Avant de partir pour mes examens j'ai pu écrire les chapitres 17 et 18. Donc malgré mon absence effective vous aurez de quoi faire passer le temps.

Je continue de développer petit à petit les membres de l'équipage des Noose, mais ils n'auront malheureusement pas tous cette chance. En tout cas, pas pour cette première histoire en cours.

Encore merci à ceux qui me laissent leurs impressions, c'est un véritable plaisir de savoir ce que vous pensez de ce que j'écris.


۩๑ ๑۩ XVII. Et nous dans tout ça ? ۩๑ ๑۩


— Nous ne pouvions vraiment pas aller avec la Capitaine ?

— C'est dangereux de l'avoir laissée là-bas. Après tout, on ne connaît pas cet équipage !

Sur le pont principal du navire, Kostas et Rica continuaient de s'agacer contre la décision qui fut prise sans leur accord. Lorsque le jeune Capitaine des Chapeaux de Paille s'était immiscé dans leur discussion et que Dam s'était rendu compte de sa présence, elle s'était aussitôt jetée sur l'occasion pour rencontrer sa chère et tendre. Bob et Strain n'avaient pas tardés à les rejoindre, et Locke fut autorisé à accompagner le cuisinier et leur Capitaine. Les autres, sous la tutelle de Bob, étaient retournés au navire pour charger les provisions.

— Vous savez bien que nous n'aurions pas pu tous y aller. Ça n'aurait pas été correct.

Bob, occupé à compter ses munitions, n'accordait pas grande importance à la rébellion des deux hommes. C'était à peine s'il relevait la tête en direction des deux mécontents, deux amis qui n'escomptaient pas abandonner si rapidement.

— Certes ! Mais ce sont toujours les mêmes qui sont mis en avant ! asséna le canonnier.

— Nous aussi nous aimerions pouvoir protéger notre Capitaine de ces inconnus ! poursuivit l'artilleur.

Leurs hautes contestations atteignirent les oreilles des autres membres de l'équipage. Quelques-uns arrêtaient déjà de charger les prévisions ou de nettoyer le pont pour se joindre à leurs deux camarades inséparables.

— C'est vrai qu'il n'y en a toujours que pour les mêmes.

— Toi tu t'en fiches peut-être, Bob ! Mais tu te fiches d'absolument tout. fit remarquer Kostas, l'air un peu sévère.

— Nous autres avons droit à un peu de considération !

— Nous sommes aussi membres des Noose !

— C'est seulement que personne ne s'intéresse à nous !

Petit à petit, tous les membres restants s'étaient agglutinés autour de Bob, sensibles aux arguments de leurs amis.

— Et puis en plus, envoyer Strain, je peux comprendre… Mais Locke ? Il ne sait même pas se battre avec son sabre ! Si jamais ils ont des ennuis il risquer surtout de leur apporter plus de problèmes qu'autre chose.

— C'est pas faux ! Et puis, Dam n'osera jamais attaquer les amis de sa « douce et tendre » Robin… Strain ne s'y opposera pas non plus d'ailleurs. Si les Chapeaux de Paille ne sont pas amicaux avec eux, ils ne pourront jamais s'en sortir.

Les autres pirates acquiescèrent.

Mais loin de se démonter ou de s'effrayer devant l'attroupement de ses camarades, Bob continuait de recharger son arme.

Émergeant de la masse d'hommes, le médecin de l'équipage s'était approché, l'air sérieux. Sa chevelure rousse, plaquée sur son crâne se terminait par un léger épi, tandis que sa blouse blanche dissimulait la finesse de son corps. Sur son front, des rides inquiètes dévoilaient le fond de sa pensée. Le second des Noose et lui s'affrontèrent du regard quelques instants avant que le premier n'haussât les épaules, ce qui agaçât prodigieusement le second.

— Bob, prends ça au sérieux ! Nous parlons de la sécurité de la Capitaine, de Strain et de Locke !

— Vous savez tous qu'ils ne risquent rien.

— Comment peux-tu en être sûr ? rétorquèrent aussitôt Kostas et Rica.

— Parce que je le sais.

Le médecin de l'équipage renifla avec dédain.

— … Ce n'est pas un argument très convaincant, toi-même tu dois t'en douter.

— Tu t'inquiètes trop, Doc.

— Je dois m'inquiéter pour vous tous, idiot. Tu l'as peut-être oublié, mais c'est à moi que revient la lourde tâche de vous rafistoler lorsque vous vous battez comme des diables !

Il y eu un nouveau silence, durant lequel le second acheva enfin son petit rituel. Il jeta un coup d'œil à sa petite boîte précieuse, celle qui contenait le reste de ses balles en granit marin, puis se retourna vers ses camarades.

— Je laisserai peut-être quelqu'un rejoindre la Capitaine.

— Ah ! Tu vois ! fit joyeusement Kostas.

— Tu reconnais aussi la vérité des choses ! ajouta Rica avec fierté.

— Doc, tu t'occupes de surveiller le navire, j'irai.

— HEIN ?!

— Mais… Mais ce n'est pas juste !

Le canonnier et l'artilleur dévisagèrent leur supérieur d'un air complètement déconfit.

— Pourquoi toi ?!

— … Kostas, Rica… Vous pensez réellement que je vais vous laisser aller sur le navire des Chapeaux de Paille sachant que votre seul but en déclenchant cette « émeute » n'est autre que de voir leur navigatrice en bikini, comme sur les avis de recherches que vous cachez sous vos couchettes ?

Les deux intéressés se statufièrent sur place, puis leurs joues se couvrirent d'une jolie teinte cramoisie. Bob n'était pas dupe, et les pirates se liguèrent aussitôt contre leurs anciens défenseurs, dégoûtés par leur manœuvre perfide.

— Doc, je te laisse te charger de tout ça.

— Oh joie, tu es trop bon, Bob, répondit sarcastiquement le médecin en grognant.

— Vous avez joué avec la santé de la Capitaine juste pour pouvoir vous rincer l'œil ?!

— Et en plus en tentant de nous rallier à vous ?!

— Nous aussi nous avons envie de voir de jolies femmes !

— Et c'est toujours la même chose avec vous deux !

— Vous voulez garder les plus belles images pour vous !

Bob ne prit pas la peine d'écouter le reste des remontrances de ses compagnons envers les deux imbéciles qui avaient cru pouvoir se servir aussi facilement de leur statut de laissés-pour-compte afin de le faire plier. Le second était peut-être la banalité incarnée, mais il était loin d'être stupide.

Et tandis qu'il s'éloignait nonchalamment du navire, les mains enfouies dans les poches, il put entendre un dernier « Vous êtes dégueulasses » de la part de ses compagnons outrés.

Peut-être devraient-ils penser à recruter une femme la prochaine fois.

Quoique... ce serait comme donner un agneau en pâture à des requins.

Oui... Définitivement, il valait sans doute mieux qu'aucune autre femme ne posât le pied sur leur navire.


Don't mess with Bob everyone.