proposons des rafraîchissements à nos jeunes invitées.
- Ah voilà ! Tu me fais plaisir là, Aïo ! »
Milo laisse son ami se diriger vers la table où ont été déposés les verres et les boissons, ainsi que les quelques gourmandises choisies avec soin par Shaka : raisins secs, abricots secs, gâteaux secs, graines de tournesol, amandes et noisettes. Des graines et des trucs secs… La prochaine fois, s'il y a un jour une quelconque prochaine fois, il est évident qu'ils devront confier la tâche gastronomique à quelqu'un d'autre qu'au presque Bouddha.
« Camus ! Bon sang, il faut faire quelque chose avec la musique !
- Quoi ? Aldébaran n'a pas l'air de s'en plaindre ?
- Evidemment, c'est sa cassette à lui que tu passes depuis tout à l'heure ! Tiens, passe donc l'une des miennes », intime le Grec en sortant deux cassettes de ses poches.
Le Français prend la première dans sa main et la regarde d'un air méfiant et circonspect.
« Non, celle-là ce sera pour plus tard… Il est encore trop tôt pour les slows, Milo. D'après la théorie que tu m'as présentée l'autre jour, il faudrait encore attendre une bonne trentaine de minutes avant de passer les slows. N'est-ce pas exact ?
- Si ça l'est. Ah… qu'est-ce que tu peux m'énerver à toujours avoir raison comme ça ! Bon, mais rappelle-toi que je veux absolument que tu passes la dernière chanson ! La numéro 9 sur la face B.
- Oui, je sais Milo… Ça fait au moins la cinquième fois que tu me le dis ! Je ne suis ni sourd ni idiot !
- Bien entendu Camus. Mais c'est que, en fait… J'aimerais vraiment danser avec toi sur cette chanson.
- Ah bon ?
- Ben oui… Tu voudras bien, s'il te plaît ? S'il te plaît !…
- D'accord ! Mais vraiment pour te faire plaisir, et à une seule condition…
- Super ! Merci Camus ! Laquelle ?
- Qu'il ne s'agisse pas d'un slow !
- Bien sûr que c'est pas un slow ! Tu sauras que les Scorpions ont plus d'un genre musical dans les cordes de leurs guitares. Et on va pas danser un slow entre mecs ! T'as des drôles d'idées toi quand même… Enfin sauf si t'as envie d'en danser un avec moi ?
- Euh, non… Pourquoi dis-tu ça ?
- Je sais pas… On aurait dit que t'en avais envie en fait…
- Non, pas du tout !
- Alors pourquoi t'es tout rouge tout d'un coup ? »
Pour appuyer son propos, le futur Scorpion effleure la joue de son ami du bout de son index en plongeant ses grands yeux bleus dans les siens. Le futur Verseau bat alors lentement des paupières, et ses longs cils soulignent la beauté de ses iris cuivrés dans une arabesque parfaite et délicate. Absolument sublime.
« Encore ? Tu vas pas recommencer avec ça Milo ! Je te dis que j'ai trop chaud, c'est tout !
- Eh bien tu n'as qu'à fabriquer un peu de glace pour nous rafraîchir… Après tout, c'est ta spécialité non ? » lance le jeune Grec en s'éloignant vers la piste de danse, un sourire plus que satisfait étirant ses lèvres.
oOoOo
« Alors, vous voyez que finalement vous trouvez ça sympa ! s'exclame le pseudo maître de cérémonie.
- Oui, c'est vrai que t'as eu une bonne idée ! Merci Milo !
- Ah mais de rien Aïo ! répond l'intéressé entre deux pas de danse parfaitement maîtrisés.
- Eh bien écoute, c'est vrai que je dois avouer qu'en définitive, j'apprécie assez ton initiative.
- Ah mais merci Mû ! Je n'étais pas convaincu que tu aimerais ce type d'activité physique bassement terre à terre, mais je suis ravi que ce soit le cas ! »
Après avoir déposé un coup de poing amical sur l'épaule de son camarade sans sourcils, Milo fait un tour sur lui-même au rythme de la musique Disco qui a maintenant envahi le Septième Temple.
« Gimme, gimme, gimme a man after midnight…
Won't somebody help me chase the shadows away » (2)
Puis il reprend son bavardage.
« Et regarde Aïo… T'as plus que quelques pas à faire et Marine sera dans tes bras…
- Milo ! Arrête de me foutre la pression comme ça ! Tu vas créer un blocage à force !
- Ok ! Pardon… »
Conscient du fait qu'il ferait mieux de laisser un peu d'air à son ami, Milo se concentre alors sur l'exécution de sa petite chorégraphie. Pas chassé sur la droite, pas chassé sur la gauche, retour en position centrale, et… flexions des genoux. Il s'accroupit, pose une main sur le sol et remonte aussitôt en tournant sur lui-même. Claquement de doigts.
La classe.
« T'as vu Camus ?! Je me débrouille pas trop mal finalement ! »
L'interpellé s'apprête à ouvrir la bouche pour répondre à son interpelleur lorsqu'une main fine et chaude se pose sur son épaule.
« Il ne te laisse jamais tranquille, n'est-ce pas ?
- Quoi ?
- Milo… il a toujours besoin de ton attention.
- Pourquoi dis-tu ça, Shaka ? Milo est mon meilleur ami. C'est normal qu'il veuille que je m'intéresse à lui.
- Oui… Probablement. Et toi ? T'intéresses-tu à lui et à ce qu'il entreprend ?
- Evidemment !
- Alors c'est que vous êtes faits pour vous entendre tous les deux…
- C'est ce que je crois, effectivement.
- Tu as de la chance Camus. Et tu devrais en profiter.
