Higgins se réveilla doucement et prit le temps de s'étirer dans le lit. Ce qui l'étonna, c'est qu'elle n'entendit pas le grognement habituel d'un Magnum encore endormi. Elle se tourna vers l'autre côté du lit et vit qu'il était vide. Dans un geste presque automatique, elle posa sa main sur l'oreiller de Magnum.
Il était parti très tôt. Cela n'étonna pas Juliet. Il avait rendez-vous ce matin avec son avocat. Toute cette histoire avec la municipalité et la plainte qu'elle avait déposée contre lui le travaillait beaucoup. Même s'il ne voulait pas le laisser paraître, il était inquiet.
Son regard se posa sur la table de chevet de l'autre côté du lit, où était posé un plateau repas avec un petit mot sur lequel était noté : Juliet. Elle se glissa vers celui-ci et attrapa le bout de papier.
« Pour une fois que je suis levé avant toi !
J'ai préparé ton « cocktail » du matin pour ta séance de Yoga…
A toute à l'heure, Magnum »
Elle sourit en lisant son message. Puis elle leva les yeux vers le verre sur le plateau. Elle l'attrapa et en bu une gorgée. Elle fut agréablement surprise. Il avait parfaitement su refaire son jus vitaminé. Elle se redressa dans le lit en faisant attention à ne pas renverser son verre.
Elle découvrait un Magnum qu'elle était loin d'imaginer lors de leur première rencontre. Prévenant et attentionné. Quelques fois, cela lui faisait même peur. Il semblait tellement bien la connaitre. Jamais elle n'aurait imaginé qu'il avait porté attention à son jus du matin. Elle sourit de nouveau en baissant son regard vers son verre.
Après un certain temps à savourer sa boisson, elle se leva et alla se préparer pour sa séance de yoga.
Toni s'était rendu directement à la grille pour voir qui était leur nouveau visiteur. Une berline noire était garée devant celle-ci. Une des portières s'ouvrit lorsque Toni arriva à destination. Un homme, très élégant, d'environ 25 ans en descendit. Il s'approcha d'elle des lunettes de soleil sur le nez. Arrivée à sa hauteur, il les fit glisser sur le dessus de sa tête et Toni comprit rapidement à qui elle avait à faire.
- Dites à Juliet Higgins que je souhaiterai la voir, lui dit-il sans détour avec un accent anglais.
- Et vous êtes ? demanda-t-elle mais si elle se doutait légèrement de la réponse.
- Une connaissance londonienne ! se contenta-t-il de lui répondre.
Elle l'observa encore un court instant.
- Mlle Higgins est absente. Est-ce que je peux lui laisser un message ? s'amusa-t-elle à lui répondre prenant le rôle de majordome.
- J'ai besoin de la voir maintenant, dit-il en insistant. Dites-lui que je l'attends !
Elle connaissait ce genre de personne, imbu de sa personne, prenant tout ceux qui les entourait de haut, se croyant supérieur aux autres.
- Si vous voulez bien patienter, je vais tenter de la contacter, lui dit-elle en le laissant derrière la grille.
Toni s'éloigna de l'entrée principal tout en attrapant son téléphone portable et en composant le numéro de Juliet. Plusieurs sonneries retentirent avant qu'Higgins ne décroche. Mais Toni n'entendit pas tout de suite la voix de son amie. Plusieurs bruits, comme s'il y avait de la bagarre.
- Je te reprends tout de suite, lui lança Higgins.
Toni entendit à nouveau de la casse. Connaissant parfaitement Higgins et Magnum, l'affaire sur laquelle ils étaient ne devait pas être simple. Elle patienta quelques instants au téléphone, en entendant la bagarre à distance comme si cela était de la petite musique pour patienter.
En revanche leur visiteur semblait être beaucoup moins patient. Elle lui lança un rapide regard en lui souriant. Elle se mit à nouveau dos à lui en attendant que Juliet ne la reprenne au téléphone. En tout cas vu le boucan, Higgins s'en donnait à cœur joie.
Au bout de quelques minutes, un silence s'installa.
