Comme promis, j'essaye de reprendre un rythme de publication pour cette fiction au moins. J'espère qu'elle vous plait toujours autant, et que l'humour est de qualitééé comme l'on dit dans la zone « swag et wesh ».

Sur ce bonne lecture à vous !


۩๑ ๑۩ XXII. Un rendez-vous inespéré ۩๑ ๑۩


Dam quitta son navire en poussant un soupir d'exaspération.

En dépit des deux années passées en compagnie des mêmes hommes, elle s'étonnait toujours de leurs imbécilités. Des imbécilités auxquelles ils s'adonnaient dès qu'elle avait le dos tourné. La violette ne comprenait même pas leur jeu. Qui pouvait réellement croire que Bob, Strain et elle formaient un ménage à trois ? Qu'est-ce qui leur était passé par la tête ? Sans doute le soleil leur tapait-il trop sur le système ?... Oui, elle préférait se réconforter ainsi. Parfois ses pirates se montraient plus intelligents qu'elle ne l'aurait présagé, Dam ne pouvait donc pas les enterrer si vite.

Elle bondit sur le quai avec l'élégance d'un chat de gouttière. La jeune femme réajusta les bretelles en dentelles de sa robe. Dam en possédait peu, elle ne trouvait pas cela pratique à porter en cas d'attaque et savait qu'une jupe risquait de rendre ses hommes fous. Elle avait longtemps hésité, les yeux passant d'une robe à l'autre sans pouvoir se décider. La Capitaine n'était pas coquette, un trait qu'elle tenait de sa chère mère. Ses mains caressèrent nerveusement le tissu de la petite jupe claire. Finalement, elle avait opté pour sa robe avec la coupe la plus courte et dont les dentelles surmontaient une couche fine de lin. Elle huma également sa propre odeur et constata qu'elle n'avait pas abusé sur le parfum, pour son plus grand soulagement. La violette ne s'en serait pas remise si Robin la fuyait à cause de cela. Elle se serait certainement enfermée dans sa cabine, puis roulée dans sa couverture comme un berlingot dans sa coquille. La jeune femme chassa ces sombres pensées, et s'encouragea en passant une main sur le collier discret qu'elle arborait. Pour la énième fois, elle se pencha et observa ses mocassins à talons noirs, s'assurant qu'aucune tâche ne s'y trouvait. Elle noua à nouveau leur lacet, puis replaça quelques mèches de ses cheveux, afin de dégager son visage.

Rares étaient les fois où la jeune femme se pomponnait autant, et pour tout dire cela lui faisait un drôle d'effet. Mais pour sa douce Robin, elle combattrait la moindre de ses habitudes.

« Je suis prête. »

Bombant légèrement le torse ainsi que sa petite poitrine, la jeune femme remonta ses manches jusqu'à ses coudes et se dirigea vers le navire de l'équipage voisin.

Elle se sentait déjà minauder comme une bergère d'Ostrad. C'était à la fois gênant pour elle, dont la réputation souffrirait sans doute si l'on découvrait sa mièvrerie. Heureusement, le seul sourire de Robin la débarrassait de toute honte.

Au diable l'image à tenir lorsque l'être aimé était en tête.

La pirate se hissa sur le pont du Sunny avec un sourire. Elle ne pipait mot, toutefois sa rencontre avec la belle brune quelque dizaine d'années plus tôt dansait dans son esprit. Elle se vit, adolescente et extravertie, Robin, grande et intelligente, alors un gloussement stupidement mignon s'échappa d'entre ses lèvres.

Seul « le Démon d'Ohara » lui faisait un tel effet. Et elle se pressait afin de rapidement retrouver l'élue de son cœur. Cela lui avait déjà coûté de s'éloigner à l'aube, mais Dam se rappelait que cela fut pour la bonne cause. Pour une femme d'exception, il fallait revêtir une tenue d'exception.

— Hé toi !

Mais à peine eut-elle le malheur de poser le pied sur le pont du navire qu'une furie rousse se jeta sur elle, visiblement très contrariée. Dam haussa un sourcil, toutefois elle décida de ne point s'agacer.

— … Oui ?

— Tu n'aurais pas vu ton cuistot… Strain, c'est ça ?

— … Non.

— Tu en es sûre ? insista Nami avec un grand sourire innocent plaqué sur les lèvres. Il m'avait promis de partager sa soi-disant rumeur de trésor qui se cachait sur cette île. Pourtant depuis que je me suis réveillée, il semble s'être volatilisé. Il ne serait pas en train de me cacher sa découverte, par hasard ?

