Je ne pensais pas partir sur une publication par jour, mais il semble que cela va se faire pendant quelques temps finalement!
J'espère que ça vous plaît, personnellement j'adore Bob pour ce côté... désabusé. Ca le rend très attachant et drôle par la même occasion. Avant même d'avoir fini d'imaginer Dam, j'avais déjà une idée de qui serait ce personnage. Comme quoi, il m'est venu plus naturellement en tête que tout le reste.
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour faire part de vos avis, je n'ai pas envie de le répéter à chaque sortie, mais ça fait toujours plaisir de savoir si vous vous marrez ou pas.
Sur ce, bonne lecture!
۩๑ ๑۩ IV. Un manque cruel d'originalité – part 1 ۩๑ ๑۩
— Avant d'engager un combat avec un adversaire, vous devez vous assurer que votre arme est bien chargée. Ou que vous avez bien votre épée sur vous. Ou n'importe quelle arme qu'est la vôtre, expliqua Bob.
— Bien sûr… Mais Bob, comment dire… commença le plus jeune des marins.
— Tout ça on le sait, ajouta un autre.
— Tu n'as pas quelque chose de plus utile à nous apprendre ?
Le second de l'équipage Noose haussa les épaules, les mains toujours enfouies dans ses poches. Il observait mollement les autres pirates qui semblaient attendre des conseils plus avisés de sa part. Bob se creusa donc la tête, puis il reprit doucement :
— Vous devez faire attention au temps… Parce exemple s'il pleut, ça peut vous compliquer la tâche sur des pavés bien lisses ou un terrain boueux.
— Oui, ça coule de source.
— Mais encore ?
— Un autre conseil qui nous serait vraiment, vraiment utile ?
Bob passa sa main droite dans les boucles brunes, gratta son crâne avant de poursuivre, sur un ton toujours aussi morne :
— Il ne faut jamais sous-estimer la force de votre adversaire. Même si la personne en face ne paye pas de mine, elle pourrait cacher une puissance incroyablement puissante.
— Hm hm…
— Et ?
— Une autre idée peut être ?
L'homme étira un peu ses épaules, avant de croiser ses bras sur son torse, nonchalamment. Les marins se montraient plus bavards que prévu, pour son plus grand malheur. Sa sieste devrait attendre, encore.
— Vous devez vraiment vous assurer que la sécurité de votre arme a été retirée avant de menacer votre adversaire. Ce serait dommage qu'il commence à vous canarder sans que vous ne soyez prêts.
— Ah. Oui… Oh…
— Nous n'y aurions pas pensé !
— N'est-ce-pas, les gars ?
— Ouais c'est… Waouh… Comme c'est bien trouvé !
Et tandis que de petits rires gênés s'élevaient dans l'assistance, le second continuait de dispenser ses conseils :
— Evidemment il ne faut pas négliger l'effet de surprise lors d'un affrontement. La moindre seconde peut servir à retourner une situation à votre avantage.
— Mais oui !
— C'est tellement vrai !
— Incroyable, n'est-ce-pas ?
— Nous n'aurions jamais pu prédire quelque chose de ce genre-là, c'est certain !
Les membres de l'équipage s'échangèrent des regards presque désespérés. Pourquoi diable Dam avait cru bon d'envoyer Bob leur apprendre l'art de la guerre ? Il balançait autant de généralités qu'un journaliste en manque d'imagination et de scoops depuis trois semaines. À cette vitesse, les hommes pouvaient bien mourir d'ennui avant d'apprendre quelque chose de réellement utile. Les cours s'annonçaient longs, interminables même, et sa torture tout aussi insupportable.
Toutefois, le brun décida de les surprendre :
— Mais le plus important…
Tous se tournèrent d'un coup vers le second, y avait-il un espoir pour qu'ils obtinssent une information capitale ? Ils tendirent l'oreille, penchèrent malgré eux leurs corps en avant dans l'attente de son ultime conseil….
— Essayer de dissimuler vos atouts. Comme moi, par exemple.
— …Comme…
— Toi… ?
— Qu'est-ce que tu entends par là, Bob ?
Devant l'incompréhension des marins, Bob tira son pistolet de son ceinturon. Il le fit tourner quelques instants entre ses doigts avant de reprendre calmement :
— Je sais me battre avec deux pistolets en même temps, mais habituellement je n'en utilise qu'un. Donc, lorsque mon ennemi s'y attend le moins, ou qu'il m'a désarmé je peux le surprendre en sortant ma deuxième arme.
— Mais…
— Euh… Comment dire…
Le brun aux cheveux bouclés les dévisagea, consterné.
— Quoi ? demanda-t-il sans comprendre ce qu'ils sous-entendaient.
— Eh bien…
— Ton effet de surprise il est… Complètement inexistant.
— Ouais !
L'homme se sentit presque offusqué devant de telles affirmations. Il donnait de son précieux temps pour offrir ses conseils, et ses camarades l'insultaient en retour.
— Et pourquoi ça ?
— Mais enfin Bob… Ta seconde arme…
— Elle est aussi accrochée à ton ceinturon.
Le concerné baissa les yeux sur ce dernier, et constata que les marins avaient raison. Après quelques secondes de réflexion intense, Bob se contenta d'hausser paresseusement les épaules.
— Au moins, il sera surpris que je n'utilise pas les deux depuis le début du combat.
Le reste de l'équipage s'échangèrent des regards médusés. À présent, ils comprenaient mieux pourquoi Dam leur avait lancé ces paroles énigmatiques au tout début de leur voyage :
« Ne vous posez pas trop de questions sur Bob. Il est juste frustré, blasé par son manque d'originalité. »
Les pirates se sentaient soudainement abattus. Cette journée allait être longue, définitivement trop longue.
Et n'oubliez pas qu'un petit commentaire ça aide l'auteur à s'améliorer!
Comment ça vous le savez déjà?
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