- Désolé pour l'attente, dit Juliet en reprenant le cours de la discussion.
- Pas de soucis. Est-ce que tu veux que je rappelle un peu plus tard ? demanda Toni.
- Je t'écoute, répondit Higgins.
Toni regarda à nouveau le visiteur avant de reporter son attention sur son appel.
- Nous avons un visiteur à la propriété qui souhaiterait te voir, commença à lui expliquer Toni.
Elle se tourna vers l'homme qui attendait toujours devant la grille et l'observa.
- Je dirai que, vu son empressement, sa tenue européenne, son accent très britannique et son regard noisette que vous partagez, ton frère ne partira pas sans t'avoir vu, lança Toni.
Un long silence s'installa. Toni attendit qu'Higgins soit prête à reprendre la conversation.
- Je serai là dans 20 minutes, répondit Juliet en raccrochant juste après.
Toni avait remarqué au ton de la voix d'Higgins qu'elle n'était pas ravie de revoir un membre de sa famille.
Higgins se rendit rapidement dans la maison. Toni s'y trouvait avec leur visiteur.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle sans aucun détour.
L'homme se leva du canapé dans lequel il s'était installé. Toni se tourna vers Higgins.
- On ne dit plus bonjour, se contenta-t-il de répondre.
- Je vais vous laisser, dit Toni avant de quitter la pièce.
Elle ne s'éloigna pas trop loin, au cas où il y aurait besoin de raccompagné leur invité « surprise ». Juliet se contenta de fixer l'homme en face d'elle et d'attendre une réponse. Ils se fixèrent un long moment avant que le visiteur ne fasse quelque pas vers elle. L'échange était glacial.
- Comment as-tu su où me trouver ? demanda-t-elle.
- Tu n'es pas la seule à avoir des amis « haut placés » ! lui répondit-il fièrement. Tu ne donnais plus de nouvelles, lui dit-il.
- Cela ne vous a jamais gêné jusqu'à présent, lui fit-elle remarquer.
Il sourit légèrement, comme pour se moquer de cette réponse.
- Tu ne t'étais jamais amourachée d'un « baroudeur », lança-t-il.
Elle n'arrivait pas à y croire. Il était venu jusqu'ici pour ça !
- Vous me surveiller ? demanda-t-elle.
Elle le fixa un certain moment. Cela ne l'étonnerait absolument pas de sa famille. Hawaï n'était pas encore assez loin pour leur échapper.
- Tu pensais venir d'exiler sur cette île et dilapider notre héritage ! répondit-il.
Voilà pourquoi elle avait quitté Londres. Elle le fixa un long moment avec un regard qui voulait tout dire.
- Tu trouveras la sortie tout seul ! dit-elle en s'éloignant vers la terrasse.
Mais son invité n'avait pas l'intention d'abandonner aussi facilement.
- Majordome ?! lança-t-il. Et qui plus est, détective privée à tes heures perdues.
Higgins s'arrêta dans son élan. Son ton était plus que moqueur. Il était dédaigneux.
- Tu es tombée bien bas ma chère sœur ! finit-il par dire.
Elle en avait assez. Elle se tourna vers lui avec un regard qui exprimait sa colère. Mais elle resta cependant très calme.
- Je ne te retiens pas, lui lança-t-elle.
Ils se fixèrent un long moment sans qu'il ne bouge.
- Les garçons, cria-t-elle sans quitter son frère des yeux.
Apollo et Zeus arrivèrent quelques minutes après et lorsqu'ils virent le nouveau venu, ils montrèrent les crocs très rapidement. Celui-ci fit quelques pas en arrière.
- Tu devrais t'en aller. Tu pourras dire à Père que tu as essayé de me ramener à la raison mais que je n'ai rien voulu entendre, précisa Higgins.
Toni revint dans la pièce à cet instant. Lorsqu'elle avait entendu les chiens, elle s'était dit que du renfort supplémentaire ne pourrait pas faire de mal.
- Je vous raccompagne à votre voiture, dit-elle à leur invité sans vraiment lui en laisser le choix.
L'homme regarda Higgins s'éloigner avant de suivre Toni.
