La voici venue, la fin de cette première partie. Après toutes ces années, j'arrive enfin au bout de mes idées primaires !

Ne vous en faites pas, je compte bien mener cette histoire jusqu'à son terme. One PLS reviendra, mais avant je prends deux mois pour me consacrer à d'autres projets. De plus, comme je vais arriver à la fin de mes études en Master, je dois préparer l'avenir.


۩๑ ๑۩ XLII. Les survivants ۩๑ ๑۩


Sur le pont du navire, le silence a remplacé les cris. Une glaçante atmosphère emplie l'air, étouffe les pirates effarés par les blessures de leurs camarades et la mort de deux des leurs. En ce jour, alors que leur aventure ne faisait que débuter, ils doivent déplorer la perte Locke et Bob.

Le corps de l'épéiste en devenir fut recouvert d'un drap blanc, mais à présent souillé par le sang. À ses côtés, deux hommes habituellement joyeux, retiennent difficilement leurs larmes amères. L'un d'eux, le plus fin, serre entre ses mains le Log Pose de leur navigateur disparu. Lui non plus n'a pas pu être sauvé. Deux morts, un seul corps, et des blessures que Doc peinera à soigner sont le fardeau qu'ils emportent dans leur sillage.

Rica jette un coup d'œil au Log, puis ravale sa douleur sans bruit.

— Il n'a pas eu le temps de se recharger…

Le constat tombe, fatal. Sans Bob pour mener leur bateau, les pirates savent que leurs chances de survie sont maigres. Dam et Strain sont hors-jeu, et plusieurs pirates se sont enfuis par crainte de leurs ennemis. Il ne reste plus grand monde sur cette coquille, et les dents de Kostas grincent à cette idée.

« Des lâches, des traitres » pense-t-il tandis que son regard observe le drap noirci par le sang.

Il se remémore le sourire de Locke, sa timidité mais sa détermination dans l'effort. Ce petit gars sorti de nulle part s'est mêlé aux forbans avec des rêves pleins les yeux. Il souhaitait faire ses preuves, devenir un grand guerrier pour ses camarades et pour lui-même. Et pendant qu'il offrait sa vie pour protéger ses camarades, d'autres s'enfuyaient.

— On va s'en tirer.

Lorsque Dam et Strain se réveilleraient…

— On va s'en sortir et on reviendra buter ces enfoirés.

Hier, sidéré. Aujourd'hui, déterminé. Kostas resserre les poings, puis pose soigneusement ses doigts contre le sabre forgée par Ostane, celui que Locke arborait fièrement quelques jours auparavant. Son ami le laisse faire, les yeux rivés sur le Log Pose.

— Je sais pas…

— Si t'y crois pas, comment tu veux qu'on s'en tire ? Couillon !

Le petit blond ne répond rien, il se contente de caresser leur boussole du pouce. Dans la cale obscure, seul Kostas fulmine de rage.

— Pour Locke et pour Bob, on s'en sortira et on reviendra.

۩๑ ๑۩

Affairé sur le corps de sa Capitaine, Doc ignore la fatigue pour achever son ouvrage. Les blessures de Strain sont pansées depuis longtemps, mais leur portée désastreuse le garde dans l'inconscience. Il dort sur un second lit, dépouillé de son habituel manteau et de ses nombreux couteaux. Son dos ne guérira pas de sitôt, tout comme le visage de son amie à la chevelure violette.

Le médecin de bord observe les lacérations depuis des heures, il désinfecte, absorbe le sang à l'aide compresse puis recoud la peau avec application. En dépit de ses bons soins, sa Capitaine ne recouvrera pas son œil, il est perdu à jamais. Il doit se faire une raison, et trouver les bons mots afin de ne pas enterrer le moral de Dam à son réveil. La tâche s'annonce ardue, en particulier en considérant toutes les informations à transmettre.

