Après une semaine, je me suis permise de vous mettre en ligne ce nouveau chapitre. Il n'est pas encore passé par les pattes expertes de ma correctrice, cependant j'ose espérer avoir balayé une grande des fautes.
En attendant je vous souhaite une bonne lecture, et comme promis, la partie plus... sérieuse entre en scène dès maintenant. Voyons, je ne pouvais pas toujours me contenter de faire des blagues de merde. Cela aurait été lassant à la fin!
Un petit merci à Aurore Heart qui nous rejoint dans cette belle aventure. Sachez que cela me fait toujours aussi plaisir de lire vos reviews, cela mets du baume au cœur !
۩๑ ๑۩ XXIV. Le « Bourreau de la Marine » ۩๑ ๑۩
Brynn avait toujours su que sa fille ne rentrerait pas dans les rangs. À l'instant même où elle avait saisi, pour la toute première fois, son petit corps chaud entre ses bras, elle l'avait senti. Une mère ressentait ce genre de choses, et pour une femme comme elle, il n'aurait pu en être autrement, Dam ne rentrerait jamais dans l'enclos que Brynn construirait pour elle.
Elle-même n'avait pas vraiment été une fille exemplaire dans sa jeunesse, et il en serait de même pour sa fille. Son père ne pourrait pas combattre le sang, ni la fatalité qui coulait dans leurs veines. Dam n'était pas faite pour une petite vie de fermière, à s'occuper des chèvres et à attendre que les années passassent tranquillement.
C'était une chèvre sauvage, tout comme Bob et Strain. Tous les trois n'étaient pas faits pour vivre dans un enclos dans l'attente d'une traite… Ils avaient besoin de courir le monde, de côtoyer le danger et de chercher un bonheur que personne d'autre ne leur apporterait. Ils étaient différents, et c'était certainement cela qui les avait fait partir ensemble pour une aventure dont Brynn n'entrapercevait que des contours flous.
— Tu sais pourquoi je t'ai fait venir, n'est-ce-pas ?
Dam ne serait jamais la gentille fille qui suivrait ses pas, à elle ou ceux de son père. Cela faisait maintenant des années qu'elle s'était résignée à accepter ce simple fait.
— Tu manques de fromage de chèvres pour tes troupes ? J'aurai pu t'en faire livrer de bons cartons, tu sais.
Sengoku émit un long soupir. Les deux marines savaient que cette discussion ne serait pas agréable à poursuivre. La Commodore d'Ostrad se doutait de la suite, et du pourquoi le Commandant en Chef la convoquait en une telle période. Quant à lui, il savait que cette conversation serait épineuse, il devinait déjà les menaces à peine voilées ou les regards mauvais que Brynn lui lancerait.
La Commodore jeta un coup d'œil discret à la Chèvre de son supérieur. En se plongeant dans ses petits yeux expressifs, elle pensa que Garp avait également subi une conversation similaire, il y a quelques temps déjà.
— Ta fille, Brynn. C'est de ta fille dont nous devons parler aujourd'hui.
— Quoi ? Encore ? Ce qu'Aokiji t'a rapporté ne te suffit donc pas ?
Un petit sourire amusé se peignit sur les lèvres sèches de la Marine. Si elle avait pu, elle aurait déjà sorti une cigarette pour l'allumer, malheureusement pour elle, Brynn respectait bien trop les règles. Avec l'âge, les actes de rébellions se faisaient moindres, même si elle ne perdait rien de sa verve.
— Tu n'es pas en train de faire de fixette sur ma petite, j'espère ?
— Tu sais très bien ce que je veux dire.
— Je pense qu'il y a de bien plus gros poissons sur lesquels tu devrais te focaliser en ce moment Sengoku.
— Il ne s'agit pas de moi pour cette fois, mais du Cipher Pol.
Aussitôt la cinquantenaire afficha un air bien plus sérieux. Ses sourcils se froncèrent dans la foulée, laissant apparaitre quelques minces rides sur son front dégagée.
— Qu'est-ce que le Cipher Pol à avoir avec Dam ?
Le visage du Commandant en Chef se peignit d'une expression grave.
— Ta fille s'est acoquinée avec l'équipage au Chapeau de Paille… Mais surtout avec Nico Robin. Et d'après certaines sources cela fait un moment qu'elle l'a connait. Tu ne nous aurais pas caché des choses j'espère ?
— Je n'apprécie pas trop tes insinuations Sengoku, répondit aussitôt la marine, très ferme, avec ma profession je n'ai pas toujours pu être là pour l'éducation de ma fille. Alors oui, il se peut qu'elle ait rencontré Nico Robin. Pour le reste, je n'en ai aucune foutue idée.
Un silence de mort s'installa. Les deux Marines s'observaient en chien de faïences. Brynn se doutait que Sengoku ne faisait que son travail, il ne se montrait aussi incisif par plaisir sadique. C'était ce que la profession voulait. Et d'ailleurs, il s'était toujours arrangé pour ne pas être trop mordant avec ses hommes. Les ignorants racontaient qu'il s'agissait d'un monstre, mais Brynn savait qu'il faisait de son mieux pour que tout se passât bien.
Encore plus maintenant, alors que cela concernait l'enfant d'un des Marines.
— … Arrête de tourner autour du pot je te prie. Qu'est-ce qu'ils veulent de ma fille ?
Elle avait soupiré cette question, ce n'était pas la peine de s'énerver davantage. Cela ne changerait rien à la situation actuelle, et elle préférait de loin savoir ce que l'on comptait faire de Dam plutôt que de simplement se faire congédier sans rien apprendre. Il n'y aurait rien de pire à vivre pour une mère.