Lorsque Toni revint dans le salon, elle vit Juliet sur la terrasse à observer la vue devant elle. Elle se doutait que cette visite surprise n'avait pas du être agréable. Elle s'approcha de son amie.
- Notre visiteur a quitté la propriété, dit-elle.
Higgins ne quitta pas l'horizon des yeux. Toni resta à ses côtés, silencieuse.
- Je pensais que tout ça était derrière moi, confia Juliet.
Toni la laissa se confier.
- Mais… je réalise avec la visite de mon frère que ce n'est pas vraiment le cas, admit Juliet.
Elle se tourna vers Toni et lui lança un rapide regard.
- On ne choisit pas sa famille, se contenta de lui répondre Toni.
Juliet se tourna vers son amie. Toni s'était déjà confiée sur l'histoire compliquée qu'elle avait, elle aussi, avec sa famille. C'était ce qui les avait rapprochés. Elles avaient beaucoup discuté de ce vécu mais Higgins n'avait pas osé tout dévoiler.
Toni se tourna à son tour vers Higgins. Leurs regards se croisèrent.
- Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à aujourd'hui, continua Toni.
Higgins l'interrogea du regard.
- C'est ici, parmi vous que j'ai découvert ce que signifiait le mot « Ohana », finit-elle par dire.
Juliet sourit et détourna son regard. Toni avait raison. On ne pouvait pas choisir dans quelle famille naître mais on pouvait choisir avec laquelle vivre. C'est ce que chacun d'entre eux avaient fait. Il le devait à Robin mais chacun avait fait le choix de faire partie de cette Ohana, d'accepter chacun tel qu'il était et se soutenir quoi qu'il se passe.
- Je l'ai ressenti aussi, admit Higgins…Une Ohana plutôt hétéroclite mais… notre Ohana.
Toni avait le don pour amener la conversation là où il fallait pour qu'elle réponde aux problèmes du moment. C'était sa grande spécialité et Juliet comprenait pourquoi le FBI avait du mal à se séparer d'elle.
- C'est ce qui fait tout son charme, s'amusa de rajouter Toni.
Elle lança un regard complice à Higgins en lui souriant puis retourna dans la maison.
- J'ai croisé ton frère en ville, dit Magnum en s'asseyant dans le fauteuil aux côtés d'Higgins.
Higgins leva les yeux de son écran et fixa Magnum. Elle n'avait pas su comment lui en parler. Elle voulait laisser son passé derrière elle et parler de sa famille était très difficile pour elle. Magnum la fixa un long moment pour lui laisser le temps de s'expliquer. Puis quand il vit qu'elle ne disait rien, il continua.
- Disons plutôt que c'est lui qui m'a trouvé, continua-t-il. Apparemment il avait des choses à régler avec moi.
Higgins baissa les yeux. Malheureusement elle connaissait son frère et sa famille, et savait ce qu'ils étaient capables de faire. Apparemment pas assez pour éviter qu'ils n'entrent dans sa vie.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? demanda-t-elle sas détour, appréhendant ce que son frère avait bien pu dire.
Magnum lui lança un regard interrogateur. Il avait bien remarqué qu'elle était mal à l'aise face à cette situation. Elle n'avait jamais réellement parler de sa famille à part lors de l'affaire du militaire de la seconde guerre mondiale. Mais sinon elle restait très vague sur le sujet. Elle était loin d'être ravi que son frère soit sur l'île.
- Il souhaitait me faire savoir à quel point toi et moi n'avions pas les mêmes valeurs, lui expliqua-t-il.
Higgins détourna le regard et ferma les yeux. Elle sentit la colère monter en elle.
- Un homme charmant, plaisanta-t-il en se rapprochant d'elle.
Il la sentait tendue. Il passa doucement la main dans son dos dans un geste tendre. Elle savait qu'il était plein de bonnes intentions mais l'arrivée de son frère l'avait quelque peu perturbée et elle était sur la défensive. Comme elle l'avait toujours été face à sa famille.
- Ils ne s'arrêtent devant rien, dit-elle en évitant de croiser le regard de Magnum. Ils ont engagé des personnes pour me retrouver !
