Higgins revenait tranquillement vers la maison principale après sa séance de yoga quotidienne. Elle aimait ce temps, tôt le matin, à profiter du calme et de la douceur du lever du jour. Elle n'avait pas été la seule à être levée de si bonne heure. Elle avait entraperçu Toni travailler dans le salon. Mais elle se demandait si la rédactrice avait débuté tôt sa journée ou bien si elle n'avait pas dormi. Les deux cas de figures étaient possibles avec elle.

Elle entra dans la maison et se dirigea vers la cuisine. Elle mourrait de faim et elle voulait prendre un petit déjeuner avant d'aller prendre une douche. Toni avait migré dans la cuisine et s'était installée sur un tabouret près de l'îlot central. Comme à son habitude, elle travaillait activement sur son ordinateur.

Lorsque Higgins entra dans la pièce, elle remarqua l'odeur qui y flottait. C'était très appétissant. Toni leva rapidement les yeux vers elle. Elle lui sourit et reporta son attention sur son écran.

- J'ai préparé des croissants pour le petit déjeuner. Ils sont encore tout chaud, Lança-t-elle en tapant rapidement sur son clavier.

- Des croissants ? Demanda Juliet, étonnée.

Toni arrêta ce qu'elle faisait pour regarder son amie.

- J'ai vécu quelques temps en France, dans la famille de ma mère après la fac et j'ai pris de mauvaises habitudes, avoua-t-elle.

Higgins écouta attentivement ce que Toni lui confiait tout en attrapant un croissant sur la plaque posée un peu plus loin. Elle croqua rapidement dedans et savoura avec plaisir le goût de cette viennoiserie.

- Ils sont incroyables ! Lança Higgins en essayant de ne pas mettre trop de miettes partout.

Toni avait repris son travail mais ne pu s'empêcher de sourire en entendant son amie s'esclaffer de plaisir en goûtant ce croissant. Juliet posa l'objet du crime et se dirigea vers le frigo. Elle l'ouvrit et attrapa une bouteille d'eau. Toni se tourna vers elle en tendant son verre vide.

- Est-ce que je peux avoir du jus d'orange s'il te plaît ? Lui demanda-t-elle.

Higgins attrapa la cruche de jus d'orange maison et en versa dans le verre de Toni.

- Depuis quelle heure es-tu debout ? demanda-t-elle en remettant le jus d'orange dans le frigo.

- Depuis 8h… Hier ! répondit Toni.

Higgins n'était pas étonnée par la remarque de Toni.

- Pourquoi cela ne m'étonne pas ?! dit-elle.

Elle retourna à sa place pour finir ce délicieux croissant. Un seul n'allait pas lui suffire. Après avoir mangé la dernière bouchée de son délicieux met, elle ouvrit sa bouteille d'eau et bu quelques gorgées.

Toni bu également quelques gorgées de son jus d'orange avant de se remettre rapidement à taper sur son ordinateur. Juliet pris un nouveau croissant. Le dernier se promit-elle. Elle observa un instant son amie qui semblait très concentrée.

- Tu passes beaucoup de temps devant ton ordinateur ces derniers temps, fit remarquer Higgins. Encore plus que d'habitude !

- Je finalise mon travail avant de l'envoyer à Robin et je tiens à ce que tout soit parfait, répondit Toni.

- Tu es la bienvenue si tu veux te joindre à moi pour une séance de yoga, proposa Higgins. Ça te ferait du bien de déconnecter un peu du travail.

- Je n'arrive jamais totalement à déconnecter du travail mais... je pense que dans quelques jours je pourrai accepter ta proposition, expliqua Toni. Il ne me reste qu'une ou deux retouches à faire et ça sera fini.

Elle étira son dos avant de boire une nouvelle gorgée de jus d'orange.

- Mesdames !

Magnum arriva dans la cuisine. Elles se tournèrent vers lui.

- Qu'est-ce qui sent si bon ? Demanda-t-il en observant tout ce qui était posé sur l'îlot central.

Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver les coupables. Il s'en approcha rapidement. Magnum attrapa très agilement un croissant et mordit à pleines dents dedans.

- Je ne sais pas d'où viennent ces choses mais c'est délicieux ! Dit-il en engloutissant son croissant.

- Ravie que cela vous plaise, répondit Toni en l'observant un instant.

