Pardon, pardon, pardon! Pour le retard!
Vous me pardonnez?
Bonne lecture,
HarryPattenrond.
Chapitre Quatre
Après avoir donné ses nouvelles instructions à l'un de ses ouvriers, Drago jeta un coup d'œil vers sa montre.
C'était bientôt l'heure.
Cela faisait maintenant une semaine que l'équipe avait commencé la restauration des boiseries de la maison close et le travail avançait à bonne allure.
L'ambiance générale était même bien plus sympathique que tous les autres chantiers que Drago avait pris en charge jusqu'ici. Il fallait dire que travailler dans ce genre d'endroit, avec sous les yeux de belles femmes en tenues légères, ça devait beaucoup aider.
C'était même la première fois qu'il n'y avait aucun membre du personnel pour rechigner dés que l'on dépassait les heures de travail habituelles.
Drago sourit. Il n'allait certainement pas s'en plaindre non plus.
Certes, il préférait les hommes mais une belle femme est toujours agréable à regarder et ici, ce n'était pas ça qui manquait!
Néanmoins, même si lui et ses collègues avaient pu se divertir les yeux plus d'une fois au cours de la journée, le jeune homme blond avait attendu impatiemment cet horaire précis.
Depuis les quelques jours que le chantier avait débuté, Drago avait eu le temps de remarquer les habitudes du personnel de la maison close.
A quelle heure environ les filles se levaient, à quelle heure arrivaient les cuisiniers pour nourrir tout ce petit monde, à quel moment les employés du bar préparaient la prochaine ouverture et surtout, à quelle heure Harry passait la porte de service.
Sans surprise, Drago avait remarqué que le brun était mieux réglé qu'une horloge suisse. Il arrivait ici à la même heure précise tous les soirs.
Accoudé à la rambarde du grand escalier principal, le jeune homme blond attendait, les yeux fixaient sur la dite porte.
Comme prévu, cette dernière s'ouvrit bientôt pour laisser passer le patron des lieux.
Comme à son habitude, Harry se dirigea d'un pas souple vers les gardes de jour, pour faire le point.
A la grande surprise de Drago, le jeune homme brun leva les yeux vers lui en passant, comme s'il avait senti son regard.
Pendant les quelques secondes où ils se fixèrent, Drago ne décela aucun étonnement dans les magnifique yeux verts de l'homme, juste ce qui ressemblait à du défi.
Harry savait visiblement que le blond passait beaucoup de temps à l'observer et il lui faisait clairement comprendre son mécontentement face à cela.
Le contact visuel fut bientôt rompu lorsque le brun continua sa route et se mit à discuter avec le personnel.
Drago sourit avec amusement. Il adorait le faire enrager!
Non pas qu'il souhaitait qu'Harry le déteste, non! Mais en attendant de pouvoir passer à des choses plus sérieuses et plus...privées, le fait de savoir que le jeune patron pensait régulièrement à lui, même si c'était parce qu'il lui tapait sur le système, le mettait dans un état euphorique incroyable.
Avec un petit rire, le blond regarda autour de lui et ses yeux tombèrent sur une des jeunes employées, accoudée sur le garde-fou du premier étage. Cette dernière le fixait avec un sourire, secouant la tête comme pour dire "mais quel enfant celui-là!".
La plupart des filles travaillant ici se contentait de les saluer, Drago et ses ouvriers, lorsqu'elles passaient prés d'eux mais certaines étaient un peu plus amicales et chaleureuses.
C'était le cas de Ginny. Dés le premier jour, elle était venue leurs apporter des boissons fraîches avec un grand sourire et les avait interrogés sur l'avancée de leur travail. Les hommes, ravis de cette pause, s'étaient plus ou moins battus verbalement pour répondre à la belle demoiselle.
Drago avait fini par lui faire un petit résumé lorsqu'il fut clair que les explications de ses ouvriers étaient trop décousues.
Depuis, Ginny revenait les voir tous les jours et une sorte d'amitié était née entre elle et le blond.
Drago aimait beaucoup la jeune femme: toujours enjouée et souriante, elle respirait la joie de vivre et d'être là, malgré la nature de son métier.