- Ils s'inquiètent peut-être pour toi ? tenta-t-il d'expliquer.
Higgins sourit, plus par ironie que par amusement.
- Ils s'inquiètent simplement pour…, dit-elle avant de s'arrêter dans son élan.
Elle baissa un instant les yeux avant de se tourner vers lui. Jusqu'à présent elle avait gardé son passé secret mais aujourd'hui, il refusait surface et pas de la manière dont elle aurait aimé. Elle aurait préféré en parler à Magnum d'une manière différente.
Elle se tourna vers lui et planta son regard dans le sien. Le regard de Magnum regard était rassurant et l'invitait à se confier.
- Si j'ai décidé de venir ici, c'est…, dit-elle en hésitant quelque peu. C'est pour quitter cette famille. Cette famille avec cette histoire… cet héritage familial qui est bien plus important que tout le reste.
Il se contenta de l'encourager du regard à continuer.
- Quand Robin m'a proposé ce poste à Robin Nest, j'ai sauté sur l'occasion de tout quitter et de recommencer à zéro, confia-t-elle. Ici, je n'étais que Juliet Higgins, la majordome.
Elle continua de planter son regard dans le sien sans pouvoir continuer.
- Et non l'héritière d'un comte anglais, finit-il pour elle.
Elle s'étonna de cette remarque. Comment pouvait-il être au courant ? Elle l'interrogea du regard.
- Comment ? lui demanda-t-elle simplement.
- Tu sais que je suis le responsable de la sécurité du domaine ?! commença-t-il à expliquer. Je sais que tu penses qu'en arrivant ici j'ai joué les touristes mais c'était loin d'être le cas !
- Tu as enquêté sur moi ? lui demanda Juliet.
Elle ne savait pas si elle devait être heureuse de savoir que Magnum avait fait son travail ou bien si elle devait lui en vouloir d'avoir enquêter sur elle sans lui en avoir parlé ?
- Et tu comptais m'en parler un jour ? lui fit-elle remarquer.
Il sourit.
- Et dévoiler tous mes talents d'enquêteur privé ?! plaisanta-t-il.
Elle n'avait pas l'air de vouloir plaisanter.
- Au moins, ils servent à quelque chose ! lança-t-elle en refermant son ordinateur portable.
- Ça a l'air de t'ennuyer ? demanda-t-il.
Elle se tourna d'un coup vers lui.
- Ça t'étonne ?! demanda-t-elle.
- Je pensais que depuis l'histoire du MI-6, tu te doutais que… commença-t-il à répondre.
Elle se leva du canapé avec son ordinateur portable sous le bras.
- Et moi je pensais que notre relation était assez « importante » pour que tu sois honnête avec moi, lui répondit-elle.
- Honnête ? C'est toi qui a préféré me cacher ton passé ! lui fit-il remarquer en se levant à son tour et en se plantant devant elle. A l'époque, je n'ai fait que le travail pour lequel j'avais été embauché.
- Et bien sûr, tu comptais m'en parler quand tu en aurais eu besoin, comme lorsque tu as eu besoin de mes contacts au MI-6, lui renvoya-t-elle.
- C'est ce que tu penses ? lui demanda-t-il
Un silence s'installa entre eux. Elle ne lui répondit pas et se contenta de quitter la maison des invités.
- Edouard ! l'appela-t-elle alors qu'il était sur le point d'embarquer.
Higgins s'avança vers lui alors qu'il venait de se retourner.
- Père sera ravi de voir que tu as repris tes esprits, lui lança-t-il tout sourire.
- Je ne repars pas avec toi, clarifia-t-elle tout de suite.
Il leva les yeux au ciel comme agacé.
- Tu n'en fais vraiment qu'à ta tête ! finit-il par lui dire en la regardant de nouveau.
- Tu ne penses pas si bien dire, lui répondit-elle ravi de ce qui allait suivre.
Il l'interrogea du regard.
- J'ai bien réfléchi à toute cette histoire d'héritage et de tout ce qu'aurait voulu l'oncle Stanley, commença-t-elle à confier. Père et toi aviez raison, je ne mérite pas tout ce que m'a légué notre oncle.