Dam secoua la tête avant d'hausser ses petites épaules. Qu'est-ce qu'elle en savait ? Strain était assez grand pour faire ce qu'il voulait, cela ne la regardait pas. Et surtout, s'il souhaitait réellement se volatiliser, la Capitaine doutait très fortement qu'elle pût le retrouver un jour. Son ami d'enfance était très doué au jeu de cache-cache. Apparemment, lorsque Bob, lui et quelques autres amis s'amusaient à ce jeu, il l'emportait toujours.

Le nez de la jeune femme se plissa, elle n'avait aucune envie de penser à ses deux amis pour l'instant. Dam les adorait, toutefois Robin ne l'attendrait pas éternellement.

— Je n'en ai aucune idée.

— Vraiment ? Même pas une toute petite ?

— Je t'assure que je n'en sais rien, poursuivit la violette, pressée d'en finir avec cette discussion, De toute manière s'il a décidé de disparaître, tu ne le trouveras pas.

La navigatrice à grosse poitrine se fendit d'un immense sourire démoniaque, et fit craquer ses doigts sous le regard indifférent de la violette.

— C'est ce que l'on va voir !

Et aussitôt dit, la jeune femme se volatilisa à son tour.

Dam demeura interdite un instant, puis reprit ses esprits. Tout cela ne la regardait vraiment pas. De toute façon, Robin prévalait sur le reste de ses préoccupations du jour. Un nouveau sourire naquit sur le coin de ses lèvres, et elle fit de nouveau quelques pas, enjouée.

— Oyeeee !

Tout aussi soudainement que sa navigatrice, un jeune homme au chapeau de paille fondit sur elle, le sourire au visage.

— Dam ! C'est ça ?!

La Capitaine grogna légèrement, avant qu'une petite boule de poils à ses côtés ne la sortît de ses pensées.

— Désolé pour l'interruption assez brutale ! s'excusa le médecin du navire.

— Héé ! Dam, reprit brusquement le capitaine du Sunny, ton fruit du démon, il fonctionne comment ? Tu as juste à parler et tes ennemis s'effondrent ? Ou alors il y a des conditions spéciales ?

Agressée par toutes ces interrogations, en plus de cette apparition soudaine ayant manquée de lui soutirer un cri de surprise, Dam resta quelques secondes silencieuse. Elle se sentait quelque dépitée, toutefois rejeter violemment le Capitaine de sa très chère Robin serait impoli. Bon. Peut-être qu'en répondant à ses questions, elle pourrait la rejoindre en toute vitesse. Aussi se résigna-t-elle à subir cet interrogatoire incongru.

— Eh bien… Non. Sinon vous seriez déjà en train de vous tordre de douleur par terre. répondit-elle avec empressement.

— Oh ! Oui c'est vrai ! Shishishi. Et donc ? Comment ça fonctionne ?

— Tu as des mots spéciaux à utiliser ? ajouta le petit raton laveur, renne, ou peu importe ce que fut le médecin de l'équipage.

— Je dois simplement… lancer ce que l'on appelle des « punchlines ». Et sans insulte gratuite, sinon ça ne fonctionne pas et…

— Ah bon ? l'interrompit encore le jeune homme. Par exemple tu ne peux pas dire « merde » ? Ou « enfoiré » ?

— Je peux, toutefois cela n'a aucun effet sur la personne que je vise. Il faut quelque chose de plus… « Élégant » dirons-nous.

— Tu as un exemple ?

Luffy au Chapeau de Paille se mit à taper dans ses mains joyeusement, les yeux remplis d'étoiles d'admiration.

— Oh oui ! Vas-y, montre-nous comment ça marche !

— Eh bien je ne sais pas si c'est… vraiment… néce…

— Oh allez ! Ça a l'air d'être amusant en plus ! Shishishi !

La jeune femme soupira intérieurement. À cette allure, elle n'allait pas pouvoir rejoindre Robin… Et dire qu'elle s'était apprêtée pour lui faire plaisir.

— Je ne sais pas. Ce n'est pas si simple. Ça me vient tout seul lorsque je suis énervée contre quelqu'un, mais là je n'ai aucune raison de vous agresser.

— Que de manières ! renchérit le jeune brun, avant de se mettre à réfléchir. Je sais ! Nous allons t'énerver, comme ça tu pourras nous montrer !

— Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne id…

— Tes cheveux sont de couleur bizarre ! enchaîna aussitôt le capitaine des Chapeau de Paille.

— Oui !... Et… Hm… Tes mocassins ne sont pas… si jolis que ça ! tenta Tony Tony Chopper avec difficulté.

