Plus d'un an... C'est long, je sais.
Je n'ai pas grand-chose à vous dire à ce sujet, même si je m'excuse platement d'avoir complètement délaissé ce projet. J'avais la tête ailleurs, à la fois dans la fin de ma licence, le début de mon master, dans mes jeux-vidéos et dans des projets plus conséquents d'écriture. J'ai enchaîné des phases compliquées, que j'ai mis longtemps à régler.
Aujourd'hui, pendant l'épidémie de Covid-19 qui nous frappe, je fais un retour sur la plateforme. Cette histoire, j'ai réellement envie de la mener à son terme. Alors je profite du confinement (qui va assurément s'éterniser au-delà des deux semaines) pour reprendre cette fiction. Mon style a quelque peu évolué, ma maturité et mes plans également. J'espère néanmoins que si vous êtes toujours là, et toujours prêts à retourner dans l'univers déjanté de ONE PLS, vous prendrez autant de plaisir qu'autrefois. Pour ma part, je compte bien m'amuser en écrivant les prochains chapitres.
Soyez saufs, prenez soin de vous et de vos proches. Par pitié, restez chez vous sauf pour les courses ou les rendez-vous de première nécessité (médecin, soutien à des soignants, etc...). Faisons en sorte de traverser cette épreuve tous ensemble, dans les meilleures conditions possibles.
Je vous souhaite à tous, une excellente santé. Qui que vous soyez, sachez que je pense aussi à votre bien être et que vous méritez de réussir tout ce que vous entreprenez.
Sur ce, bonne lecture à vous. C'est un plaisir de tous vous retrouver.
۩๑ ๑۩ XXV. Perspective d'avenir ۩๑ ๑۩
Nul âme, pas même Dam elle-même, n'aurait su dire avec exactitude depuis combien de temps elle espérait ces retrouvailles. Des années sans doute, toutefois cela ressemblait davantage au goût amer de l'éternité selon elle.
Longtemps, elle rêvât d'une rencontre entre elle et Robin, de tout ce qu'elle lui avouerait, tout ce qu'elle tairait pour ne point paraître étrange, ou pire, folle. Plusieurs fois, son corps entier se tendit, craignant une issue dramatique, tragique à tout ceci. Par moments, elle rongeât ses ongles avec la peur au ventre de remettre son affection en doute. Des questions incessantes revenaient sans cesse, effectuaient une danse angoissante dans son esprit, au point de provoquer une terrible migraine. Nombre de cauchemars se succédassent, éclatant dans le ventre obscur d'une nuit solitaire.
Tant d'appréhensions, tant de craintes, et trop peu de réponses réconfortantes pour les mettre à mal.
— Tout va bien ?
La voix douce de Robin arracha la violette à ses pensées sombres. Aussitôt, elle se fendit d'un sourire nerveux et enroula une mèche de sa chevelure autour de son index.
— Hm hm…
Dam rougissait de sa timidité soudaine, mal-placée. Elle jurait d'ailleurs qu'à la première occasion, elle s'infligerait une gifle exemplaire, digne de celles administrées par sa mère. Mais pour l'heure, il fallait absolument faire bonne impression à la grande et exceptionnelle Robin. Ce qui, malheureusement, ne s'annonçait guère aisé.
— Alors… euh… Comment ça se passe avec… ton équipage ?
Cela commençait mal, exceptionnellement mal en effet. La capitaine en était réduite à espérer l'apparition soudaine de Bob, d'un autre membre de son équipage, ou même d'un marine afin de retrouver un semblant de confiance. Elle n'avait plus l'âge, ni l'innocence d'agir comme un chevreau amouraché.
Par chance, Robin, dans sa grande bonté, ne l'interrogeait guère sur ses rougeurs, ses regards fuyants ou son imperceptible tremblement de lèvres. Si elle se rendait compte de quelque chose, l'archéologue n'en donnait guère l'impression.
— Je n'aurais jamais pu trouver meilleurs compagnons de route.
Elles échangèrent un rictus, puis reprirent silencieusement leur promenade au cœur du village. Robin observait le paysage, appréciait visiblement l'air pur et le chant des oiseaux couvrant leur tête. Dam, quant à elle, la contemplait avec honte et envie. Maintenant qu'elles se retrouvaient seules, la pirate pouvait lui avouer tant de choses, se jeter dans ses bras et lui déclarer sa flamme, mais aucun mot ne franchissait la barrière invisible de ses lèvres. Était-ce donc ça, la paralysie amoureuse ? Elle transpirait, suait comme en plein cagnard et lâchait d'étranges sons, à peine audibles, semblable aux gémissements pitoyables d'un bouc malade. Si ses compagnons débarquaient, ils se fendraient certainement d'un rire moqueur et elle en entendrait parler jusqu'à sa mort, voire même au-delà.
« Dis quelque chose bon sang, » s'ordonnait-elle intérieurement, « les mots ont toujours été ton domaine de prédilection, alors parle au lieu d'attendre que le temps passe ! »
— Dam ?
— O-Oui ?!
La jeune femme s'arrêta brusquement, aussi rouge qu'une tomate, aussi droite qu'un pilier. Robin la dévisagea une poignée de secondes, après quoi son visage s'illumina d'un sourire :
— Tu aimerais me dire quelque chose ?
Le cœur de Dam rata un battement, puis un autre tandis qu'elle cherchait une réponse appropriée :
— C'est… Oui… En fait, oui… J'aimerais savoir si tu… Si nous…
Rassemblant tout son courage, la Capitaine des Noose prit une grande inspiration et d'une traite, lâcha ces quelques mots :
— Si nous nous reverrons un jour, même si nous ne faisons pas partie du même équipage ?
Dans son for intérieur, Dam s'octroyait d'ores et déjà claques et baffes. Heureusement pour son restant de dignité, l'archéologue brune se contenta d'un sourire attendri.
— Il n'y a aucune raison que ce ne soit pas le cas, tu ne penses pas ?
— Oui. Bien sûr. C'était… évident…
— Alors tu n'as pas à t'inquiéter, nos chemins se recroiseront, comme ils viennent juste de le faire.
Robin passa une main tendre sur le crâne de sa cadette, puis reprit la balade d'un pas tranquille. Dam observa un temps, longtemps la courbure de son dos, sa magnifique chevelure couleur corbeau tandis que son délicat parfum de menthe emplissait ses poumons. Elle la regarda amoureusement un instant, avant de serrer les poings, déçue.
« J'aimerais qu'ils ne se quittent jamais… »
Des mots, qu'elle était incapable de prononcer. Et pourtant, le Dieu des chèvres seul savait, combien elle avait rêvé de les avouer enfin.
À compter de ce jour, je posterai un chapitre par semaine (le samedi ou le dimanche en fonction de mes disponibilités)
Cela me forcera à une régularité d'écriture.
J'espère que Dam et ses amis vous ont manqués. À moi, ça ne fait aucun doute.