- Je suis désolé Shaka, mais je ne vois pas où tu veux en venir.
- Tu comprendras bientôt. J'en suis convaincu.
- Si tu le dis…
- Et tu ne veux pas danser avec les autres ?
- Et toi ? Je te retourne la question.
- Non, je préfère me contenter de regarder.
- Mais Shaka, tu as les yeux fermés…
- Et alors ? Nul besoin d'ouvrir les yeux pour voir.
- Si tu le dis…
- Et toi, Camus ? Quand est-ce que tu ouvriras les yeux ? »
Le mi-Verseau ne répond pas. Ouvrir les yeux sur quoi ? Qu'est-ce que Shaka essaie de lui faire comprendre ? Il passe une main dans ses longs cheveux, et commence à écarter ses lèvres pour demander des précisions à son compagnon dont le manque de clarté semble proportionnel à son possible taux de divinité, lorsqu'un cri vif et énergique l'interrompt dans son élan.
« Alors Camus… Qu'est-ce que tu fabriques ?! Je crois que c'est LE moment ! s'exclame le futur locataire de la Huitième Maison qui vient de se dresser devant lui, et qui lui secoue vigoureusement le bras pour le rappeler à son devoir.
- Ah bon ?
- Ben évidemment ! Regarde… Aïo et Marine sont tous les deux sur la piste. Y a plus qu'à changer la musique ! Mets donc la cassette que je t'ai filée tout à l'heure. Face B, chanson numéro 9.
- Mais je croyais que ce n'était pas un slow !
- Ouais… il se pourrait que je me sois trompé en fait…
- Milo !
- Camus, s'il te plaît ! Passe donc cette chanson ! »
L'apprenti DJ prend ladite cassette entre ses mains et déchiffre les inscriptions écrites dessus.
« Scorpions… Love at First Sting.
- Ouah ! Camus, quel accent !
- Merci…
- Et tu sais ce que ça veut dire ? Car moi, ma maîtrise de l'anglais est encore plus approximative que celle de ton cher français…
- Alors en effet… Milo, ce qui est écrit sur cette cassette veut dire : « l'Amour dès la première piqure ».
- Ah, mais je savais que cet album était fait pour moi ! Vas-y passe la numéro 9 ! Le titre c'est : « Stileu lovingueu Youu ». Tu vas voir, c'est magnifique ! Vas-y Camus ! S'il te plaîîît !
- OK, c'est bon ! Je vais la mettre ta chanson ! ».
L'apprenti Saint de Glace appuie sur le bouton stop du radiocassette, ce qui déclenche un profond mécontentement chez ceux restés sur la piste de danse. Mécontentement auquel il répond par un mouvement du doigt indiquant l'identité du fautif à l'origine de ce changement musical intempestif. Milo répond aux furieux par un large sourire et un clin d'œil d'une indiscrétion absolue pour celui qui vient de prendre une année supplémentaire.
Puis Camus éjecte la cassette aux sonorités Disco de l'appareil, la remplace par la cassette Scorpionesque, et appuie à nouveau sur lecture.
Rugissements de guitare électrique. Cri de joie chez l'aspirant Arachnide. Cris d'effroi sur la piste.
« Qu'est-ce que c'est que cette horreur !
- C'est Scorpions ! Le meilleur groupe de la Terre toute entière, si ce n'est de tout l'Univers ! Mais Camus… même si j'adorerais pouvoir continuer à écouter cette mélodie si douce à mes oreilles, c'est l'autre face qu'il faut mettre !
- Ah oui… Pardon. Je crois que je ne maîtrise pas encore très bien l'usage du radiocassette.
- Pour une fois que tu ne maîtrises pas quelque chose… » précise pour lui-même le mélomane aux goûts musicaux éclectiques. Car du Disco au Métal, il y a tout de même un monde…
Nouvel appui sur le bouton stop, suivi d'un ouf de soulagement de la part des danseurs. Changement de face. Et… Lecture !
Intro de guitare. Stupeur sur la piste. Les adolescents pourtant jusque-là avides d'expression corporelle se regardent inquiets et circonspects et, surtout, totalement démunis vis-à-vis de l'attitude à adopter.
Milo fait un mouvement de tête exagéré dans la direction d'Aïolia, pour lui rappeler la marche ‒ ou plutôt le pas de danse ‒ à suivre, mais celui-ci répond en regardant ses pieds. Timide et un peu coincé le minet…
« Time, it needs time… To win back your love again…
I will be there… I will be there…
Love, only love… Can bring back your love someday… » (3)
« Alors Camus… Je t'avais pas dit que c'était magnifique ?
- Si Milo. Et tu avais raison. C'est très beau…
- Et ça veut dire quoi au fait ? interroge l'Hellène pas vraiment polyglotte, qui connaît pourtant parfaitement le sens des paroles qui résonnent à présent dans le Septième Temple. Car malgré son manque d'attirance pour la langue de Shakespeare et sa flemmardise habituelle à l'égard du travail intellectuel, il a pris le temps d'en réaliser la traduction. Et il a très bien compris chaque phrase. Il a même retenu le sens du moindre mot.
- Attends, je réfléchis…
- J'aime quand tu réfléchis Camus…
- Tais-toi Milo, tu me déconcentres !
- Pardon…
- Alors, je ne suis pas tout à fait sûr, mais je crois que ça veut dire un truc du genre : « J'ai besoin de temps pour regagner ton amour. Je serai là… L'amour, seulement l'amour peut ramener ton amour un jour ».
- Oh, c'est tellement beau ce que tu dis Camus !
- Moi ? Mais je ne dis rien du tout ! Je me contente de traduire les paroles de cette chanson, comme tu me l'as demandé.
- Oui mais tu le dis tellement bien…
- Tu trouves ?
