La fin approche, mais les grands combats ne font que commencer.

En tout cas j'espère que votre début d'année s'annonce sous de bons augures, même si je sens qu'un confinement général risque fort de nous tomber dessus.

Enfin, j'ai repris l'animé de One Piece avec ma copine, et je dois avouer qu'on s'amuse bien à revoir les premiers épisodes. La nostalgie me touche de plein fouet ! Dire que la toute première que je suis tombée sur un épisode à la télévision (c'était sur la 17, les plus vieux se souviendront), je me suis demandée : « Mais c'est quoi cette merde ? »…

Ah ah ah ah… Voyez où j'en suis aujourd'hui.

PS : Comme je suis en stage la semaine prochaine, je ne pourrais pas publier un chapitre mercredi. On se retrouve donc samedi prochain pour la suite !


۩๑ ๑۩ XXXIX. Furie contre couteaux ۩๑ ๑۩


Lorsque le corps de Locke toucha terre, Strain se jeta sur son assaillante toutes lames dehors. La furie l'esquiva au dernier instant, tandis que le cuisinier se penchait sur son camarade ensanglanté. L'adolescent suffoquait, des larmes épaisses s'écoulaient de ses yeux écarquillés et le sang dévalait de sa bouche entre-ouverte. Il était fichu.

La mâchoire de Strain se crispa, tout comme ses mains. Deux couteaux tremblaient entre ses doigts, et son regard s'accrochait à celui du gamin mourant. Il était arrivé trop tard.

— Je suis désolé… Locke, je suis vraiment…

Malgré l'urgence de la situation, le cuisinier attrapa le corps de son cadet et le serra contre lui. Ses sanglots échouaient à son oreille pendant qu'un flot de larmes et de sang tâchait son manteau verdâtre. Une étrange chaleur émanait de Locke et ses mains moites s'accrochaient désespérément à l'homme qui le maintenait contre lui. Des mots voulaient s'échapper d'entre ses lèvres, en vain. Strain plaça l'une de ses mains sur son crâne, puis il se résolut enfin à agir.

— Repose-toi, on s'occupe du reste.

Locke émit un dernier gémissement avant qu'une lame attentionnée ne mît fin à ses souffrances. Le garçon mourut entre les bras du cuisinier, tandis que la furie bleue s'amusait du spectacle avec un sourire goguenard.

— You're not funny, little butcher.

Elle riait, secouait ses yoyos ensanglantés sans se soucier de sa victime et de la peine de son ami.

— You should go, we don't care about you.

Strain reposa le corps de son cadet sur la mangrove. Ses doigts tremblaient, ses habits tachés de sang et de larmes collaient à sa peau, mais une froide détermination brillait dans son regard. Il plaça le sabre forgée par Ostane entre les mains de Locke, ferma délicatement les paupières du garçon puis se redressa, la rage au ventre. Son regard retomba sur son couteau noirci par le sang de son ami. Il avait tué Locke, le garçon au sourire éclatant et à la timidité attendrissante.

La marine aux yoyos le dévisageait tandis qu'elle sifflait une mélodie enfantine du bout du lèvres.

— Fly away before you end up like this idiot.

À peine prononça-t-elle ces mots qu'un couteau lui écorcha le bras. La jeune femme n'eut pas le temps de bondir hors de sa portée, Strain se jeta sur elle et planta un deuxième couteau dans sa main. Un son échappa à la marine, pour autant elle riait toujours. Le cuisinier des Noose tira un hachoir hors de son manteau puis il l'abattit sur son ennemie. Le fil d'un yoyo brisa l'arme en morceaux, puis la petite furie repoussa violemment son adversaire au lointain.

— As you wish, little butcher.

Strain bondit à nouveau sur elle, plus vif que l'éclair. Deux couteaux entaillèrent la peau blanche de la furie, mais sa vitesse hors du commun empêchait le cuisinier de la blesser mortellement. Elle dansait entre les lames, riait, puis se hissait dans les hauteurs de la mangrove grâce à ses yoyos. Le pirate se lançait sur ses pas, déterminé. Elle esquiva un coup destiné à son épaule, mais Strain parvint enfin à saisir sa chevelure bleue entre ses doigts. Sans aucune pitié, le cuisinier exerça une vive pression sur les mèches bleutées, avant de fracasser violemment son ennemie contre le toit d'une échoppe. Il tira un couteau à dents de son manteau, et l'enfonça brusquement dans la chair blanche. La furie émit un gémissement, mais elle continuait de sourire.