Brusquement, la jeune femme se retrouva prise entre un jeune homme qui lançait des insultes peu percutantes et un semi-animal adorablement agaçant tant il lui était inconcevable d'être méchant. Partagée entre le fou rire et la vexation, la pirate affichait une incompréhension totale. Elle souhaitait seulement passer un moment idyllique avec l'archéologue. Dam l'avait cherché pendant des années et elle serait capable de conclure des pactes non-catholiques pour elle, alors pourquoi l'empêchait-on de la rejoindre ?

— Et puis en plus, avec ta poitrine toute petite, on ne sait même pas si tu es un garçon ou une fille ! lui lança Luffy.

— ….

— Ouais !... Et… Ah… Même si tu as une bouille mignonne… Je… Je suis sûr que tu n'es pas gentille du tout ! cria presque le médecin de bord.

Dam sentit l'une de ses veines s'épaissir sur son front. Certains membres de cet équipages étaient définitivement trop « mignonnement ennuyeux », elle ne savait réellement pas comment réagir. C'était frustrant.

— Bandes de goujats !

Et soudainement, son messie. Ou tout du moins son sauveur de l'instant, surgit de nulle part, et administra un élégant coup de pied sur la tête de son capitaine. Le pauvre garçon valdingua jusqu'au mât, rapidement suivi par la petite boule de poils qui n'eut pas le temps de s'expliquer.

— Ce n'est pas une façon de parler à une dame !

Le ton courroucé et l'œil mauvais, le cuisinier des Chapeau de Paille était arrivé au bon moment, la sauvant d'une débâcle de fausses insultes face auxquelles elle n'aurait su quoi répondre. Elle allait d'ailleurs remercier son généreux – quoiqu'un peu violent – sauveteur, lorsque ce dernier se mit à tourner autour d'elle.

Ah oui. Elle avait oublié l'obsession prononcée de l'homme blond pour la gent féminine. Malheur au sein du bonheur trop court ?

— Ne vous inquiétez milady, lui dit-il en lui tendant avec grande délicatesse un plateau et un verre, ces deux imbéciles ne vous embêteront plus maintenant que je suis là pour vous défendre. Prenez donc ceci pour vous remettre de toutes ces émotions.

— C'est… vraiment… gentil mais je n'ai pas soif et…

— Je vous en prie ! Je sais que vous êtes encore sous le choc de leurs viles attaques, mais vous n'avez réellement plus à vous en faire !

Comment faisaient les femmes pour supporter ce genre d'hommes ?

— Ah ! Miss Dam ! Ça tombe bien, il fallait que je vous trouve !

La violette retint un soupir de désespoir. Est-ce que le monde entier avait décidé de se mettre en travers de sa route ? Ou est-ce que les membres de l'équipage du Chapeau de Paille s'étaient passés le mot afin de l'emmerder ? Qu'était-ce donc ? Une épreuve ? Un test pour éprouver sa patience ?!

— Dégage Franky ! Tu ne vois pas que tu déranges la demoiselle ? lança Sanji à l'intention du nouvel arrivant.

— Hein ? J'ai plus l'impression que ce sont tes manières de prince coincé qui lui font peur !

— Quoi ?!

— Oye ! Il y en a qui essayent de dormir ! intervint une autre voix venue de la place du guet.

— On ne t'a rien demandé le cactus ! Retourne donc mourir dans un coin ! lui hurla le cuisinier.

— Va draguer ailleurs, sourcil en vrille !

— Sanji ! J'ai faim, c'est quand qu'on mange ?! demanda Luffy en se précipitant de nouveau vers le groupe.

— Il est quatre heures de l'après-midi morfal ! C'est pas l'heure de manger !

— Mais j'ai faiiiiiimmmm !

— C'est pas mon problème !

Dam tenta de s'éclipser, profitant de la cohue nouvellement formée pour glisser doucement vers la droite. Mal lui en prit, puisqu'un immense cyborg lui bloqua la route presque immédiatement la route.

— Tes compagnons nous racontaient à quel point ton histoire avec Robin était émouvante ! Raconte-la-moi ! J'ai même préparé mes mouchoirs !

— Ce serait avec plaisir mais j'aimerais juste aller re…

— Yohoho ! Mademoiselle, vous êtes de retour ? Auriez-vous l'obligeance de me montrer votre culotte ?

— Dégage pervers !

De nouveau, le cuistot du Sunny se jeta sur le squelette, pour secourir la jeune femme qui n'en demandait pas tant. Et l'attention revint fatalement sur elle, pour l'instant, ses tentatives d'évasions se soldaient par d'horribles échecs.

— Vous embêtez cette charmante créature alors qu'elle vient tout juste d'arriver ! Qu'êtes-vous donc ?! Des animaux ?!