Magnum en attrapa un second et l'interrogeant du regard.

- Recette française que j'ai tenté de reproduire, répondit Toni.

- Essai réussi, lui dit-il la bouche pleine.

- Magnum, vous pourriez éviter de parler la bouche pleine, fit remarquer Higgins.

Il fit semblant de ne pas l'entendre et dévora le reste de son croissant.

- Je vois que certain profite gracieusement de grasse matinée pendant que d'autres sont déjà à pied d'oeuvre, fit remarquer Juliet en le regardant.

Magnum sourit à la remarque. Il aimait que leurs échanges taquins n'aient pas changés. Il s'approcha légèrement d'elle.

- Je me suis couché un peu tard... je me suis intéressée à une œuvre anglaise et… impossible de m'endormir tout de suite. J'avais d'autres choses en tête, répondit-il en affichant un léger sourire et en plantant son regard dans celui de Juliet.

- Et moi qui croyais que vous étiez un militaire entraîné à tous types de situation, répondit Higgins en lui lançant un regard dont elle avait le secret.

- Il y a des situations auxquelles je ne peux pas résister… dit-il en se rapprochant lentement d'Higgins.

Ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, leur regard planté dans celui de l'autre, oubliant presque le fait qu'ils n'étaient pas seuls.

- Vous avez raison ! Faites comme-ci je n'étais pas là, s'amusa à leur faire remarquer Toni en se concentrant sur son écran d'ordinateur.

Magnum et Higgins se tournèrent tout sourire vers elle. Même si rien n'avait été dit, ils savaient qu'elle savait et qu'elle s'en amusait.

- Est-ce que quelque chose vous gêne ? Demanda Magnum.

Toni leva les yeux vers eux.

- Est-ce que quelque chose devrait me gêner ? Leur demanda-t-elle en retour en affichant un léger sourire.

Il lui sourit en plissant les yeux comme il avait l'habitude de faire quand quelqu'un avait le dernier mot avec lui. Il jeta un rapide coup d'oeil à Juliet. Leur relation avait évolué ces derniers temps. Ils avaient décidé de garder cela pour eux, afin de voir comment cela évoluait. Entre leurs personnalités, leur travail en duo et leurs passés respectifs, ils y avaient de quoi prendre le temps d'apprécier chaque instant.

- Je resterais bien continuer cette discussion avec vous mais un nouveau client m'attend… dit-il en regardant sa montre. Il ne me reste plus que 10 minutes pour arriver à l'heure.

Il attrapa un dernier croissant avant de s'éloigner pour quitter la pièce.

- Aucune amende pour excès de vitesse ne rentrera dans vos frais, Magnum ! Lança Higgins avant qu'il ne quitte la pièce.

Elle bu une nouvelle gorgée d'eau, tout en ignorant le regard réprobateur de Magnum avant qu'il ne quitte la pièce. Elle se tourna vers Toni qui la fixait en souriant.

- Quoi ? Lui demanda Higgins.

- Rien, répondit Toni en s'activant à nouveau sur son ordinateur.

Higgins sourit légèrement. Toni avait été d'une aide bienveillante dans l'évolution de sa relation avec Magnum. Elle avait envie de se confier à elle. Mais il y avait une partie en elle qui hésitait. Une partie qui n'était absolument pas habituée aux relations amicales. Dans toute sa vie, elle n'avait eu que très peu d'amis. Des amis qu'elle pouvait compter sur les doigts d'une main et aujourd'hui, la plupart faisait partie de l'Ohana.

Son regard tomba à nouveau sur les viennoiseries restantes sur la plaque. Elle décida de les éloigner rapidement avant de craquer à nouveau. Elle attrapa une corbeille à pain et déposa délicatement les derniers survivants. Kumu devait absolument goûter ça.

- J'ai fait quelques séjours en France, confia Higgins en continuant sa tâche. Bien trop court pour pouvoir apprécier ce genre de petits plaisirs.

Toni marqua une pause. Elle leva les yeux et sembla réfléchir avant de se tourner vers Juliet.

- Moi, je dois avouer que ce qui me manque le plus, c'est le fromage… ah et la charcuterie ! Les pâtisseries sont également extraordinaires ! expliqua Toni.

- La réputation de la gastronomie française n'est plus à faire ! lui fit remarquer Higgins.