Son frère commença à afficher un immense sourire. Elle allait se faire un plaisir de lui faire rabaisser cet air satisfait. Elle sortit un document de la pochette qu'elle tenait dans la main et lui tendit. Il prit lentement le doucement en l'interrogeant du regard.
- Tout ira à des personnes bien plus méritantes que nous ! se contenta-t-elle de lui dire.
Il parcourut le document et son visage se ferma d'un seul coup. Il leva les yeux vers elle. Higgins lui sourit en soutenant son regard, fière de l'action qu'elle venait de faire.
- Tu ne peux pas faire ça, s'écria-t-il.
- Si et je l'ai fait ! lui répondit-elle.
Il froissa la feuille dans ses mains jusqu'à en faire une boule.
- Je te laisse cet exemplaire ! lui dit-elle. J'ai gardé des copies.
- Tu auras des nouvelles de nos avocats, s'énerva-t-il à lui répondre.
- Si cela vous amuse, répondit-elle.
- En faisant ça, tu as anéanti tes dernières chances de revenir dans les bonnes grâces de Père, lui fit-il remarquer.
Elle sourit, amusé par cette remarque. Comme si elle souhaitait revenir dans cette famille.
- Je ne te retiens pas plus longtemps, dit-elle en lançant un regard à l'hôtesse qui attendait que son frère embarque. Tu vas rater son vol !
Il lui lança un dernier regard avant de se tourner vers l'hôtesse et lui tendre son billet d'avion. Higgins n'attendit pas qu'il monte à bord et s'éloigna avant qu'il ne change d'avis.
Nicky, le pianiste de la Mariana, s'approcha de Toni qui était installée avec TC, Magnum, Higgins et Rick au bar.
- Il paraît que vous vous débrouillez en musique ? lui demanda-t-il.
Toni se tourna vers lui puis lança un regard avec Magnum. Il était le seul à connaître ses talents de musicienne. Il se contenta de lui sourire en buvant une gorgée de sa bière.
- Disons qu'il me reste quelque chose de mes cours au conservatoire, répondit-elle en souriant à Nicky.
- Vous accepteriez de nous jouer un petit morceau ? finit-il par lui dire.
Elle le fixa un instant. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas jouer en public. Elle se tourna vers le reste du groupe. Ils avaient l'air de tous vouloir l'entendre jouer.
- Allez ! Juste un petit morceau, insista TC.
Nicky s'éloigna légèrement en lui montrant le piano à queue du bras. Elle hésita un instant puis se leva en lançant un dernier regard à ses amis. Ils échangèrent un sourire avant de la suivre et de s'installer autour du piano. Toni s'installa face aux touches noires et blanches.
- Qu'est-ce que tu vas nous jouer ? demanda Magnum en se penchant sur le piano.
Higgins était à ses côtés et un peu plus loin Nicky, TC et Rick se préparait à écouter Toni.
- Un grand air classique ? demanda Nicky.
- Désolé, mais j'étais plus de ce style là… répondit-elle en commençant à jouer.
(Écouter/voir en vidéo – Magnum PI – Theme (HD/HQ Piano Cover) )
Ses doigts glissèrent sur les touches d'un piano avec une facilité et une agilité impressionnante.
- Hey, j'adorai cette série quand j'étais gamin, lança Rick.
Les autres ne semblaient pas connaitre.
Magnum attira Higgins un peu plus loin du piano où leurs amis continuaient d'écouter Toni jouer du piano.
- Tu m'en veux toujours au sujet de cette « enquête » ? lui demanda-t-il en se tournant vers elle.
Elle leva les yeux vers lui. Même avant qu'il ne soit ensemble, quand elle lui en voulait, elle ne pouvait pas tenir longtemps. Il avait ce « je ne sais quoi » qui arrivait à la faire craquer. Peut-être ce regard chocolat qu'il lui lançait à chaque fois.
Elle détoura un instant les yeux avant de se tourner vers lui.
- Je ne t'en ai jamais voulu, admit-elle. Enfin pas vraiment.
