J'ai toujours prévu deux parties à One PLS, et nous arrivons bientôt à la conclusion de la première partie. Je suis encore désolée d'avoir mis autant de temps à reprendre le projet en main, je crois que la transition que j'effectue dans ce chapitre ne me donnait pas envie d'écrire. Est-ce que nous sommes d'accord pour dire que les transitions sont horribles à écrire ? Oui ? Non ? Rien à carrer ?

Comme je le disais précédemment, nous entrons dans la partie sérieuse de la fiction, et j'espère que vous êtes prêts pour ce que je vous ai réservé. On va bien s'amuser !

Bonne lecture !


۩๑ ๑۩ XXIX. L'heure des espoirs ۩๑ ๑۩


— Tu as pu joindre la Compotière ?

— Oui.

— Elle a réussi à mettre de la compote de côté pour toi ?

— Toujours, tu devrais t'en douter.

Sous son épaisse capuche, Strain se laissa aller à un sourire amusé. Il connaissait la réponse, toutefois il ne pouvait s'empêcher de poser la question, celle à laquelle Bob répondait toujours de la même façon. Pour le cuisinier, qui connaissait le brun depuis l'enfance, la joie de ce dernier était palpable, même s'il ne la montrait guère. Contrairement à ses habitudes, la voix de Bob montait légèrement dans les graves, une subtilité à laquelle aucun de leurs compagnons n'étaient sensibles. Seuls Dam, Strain et la merveilleuse Compotière remarquaient ce détail. Avec les années, les quatre amis n'avaient plus de secrets. Ils se connaissaient tous trop bien pour cela, même si des eaux sombres les séparaient. La Compotière ne serait jamais exclue de leur petit groupe, et parfois, elle leur manquait.

Strain vérifia une dernière fois les stocks de vivres et de boissons, après l'erreur de Kostas et Rica, le cuisinier ne laissait personne d'autre se charger du ravitaillement. Il inspectait scrupuleusement les rations, s'assurait que rien ne viendrait à leur faire défaut pendant le voyage, puis il prévenait sa Capitaine afin qu'elle pût prévoir leur départ.

Son ami à la chevelure bouclée l'observait, l'esprit ailleurs.

— Tu as réussi à te débarrasser de la furie rousse ?

— Disons qu'elle a su m'impressionner.

Bob eut un sourire.

— Elle t'a trouvé ?

— Oui, et très rapidement qui plus est.

— C'est un véritable exploit.

Son inspection bouclée, Strain s'installa à la table de la cuisine, amusé par les sous-entendus de son camarade. Tous deux se charriaient souvent, avant tout sur leurs histoires de cœurs, bien qu'elles ne fussent guère toutes passionnantes. Bob avait sa Compotière, quant au cuisinier, il enchainait les conquêtes et ne s'attachait guère. Et venait Dam, grande obsessionnelle qui nourrissait son coup de foudre depuis des années. Leur petite Dam qui courait le monde pour les beaux yeux d'une femme mystérieuse, d'une femme que beaucoup surnommaient le « Démon ». Strain rabattit sa capuche sur son visage, le rictus au bord des lèvres.

— Tu crois qu'elle arrivera à se séparer de son « aimée » ?

Bob haussa les épaules, il entretenait le mystère pour autant il connaissait d'ores et déjà la réponse. La séparation serait douloureuse, mais leur Capitaine reviendrait. Elle serait triste deux ou trois jours, puis retrouverait sa joie de vivre. Dam ne se laissait pas abattre aussi facilement, et cette rencontre imprévue l'encouragerait à donner le meilleur d'elle-même, à combattre l'adversité pour retrouver sa belle archéologue d'ici quelques mois.

Son ami lui donna un coup de poing amical sur l'épaule, tirant le brun de ses pensées sans délicatesse.

— Heureusement que tu ne nous fais pas le même cirque avec ta Compotière.

— Hm…

— Te fera-t-elle l'honneur de sa présence cette fois ?

— Je ne crois pas… Mais qui sait…

Les yeux de Strain brillèrent de curiosité, et Bob n'eût par le courage de lui faire des cachotteries. La bordure de ses lèvres s'étira en un sourire, tandis que son regard se perdait dans le lointain.

— Fai a toujours su me surprendre au moment où je m'y attendais le moins.

