J'étais tellement inspirée que je n'ai pas pu m'empêcher de publier la suite dans la foulée. Il faut croire que ces derniers temps je suis prise d'une vague d'inspiration continuelle! C'est aussi génial pour vous que pour moi.

Du coup, je vous laisse avec le début des aventures de notre équipage des Noose. D'ailleurs, pour ceux qui ne le sauraient pas, Noose en anglais ça signifie nœud, et c'est souvent celui que l'on utilise pour les pendaisons. D'où le crâne pendu sur leur drapeau ! J'ai pensé à tout n'est-ce-pas? On remercie mon bro pour l'idée du nom, et moi pour le drapeau.

Bref sur ce, bonne lecture!


۩๑ ๑۩ II. Ne pas contrarier la Capitaine – part 1 ۩๑ ๑۩


— Vous savez pourquoi je vous ai tous sortis de vos occupations n'est-ce-pas ?

Dam s'imposait en tant que Capitaine très compréhensive.

Elle était capable de se montrer douce, extrêmement aimable, y compris avec les hommes ayant commis des erreurs dangereuses pour eux-mêmes, et les autres. C'était sans doute pour ces raisons que ses marins faisaient preuve d'une indécrottable bonne humeur. Avec Dam, ils ne naviguaient pas avec cette peur continuelle d'être jartés du navire, s'ils faisaient le moindre pas de travers. La violette semblait dotée de cette chose merveilleuse, pourtant inconnue à de nombreux équipages, et qui se nommait le pardon. À elle seule, la jeune femme détruisait ce stéréotype réducteur des pirates sans morale ou pitié.

— N-Non Capitaine, répondirent-ils en chœur.

Jeune femme de vingt-cinq ans aux goûts raffinés, elle appréciait la nourriture gastronomique, le fromage de chèvre, et la musique par-dessus tout. Cela expliquait, entre autre, la présence de très bons chanteurs et musiciens sur le navire de Noose.

— Vraiment ? Pourtant vous êtes tous en train de trembler comme des écrevisses balancées vivantes dans une marmite… Il doit bien y avoir une raison à cela, non ? Vous n'avez même pas une petite idée ?

De plus, son orientation très prononcée pour la gente féminine la rapprochait de ses hommes. Ainsi donc, elle ne les jugeait pas lorsqu'ils clamaient, haut et fort, avoir besoin d'une compagnie pour les soulager de quelques envies primaires. Il arrivait même qu'elle se joignît à eux, pour imaginer un petit brin de femme ou pour courtise quelques « donzelles » sur les ports après leurs longues escales.

— … C-c'est en rapport avec… avec… les provisions Capitaine ?

La Capitaine des Noose possédait d'innombrables qualités. C'était une personne à l'écoute de son équipage. Parfois, elle acceptait même de leur concéder quelques folies s'ils s'en montraient dignes.

— Ah… Vous voyez ! Je savais bien que vous n'étiez pas des idiots complets, s'exclama-t-elle avec un immense sourire.

Plusieurs fois, elle leur avait permis de boire jusqu'à se saouler, de dépenser plus d'argent que prévu pour des bagatelles, ou encore de retarder de quelques heures le départ de leur navire, sur des conditions exceptionnelles bien évidemment.

— Alors… Lesquels d'entre vous se sont chargés du ravitaillement déjà ?

Les membres de l'équipage du Noose se savaient chanceux d'avoir une Capitaine aussi agréable à vivre. Il suffisait d'entendre parler des Supernovas, d'autres pirates très connus, ou même de certains équipages de Marines pour qu'ils se sentissent reconnaissants envers le sort.

— Nous, Capitaine !

Cependant, s'ils étaient soulagés et détendus une bonne majorité du temps dans leur navire, il était des heures qu'aucun n'espérait vivre. Car si Dam se montrait douce et compréhensive la plupart du temps, elle n'en restait pas moins un véritable démon des mots. Et si une chose la contrariait grandement, les hommes perdaient rapidement leurs couleurs.

Tandis que l'équipage se ratatinait en un amas de figures effrayés, deux de leurs compagnons se détachaient courageusement d'un pas, prêt à affronter la langue vengeresse de la violette. Deux grands gaillards, toujours fourrés ensemble, riant et parlant fort, mais pas cette fois-ci. Une sorte de terreur se lisait dans leurs yeux, et ce malgré leur envie de ne point se ridiculiser.

La Capitaine, qui se trouvait jusqu'à lors sur le pont supérieur, elle les rejoignit, le pas très lent, et le regard ancré sur les deux pauvres bougres. Sa langue claqua contre son palet, le silence se fit, brutal, dans l'attente de l'issue fatale.

— Bien… Expliquez-moi donc pourquoi… Bandes de dégénérés finis à la pisse de chèvre malade… Expliquez-moi pourquoi, nous n'avons presque plus aucune réserve d'eau potable dans la cale ? Hm ?

Devant le reste des hommes, les deux fautifs commencèrent à se tordre dans des positions de douleur et de lamentations intérieures. Après de longues minutes d'angoisse, Dam usait enfin de son fruit du démon, pour leur faire regretter leur oubli.

— Je croyais pourtant vous avoir dit mille fois… Espèces d'épouvantables cuistres tout justes bons à renvoyer dans les jupes de vos mères péripatéticiennes… Qu'il ne fallait en aucun cas oublier ces choses, pourtant vitales et primordiales, que sont les rations d'eau.

Les deux hommes s'écroulèrent sur le pont dans un bruit cinglant. Le reste de l'équipage recula, alors que le regard sombre de la violette foudroyait leurs camarades effondrés, pliés sous l'agression qu'ils subissaient.

— Visiblement, je ne peux même pas compter sur deux moitiés de cerveaux, pourtant réunis pour avoir une pensée construite… Même un gamin pas encore sorti du ventre de sa mère serait plus intelligent que vous deux. Et vous avez presque trente-cinq ans, je crois ? Trente-cinq ans de conneries, ainsi que de décomposition interne. Je suis sûre que si je venais à taper sur votre tête, mon poing passerait à travers tant elle est vide de matière.

— Pardonnez-nous, gémissait le premier.

— Pardon, Capitaine, murmura le deuxième.

Les deux hommes se mirent à pleurer, étendus sur le pont du navire dans une position que les autres marins ne connaissaient que trop bien.

Car si leur Capitaine pouvait être la plus charmante des femmes la majorité du temps… Son pouvoir, couplé à sa richesse de langage finissait toujours par avoir raison de leur comportement, ou de leurs oublis.

— Je vous pardonnerai… si une fois le mal passé, vous vous secouez les burnes et que vous n'avalez qu'une gorgée d'eau par jour jusqu'à ce que nous atteignons la prochaine île. Est-ce bien clair, bandes de chèvres décérébrées ?

— O-oui !

— Oui, Capitaine… À-À vos ordres.

La violette se redressa, et retrouva son habituel sourire. Elle tapa gracieusement dans ses mains, comme si de rien n'était.

— Bien ! Les autres, vous retournez à vos postes.

— OUI CAPITAINE ! répondirent-ils tous ensemble.

Le fruit de la PLS était bien trop puissant pour de simples hommes comme eux.


Je ne sais plus comment m'est venue cette idée de Fruit du démon de la PLS.

Mais j'aime beaucoup.