— Avec la défaite récente des meilleurs agents du CP9, le renvoi de ces derniers, et tout ceci conjugué à la destruction d'Enies Lobby nous mets dans une foutue position. Nous avons les mains liées… L'équipage du Chapeau de Paille est hors de portée, et donc Nico Robin l'est par la même occasion.
— Mais pas l'équipage de ma fille, c'est ça ?
Sengoku ne répondit rien, toutefois Brynn comprenait parfaitement ses sous-entendus.
— Tu les sous-estimes.
— C'est là que tu te trompes. On m'a demandé de capturer Dam « La Langue Pendue », et j'ai choisi le meilleur pour cela.
Il fit un signe de tête aux deux soldats qui gardaient la porte, et cette dernière s'ouvrit dans la foulée. Brynn tourna légèrement la tête, et elle l'aperçut. Un monstre de muscles, immense, avec une barbe blanche, vêtu d'un épais manteau d'officier. Il portait un costume noir aux manches retroussées et une casquette de la marine, une drôle de combinaison qu'elle n'osa pas faire remarquer. À bien regarder ce monstre de muscles, il ressemblait à un ours sans poil. Et elle reconnut dans son regard, l'air enragé d'une bête que rien n'arrêtait.
Si la Commodore n'avait pas eu l'habitude de fréquenter des gros bonnets, elle était certaine qu'elle aurait légèrement frémit de peur devant une telle stature.
— Sengoku. Ça fait un bail.
Son ton était à moitié amer, visiblement il n'avait aucune envie de se trouver là en cet instant précis.
— Commodore Brynn, je te présente le Vice-amiral Armstrong. Mais j'imagine que tu as déjà entendu parler de lui.
Oh oui. Elle en avait entendu parler, bien plus que de raison d'ailleurs… Et cela ne lui inspirait guère confiance. Cet homme n'était pas connu pour faire dans la dentelle, bien au contraire. Et à présent qu'elle croisait son chemin, Brynn comprenait pourquoi son nom faisait frémir les soldats qui l'évoquaient. Sa réputation d'homme aussi craint et respecté que l'Amiral Akainu ne l'étonnait guère plus à ce stade.
Il ressemblait à un monstre.
— Evidemment. Le « Bourreau de la Marine », avec un tel surnom on ne passe pas inaperçu. Spécialisé dans la capture des pirates avec une prime dépassant les 100 000 000 berrys, hm ?... Vraiment Sengoku ? Pourquoi ne pas directement envoyer un Amiral sur les traces de ma fille ?
Il y eu un nouveau silence, et le Vice-amiral s'avança, mettant fin à l'affrontement de regards qui s'était engagé entre les deux autres.
— Je crois aussi que tu en fais trop Commandant en Chef. Quand bien même le gouvernement veuille mettre la main sur cette gamine, ce n'est qu'une petite pointure de 30 000 000 berrys. N'importe quel autre officier fera l'affaire.
— Peut-être, mais l'échec n'est pas une option. C'est pour ça que c'est toi qu'il nous faut, gronda durement Sengoku, tu l'as dis toi-même Brynn, il ne faut pas sous-estimer nos adversaires.
— Qu'importe. Je ne partirai pas me charger des basses besognes, tu n'as qu'à envoyer quelqu'un d'autre pour ça.
L'homme avait commencé à faire demi-tour, et une vague de soulagement détendit le ventre et les muscles de la Commodore. Malheureusement, Sengoku ne comptait pas s'incliner.
— Dans ce cas je mettrai Garp sur cette mission.
Les pas du Vice-amiral s'arrêtèrent. L'homme semblait vexé, outré par cette alternative.
— …. Qu'est-ce que tu viens de dire ?
— Tu m'as très bien compris, Armstrong. Cette Dam doit être appréhendée au plus tôt, et comme je ne peux pas me permettre de la prendre à la légère, si tu refuses cette mission je la déchargerai sur Garp.
Les deux hommes s'observèrent quelques instants, semblables à deux ennemis jurés, et finalement le Vice-amiral émit un terrible grognement sous sa barbe.
— Tout ça pour une bande de morveux. Soit. J'accepte.
— De ce que nous ont rapportés nos sources, son équipage se dirige sur Sabaody, ajouta le Commandant en Chef de la Marine, je sais que tu fais dans l'excès, cependant tu seras prié de ne pas tout détruire cette fois. Je refuse d'avoir les Dragons Célestes sur le dos cette fois.
— Avec ces pirates je n'en aurais même pas besoin.
— Vous devriez tous arrêter de sous-estimer Dam et ses compagnons, ils ont bien plus de ressources que ce que vous imaginez.
— C'est ce que nous verrons.
La montagne de muscles sortit du bureau de Sengoku avec un rictus mesquin, emportant avec lui une partie de la tension qui s'était accumulée dans ces quelques mètres carrés. Soudain, Brynn ressentit l'envie de sortir, comme si un haut-le-cœur la prenait, et peut être qu'elle n'était pas si loin de la vérité. Le Commandant en Chef s'en aperçut, mais ses excuses sonnaient creuses.
— Je suis désolé, Brynn.
— Garde tes excuses, Sengoku. Je ne suis pas faite de lait de chèvres. Tu as du faire le même discours à Garp, et j'en pense la même chose. Dam a fait son choix, j'ai fait le mien.
Et à son tour, elle quitta le bureau du Commandant en Chef de la Marine. Une boule au ventre, et les poings légèrement serrés, Brynn regrettait soudainement que sa fille ne fût pas qu'une simple fermière comme elle l'aurait tant souhaité.
Je vous l'avais dit... La partie sérieuse de la fiction vous arrive en plein dans le nez.
J'espère que vous êtes prêts !