— Mais Sanji tu te trompes, lança le jeune capitaine, on essayait seulement de provoquer son pouvoir !

— Je ne veux rien savoir ! Un homme n'en est plus un s'il insulte ainsi une jeune femme !

— Mais Sanji ! Tu comprends rien comme toujours ! En plus j'ai faiiiiiimmmm !

— Yohohohooo je vois bien que notre capitaine a son ventre qui gargouille, intervint Brook le squelette, enfin, c'est ce que je verrais si j'avais des yeux !

Monkey. D Luffy se fendit aussitôt d'un fou rire, puis ce fut au tour de son ami le renne, ou le raton laveur… Ou peu importât ce qu'il pouvait être. Cependant un nouveau coup de la part de leur cuistot les prit de court. Et Dam regretta la stupidité de ses camarades, au moins ils étaient assez calmes… Par rapport à ceux-là.

— Tu veux te battre ?! lança le capitaine, faisant déjà craquer ses doigts.

— Si vous continuez d'importuner cette merveilleuse créature avec vos imbécillités je vais vous corriger, moi !

— Yohohoo mes amis, nul besoin de vous battre ! Laissez-moi vous jouer une magnifique chanson pour calmer vos ardeurs !

— Taisez-vous tous qu'elle puisse raconter son histoire d'amitié trop émouvante ! hurla le cyborg.

La situation dérapa en un éclat, un battement de cil suffît à la jeune femme pour perdre le fil de leur dispute. Les êtres aux formes diverses recommençaient à se quereller violemment. À les voir ainsi, Dam avait l'impression de faire face à une peinture, une toile représentant la guerre avec des formes floues et des couleurs bariolées. Elle ne comprenait même plus ce qu'ils disaient et elle était presque certaine qu'eux que la réciproque s'appliquait à l'équipage. Les paroles qui se perdraient dans un brouhaha incompréhensible.

Et elle, pauvre spectatrice impuissante, ne cherchait plus qu'à s'enfuir au plus vite pour ne plus supporter ce brouillon de formes et de bruits.

— Attention !

Un coup mal placé, ou peut-être un geste de recul mal calculé, envoya violemment le verre de jus d'orange sur la petite robe en lin de la pirate. Avant même d'avoir pu réagir, Dam se fit asperger par le contenu orangé et sucré, un cri au bord des lèvres.

— Bandes d'imbéciles ! Regardez ce que vous avez fait !

— C'est pas de ma faute ! C'est toi qui as mal tenu ton plateau ! rétorqua le jeune Capitaine en esquivant les coups de jambes rageurs de son cuistot.

Dam ne bougeait plus. Figée sur place, le corps et les vêtements trempés à cause de cette boisson lui étant destinée. Elle n'entendait ni ne voyait plus rien autour d'elle. Dans son champ de vision, il n'y avait que sa préparation minutieuse, complètement foutue en l'air à cause de ce foutu liquide. Il s'imprégnait un peu plus, colorant sa petite tenue d'une horrible couleur oscillant entre l'orange et le vert pisse.

Une heure. Elle avait mis une heure pour choisir sa tenue. Une heure durant laquelle elle avait bataillé contre son insatisfaction et contre le temps qui défilait à vive allure. Une heure de stress à chercher ce qui pourrait faire le meilleur effet… Une heure de préparation ruinée à cause de ces personnalités trop hautes en couleurs, incapables de la laisser tranquille.

— Douce demoiselle, ne vous en faites pas ! Cela partira vite après un bon nettoyage !

— Oh oh ! Chopper regarde ! Elle devient toute rouge comme une tomate ! Je crois qu'elle va s'énerver !

— Tais-toi crétin ! Va chercher des serviettes pour te rendre utile !

La Capitaine allait imploser.

— Shishishi ! On va voir ce que ça donne !

— Luffy… Je crois qu'elle est vraiment en colère…

— Quoi ? Juste pour un jus de fruit ?

— Ce n'était pas qu'un jus de fruit triple buse ! C'était un cocktail exotique spécial !

Dam releva brusquement la tête vers les fautifs, ceux qui venaient de détruire ses efforts du jour. Elle était rouge de colère, prête à leur hurler ses plus belles punchlines.

— Ça suffit ! Mais bon sang, c'est quoi votre problème sur ce maudit rafiot ?!

— C'est le Thousand...

— Je m'en fiche comme de ma dernière assiette de champignons ! Va plutôt mettre un pantalon, sale pervers ! Non mais sérieusement, qu'est-ce que tu cherches à t'accoutrer comme ça ?! Un scandale ? Ne t'en fais pas, tu n'as pas besoin de te mettre à poil pour ça ! Ton existence elle-même est un scandale digne d'être en première page du journal !