۩๑ ๑۩

Une atmosphère intimiste se dégageait de la petite chambre plongée dans l'obscurité. Nico Robin, archéologue attitrée de l'équipage au Chapeau de Paille, caressait la chevelure violette d'une jeune femme amourachée. Dam se reposait contre ses genoux, profitant de leur dernière entrevue avec la territorialité d'un chat. Par chance, son aimée ne lui reprochait rien, et s'accommodait de ce comportement avec un sourire.

La jeune Capitaine se retourna légèrement, plongea son regard dans le sien et posa la question qui lui démangeait les lèvres depuis quelques jours :

— Qu'est-ce que tu feras lorsque tu auras déchiffré tous les Polynéglypes ?

Robin lui répondit d'un autre rictus, tandis qu'elle dégageait le visage de la plus jeune.

— Je comblerais les trous de notre histoire.

— Hm…

Le cœur de la pirate violette s'emballa, bien des mots brûlaient ses lèvres mais elle ne trouvait pas le courage de les verbaliser. Elle se sentait fragile, démunie face au regard et à la détermination de son ainée. Nico Robin lui semblait si mature, et elle, si enfantine.

— Si tu me disais ce qui te ronge l'esprit, Dam ?

La Capitaine grommela, les joues rougies par la honte. Avec l'archéologue, elle ne savait plus comment agir, ni comment lui demander l'impensable. Elle émit un long soupir, prit une grande inspiration afin de s'encourager puis se redressa vivement pour faire face au fruit de son obsession.

— Est-ce que tu me laisserais t'embrasser ?

À vingt-cinq ans, Dam ne pouvait plus agir comme une enfant. Elle devait puiser le courage, au plus profond d'elle, afin de réaliser ses rêves. Nico Robin se battait pour un idéal, une noble cause et elle ne reculait devant aucun obstacle, aucun sacrifice dans ce but. La violette devait s'en montrer digne. Alors elle ne détournait pas le regard, retenait ses rougeurs et bombait le torse pour mériter l'affection de son aimée.

Cette dernière la dévisageait avec son éternel rictus mystérieux, indéchiffrable.

— D'accord, mais à une condition.

— Laquelle ?

D'un geste de la main, Nico Robin fit apparaître deux bras sur la tête de la violette.

— Ferme les yeux.

Dam s'exécuta sans discuter, le cœur battant à tout rompre dans sa petite poitrine. Elle sentit des mains se refermer sur ses paupières closes et les caresser, tandis que d'autres mains glissaient contre ses joues avec grande délicatesse. Les doigts de la violette se crispèrent sur ses genoux, un souffle chaud se joignit au sien et une dernier élan de courage lui fit murmurer quelques mots :

— Est-ce que tu m'épouserais ?

Un baiser tendre au goût de vanille lui répondit.

۩๑ ๑۩

— Capitaine ?

— Locke.

Le jeune garçon inspecta sa supérieure d'un œil inquisiteur. Elle rayonnait et pourtant tout l'équipage misait sur son désespoir, sa peine d'être séparée de sa bien-aimée.

— Vous allez bien ?

Dam passa une main dans sa chevelure courte et brune, au plus grand étonnement du jeune épéiste et du reste des pirates. Tous l'observaient, curieux d'en apprendre davantage sur son ultime rencontre avec l'archéologue de ses rêves. Kostas et Rica se détachèrent de la masse pour l'interroger du regard, et ne reçurent qu'un sourire confiant en retour.

— Êtes-vous prêts à conquérir les mers, messieurs ?

Les hommes répondirent d'une même voix :

— Oui, Capitaine !

— Êtes-vous prêts à combattre et vaincre ?

— Plus que jamais, Capitaine !

— Alors, levez l'ancre ! L'équipage du Noose retourne dans la course !

Et tandis que les pirates se pressaient sur le pont, Locke jeta un regard à son sabre. Il se remémora les bons conseils d'Usopp, et le courage envahit son corps. Il se montrerait digne de son mentor, et de tous ceux qui croyaient en lui.

— Locke ?

Le jeune garçon redressa la tête, Dam lui donna une petite tape dans le dos, aussi douce qu'à son habitude.

— Je compte sur toi.

Le torse du jeune adolescent se bomba de fierté. Il hocha la tête, touché par la confiance de sa Capitaine.

— Vous ne le regretterez pas, madame !

— J'en suis certaine.


Prochaine étape : Sabaody !

Ça fait du bien d'avancer avec mes petits chéris.