Higgins s'assit sur un tabouret. Sa tête devint un peu lourde. Higgins s'étira la nuque mais cela ne la soulagea pas. Elle ne se sentait pas vraiment bien. Une sensation de vertige s'installa et elle se rattrapa à l'îlot central, ce qui attira l'attention de Toni.

- Juliet, est-ce que ça va ? Demanda-t-elle.

Higgins ne lui répondit pas. Sa vue et son audition étaient perturbées. Elle ferma un instant les yeux.

- Juliet ?

Toni se leva de son tabouret pour s'approcher de son amie. Mais elle n'eut pas le temps d'arriver à elle, qu'Higgins s'évanouissait. Elle tomba lourdement au sol. Toni se jeta à ses côtés et prit ses constantes vitales. Elle respirait encore mais son rythme cardiaque était bien trop rapide.

- Kumu ! Cria Toni.

Elle installa Higgins dans la position de secours, en surveillant toujours ses constantes. Kumu arriva quelques secondes après. Elle s'inquiéta lorsqu'elle vit Juliet inconsciente.

- Appelez les secours ! Demanda Toni en gardant un œil sur Higgins.

Kumu s'exécuta.


Magnum entra en trombe dans les urgences et chercha rapidement Toni des yeux. Lorsqu'il avait décroché et qu'il avait entendu ses paroles, son sang n'avait fait qu'un tour. Higgins avait toujours été pour lui la femme la plus forte qu'il connaissait et là, elle se retrouvait à l'hôpital sans raison apparente.

Il trouva Toni debout près d'une des baies vitrées. Il accourut auprès d'elle.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il.

- Après votre départ, on a continué à discuter et puis... tout d'un coup, elle s'est sentie mal et elle a perdue connaissance. Lui répondit Toni en lui jetant un rapide regard avant de reporter son attention sur Juliet dans la chambre.

Les médecins s'activaient toujours autour d'elle. Magnum n'arrivait pas à y croire. Elle était inconsciente. Un tube sortait de sa gorge et elle était reliée à plusieurs machines.

- Qu'ont dit les médecins ? Demanda-t-il sans quitter Higgins des yeux

- Ils n'en sont pas encore sûrs mais il semblerait que cela soit un empoisonnement, répondit-elle en observant également ce qui se passait dans la chambre.

Magnum bondit d'un seul coup pour entrer dans la pièce. Des infirmières l'arrêtèrent mais il leur fit comprendre qu'il ne sortirait pas. Elles le laissèrent passer. Une fois aux côtés de Juliet, il lui prit la main et de l'autre, caressa doucement son front et ses cheveux. Il n'arrivait pas à y croire. La voir ainsi...

Il remarqua que Rick et TC venaient de rejoindre Toni dans le couloir, suivi de près par Katsumoto et son nouvel coéquipier, Kade. Mais tout ce qui comptait à cet instant, c'était Juliet.

Magnum sentit la colère monter en lui. Il se sentait impuissant face à cette situation. Sa mâchoire se contracta. Tout le monde semblait ignorer, pour le moment, ce qu'il s'était passé et quoi faire face à cela. Il ne pouvait rien faire pour Juliet et pourtant il pourrait donner sa vie pour cette femme.

A l'extérieur de la chambre

Kade alla interroger le service hospitalier pour avoir les informations dont ils allaient avoir besoin pour enquêter.

- Il faut que l'on trouve celui qui a fait ça ! Lança TC sans quitter Magnum et Higgins des yeux.

- Je perdrais une nouvelle fois mon temps si je vous demandais de rester à l'écart ? lança Katsumoto.

Toni, Rick et TC se tournèrent vers lui. Il avait sa réponse. Juliet faisait partie de la famille.

Kade revint auprès du petit groupe.

- Apparemment Higgins n'est pas la seule ! Dit-il. 5 autres cas ont été amené dans cet hôpital dans les dernières 48 heures. Les médecins ont averti les autorités !

Ils le regardèrent, interloqués par ce qu'ils venaient d'apprendre. Ce n'était pas Higgins qui était visé mais cela n'était pas forcément plus rassurant. Toni savait ce que cela signifiait et elle savait qu'elle n'était pas la seule vu la tête que faisait Katsumoto.

- Si nous avons un empoisonnement massif, le FBI ne va pas tarder à faire son apparition, fit-il remarquer. Et nous allons avoir les mains liées.

