Vous allez enfin savoir pourquoi Dam et son équipage ont harcelés un pauvre Marine pour lui confier une lettre.

Je voudrais offrir un remerciement tout spécial à Akilie, qui est devenue ma bêta pour cette fiction. Des cœurs sur toi et des muffins sur ton plateau.

Update [09.12.20] : La profession de Strain a changé entre temps, il n'est plus artilleur (parce que franchement ça ne lui allait pas) mais cuisinier.


۩๑ ๑۩ XII. Cher Amiral Commandant en Chef ۩๑ ๑۩


— Capitaine ! Capitaine !

Alertée par les cris du jeune Locke, Dam fut arrachée à ses agréables pensées, assurément liées à une belle archéologue aux cheveux sombres, tout comme ses comparses présents sur le pont. La jeune femme étira ses muscles, semblable à un félin, puis elle plongea son regard clair dans celui de son cadet essoufflé :

— Que se passe-t-il, Locke ?

— … Elles sont là…

La Capitaine haussa un sourcil, d'abord dubitative quant à ce semblant d'explication. Mais lorsque son regard argenté glissa sur les mains de l'adolescent pour y découvrir des papiers bien particuliers, un immense sourire éclaira son doux visage.

— Bob ! Strain !

Les deux hommes se détournèrent à regret de leur passionnante activité, toutefois leur Capitaine surexcitée leur fit rapidement oublier cette maigre déception. La jeune femme sautillait sur place, et brandissait fièrement trois affiches aux couleurs claires.

— Elles sont là !

Les trois amis s'échangèrent un regard complice, tandis que l'allégresse et l'euphorie gagnait peu à peu les pirates du Noose.

Ils entraient enfin dans l'Histoire.

۩๑ ๑۩

« Cher Amiral Commandant en Chef »

— Bwahahaha ! Ça, c'est de la politesse comme on n'en fait plus.

Sengoku massa ses tempes d'un geste agacé. Cette journée s'annonçait mal, et l'absurdité de la situation actuelle aurait certainement raison de ses dernières bribes de bonne humeur. S'il ne tuait pas un soldat dans deux heures, il promettait de dédier un autel à la Saint Chèvre et d'y prier au moins six fois par jour.

— Poursuivez…

Le jeune marine, qui se tenait droit comme un piquet à quelques mètres du bureau, replongea aussitôt son nez dans la lettre qu'il tenait entre ses doigts tremblants.

« Je me doute bien que vos hautes fonctions de protecteur de la veuve, de l'orphelin, du fromage de chèvre et de toute autre chose vivante, ne vous autorisent pas de m'accorder une entrevue. Cependant, je me permets de vous écrire cette missive afin de vous faire part d'une requête. Ne vous inquiétez pas, elle vous prendra guère plus de temps que toutes les autres lettres inutiles, qui pourrissent actuellement sur votre bureau. »

À l'autre bout de la pièce, Garp, grand-père du pirate reconnu Monkey D. Luffy, pouffait en avalant difficilement quelques donuts.

« Voyez-vous, la crise touche tout le monde, c'est d'une évidence accablante. Toutefois, cette crise touche plus durement certains de nos compatriotes, et cette fois-ci, j'en fais malheureusement partie. J'ai quitté ma petite île natale en compagnie d'un équipage bien moindre en comparaison de votre armée. Je ne possède ni vos armadas, ni vos garnisons, ni toutes autres accumulations linguistiques qui ne feront que flatter votre ego – ce que je ne souhaite évidemment pas encourager, par respect et surtout par souci pratique. Aujourd'hui, après deux dures années de voyages, d'aventures et de rencontres avec vos adorables, bien qu'un peu simplets, soldats, je constate que nous n'avons toujours aucune prime sur nos têtes, mes camarades et moi. »

Le grand-père du pirate ne put retenir son euphorie. Il recracha une grande partie de son gâteau, sans grande classe, et se tordit de rire tandis que son supérieur grinçait des dents. Une veine grandissante sur son front fit trembler le pauvre marine, qui se retrouvait dans cette fâcheuse position de messager.

— … Continuez.