- Oui... »
Le Français fixe d'un regard perplexe les orbes saphir de son ami. De son meilleur ami. Ces yeux qu'il aime tellement regarder et grâce auxquels il se sent heureux, sans vraiment savoir pourquoi. En tout cas, sans en être certain. Ou peut-être bien que si finalement. Oui, s'il veut être tout à fait honnête avec lui-même, il a toujours parfaitement su. Depuis le premier jour. Pour lui, Milo n'est pas que son meilleur ami, celui qui le fait rire et le réconforte. Non, il est bien plus que cela. Il est au centre de son univers, le seul qui attire son attention et qui lui donne envie de découvrir le monde autour de lui. Il est unique, il est tout, et surtout, il est tellement…
« Mais par la Déesse, qu'est-ce qu'il fabrique ! Excuse-moi deux minutes Camus, il faut que j'aille remonter les moustaches de notre lionceau ! »
Le comploteur-arrangeur de rendez-vous amoureux s'éloigne en direction de la piste, et saisit Aïolia par le bras pour le conduire à l'écart.
« Mais qu'est-ce que tu fiches ? Marine est retournée s'asseoir !
- Ben oui, je crois que je ne l'intéresse pas, Milo !
- Bien sûr que si ! Elle attend juste que tu fasses le premier pas et que tu l'invites à danser !
- Mais elle va refuser et je serai ridicule ! En plus, je ne sais pas danser sur ce truc !
- Quoi !? T'as déjà oublié notre leçon de tout à l'heure ?!
- Non…
- Alors, prends donc ton courage à deux mains et va l'inviter ! Par tous les Dieux, t'es un futur chevalier oui ou non ?!
- Justement Milo ! Un futur chevalier ne devrait pas se comporter comme ça ! Athéna ne le permettrait pas…
- Et tu la vois quelque part dans les parages, Athéna ?
- Non…
- Alors arrête tes salades, et va l'inviter à danser je te dis !
- Non ! T'as qu'à aller lui demander toi-même d'abord !
- Moi ? Mais je veux pas danser avec Marine !
- Mais non ! Va lui demander si elle voudrait pas danser avec moi !
- Ah ! Evidemment… Ou avais-je la tête ?
- Ailleurs, visiblement…
- OK, j'y vais. Mais t'as intérêt à rappliquer rapido si elle me dit qu'elle est d'accord.
- Promis ! ».
Milo se dirige donc d'un pas décidé vers les deux jeunes filles qui semblent être en grande discussion.
« Pardon, mes Demoiselles, puis-je vous interrompre un instant pour vous poser une question ?
- Essaie toujours, si t'en as le courage… rétorque la pré-adolescente aux cheveux verts.
- Marine… commence le sûr de lui tout à coup beaucoup moins sûr, est-ce que tu voudrais danser avec mon pote Aïolia ? »
L'intéressée initie une tentative de début de réponse aussitôt avortée par la réaction de sa camarade qui se dresse d'un bond sur ses jambes.
- Non mais ça va pas la tête ! Laisse ma copine tranquille, et si ton pote veut l'inviter à danser, il n'a qu'à venir lui demander lui-même ! »
A ces mots, le sang bouillonnant du futur Assassin en titre du Sanctuaire ne fait qu'un tour, avant de s'arrêter dans ses yeux qui prennent alors une inquiétante teinte très légèrement orangée.
« Oh toi la sorcière, laisse donc ta copine parler pour elle-même, s'il te plaît ! ».
Une baffe monumentale arrive alors avec vigueur et sans détour sur sa joue. Le giflé saisit le bras de la gifleuse sans la moindre délicatesse, et le Tibétain arrive de ce fait pour calmer les esprits.
« Shaina, voudrais-tu me faire l'immense plaisir de danser avec moi, s'il te plaît ?
- Volontiers, Mû… mais une fois que j'aurai refait le portrait à ton ami qui a eu l'audace de me toucher sans mon autorisation !
- Milo, s'il te plaît… Concentre-toi sur ton objectif principal, et lâche donc le bras de Shaina. »
Le premier colérique cligne une fois des paupières, regarde sa main qui serre le bras de la seconde colérique, et la libère aussitôt.
« Pardon Shaina. Je me suis emporté.
- Voilà… Shaina, me ferais-tu l'honneur ? insiste le presque Bélier en penchant légèrement son buste en avant.
- Puisque c'est si gentiment demandé… Heureusement que certains ont tout de même le sens des bonnes manières dans ce fichu Sanctuaire ! »
Et l'Italienne part en direction de la piste de danse au bras du gentleman qui vient de l'inviter.
« Alors Marine… Est-ce que tu voudrais danser avec Aïolia ?
- Mais Milo, Shaina a raison. Pourquoi ne vient-il pas me le demander lui-même ?
- Parce qu'il est timide et qu'il est persuadé que tu vas l'envoyer balader.
- Bien sûr que non. Et tu peux lui dire que j'accepte avec plaisir. »
Le Grec fait un signe de main à son compatriote pour lui signifier de le rejoindre, et une fois la chose faite, il ne prononce plus que trois mots.
« Voilà, débrouillez-vous ».
Le satisfait repart en direction du magnétophone d'un nouvel élan décidé. A lui maintenant de tenter de parvenir à ses fins…
« Bien joué Milo ! Je pensais sincèrement que tu n'y arriverais pas !
- Alors c'est que tu ne me connais pas aussi bien que ça finalement… Car j'arrive toujours à atteindre l'objectif que je me suis fixé ! D'ailleurs à ce sujet… Camus, danse avec moi, s'il te plaît !
- Non mais ça va pas la tête !