- Pas nous, rajouta TC déterminé.

- Ils ne vous laisseront pas faire..., continua Katsumoto.

- Pas si un agent du FBI enquête avec eux, l'interrompit Toni.

Elle n'avait pas quitté Magnum et Higgins des yeux. Il continuait de lui parler doucement à l'oreille et à caresser doucement la main de Juliet de son pouce.

- Je pensais que vous aviez raccroché ? Demanda Kade.

Elle n'eut pas le temps de répondre que l'ascenseur s'ouvrit un qu'un groupe d'hommes en costumes en descendit. Ils savaient tous qui ils étaient. Katsumoto ne s'était pas trompé. Les agents savaient très bien ce qu'ils faisaient ici et qui ils venaient voir. Ils les rejoignirent très rapidement.

- Agent Toni Bell, lança un des agents en s'approchant d'eux.

Elle ne leur répondit pas. Elle savait qu'ils n'attendaient pas de réponses. Ils savaient déjà qui elle était.

- Nous allons avoir besoin de votre déposition, continua-t-il.

- Vous recevrez ma déposition écrite par mail avant la fin de la journée, répondit-elle connaissant parfaitement leur manière d'opérer.

L'agent la fixa un instant.

- Nous avons essayé de nous rendre sur la propriété de Monsieur Master mais personne n'a répondu, fit remarquer l'agent du FBI.

- Parce que son majordome se trouve à l'hôpital, répondit Rick.

- Je vous envoie les codes, répondit rapidement Toni pour qu'il n'y ait pas d'incident.

L'agent du FBI regarda tour à tour chaque personne présente.

- Nous allons devoir tous vous interroger, finit-il par leur dire.

- Vous allez nous dire de ne pas quitter l'île ? demanda Kade.

Ils se fixèrent un long moment. L'agent du FBI n'avait sûrement pas apprécié le ton ironique qu'avait employé l'inspecteur.

- Dès que vous avez des nouvelles…. Dit-il, surtout à l'attention de Toni.

- Je vous contacte, répondit-elle.

Ses agents et lui s'éloignèrent aussi rapidement qu'ils étaient arrivés. Elle savait qu'ils n'en resteraient pas là. Et qu'ils allaient les surveiller. Mais cela importait peu. Ce qui comptait pour elle maintenant c'était de retrouver celui qui avait déclenché ces empoisonnements.

- Ils ne vont pas apprécier que vous leur ayez menti, fit remarquer Kade.

- Je ne leur ai pas menti, lui répondit-elle en se tournant vers lui. Je les contacterai mais une fois que nous aurons mis la main sur celui qui a déclenché tout cela.

Kumu arriva à son tour à l'hôpital. Toni l'avait tenue régulièrement au courant de l'avancée des choses. Et cela n'avait rien eu de réjouissant. Juliet n'avait toujours pas repris connaissance. Elle vit Toni se tourner vers elle. Le reste du groupe l'imita.

Avant même qu'elle ait pu demander quoi que ce soit, Kumu tendit le sac de sport qu'elle portait à son ami du FBI.

- J'ai pris tout ce que vous m'aviez demandé. Un échantillon de tout ce que Juliet à manger et bu ce matin, et également des échantillons des produits de beauté qu'elle utilise.

Toni l'attrapa. Kumu s'approcha de la vitre donnant sur la chambre d'Higgins. Elle observa Magnum veiller sur son amie.

- Que disent les médecins ? demanda-t-elle sans les quitter des yeux.

TC s'approcha et vint s'installer à ses côtés.

- Ils ont réussi à stabiliser son état mais ils ne savent pas pour combien de temps, dit-il en posant les yeux sur Juliet. Ça attaque les voies respiratoires.

Un silence s'installa.

- Il faut que l'on examine rapidement ses échantillons, dit Toni en rompant le silence.

- Je reste avec eux et je vais faire une prière pour Juliet, expliqua Kumu.

- On devrait prévenir Magnum, dit Rick.

Magnum n'avait pas quitté le chevet de Juliet même quand il avait vu le groupe discuté à travers la vitre.

- Il ne la laissera pas, lança Kumu.