Le pirate s'apprêtait à lui porter le coup final, cependant deux fils de yoyos se refermèrent autour de son corps. En un instant, la situation s'inversa et le corps du cuisinier fut broyé par les fils acérés. Aucun son ne s'échappa d'entre ses lèvres, malgré la douleur son regard transperçait la marine de part en part.

— Don't worry, I'll put you out of your misery.

Lorsqu'elle voulut resserrer une dernière fois ses fils pour le tuer, Strain usa de sa force et de son couteau à dents pour découper l'un d'eux. La tâche fut ardue, mais il se libéra avant l'issue fatale. Aussitôt, il prit appui sur ses mains et asséna un puissant coup de pied dans le ventre de la gamine bleutée. Elle fut projetée en arrière, puis tomba du bâtiment dans un écho cinglant. Sans se soucier de ses blessures, et des entailles qui parsemaient son manteau tout comme sa peau, Strain fondit sur elle. Un sourire mauvais éclaira le visage fou de la marine, puis ils s'effondrèrent sur la mangrove dans un éclat sinistre.

Les deux corps roulèrent un instant, et la furie en profita pour se jeter sur le cou de sa victime. Ses dents pointues, aussi affutées que celles d'un requin, se plantèrent dans la chair du cuisinier. Un cri échappa à Strain, mais l'instinct fut plus rapide que la douleur. Tandis qu'une vive souffrance l'assaillait, l'homme planta ses deux couteaux dans le ventre de son ennemie. Le gémissement de la gamine et sa contraction soudaine sauvèrent la vie du pirate. Il frappa du genou le manche de ses couteaux, les enfonça davantage dans le ventre fin de la furie, elle lâcha prise et tomba à la renverse.

Strain porta aussitôt sa main contre la morsure béante, la terrible douleur qui s'en dégageait lui donnait chaud. L'homme se sentait partir et pourtant il se dressa sur ses jambes. Son regard s'accrocha au cadavre de Locke, son ami, son cadet qu'il n'avait pu protéger et la culpabilité manqua de l'assommer.

Si seulement il avait réagi plus rapidement.

Si seulement il n'avait pas attendu le dernier moment pour se jeter au-dehors de la boutique.

Si seulement il avait été plus attentif.

Il mordit sa lèvre pour retenir sa peine. L'heure n'était pas aux pleurs car déjà son ennemie arrachait les couteaux de son ventre avec un sourire dément.

— So you wanna play this game, little butcher ?

La main ensanglantée de Strain fouilla sous son manteau et en tira deux longs couteaux à dents.

— Tu vas perdre, gamine.

— My teeth don't think so… Little butcher.

— Alors je les briserai en morceaux.

Strain relâcha sa plaie, s'arma de ses couteaux et se prépara à lancer une nouvelle offensive. Il était certes blessé, mais son adversaire n'en menait pas large. La furie avait beau rire et donner le change, sa tenue blanche se tâchait de rouge au fil des secondes, bientôt elle s'effondrerait sous le poids de la douleur. Le cuisinier pouvait encore gagner, pour Locke, pour lui et pour sa Capitaine qui combattait à quelques mètres.

Alors qu'il préparait son attaque, Dam fut projetée à ses côtés. Elle saignait abondamment tandis que des larmes rageuses mordaient son visage de part en part. Strain voulut lui porter assistance, mais un souffle dans son dos le paralysa d'effroi.

— Scoop, immobilise la Capitaine.

Le pirate n'eût pas le temps de répliquer, des griffes tranchantes lacérèrent soudain son dos.

— STRAIN !

Il tomba à genoux, et s'effondra sur la mangrove au bord de l'inconscience. Strain se sentait partir, mais le regard de Dam ancré sur lui le maintenait conscient. Le corps de sa Capitaine fut plus rapide que les fils des yoyos, et elle se jeta sur lui pour le protéger de son assaillant aux larges griffes. La violette se plaça sur lui, comme une lionne protégeant sa progéniture, elle aussi refusait d'abandonner. Malgré la peur qui secouait ses membres épuisés, Dam était déterminée à le protéger.

— Fu… Fuis… Idiote…

— Plutôt crever, je ne t'abandonnerais pas.

Strain retint un sourire, les yeux de sa Capitaine brillaient en dépit de ses blessures et des pertes.

Elle n'avait plus de fusil, mais elle ne se laisserait pas capturer pour autant. Sa bouche se déforma en un rictus provocateur, signe des ennuis à venir pour ses adversaires.

— Venez me chercher, bandes de serpillières à foutre.

Le combat ne faisait que commencer.


À suivre…