- Allez, s'il te plaît ! Juste pour voir ce que ça fait ! Je veux essayer…
- Tu n'avais qu'à inviter Shaina tout à l'heure !
- Elle n'a pas voulu ! Enfin, t'as bien vu qu'elle m'avait collé une baffe quand même ! répond le menteur éhonté.
- Oui, j'ai vu… Ça va d'ailleurs ? Tu n'as pas mal à la joue ?
- Non ça va… »
« I'm still loving you… I need your love… »
« Camus, s'il te plaît ! C'est la meilleure partie ! Et la chanson est presque terminée !
- J'ai dit non, Milo ! » insiste le Français sur un ton catégorique ne laissant plus la moindre petite place à la négociation.
Le Grec déçu et vexé s'exile en boudant vers la table des victuailles. Table de laquelle s'éloigne la future Vierge, pour se diriger vers celui qui est resté près du radiocassette et qui regarde à présent avec insistance le marbre à ses pieds.
« Tu devrais vraiment ouvrir les yeux Camus… » murmure Shaka à son oreille.
Celui qui a visiblement du mal à accepter l'évidence relève finalement la tête dans le but de répondre à son interlocuteur obsédé par cette histoire de problème de vue ‒ un comble pour quelqu'un qui garde les yeux clos en tout lieu et en toute circonstance ‒ lorsque le retour inattendu d'un Milo surexcité coupe court à toute tentative d'explications, une nouvelle fois.
« Camus, regarde ! Aïo va y arriver ! Il va le faire ! »
Les deux amis concentrent tous leurs sens, du premier au cinquième ‒ il ne faudrait pas exagérer non plus ‒ vers la piste de danse. Et Shaka ouvre les yeux !
Aïolia est en train d'approcher ses lèvres de celles de Marine, et tous les aspirants chevaliers sont suspendus aux leurs.
C'est alors qu'un brouhaha viril et bruyant interrompt soudainement cet instant aussi magique que romantique, et probablement inédit dans toute l'histoire de la Chevalerie d'Athéna (si si si).
Camus tourne la tête dans la direction de l'origine de ce bruit parasite et terriblement inopportun, et laisse échapper un profond soupir.
« Sapristi ! ne peut-il s'empêcher de jurer dans sa langue natale. Les ennuis commencent… »
« Alors les gamins ! Vous faites la fête sans nous ? Pas mal votre petite sauterie !
- Qu'est-ce que vous venez faire là ?! s'insurge le futur Scorpion dont les iris semblent amorcer un subit et inquiétant changement de couleur.
- Ben quoi ?... Shura se demandait où était passé son radiocassette. N'est-ce pas Shura ?
- Oui tout à fait. Mais je vois qu'il vous est fort utile, ce qui me réjouit !
- Ah mais t'es trop sympa Shura ! Bon ben du coup, vous nous paierez bien un p'tit truc à boire, maintenant qu'on est là ? Hein, Aphro ? T'as pas soif toi ?
- Si Angelo. Très soif même…
- Ah, mais ce serait avec plaisir les gars, mais on n'a que du jus d'orange ! répond le Brésilien en s'avançant vers les trois nouveaux venus.
- Pas de problème, on a apporté ce qu'il faut… rétorque le Cancer en levant le pack de bières qu'il tient dans sa main droite. Shura, tu me files ton briquet s'il te plaît ? »
L'Italien saisit l'objet demandé des mains de l'Espagnol, sort une bière de l'étui en carton, et tend les autres à son compère. Il ouvre sa bouteille en faisant levier sur la capsule avec le briquet et ladite capsule s'envole dans les airs avant de retomber sur le sol. Il boit une grande gorgée et repasse le briquet au Capricorne.
« Tiens, si tu veux t'en faire péter une !
- Merci Angelo. Aphro, t'en veux une ?
- Oui, mais nous devrions peut-être en proposer à nos jeunes hôtes, vous ne croyez pas ?
- Mais tout à fait ! Alors les morveux, lequel d'entre vous veut goûter à une boisson de mec ?!
- Moi je veux bien en fait ! s'écrie l'énervé qui semble avoir retrouvé son calme tout à coup.
- Milo !
- Quoi ? La bière, c'est pas vraiment de l'alcool ça…
- Euh… si !
- C'est bon Camus, fous-moi la paix !
- Fais comme tu veux, mais si tu bois ça, ne compte pas sur moi pour accepter de faire un jour ce que tu m'as demandé tout à l'heure !
- Ah… zut… Bon ben, non merci les gars, moi je passe mon tour.
- Tant pis pour toi gamin ! Quelqu'un d'autre ? Le Birthday Boy ? Tu veux pas boire une bière pour ton anniversaire ? lance le gardien du Quatrième Temple avec un sourire empreint de mépris à l'encontre de son cadet
- Je sais pas… Ça a quel goût en fait ?
- Le goût de la liberté ! Et profites-en, c'est cadeau pour tes douze ans !
- Euh… Quatorze. J'ai quatorze ans en fait…
- Ouais, si tu veux… Un autre ?
- Allez les gars… Y en a pas un qui voudrait m'accompagner ? Je vais quand même pas boire ma première bière tout seul ?
- Ben moi j'aurais bien voulu Aïo. Mais je peux pas… s'excuse le plus jeune des deux Grecs.
- Mû ?
- Hors de question !
- Bon, Shaka, Camus, je vous demande même pas… Aldé ? Il ne me reste plus que toi…
- D'accord. Mais c'est bien parce que c'est ton anniversaire, et parce que je sens que si on ne fait pas ce qu'ils nous demandent, ces trois-là ne nous laisseront jamais tranquilles.
- Ah mais en plus d'être super baraqué, t'es loin d'être idiot toi dis-donc !