Il ne demanda rien et se contenta de la fixer.
- J'étais juste en colère mais cela n'avait rien à voir avec toi, continua-t-elle à lui confier. La visite de mon frère n'a fait que réactivé ce qui était présent depuis bien trop longtemps.
Elle marqua une pause avant de continuer.
- Mais aujourd'hui, je me suis enfin délaissé de ce qui me pesait tant, confia-t-elle.
Il l'interrogea du regard.
- Disons que… il n'y aura plus de problème avec cette histoire d'héritage, dit-elle.
Elle sortit une feuille pliée en 4 de la poche arrière de son jean et la lui tendit. Il la prit et l'ouvrit pour la lire. Après quelques instants, il releva les yeux vers elle. Elle ne cesserait jamais de le surprendre.
- L'orphelinat d'Aishuu et Kapi'olani Medical Center pour femmes et enfants, fit-il remarquer en souriant.
Elle leva presque timidement ses yeux vers lui.
- Ils en auront plus besoin que moi, se contenta-t-elle de lui dire.
Elle avait fait une donation à l'orphelinat pour la construction d'un nouveau bâtiment, de l'achat de nouveau matériel et le financement de nouveaux postes d'éducateur. Quant au Medical Center, des fonds pour les victimes de violences conjugales et pour l'accompagnement des femmes. Effectivement cela ne serait pas de trop pour ces organisations. Magnum replia la feuille qu'il tenait dans ses mains et lui rendit.
- J'ai profité de ces démarches « administratives » pour proposer au Kapi'olani de donner des cours d'auto-défense quelques heures par semaine, confia-t-elle.
Magnum planta son regard dans le sien. Cette femme ne cessera jamais de l'étonner. Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur son front.
- Tu es incroyable, lui murmura-t-il.
Higgins glissa ses mains dans les siennes.
- Tu avais raison, lança-t-elle tout d'un coup.
Il sourit en la regarda quelque peu étonné.
- Si tu pouvais préciser à quel sujet, parce que ces derniers temps… s'amusa-t-il à lui demander.
- Je me suis servi de toute cette histoire pour te reprocher des choses qui n'avaient pas lieu d'être, s'expliqua-t-elle. Je n'ai pas été très honnête avec toi non plus…. Et j'en suis désolée.
Elle leva lentement les yeux vers lui, comme prit en faute. Il aimait quand elle avait ce regard. Un regard qui montrait qu'elle se livrait encore plus.
- J'ai toujours gardé ma vie la plus secrète possible et… que tu en saches autant sur moi… et je ne parle pas simplement de ce que tu as découvert suite à tes recherches…
Higgins le fixa un instant, plantant son regard dans le sien.
- Tu connais mes habitudes, mes préférences, la façon de me mettre hors de moi mais également ce qui m'apaise…. Et le fait que tu me connaisses aussi bien m'a fait peur… Je me suis servi de toute cette histoire pour te garder à distance, lui avoua-t-elle.
Magnum serra sa main dans la sienne.
- Ça n'a pas marché, je suis toujours là, lui répondit-il avec son plus beau sourire.
Elle sourit à sa remarque et lui lança un regard charmeur. Elle se rapprocha de lui.
- Et j'en suis heureuse, lui dit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.
Il l'enlaça plus étroitement contre lui pour répondre à ce baiser.
- Pour être tout à fait franche avec toi, j'ai moi aussi mené mon enquête. Tu t'imagines bien que quand je t'ai vu arriver la première fois, j'ai eu de sérieux doutes, dit-elle.
Il lui sourit en retour en tentant de la prendre dans ses bras.
- Et qu'as-tu appris ? lui demanda-t-il alors qu'elle tentait de le garder à distance.
- Un bon espion ne dévoile ses informations qu'au moment opportun, dit-elle en lui lançant un regard lourd de sens.
Elle commença à doucement s'éloigner.
- Et à quel moment comptes-tu partager ses informations avec moi ? demanda-t-il en plissant les yeux, un peu embêté de ne pas savoir.
- Tu le sauras en temps voulu, finit-elle par dire, amusée de l'effet produit sur Magnum.
SUITE