Au fil de leurs conversations, Ginny s'était rapidement rendu compte de l'intérêt que Drago portait à Harry et s'en amusait beaucoup.
D'un pas sautillant, le jeune homme blond rejoignit la rouquine et s'accouda à ses côtés.
- Tu le fais exprès, n'est-ce pas? demanda-t-elle.
Drago rigola. Ginny connaissait très bien la réponse à sa propre question.
La jeune femme secoua de nouveau la tête, faisant onduler ses longs cheveux flamboyants.
- Il va finir par te prendre à partie et te dire tes quatre vérités!
- Oh mais c'est l'idée! répondit Drago. Qu'il m'attrape dans un coin sombre et à l'abri des regards. On pourra y faire plein de choses intéressantes!
- Tu vas surtout de prendre son poing dans la tronche, oui!
- C'est un risque assumé.
Ginny éclata de rire.
...
A peine trois heures plus tard, la maison close avait ouvert ses portes et la soirée battait maintenant son plein.
Les ouvriers étaient déjà retournés à l'hôtel pour prendre un repos bien mérité.
Drago, lui, était au bar de la maison et discutait gaiement avec les deux barmans de service ce soir-là.
Comme tous les soirs, l'endroit était bondé, les conversations étaient bruyantes et la musique forte. Mais l'ensemble donnait une ambiance agréable.
Mais une mauvaise note s'incrusta brusquement.
- Oh! Ce lieux est absolument splendide! s'exclama une voix depuis l'entrée de la maison.
En soi, la phrase en elle-même n'avait rien d'extraordinaire mais la voix qui la prononça était tellement haut perchée et théâtrale que cela en était dérangeant.
Drago se tourna vers le son, imité par plusieurs clients et employés.
Un homme de grande stature, habillé de vêtements aux couleurs criardes, se tenait là, regardant autour de lui avec un émerveillement comique.
A sa droite, légèrement en retrait par rapport à lui, se trouvait une petite femme en tailleur sombre, un bloc note à la main et un sac , qui semblait être en peau de reptile, au bras.
L'homme s'avança dans la pièce sous le regard perplexe, voir moqueur des personnes présentes. Il fallait dire que si l'on mettait de côté sa tenue extravagante et ses exclamations de joie d'une voix horrible dés que ses yeux se posaient sur quelque chose de nouveau, on pouvait difficilement passer à côté de sa démarche peu naturelle: on aurait dit qu'il essayait d'avoir une allure sensuelle et féminine mais avec sa grande carrure, cela donnait un résultat plutôt grotesque.
Au fur et à mesure de son avancée dans la pièce principale, les conversations des gens moururent peu à peu et les musiciens finirent par arrêter de jouer.
Un silence ébahi s'abattit sur l'endroit.
On ne voyait pas ce genre de spécimen tous les jours.
Le nouvel arrivant regarda autour de lui avec un grand sourire, visiblement ravi de l'attention qui lui était porté.
- Magnifique! s'exclama-t-il en frappant dans ses mains. Merci, merci à tous pour votre accueil si chaleureux!
Drago regarda autour de lui. Clients comme employés avaient tous les yeux fixés sur cet étrange personnage. Il y avait beaucoup d'expressions différentes sur le visage des gens présents mais chaleureuse n'en faisait pas partie.
Le blond regarda de nouveau vers lui lorsque l'homme reprit:
- Je souhaiterais m'entretenir avec le patron, je vous prie. Ensuite, je ne vous embêterais plus et vous pourrez retourner à vos petites occupations.
Drago fronça les sourcils.
Cet homme ne lui plaisait pas du tout. Pour qui se prenait-il pour débarquer ici comme si le lieux lui appartenait et parler aux gens comme si ils étaient tous insignifiants par rapport à lui?!
- Et vous êtes? demanda alors une voix.
D'un bel ensemble, la plupart des gens se retournèrent, Drago y compris.
Encadré par ses deux gardes du corps, Harry se tenaient à quelques mètres, droit, les bras croisés.
- Ahhh Mr Potter! s'exclama l'individu.
Il s'élança vers le brun mais les deux gardes lui dirent aussitôt de s'arrêter.
Levant les mains en signe de paix, l'homme stoppa net.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, reprit Harry, imperturbable.