- Angelo ! Arrête donc d'être aussi désagréable avec nos petits camarades !
- Oui pardon… T'as raison Aphro. Veuillez excuser mon manque de savoir-vivre… Et tenez, descendez-moi ça rapido, qu'on en finisse ! Shura, tu leur files deux bouteilles, s'il te plaît ?! »
Le Capricorne décapsule les deux bières demandées et les tend devant lui. Aldébaran les saisit et en passe une à son compagnon tandis qu'il commence à boire la sienne. Et il la boit d'une seule traite.
« Par la Déesse, quelle descente ! Toi, tu fais pas les choses à moitié ! Bon, et toi alors ? Tu vas la regarder longtemps ta binouze avant de te l'envoyer dans le gosier ?
- Aïo, t'es pas obligé de la boire si t'en as pas envie, suggère le Scorpion presque doré dans un élan surprenant de responsabilité et de lucidité.
- Allez ! On va pas y passer la journée ! L'Horloge du Sanctuaire tourne et les heures s'égrainent…
- Euh, Angelo… t'en rajoutes pas un peu là, quand même ? Car je tiens à préciser que la fameuse Horloge dont tu parles ne se met en route que dans des circonstances fort peu réjouissantes qui ne semblent, fort heureusement pour nous tous et surtout pour notre bien-aimée Déesse, pas encore d'actualité.
- La ferme Shura ! Tu déconcentres notre petit camarade !
- Angelo, je te prierais de modérer un peu ton langage… Je te rappelle que nous sommes en présence d'enfants.
- T'as raison Aphro. Je suis incorrigible. Bon, le blanc-bec à l'ascendance fraternelle douteuse et condamnable, tu la descends cette foutue bière ? »
A ces mots, Aïolia relève subitement les yeux et jette un regard sombre et électrique à son aîné.
« Ah… Mais c'est qu'il mordrait le chaton ! »
Ces moqueries, ces remarques… Aïolia ne les supporte plus et il ne veut plus les entendre. Surtout pas aujourd'hui. Alors il porte la bouteille à sa bouche et commence à boire le liquide amer et frais. Pas si terrible finalement… Il s'apprête à écarter le goulot de ses lèvres pour reprendre sa respiration, lorsque des doigts puissants s'agrippent au culot.
« Ah non ! Cul-sec, comme ton pote l'armoire à glace ! »
Le jeune Grec avale alors une gorgée bien supérieure à ce qu'il envisageait, et manque ainsi de s'étouffer avant de vider malgré tout l'objet de son supplice.
« Ben voilà ! Joyeux anniversaire Aïoli !
- Aïolia ! Moi, c'est Aïolia !
- Ah… Je me disais aussi que tes parents n'avaient pas été très sympas avec le prénom qu'ils t'avaient choisi… Bon Shura, tu me repasses ton briquet, s'il te plaît. J'voudrais m'en griller une. »
Le Masque de Mort sort un paquet blanc et rouge de la poche arrière de son jean, et en extirpe une cigarette. Il la colle à ses lèvres, l'allume et tire dessus aussitôt. Il libère la fumée par le nez et soupire de satisfaction.
« Par la Déesse, ça fait du bien ! Cette merde aura ma peau, mais putain, qu'est-ce que c'est bon !
- Angelo ! Arrête avec cette vulgarité, s'il te plaît !
- Ah oui, merde ! J'ai encore oublié ! Pardon… T'en veux une Aphro ?
- Non merci. Les tiennes sont beaucoup trop fortes pour moi.
- Shura, j'te propose pas… Les gamins ? Y en a pas un qui veut essayer ? C'est mon jour de bonté aujourd'hui, alors n'hésitez-pas à en profiter !
- Tu devrais pas fumer, Angelo. C'est mauvais pour la santé, tente d'argumenter le futur Bélier, dont les vapeurs du tabac commencent à agresser les narines.
- Ouais je sais… le cancer et tout ça… Mais j'm'en tape à vrai dire ! Parce que… j'suis immunisé ! Chevalier du Cancer j'vous rappelle ! Ha HA HAA ! Elle est bien bonne celle-là ! »
Ledit Cancer tire une nouvelle fois sur sa cigarette et l'écrase ensuite sur le mur de la Septième Maison.
« Allez les gars, on se casse. J'crois qu'on a assez emmerdé les marmots. Oh mais… t'es sûr que ça va aller le minet ? T'es tout pâle…
- Aïo, ça va pas ?
- Si si Milo. C'est juste que j'ai la tête qui tourne. C'est bizarre. J'ai dû danser trop longtemps tout à l'heure…
- Oh mais ça n'a pas l'air d'aller du tout ! Camus, viens m'aider s'il te plaît ! »
Le Verseau en devenir accourt aussitôt, avec Mû et Aldébaran sur les talons.
« Il faut lui faire boire de l'eau. Ça lui fera du bien… suggère le Poisson avant de rejoindre ses deux compères qui se dirigent déjà vers la sortie.
- Merci de ton conseil Aphrodite », répond le Français en l'observant s'en aller.
Juste avant de quitter la salle de bal improvisée, l'Italien marque un temps d'arrêt et se retourne comme s'il avait oublié quelque chose. Et une fois le Suédois arrivé à sa hauteur, Angelo le saisit par la taille et l'embrasse à pleine bouche.
Camus cligne lentement des paupières, incertain de la réalité de la scène qui se joue à quelques mètres de lui. Milo relève la tête à son tour, curieux de connaître l'origine de la distraction de son ami dans un moment aussi délicat. Aïolia est tout de même en train de leur glisser entre les doigts…
Ses yeux se portent alors sur ce qui semble monopoliser l'attention de son compagnon, et l'impression soudaine d'avoir été propulsé au beau milieu d'un rêve envahit son esprit. Un courant délicieux parcourt aussitôt sa colonne depuis le haut de son dos jusqu'au creux de ses reins. Ils auraient donc le droit de faire ça ?...
