Salut tout le monde ! Vous allez bien ?
Voilà le chapitre 2 qui arrive avec beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de retard (désolée !). Mais bon, comme presque personne n'a vu le premier chapitre, ça devrait aller (j'espère). En tout cas, le chapitre 3 devrait arriver la semaine prochaine, promis !
Je suis plutôt fière de ce chapitre, je trouve que j'ai bien réussi à retranscrire la personnalité de Péril ! J'espère que pour vous aussi ça ira !
Bon, je vous laisse, bonne lecture !
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Il régnait un silence pesant, lourd, sinistre dans l'École de la Montagne de Jade. Et ça durait depuis le lever du soleil. Si on pouvait dire qu'il s'était levé. Il était totalement caché derrière les sombres nuages de l'orage qui avait éclaté dès l'aube.
Péril n'avait absolument aucune envie de sortir par ce temps. Elle serra son ardoise couverte de craie contre son torse. Un étrange sentiment lui serrait les entrailles depuis qu'elle s'était réveillée. Elle ne se sentait pas bien. Elle avait l'impression que quelque chose d'horrible allait survenir d'une seconde à l'autre, alors que c'était impensable. Elle était à la Montagne de Jade. C'était absolument impossible qu'un malheur arrive, alors qu'il y avait Argil et Triton ici.
Non. C'était totalement idiot d'avoir peur. Ici, c'était la sécurité, la liberté. Aucune crainte à avoir. Pas avec Argil dans le coin.
« Arrête de stresser Péril ! C'est totalement idiot, par les trois lunes ! Allez, Argil et Triton vont bientôt rentrer. Ça va aller. Aucune raison que ça n'aille pas. Nom d'un dragon, arrête de t'agiter comme ça ! Triton doit être tellement tout triste avec toute cette pluie. Dire qu'il a dû sortir par ce temps ! Je le plains, franchement. Heureusement que je suis restée à l'intérieur. Allez Argil , reviens ! Enfin, Triton aussi. Et Sunny et Tsunami j'imagine. Je me demande s'ils ont retrouvé Boto. Argil, je m'ennuie ! Quand est-ce que tu rentres ? »
Soudain, des éclats de voix résonnèrent. Péril redressa la tête, attentive. C'était la voix de Qibli ! Ils étaient rentrés ! Youpi ! Elle devrait les rejoindre tout de suite !
Ah. Non. Il fallait déjà faire attention à ce que personne ne soit dans le couloir ou elle risquait de percuter un dragonnet perdu dans un parchemin. Mais est-ce que c'était vraiment important tant qu'Argil était là ?
« Arrête Péril, tu sais bien que oui. Donc : prudence. »
La dragonne aux écailles de feu sortit le museau, renifla l'air comme si ça allait l'aider à remarquer si d'autres dragons était là, alors que l'odeur de la pluie recouvrait tout, puis sauta dans le couloir.
Aucun cri de surprise ni hurlement de panique. Parfait.
Péril pouvait passer à l'étape suivante : marcher jusqu'au grand hall.
Normalement il n'y avait personne puisque c'était là qu'Argil et ses amis dormaient et qu'aucun élève n'avait de raison de marcher dans ce couloir. Donc aucune raison de s'inquiéter !
Elle se retourna donc tranquillement dans le couloir, prête à foncer jusqu'au dragon le plus génial de l'univers.
Et failli percuter Triton.
- Non mais ÇA VA PAS ?! Tu pourrais PRÉVENIR UN PEU !
- Je sais, je sais, Péril, mais je m'attendais pas à ce que tu te retournes si brusquement.
- Mais vraiment qu'est-ce que tu faisais encore dans le passage ?! Tu sais bien que je marche TOUJOURS ici !
- Ben... Justement ?
La dragonne allait encore lui crier dessus allégrement quand elle remarqua que l'Aile de Mer n'avait pas du tout le ton légèrement moqueur de d'habitude. Elle ferma donc la gueule et l'observa plus attentivement.
Il avait... une tête de six-pattes de long. Pourquoi est-ce que ces yeux brillaient comme ça ? On aurait dit qu'il venait de se prendre une tonne de flotte sur la tête tellement il était trempé. Mais il ne s'en plaignait pas. Bizarre. D'habitude il aurait passé son temps à geindre qu'il avait froid et qu'il était tout mouillé. Aile de Mer de pacotille ! Est-ce que ça voulait dire qu'il était... triste ? Démoralisé plutôt. Enfin, elle ne savait pas.
Quelque chose clochait sérieusement.
- Euh... Péril ? Pourquoi est-ce que tu me fixes comme ça ? Lui demanda-t-il en se tortillant de gêne – ou peut-être d'embarras ?
- Qu'est-ce qui t'arrive ? l'ignora-t-elle. Quelque chose ne va pas ?