Drago ne put s'empêcher de sourire. Visiblement, le nouveau venu allait passer un mauvais moment.
Il en était ravi!
- Cormac McLaggen, énonça l'homme fièrement.
Un silence suivit. A l'expression brusquement surprise sur le visage du nouveau venu, il était évident qu'il s'attendait à une autre réaction à l'entente de son nom.
Il se racla la gorge et reprit d'une voix presque outrée:
- Je travaille pour un magazine de mode très connu.
- Et vous êtes ici pour? le relança Harry.
- J'ai une proposition à vous soumettre. En privé si possible.
Après l'avoir scanner des yeux de la tête aux pieds, le brun hocha de la tête pour signifier son accord puis tourna les talons. Monsieur McLaggen lui emboîta aussitôt le pas, suivit des deux gardes du corps.
Tandis qu'ils se rendaient dans le bureau sur la petite plateforme, les conversations reprirent progressivement et la musique retentit de nouveau.
Drago, lui, gardait les yeux fixés sur les deux hommes dans la pénombre, sourcils froncés.
...
Harry poussa un soupir à peine audible tandis qu'il contournait sont bureau pour s'asseoir sur sa chaise.
Ce nouvel arrivant lui sortait déjà par les trous de nez! Cela commençait bien!
Il s'installa néanmoins calmement et invita l'homme à en faire de même.
- Je vous écoute, dit-il d'une voix posée.
- Le magazine de mode pour lequel je travaille va bientôt sortir un numéro spécial pour une grande marque de lingerie fine. Cela va être grandiose et magnifique! Et nous allons doubler le nombre de pages habituelles juste pour l'occasion!
L'homme semblait avoir retrouvé ses manières extravagantes et exagérées.
En face de lui, malgré un énervement grandissant, Harry resta de marbre.
L'individu enchaîna:
- Habituellement, nous faisons les photos en studio avec les mannequins mais nous souhaitons un décor à la hauteur de l'événement. Nous avons entendu parlé de votre établissement et de la splendide structure du bâtiment. Nous voulons faire les photos ici! Bien entendu, cela se passera en journée donc ça ne dérangera en rien les...activités nocturnes. Et vous serez bien sûr payé pour cela!
Monsieur McLaggen termina son petit discours avec un grand sourire.
Harry ne répondit pas tout de suite. Son regard passa de McLaggen aux personnes présentes à l'étage du dessous.
Après quelques instants de silence, il dit:
- A une condition.
L'homme en face de lui haussa un sourcil, dans l'attente.
- Mes filles poseront aussi pour vos photos.
McLaggen ouvrit la bouche pour dire quelque chose, la referma, lança un regard vers le rez-de-chaussée puis s'exclama:
- Vous voulez que vos...humm...employées soient dans notre magazine?
Il était clair que l'idée même semblait risible pour cet homme.
- En effet, répondit Harry. J'exige que mes filles aient au moins une photo chacune dans votre numéro et qu'elles soient rémunérées au même titre que vos mannequins. Tout cela en plus, bien sûr, du salaire que vous me verserez!
McLaggen semblait sans voix mais s'écria néanmoins rapidement.
- Mr Potter, je comprends votre souhait mais ces ...personnes ne sont pas mannequins! C'est un métier, qui demande un physique impeccable et beaucoup de sacrifices! Ces...elles ne rentrent pas du tout dans les critères! Nos propres mannequins sont parfaites et bien amplement suffisantes, vous verrez!
- Non, je ne verrai pas! répliqua Harry sans élever la voix. Ce n'était pas une demande monsieur McLaggen, c'est non négociable. Je n'en ai rien à faire de vos critères de beauté pour vos défilés de mode. Mes filles ont des formes et elles sont magnifiques comme cela! Bien plus belles que vos mannequins qui ne mangent pas pour pouvoir attendre vos mensurations impossibles! Et je pense qu'en terme de sacrifices, vos employées sont loin de ce que mes filles ont dû faire. Alors je vous prierai de leurs montrer bien plus de respect la prochaine fois!
Harry s'adossa dans son siège et reprit:
- Mes filles posent dans votre magazine ou bien vous allez vous trouver un autre décor ailleurs.
A suivre...