Le cyborg du navire fut le premier à s'écrouler, terrassé par la puissance des mots de la Capitaine pirate.

— Ou alors tu cherches à impressionner le squelette ?! Regarde, tu voulais une culotte, en voilà une ! C'est bête que tu ne puisses pas la voir vu que tu n'as pas d'yeux ! Très belle ironie d'ailleurs étant donné que tu es le pire voyeur que j'ai jamais rencontré ! Heureusement que tu n'as pas des yeux, sinon je te les aurais arrachés pour te les foutre au cul afin que tu vois à quel point tu es aussi pathétique que tes excréments ! Je t'assure que si ta mère était encore en vie, elle préférerait se faire harakiri plutôt que de supporter le déshonneur que tu lui imposes !

— Mais je... commença le musicien de l'équipage avant de s'écrouler, touché à son tour.

— Brook ! Franky !

— Silence le raton laveur, le renard ou quoi que tu sois ! C'est une conversation d'adultes ici, et si j'avais besoin d'un Kevin d'East Blue je t'assure que j'en prendrais un qui soit au moins capable de faire peur ! Tu es aussi effrayant qu'un poisson crevé sur le bord d'une route de campagne en plein été ! Et c'est toi le médecin de l'équipage sérieusement ?! Tu as autant l'air d'un médecin que j'ai l'air d'une mongole incapable de prononcer le mot « désespoir » sans faire trois fautes ! Va donc t'enfermer dans ta forteresse de solitude sentimentale afin de contrôler les hormones et les phéromones de tes compagnons !

Dam se déchaînait. Pas un seul ne s'en sortirait indemne. Ils avaient voulu la mettre en colère et voir l'étendue de ses capacités… Oh, ils allaient être servis. D'un coup brusque, elle se tourna en direction du cuisinier, sa prochaine victime.

— Et toi… As-tu seulement conscience d'être plus proche d'un clown de foire que d'un prince charmant ?! Si tu devais être dans une histoire pour enfant, tu serais le comic-relief agaçant que tout le monde veut tabasser pour passer le temps ! Non mais tu t'es vu avec ta dégaine de soumis ?! Tu aurais plus ta place dans un club d'échangisme sadomasochiste que dans une cuisine ! Je t'insulterais bien mais je suis vegan alors je respecte les animaux ! Maintenant va à la niche puisque c'est là qu'est ta place !

Et tandis que le dernier de ses compagnons s'effondrait, Luffy au Chapeau de Paille riait aux éclats.

— Qu'est-ce qui te fait rire, le bouffon de service ?!

En deux grandes enjambées, Dam fut sur lui, le regard injecté de sang. De sa bouche s'échappait des balles invisibles, et Luffy était sa dernière victime. Sa cible ultime.

— De tous les bouffons tu es le roi ! Mais tu ne seras jamais Roi des Pirates. Jamais, tu m'entends ?! Même un soldat random de la marine aurait plus de crédibilité que ta touffe de serpillière ! Tu t'es juste regardé deux minutes ?! Tu as autant de charisme qu'un môme des banlieues qui se prend pour un gangster ! Explique-moi comment une femme telle que Robin a simplement pu se mettre à ton service ?! Une femme comme elle, belle, intelligente, calme et déesse parmi toutes les femmes. Je suis certaine qu'elle a eu pitié de ta tête de poisson clown !... J'avais plus de choses à te dire mais quand je vois ta gueule déconfite et bouffie, j'en viens juste à me demander si tu ne vends pas tes fesses à ton équipage afin qu'il reste à tes côtés ! Maintenant laisse-moi passer sinon tu finiras en sushi dans une assiette, puis dans le ventre de n'importe quel imbécile qui aura accepté de te bouffer !

Sans même attendre de savoir si Luffy avait été sensible à son attaque, la jeune femme tourna les talons et rejoignit la cabine, que depuis déjà trop longtemps elle avait observée sans pouvoir s'en approcher. Sa tenue était complètement foutue, son rendez-vous romantique également, mais elle n'avait jamais autant eu besoin de retrouver la douce tendresse d'une femme comme Robin. Elle était rouge, trempée, mais à présent plus personne ne l'emmerderait.

La porte claqua derrière elle et le jeune Capitaine s'écroula en pouffant de rire.

— Elle, je l'adore !

… Après tout, un imbécile en restait un même lorsqu'il était agressé.


Vous voyez enfin ce que donne une Dam sauvage lorsqu'elle est agacée. Et ce n'est pas beau à voir !

Je remercie mon bro de toujours qui m'a bien inspiré pour les dernières tirades !