Les deux amis détournent en même temps leur regard de cette vision improbable et leurs yeux se croisent l'espace d'une seconde. Mais alors… se pourrait-il que finalement… Ils pourraient avoir le droit eux aussi ?...
Une toux incontrôlée émanant du camarade en détresse qui s'est maintenant assis à leurs pieds les sort toutefois de leur rêverie commune.
« Aïo, ça va aller ? s'inquiète le plus jeune des deux rêveurs.
- Ouais Milo ! Ça va même super bien en fait ! Elle est où Marine ?!
- Euh… t'es sûr que tu te sens bien, parce que t'as pas vraiment l'air dans ton état normal là quand même ?!
- Mais puisque j'te dis que j'me sens vaaachement bien !
- Tiens Milo, donne-lui ça à boire.
- Merci Shaka. Qu'est-ce que c'est ?
- De l'eau. Tout simplement. Il a besoin de s'hydrater et de laver son esprit de ce qui vient de le souiller.
- Ah… Merci pour la leçon, Maître Bouddha !
- Je ne veux délivrer aucune leçon, Milo. Je veux juste rendre service. C'est tout.
- Merci Shaka, Milo ne voulait pas dire ça. N'est-ce pas ?
- Non Camus. En effet, je ne voulais pas dire ça. Et merci Shaka. Merci tout court. »
Le jeune Indien sourit et attend qu'on lui rende le verre vide pour pouvoir le remplir à nouveau.
« Ah tiens, il n'y a plus de musique, constate l'aspirant Taureau.
- Oui, la cassette est terminée. Still loving you était la dernière chanson, précise le Français.
- Alors j'imagine que ma fête d'anniversaire est terminéée !
- Oh oui, elle l'est, c'est le moins que l'on puisse dire ! » s'exclame une voix puissante, terrifiante et… absolument sublime. Une voix qui semble provenir d'une autre dimension, mais qui vient pourtant de pénétrer à l'instant dans la Maison de la Balance sans que personne ne l'ait remarquée. Et une voix qui s'approche d'eux peu à peu. Inexorablement et implacablement.
« Putain, on est dans la merde !
- Milo !
- Pardon Camus… Mais là, on est VRAIMENT dans la merde !
- Bonjour Saga ! » lance le futur Bélier, avec le sourire le plus innocent de tout le Sanctuaire.
oOoOo
Milo, étendu encore tout habillé sur son lit et les bras croisés derrière la tête, se morfond en silence. Il fixe le plafond en ruminant sa déception, son désespoir et sa colère. Sa colère contre les trois imbéciles qui ont gâché sa fête, et sa colère contre lui-même. Car il a tout loupé aujourd'hui. Il a tout laissé partir en n'importe quoi, et il n'a pas été à la hauteur. Pas à la hauteur de ce qu'il voulait accomplir pour son ami Aïolia, et pas à la hauteur de ce qu'il voulait réaliser pour lui-même.
Et surtout, par sa faute et celle des trois loustics aux armures en plastique, Aïolia risque d'en payer le prix, pour sûr et sans le moindre doute. Car personne ne laisse jamais rien passer au frère du traître au Sanctuaire et à leur Déesse. Enfin, dès qu'il se sentira mieux… Car pour l'instant, Aïolia se trouve à l'infirmerie où Mû et Aldébaran l'ont conduit sur les ordres de Saga.
Saga… Ce qu'il leur a mis dans les dents ! Il leur a hurlé dessus à leur briser les tympans, leur a foutu une peur bleue à leur faire perdre la vue, et il ne leur a pas laissé la possibilité d'en placer une pour tenter de s'expliquer. Bref… il les a pour ainsi dire privés de presque tous leurs sens. Une sale habitude chez le Gémeaux, il paraît.
Mais finalement, Camus et lui ne s'en sont pas trop mal tirés, puisqu'il leur a simplement demandé de regagner leurs pénates. Bon… non sans les avoir tout de même menacés de les envoyer dans une autre dimension s'ils ne s'exécutaient pas dans la minute. Mais au moins, ils n'ont pas eu besoin de raccompagner Shaina et Marine au baraquement des filles, et c'est ce pauvre Shaka qui a dû s'y coller. En espérant qu'il n'ait pas succombé en chemin sous les foudres de l'Italienne, passablement remontée contre ce satané fiasco et contre la tentative de bisou avorté entre sa copine et ce sale minet dévergondé.
Et puis surtout, il semblerait que le Grand Pope n'ait pas été informé de cet événement profondément irrespectueux de toutes les règles de bonne conduite du Sanctuaire. Ou en tout cas, Saga n'a pas indiqué son intention d'ébruiter la chose auprès de leur Vénéré Maître.
Cela dit… Maintenant qu'il y pense… Il ne voit pas comment Saga pourrait dire quoi que ce soit au représentant d'Athéna sur Terre puisque ces deux-là n'ont pas été vus dans la même pièce depuis des années. D'ailleurs, cette façon qu'ils ont de s'éviter demeure éminemment surprenante et conduit à imaginer tout un tas de scénarios, tous plus farfelus les uns que les autres. Surtout pour un esprit à l'imagination aussi débordante que celui du presque Scorpion.
Mais tel n'est pas le sujet qui préoccupe ce soir le futur Arachnide. Non, ses pensées sont dirigées vers un tout autre problème, et surtout, vers une toute autre personne. Camus. Encore. Camus. Toujours.