- Elle a raison ! Même si je sais qu'une partie en lui meurt d'envie de coincer le salaud qui a fait ça, il ne quittera pas le chevet d'Higgy, rajouta TC. Il n'était pas là lorsque sa mère est tombée gravement malade et… elle est morte alors que nous étions prisonniers en Afghanistan.

Un silence s'installa et tout le monde observa l'intérieur de la chambre.

- Allez-y ! Je m'en occupe, leur ordonna presque Kumu.

Ils ne se firent pas prier.


Il crut tout d'abord avoir rêver mais c'était bien sa voix qu'il avait entendue dans un murmure. Et lorsqu'il la vit ouvrir les yeux, un immense poids de sa poitrine disparut. Depuis que son état s'était stabilisé et que les médecins avaient enlevés toutes ces machines, il avait espéré que cela se produirait. Sa prière avait été entendue.

Il lui sourit, en tentant de cacher son émotion puis se leva légèrement pour déposer un baiser sur son front.

- Hey, salut toi ! lui murmura-t-il à son tour en se rasseyant.

Elle se contenta de lui sourire très légèrement. Elle avait l'impression qu'un camion lui était passé dessus et respirer lui faisait mal. Garder les yeux ouverts était difficile mais elle ne voulait pas sombrer à nouveau. Elle essaya de prononcer quelques mots mais rien ne vint. Ni les mots, ni la force.

- Repose-toi, lui dit avec douceur.

Il serra la main de Juliet dans la sienne et la leva vers ses lèvres pour y déposer un baiser.

Leurs regards ne se quittaient plus, comme ils savaient si bien le faire. Chacun pouvait lire dans les yeux de l'autre toutes les émotions qu'ils éprouvaient.

- Je reste avec toi, précisa Magnum comme pour la rassurer.

Elle le regarda encore un instant avant de fermer doucement les yeux. Elle resserra son étreinte sur la main de Magnum. Il la caressa doucement de son pouce.


Ils étaient allés la chercher à l'hôpital avec des tonnes de ballons et un énorme nounours. Elle était touchée par toutes les attentions de ses amis. Cependant, elle avait refusée de sortir sur un fauteuil roulant. Et cela avait donné une belle scène de désaccord avec Magnum, comme ils savaient si bien faire mais elle avait eu le dernier mot.

Rick avait organisé une petite fête à la Propriété. Magnum et Kumu avaient tentés de les convaincre de reporter mais Juliet les avait convaincus de ne pas le faire. Elle venait de passer 3 semaines enfermée dans cette chambre de soin. Et elle avait envie de passer du temps en dehors d'un lit et profiter de ses amis.

Tout le monde s'afférait à préparer le repas, mettre la table, faire chauffer le barbecue. Higgins avait eu interdiction de quitter le canapé. Magnum avait été bizarrement silencieux depuis leur retour à la maison. Il vint s'asseoir sur la table basse devant Higgins.

- Tu devrais te reposer, lui dit-il sachant que personne ne prêtait attention à leur échange.

Elle le regarda. Il était sincère. Il se faisait encore du souci pour elle. Elle imaginait très bien que ces dernières semaines avaient dues être difficile pour lui aussi. Elle se pencha doucement vers lui en posant une main sur les siennes.

- Je vais bien, se contenta-t-elle de lui dire.

Il baissa un instant les yeux avant de les relever vers elle et de prendre sa main dans les siennes.

Toni se tenait un peu plus loin et observait discrètement la scène. Si Rick apprenait qu'elle avait assister à ce genre de scène, il lui en voudrait de ne pas l'avoir averti. Mais Magnum et Higgins avaient besoin de cette intimité, surtout après ce qu'ils venaient de vivre.

Kade s'approcha d'elle, sa bouteille de bière à la main.

- Est-ce que ces deux-là sont… ? demanda-t-il en regardant Magnum et Higgins.

Toni se tourna vers lui en souriant, amusée par sa question.

- Officiellement ? lui demanda-t-elle en retour.

Il la regarda.

- Non, répondit-elle en continuant d'afficher un grand sourire.

- Je vois, se contenta-t-il de répondre.

Ils regardèrent à nouveau l'ancienne malade et son infirmier personnel. Kade se tourna à nouveau vers Toni et l'observa un instant.

- Ce qui lui est arrivée vous a beaucoup touché pour que vous décidiez de reprendre du service, lâcha -t-il d'un seul coup.