Triton la regarda comme si une deuxième tête venait de lui pousser. Elle avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Par les trois lunes, ne dites pas qu'il avait seulement une envie pressante ! Elle qui s'inquiétait pour lui ! Ça lui apprendrait à essayer de comprendre ce qu'il se passait dans cette cervelle de mollusque !
- Arrête de me regarder comme ça ! Rugit-elle.
- Ah ! Sursauta Triton en se rendant compte qu'il la fixait. Désolé c'est juste que tes questions... euh...
- Qu'est-ce qu'elles ont mes questions ? Grogna-t-elle en réponse. Elles te plaisent pas ?
- Si, si ! La détrompa son ami. C'est juste que... c'est assez inhabituel que tu te rendes compte que quelqu'un ne va pas bien.
Comment ça inhabituel ?! Péril prit un air outré. Elle était parfaitement capable de voir quand quelqu'un était bizarre ! Par exemple quand... ou... Bon, elle trouvait pas, mais il y avait forcément une fois où elle s'en était rendu compte. Triton n'avait aucune raison de se moquer d'elle !
Attendez... Il ne venait pas juste d'avouer qu'il n'allait pas bien ?!
- Donc tu as un problème ! Ah ! Je le savais, jubila-t-elle. Avant de se rendre compte qu'elle ne devrait pas se réjouir, plutôt essayer de comprendre pourquoi il n'allait pas bien. Où est le problème ? Un dragon est méchant avec toi ? Tu veux que je le carbonise ?
- Périiiiiil...
- Oui, oui, je sais, je ne dois plus brûler de dragon. C'était juste une blague! L'humour, tu connais ? Sinon je peux juste lui cramer le bout de la queue pour qu'il ne recommence plus jamais. C'est toi qui voit.
Triton se prit la tête entre les pattes d'un air désespéré, mais un minuscule-tout-petit-microscopique sourire éclaira sa face de morue. Avant de disparaître devant une expression beaucoup plus grave. Il plongea son regard dans le bleu de celui de Péril, l'air mortellement sérieux.
Péril déglutit. Il allait dire quelque chose qui n'allait pas lui plaire, elle le voyait dans ses yeux. Elle ne voulait pas l'entendre. Non. Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était rejoindre Argil ! Elle jeta un regard désespéré au couloir vide derrière l'épaule de Triton, regrettant de ne pas pouvoir simplement foncer droit devant elle et se réfugier dans les ailes du dragon le plus formidable du monde.
- Péril. Commença Triton. Péril, regarde-moi. S'il te plaît.
Peut-être qu'elle pouvait le faire en faite. Ça lui sortait tout le temps de la tête mais Triton ne craignait plus ses écailles de feu maintenant. Et il avait toujours son caillou guérisseur dans tout les cas. Elle devrait peut-être le piétiner pour passer, mais il survivrait. Il avait les écailles dures.
- Péril. J'ai quelque chose de très important à te dire. Écoute moi, je t'en prie !
Sa voix se brisa sur les derniers mots. La dragonne aux écailles de feu baissa la tête si vite qu'elle entendit ses os craquer.
Triton pleurait.
Vraiment.
Triton pleurait.
Son museau était baigné de larmes, il avait de la morve partout.
Et Péril ne voyait pas du tout quoi faire.
Elle le fixa, figée, comme si son cerveau s'était arrêté. On ne lui avait pas appris à gérer un dragon qui pleurait. On ne lui avait pas appris comment gérer un dragon tout court, d'ailleurs. Enfin, si, quelqu'un lui apprenait. Et ce quelqu'un était en train de se vider de son eau devant elle.
- Je... je suis désolé, Péril, reprit Triton en hoquetant. C'est juste que... c'est dur. Vraiment dur. Je sais pas comment te l'annoncer, et je sais que ça va pas te plaire... Pas du tout !
- Tu sais... lui répondit la dragonne avec hésitation. Tu peux me le dire plus tard, je pense pas qu'attendre quelques heures change grand choses à ce que tu veux m'apprendre. Tu sais, j'ai assez de patience pour-
- Non non. Je dois te le dire tout de suite...
Il lui jeta un coup d'œil, fixa le sol pendant un bon moment, si bien que Péril commençait à se demander si elle n'allait pas revenir à son plan initial : foncer tout droit et aller voir Argil. Au bout d'un looooong moment, Triton se redressa ENFIN et la regarda dans les yeux, un air désespéré sur le museau.
- Péril... Argil est mort.
Et voilààààà...
Vous voyez pourquoi j'ai dit que ça serait triste maintenant j'imagine. Est-ce que vous vous y attendiez ? N'hésitez vraiment pas à me le faire savoir, parce que je suis vraiment pas sûr que ce soit bien, et ça me fait toujours plaisir de recevoir une review ! Mais c'est vous qui voyez !
À la semaine prochaine !