« Ainsi, puisque permettre à vos hommes de connaître les bienfaits de la modestie ne suffit pas, je me suis permise de vous écrire afin de rectifier ce tir outrageux. Je suis, avec mes camarades, particulièrement déçue de votre comportement. Certes, nous n'avons rien accompli d'extraordinaire par rapport à d'autres de nos collègues, mais nous méritons tout de même votre considération. Après tout, c'est votre job, ne vous en déplaise. »

— Bwahahahahaaa ! Une gamine qui manque pas d'air, ça me plaît ! Et toi ? Hein, Sengoku ? Ça te plaît pas ? Elle veut juste que tu la remarques, c'est meugnon tout plein.

— … Reprenez.

« Bien sûr, loin de moi l'idée de vous donner des impératifs. Je souhaitais seulement que vous preniez le temps de considérer ma requête. Car, après tout, cela ne vous prendra pas la journée et vous pourrez vite retourner à votre petite routine. » … Et… Et…

Le soldat fut frappé par une soudaine quinte de bégaiement. Son teint pâlissait à vue d'œil, et s'il semblait craindre pour sa vie, Sengoku n'en avait cure. Il frappa le bureau de son épais poing, au bord de la crise de nerfs.

— Poursuivez au lieu de trembler comme un asticot !

« Je vous » … « Je vous offre tout mon amour ainsi que de tendres bisous sur votre truffe » … « Signé : Dam, Capitaine des pirates du Noose ainsi que le reste de l'équipage ».

Plié en deux, Garp ne cessait de se fendre la bidoche, sans se soucier du regard assassin de son supérieur et de l'air complètement terrifié du pauvre marine coincé entre eux.

— Dites-moi tout ce que vous savez sur cet équipage. gronda méchamment l'Amiral en Chef.

— … D'après nos sources, leur Capitaine viendrait de la petite île d'Ostrad, tout comme son second et leur cuisinier. Elle… Nous pensons qu'elle a un fruit du démon.

— Et ?

— … Eh bien… Son second a appartenu au régiment de la Marine de l'île… Avant de poser sa lettre de démission.

— Et ?

— La mère de leur Capitaine est Commodore du régime d'Ostrad.

— Et ?

— … Leur… Leur cuisiner a coulé l'un de nos navires à lui seul…

Sengoku sentit son propre regard se durcir, car cette avalanche d'informations ne lui annonçait rien de bon. Il pressentait la catastrophe, la déconfiture qui lui ferait regretter la prise trop tardive de sa retraite.

— Ne tournez pas autour du pot ! Qu'ont ces foutus pirates qu'ils ne devraient pas avoir en leur possession ?!

Le jeune homme blêmit davantage, tandis que ses jambes se mirent à trembler de plus belle.

— D'après Smoker, le second… A en sa possession des balles de Granit Marin.

Le rire de Garp engloutit le silence, tandis que le marine se sentait défaillir. Sengoku, quant à lui, recommençait à masser ses tempes pour ne pas perdre la raison. Qu'avait-il fait à la Sainte Chèvre pour mériter pareil châtiment ?

— … Vous me dites que des pirates, des foutus pirates dont je n'avais pas entendu parler jusqu'à présent, ont trouvé le moyen de se procurer des balles en Granit Marin ? Des munitions extrêmement rares qui sont toujours transportées avec les plus infimes précautions ?

— … O-Oui.

— BWAHAHAHAHA ! À tous les coups, cet équipage et celui de mon petit-fils s'entendront à merveille.

L'Amiral Commandant en Chef jeta un regard complètement dévasté à sa Chèvre adorée. Il passa une main sur sa tête soyeuse afin d'oublier l'insolence de cet équipage, les rires de Garp qui redoublaient déjà en force et l'accablement soudain qui l'écrasait sous son poids.

« Vivement la retraite », pensa-t-il, qu'il n'ait plus à continuellement constater l'inefficacité de ses troupes.

Et si la retraite ne venait pas le chercher, Sengoku était certain de finir par se pendre avec son désespoir.

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WANTED

DEAD OR ALIVE

Dam, « Langue Pendue »

30, 000, 000 Berrys

WANTED

DEAD OR ALIVE

Bob, « Le Second »

28, 000, 000 Berrys

WANTED

DEAD OR ALIVE

Strain, « Le Boucher »

25, 000, 000 Berrys


Et voilà, vous connaissez enfin les primes de nos très estimés héros!

J'ai essayé de leur donner en fonction des aventures de Mugiwaras... Mais... Mais bien évidemment Dam n'a pas vaincu un des 7 Grands Corsaires, ce qui forcément ne l'amène pas au niveau de Luffy. Bah oui, il faut bien une logique dans les primes!