Et puis aussi… Il y a une image qui l'obsède. Un souvenir qu'il ne parvient pas à effacer de sa mémoire. Celui de ce baiser. Le baiser échangé entre Angelo et Aphrodite dans le Temple de la Balance, sous leurs yeux admiratifs et ébahis, à Camus et à lui. Un baiser totalement désinhibé et sans retenue aucune, chargé de volupté et de désir. Comment une telle chose peut-elle être envisageable ? Comment une telle chose peut-elle être permise ? Et si elle l'était ?… Et si Camus en avait envie lui aussi ?… Et si…
Perdu dans sa réflexion humide et sensuelle, Milo ne sent pas arriver un cosmos pourtant si familier à sa perception aiguisée, et sursaute donc comme le gamin qu'il n'est plus en entendant trois coups secs mais discrets résonner contre la porte de sa chambre.
« Milo !? C'est moi. C'est Camus. Tu dors ?
- Ben non, évidemment !
- Je peux entrer ?
- Ben oui, évidemment ! » répète le rêveur sans le moindre effort de vocabulaire.
Le Français pénètre alors dans la petite pièce sommairement éclairée et profondément en désordre.
« Milo… tu ne crois pas que tu pourrais essayer de maintenir ton espace personnel dans un état un peu plus acceptable ?
- Ah ça va ! Tout le monde ne peut pas être aussi organisé et ordonné que toi. Toi qui gardes toujours tout parfaitement bien rangé, avec chaque chose au bon endroit. Ah mais tiens ! Tu n'as aucun mérite Camus en fait ! Endroit… ça se dit aussi recto… Et donc, rien de plus normal pour un Verseau ! Recto-Verseau ! T'as compris ? Ouah, elle est énorme celle-là ! Hein Camus ?
- Euh… non, c'est nul.
- Ah bon ?... Oui, peut-être… Bah, c'est la fatigue et le stress accumulés aujourd'hui… Mais au fait, qu'est-ce que tu veux ? Je parie que t'es venu me sermonner et me dire combien t'avais raison, encore une fois…
- Non Milo, ceci n'est pas l'objet de ma visite.
- Alors pourquoi t'es là ? Tu m'intrigues…
- En fait, je voudrais te demander de venir avec moi… Parce que… j'aimerais te montrer quelque chose.
- Quoi donc ? Et ça peut pas attendre ? Non parce que t'as vu l'heure ? En plus, je crois pas que ce soit une bonne idée d'aller se balader dans le noir… surtout ce soir et après la fumée qu'on s'est prise par Saga tout à l'heure.
- Ne t'inquiète pas pour ça. Saga ne nous embêtera pas davantage aujourd'hui, car j'ai cru comprendre qu'il souffrait d'une violente migraine.
- Si tu le dis… Mais c'est loin ce que tu veux me montrer ? Parce que j'ai les jambes en compote moi après tous ces pas de danse !
- Non. A peine une dizaine de minutes de marche. Allez, s'il te plaît… Je te promets que tu ne seras pas déçu » insiste l'apprenti Saint de Glace avec un sourire des plus chaleureux sur ses lèvres parfaites et délicates.
Lèvres que le Scorpion en devenir ne peut plus quitter des yeux, surtout maintenant qu'elles s'étirent en un sourire affectueux, et qu'il sait que ce sourire rare et sublime n'est réservé qu'à lui et à lui seul. Se pourrait-il ?...
L'amoureux sans armure avale difficilement sa salive et ouvre ses lèvres à lui pour tenter de bafouiller une réponse à peu près convenable.
« Si tu me promets que cette balade nocturne en vaut la peine, alors je veux bien accepter de te suivre.
- Merci Milo. Oui, je te le promets. Et donc… si tu le veux bien, allons-y.
- Oui, allons-y Camus. »
oOoOo
« Bon, heureusement que cette petite randonnée ne devait durer qu'une dizaine de minutes !
- Ah mais je ne pensais pas que tu marcherais aussi lentement !
- Oui, ben on voit bien que c'est pas toi qui as dansé tout l'après-midi !
- Arrête donc de te plaindre et ne te préoccupe plus de cela, car nous sommes arrivés.
- Enfin ! Pas trop tôt… Et alors, qu'est-ce que tu voulais me montrer ? Car je ne vois rien de particulier en ce lieu qui vaille la peine d'être regardé.
- C'est parce qu'en réalité, je ne veux rien te montrer du tout...
- Quoi ?! Tu te fiches de moi ? On est pas venus jusqu'ici pour rien j'espère !
- Bien sûr que non ! Par contre, pourrais-tu essayer de te taire deux minutes, s'il te plaît… »
Camus se penche derrière l'un des nombreux blocs de pierre qui bordent la petite falaise qui se dresse à quelques mètres devant eux, et en dégage un objet sombre et rectangulaire. Un objet duquel s'échappe une mélodie que Milo reconnaît aussitôt.
« Milo… Est-ce que tu voudrais bien danser avec moi ?
- Oh Camus… t'as changé d'avis ? Mais pourquoi ?
- Parce qu'aujourd'hui j'ai pris conscience de certaines choses…
- Quoi ?... Quelles choses ? De quoi parles-tu ? Et comment ?... Comment as-tu pris conscience de…
- Chut… et danse avec moi, s'il te plaît. »
Le Français s'approche de son ami qui contre toute attente et contre toute logique ne semble pas vouloir bouger. Il paraît hypnotisé, paralysé, incapable d'initier le moindre mouvement. Comme s'il se trouvait sous l'emprise de son propre venin de Scorpion. Camus saisit alors ses mains pour les poser sur sa taille et place les siennes autour de son cou. Il prend une profonde inspiration, et il commence à danser. Ils commencent à danser tous les deux.
