J'ai eu cette idée -franchement brillante- à 1 heure du matin. Oui, moi c'est la nuit, au moment où je dois dormir que mon cerveau se dit: « Tiens si j'avais des idées incroyables à écrire genre... maintenant »! Mais bref... J'espère que vous allez aimer, moi personnellement je me suis bien marrée.
Il y a beaucoup de références à pleins de choses. J'aimerais bien savoir lesquelles vous avez repérés dans les commentaires! On va d'ailleurs faire un petit jeu: les deux personnes ayant repérés le plus de références auront le droit à une petite surprise (qui aura bien évidemment un rapport avec la fiction): Concours fermé.
Sur ce bonne lecture.
Désolée, ohhh magnifique et belle langue française pour la claque je vais te mettre.
۩๑ ๑۩ VI. Une histoire de légumes ۩๑ ๑۩
Sur le petit port de Stroke, marchands et passants s'enfuyaient en hurlant. Dans la panique générale, les parents saisissaient leurs enfants par les bras, puis s'enfermaient dans le premier bâtiment qui croisait leur route. Aucun d'eux ne semblait se sourcier des hurlements ou du refus des occupants. Ils se jetaient par les fenêtres ouvertes, défonçaient les portes pour se réfugier. Tous préféraient les coupures, ou les coups de pieds des habitants à la fureur des démons lâchés dans le port.
Au milieu de ce foutoir bordélique, l'équipage du Noose tentait de calmer leur Capitaine, en vain.
— Charlatan de medeux ! Je sais où tu te caches ! hurla-Dam avec véhémence.
— Capitaine ! Je vous en prie calm…
— Viens ici que je te bute, enculé ! cria-t-elle, une veine rouge proéminente sur le front.
Les deux marins qui retenaient leur furie violette se prirent un vilain coup de poing sur le crâne. Ils gémirent de désespoir, mais aucun d'eux ne pouvait défaire sa prise. Si un seul de leur bras lâchait Dam, elle provoquerait un massacre. Dire qu'elle leur avait pourtant ordonné de se « tenir à carreaux », pourquoi avait-il fallu que la situation dérapât sans crier gare ?
La jeune femme se défit soudain de leur prise faiblissante. Elle s'extirpa hors de l'attroupement de pirates, et se précipita vers la source de sa colère. Les matelots tentèrent une nouvelle fois de s'approcher d'elle pour la ceinturer, ils devaient absolument l'arrêter. Ils formaient des petits groupes, bien trop effrayés à l'idée qu'elle n'envoyât valser le seul courageux par-dessus le port.
Ils la scrutaient alors qu'elle était prostrée devant une petite échoppe aux fenêtres éparpillées en morceaux sur le sol. Ils savaient qu'elle était sur le point de commettre un violent massacre. Et l'équipage ne voulait absolument pas se retrouver impliqué dans un génocide, ce qui était pour l'instant très mal parti.
— Capitaine…, tenta l'un d'eux.
— Ce n'est pas grave… On en trouvera ailleurs !
— Oui, il doit bien y avoir d'autres échoppes dans les parages.
Un coup de feu tiré de l'échoppe leur répondit, et une voix masculine aux sonorités grasses s'éleva :
— Ta gueule sale pirate ! Viens ici sale enculée !
— Salop ! répondit-elle avec colère.
— La Marine ! remarquèrent soudain les autres pirates.
— Décampons ! s'empressa d'ajouter l'un d'eux.
Saisissant leur Capitaine à tout endroit possible, les pirates de Noose se précipitèrent à bord de leur navire sans demander leur reste. Pas même les hurlements et insultes de Dam ne parvinrent à les arrêter. Leur terrifiante supérieure ne saurait les convaincre de rester sur ce port miteux pour si peu, et pourtant elle continuait de d'égosiller.
— Je vais me le faire ce sale fils de chèvre malade !
— Une prochaine fois ! lança le plus jeune des pirates.
— Bob ! BOB ! En renfort !
L'homme aux cheveux bruns sortit nonchalamment de sa cabine, et lança un outrageux bâillement au grand désespoir des matelots. Ils ne lâchaient toujours pas leur Capitaine de peur qu'elle ne fît brusquement faux-bord et ne les condamnât à la potence par la même occasion. Leurs camarades restés à bord vinrent en renfort, tandis que Bob se contentait de jeter un coup d'œil sur le port, certainement dans le but de comprendre le pourquoi d'une telle agitation.
— Que s'est-il passé encore ?
— La Capitaine a voulu acheter des provisions, expliqua plus jeune aux cheveux bruns.
— Locke et moi nous l'avons accompagné pour l'aider, reprit un de ses ainés.
— Sauf que nous sommes tombés sur…
— Un charlatan.
— Il voulait nous vendre des légumes pas frais, dit le prénommé Locke.
— À l'batard ! s'indignèrent quelques autres pirates.
— VENEZ ME LE DIRE EN FACE QU'ILS SONT PAS FRAIS MES LEGUMES ! hurla le dit charlatan à plein poumon.
— Laissez-le-moi ! Je vais l'envoyer rejoindre sa dignité dans le ventre d'un requin géant !
— On quitte le port tout de suite, ordonna Bob.
Le second de l'équipage observa de loin les pirates maintenir leur Capitaine enragée. Une Capitaine qui essayait déjà de sauter par-dessus-bord pour aller exterminer ce pauvre fou. Il roula les yeux d'un air entendu, avant de penser simplement:
« S'il connaissait Dam… Il saurait qu'elle n'aime pas trop les charlatans et les fils de chèvres. »
Comme disait un grand philosophe de notre temps : « La violence n'est pas une solution, c'est la solution! »
Surtout avec les charlatans! #balancetoncharlatan.