Toni ne bougea pas et continua d'observer. Pour un nouveau venu dans le groupe, il était plutôt pertinent.

- Quand Robin Master m'a parlé de cette île, de cette propriété… dit-elle en regardant rapidement autour d'elle. De ces personnes…

Elle reporta son regard sur Magnum et Higgins.

- Je n'y croyais pas. Et puis… ils m'ont accueilli parmi eux… confia-t-elle en baissant un instant les yeux. Et j'ai enfin su ce que cela voulait dire, faire partie d'une famille. Alors oui, quand un membre de votre famille va au plus mal, cela vous touche.

Elle se tourna vers lui. Il la regardait depuis quelques temps déjà. Il comprenait parfaitement ce qu'elle venait de lui livrer. Il sourit légèrement.

- Ce que vous avez fait durant… cette enquête, c'était impressionnant. Vous avez su qui nous devions chercher avant même qu'une piste sérieuse n'apparaisse, lui dit-il.

Toni ne bougea pas. Elle se contenta d'afficher un sourire politiquement correct.

- Et vous avez su faire parler ce type en un laps de temps incroyable. J'avais lu beaucoup de choses sur le profilage et les sciences du comportement quand j'ai su qui vous étiez…, confia Kade. Vous êtes douée.

Elle bu une gorgée de sa limonade. Puis elle baissa les yeux avant de se tourner vers lui.

- Au début, on trouve toujours ça super, lui répondit-elle en évitant son regard. Et puis cela devient vite bizarre…. Et jamais assez.

Kade vit un voile sombre passer dans le regard de Toni à cet instant. Il pouvait imaginer que ce qu'elle avait pu vivre avait été loin d'être facile.

- J'ai toujours été attiré par tout ce qui sortait de l'ordinaire, admit-il.

Elle leva les yeux vers lui, quelque peu surprise par cet aveu. Elle lui sourit.

- Est-ce que vous seriez entrain de flirter avec moi Inspecteur ? lui demanda-t-elle.

- Officiellement ? lui répondit-il, fier de lui.

Elle sourit de plus belle.

- Oui, finit-il par avouer.

Ils échangèrent un long regard.


Higgins avait quitté la fête assez tôt pour aller dormir. Elle était sortie d'affaire et il fallait qu'elle se repose. Même si cela la frustrait énormément, elle devait suivre les conseils du médecin pour retrouver sa vie d'avant et retourner auprès de Magnum.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour tomber endormie.

Quelques temps plus tard, Magnum entra doucement dans la chambre pour ne pas la réveiller. Il n'avait pas pu retourner dans la maison des invités. Déjà qu'avant toute cette histoire, il avait du mal à la quitter alors aujourd'hui, c'était encore plus dur.

Il l'observa dormir. Elle allait mieux. C'est ce qu'il n'arrêtait pas de se répéter. Lentement pour ne pas risquer de la réveiller, il s'installa aux côtés de Juliet sur le lit. Elle était tournée vers lui. Il s'attarda à détailler chaque partie de son visage.

Il fut quelque peu surpris de la voir ouvrir les yeux. Mais il ne devait pas oublier qu'elle avait été espionne et tout le temps sur le qui-vive. Elle lui sourit légèrement, encore un peu endormie.

- Je t'ai réveillé... s'excusa-t-il.

- Une espionne ne dort jamais vraiment, lui fit-elle remarquer à voix basse.

Elle planta son regard dans celui de Magnum. Elle était heureuse qu'il l'ait rejointe. Elle savait également ce que cela allait signifier.

- Ça va jaser s'ils découvrent que tu as passé la nuit ici, dit-elle doucement, légèrement amusée.

Il la regarda un long moment avant de lui répondre. Ils s'étaient mis d'accord pour ne rien dévoiler trop rapidement mais aujourd'hui, tout était différent. Il avait pris conscience de l'importance de cette femme dans sa vie, l'importance des sentiments qu'il avait pour elle.

- Ils peuvent penser ce qu'ils veulent. Je reste avec toi.

Elle comprit que ses mots étaient lourds de sens vu le regard qu'ils partageaient à cet instant. Elle lui sourit légèrement et ferma les yeux. Elle se laissa aller vers lui. Sa tête se retrouva posée contre son torse. Il l'enlaça délicatement et savoura le bonheur de la tenir dans ses bras.

A SUIVRE