« Love, Only love… Can break down the wall someday…
I will be there…, I will be there… »
Milo sent son cœur s'emballer dans sa poitrine tandis que son sang se fige dans ses veines. Sa respiration se bloque, sa peau frissonne de toute part, et tous ses sens sont sur le point d'exploser. Ah, cette fichue boum… Il n'est pas prêt de l'oublier…
Camus le regarde dans les yeux. Il visse son regard de lave dans le sien, comme s'il voulait lire en lui pour enfin déchiffrer ce qu'il a dans la tête. Pourtant, Camus sait qu'il n'a plus besoin de comprendre. Parce que finalement, ce soir tout lui semble simplement évident.
Il l'aime et Milo l'aime aussi. Ils s'aiment. Depuis toujours, et ils s'aimeront encore et encore.
« I'm loving you … »
Et tandis qu'ils dansent tous les deux, nichés l'un contre l'autre comme s'ils avaient toujours su que ce moment devait arriver, leurs lèvres se frôlent et se trouvent enfin. Pour leur Premier baiser.
Leur Premier baiser, sous le ciel étoilé de cette belle nuit d'été, qu'ils partagent tous les deux, avec des papillons dans le ventre et des rêves plein les yeux.
oOoOo
Quinze ans plus tard (après de nombreux combats, plusieurs morts et une résurrection), au même endroit et dans les mêmes circonstances
« Tu es toujours un aussi bon danseur tu sais…
- Merci, mais de nous deux, il me semble que tu as toujours été le meilleur…
- Pas pour ce genre de danse Camus » murmure le Scorpion en embrassant le cou du Verseau.
« Tu crois ? Cela dit, je ne peux que faire confiance à ton jugement, car je n'ai jamais eu un autre partenaire que toi.
- Chut Camus ! Tu vas nous faire manquer la meilleure partie… »
« If we'd go again, All the way from the start…
I would try to change, The things that killed our love… »
Et tandis qu'il caresse la joue de son homme du bout de son index, Milo ouvre ses lèvres pour se mettre à chanter.
« Your pride has built a wall, so strong, That I can't get through… »
« Oui, j'ai bien failli ne jamais pouvoir briser ton mur de glace, Camus…
- Ne dis pas n'importe quoi… Tu sais bien que je t'aurais aidé à en venir à bout, un jour ou l'autre.
- Peut-être, mais moi, je ne voulais pas attendre… malgré la mort, la tienne comme la mienne, et malgré tout le reste… » avoue le Grec en serrant la chevelure du Français entre ses doigts avant de l'embrasser.
Et après un baiser qu'ils veulent tous les deux passionné et fusionnel, Milo détache sa bouche pour se remettre à chanter…
« I'm still loving you, I need your love… »
« Camus, je t'aime toujours… Et j'ai besoin de ton amour…
- Ah mais je constate avec plaisir que ta maîtrise de l'anglais s'est infiniment améliorée.
- A ce sujet, il serait peut-être temps que je t'avoue quelque chose...
- Quoi donc ?
- J'ai toujours connu le sens exact des paroles de cette chanson.
- Comment ça toujours ?
- Oui, toujours…
- Même le jour de la Boum d'Aïolia ?
- Oui, même ce jour-là… Mais je voulais t'entendre prononcer ces mots pour moi… »
Le Verseau sourit à l'aveu du Scorpion, et l'embrasse sans interrompre la danse qu'il sait pourtant sur le point de se terminer. Parce que cette chanson… leur chanson… Camus la connaît par cœur lui aussi. Il connaît chaque accord, chaque note et chaque mot, et il veut en profiter. Profiter de ce moment merveilleux qu'ils partagent tous les deux, aujourd'hui comme le jour de leur Premier baiser. Alors il détache ses doigts du cou de l'homme qu'il aime pour les faire courir le long de son dos, en effleurant chacun de ses muscles et en savourant chaque frisson qu'il n'a aucun doute de provoquer. Il atteint finalement le creux de ses reins puis descend sur ses fesses, qu'il caresse un instant avant de les prendre fermement entre ses mains. Pour le sentir plus près de lui, et pour l'aimer encore un peu plus.
« I'm still loving you, I need your love… »
Et aux dernières notes de l'un des slows les plus extraordinaires que les Dieux du Métal aient jamais engendrés, Milo serre Camus de toutes ses forces entre ses bras et laisse échapper dans un soupir profondément amoureux…
« Fais-moi l'amour Camus, s'il te plaît ».
- FIN -
Merci de m'avoir lue… Et pardooon pour la guimauve ! ^_^
(1) Aldébaran se déhanche ici au rythme de « No woman, no cry » de Bob Marley. Et oui… Aldé avait raison. Finalement tout s'est bien passé ! Enfin presque… ;-)
(2) Vous aurez bien évidemment reconnu un extrait de la chanson « Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) » du groupe ABBA. Paroles et musique de Benny Andersson et Björn Ulvaeus.
(3) Et là... (ainsi que partout ailleurs jusqu'à la fin de cet OS)... bien sûr... la chanson « Still Loving You » du groupe Scorpions. Musique de Rudolf Schenker et paroles de Klaus Meine. La plupart des traductions ont été réalisées dans le texte ci-dessus, d'abord par Camus, et finalement par Milo. Merci à eux ! Par contre, je dois reconnaître que ce slow magnifique n'est sorti qu'en 1984, et donc bien après les 14 ans de nos loustics. Mais tant pis...
Dernières notes :
Merci à la très bonne « Série Abrégée » de StateAlchemist dont l'épisode de la Maison #8 a un peu contribué à l'inspiration de cette histoire ^_^ (sachant que l'idée de départ, je le répète, est le fait de mon amie Lily - rendons à César ce qui est à César...).
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A tout âge (et surtout à quatorze ans...).