Il coupe le dernier fil d'un coup de dent puis s'écarte du lit, épuisé. Sa propre incompétence le fatigue, l'agace cependant il ne peut leur céder. Avec la disparition de Bob, et le hors-jeu de Strain, il est le dernier homme raisonnable de l'équipage. Malgré la pression, ses mains ne doivent ni flancher, ni ravager son bureau comme avant. Doc doit tenir, il le sait.

Un mouvement à sa droite et un bruissement de draps attire son attention, le cuisinier du navire émerge.

— D… Doc ?

Le rouquin se rapproche du lit, inspecte son camarade au visage pâle puis l'empêche de se redresser d'un geste de la main.

— Tu dois te reposer.

— Et Dam ? Comment va-t-elle ?

— Elle vit, c'est mieux que certains.

Le visage de Strain se décompose, ses paupières se referment d'elles-mêmes assommées par la puissance de la morphine.

— Et… Bob ?

Doc hésite un instant, mais les mensonges ne peuvent s'instaurer entre eux, pas maintenant, surtout pas durant ces heures sombres. Sa main rejoint celle du cuisinier, il le soutient et le prépare à l'inévitable.

— Je suis désolé, il est resté là-bas.

Strain ne répond rien, il semble s'être endormi. Et pourtant, lorsque Doc quitte la pièce pour se restaurer, il est certain d'entendre le bruit de sanglots derrière lui.

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— Ils ont donc quittés Sabaody ?

— It seems so.

Dans les cales de son navire, Armstrong fulmine. Scoop le connait depuis trop longtemps, il ne peut rien lui cacher même s'il feint l'indifférence. Elle remarque le plissement de ses sourcils et le léger retroussement de ses lèvres. L'homme est furieux, et il s'agit là d'une évidence rageante. La très jeune marine frotte sa chevelure bleue, remet ses pics en place puis hausse les épaules, plutôt amusée par la fuite de leurs ennemis.

Elle escompte retomber sur l'homme aux couteaux, leur affrontement l'a beaucoup diverti. La prochaine fois, Scoop espère bien mordre et piquer ce petit effronté jusqu'au cœur. Son échappée retarde seulement l'inévitable, d'autant qu'Armstrong dispose maintenant d'un point de pression indéniable.

Le regard de la petite furie se porte sur la figure enchainée dans l'ombre, tandis qu'un sourire mauvais dévore ses traits enfantins.

— Well, they won't like our reunion.

Son supérieur ne rétorque rien, comme à son habitude. Une fois vexé, il est ardu de le raisonner. Scoop ne s'en préoccupe pas, elle sait qu'Armstrong se déchargera sur des pirates de pacotilles ou des sous-fifres idiots pour compenser sa frustration.

Le zoan se détourne de la cellule, puis sa seconde lui emboite le pas, guillerette en dépit de ses blessures douloureuses. Dans l'escalier les menant à la lumière, la voix ferme d'Armstrong résonne.

— On leur donne la chasse. Je veux que tu détaches trois marines pour rebrousser chemin, au cas où ces vers n'aient pas trouvés de revêtement pour leur navire. Quant à nous, nous allons dans le Nouveau Monde.

— Yes sir ! I can't wait to meet them again… It's gonna be funny.

Enfermé dans une cellule, fermement enchainé au mur de cette dernière, un pirate blessé ouvre les yeux. Rapide malgré la fatigue, il prend conscience de son environnement et de sa situation contraignante. La suite s'annonce compliquée, périlleuse pour les siens mais également pour lui. Un soupir s'échappe d'entre ses lèvres, jamais sa capture ne changera ses habitudes nonchalantes.

— Eh bien… commence-t-il en levant les yeux au plafond… J'espère que les autres s'en sortent mieux que moi.

Dans une petite cellule sordide, Bob, navigateur des Noose compte bien survivre au pire.

۩๑ ๑۩

Deux jours auparavant.

Enveloppée par le manteau de la nuit, une petite forme se glisse entre les maisons et les racines de la mangrove. Elle bondit sans se soucier de sa douleur, ignore le sang qui tâche ses vêtements et s'essouffle pour fuir ses agresseurs.

Ses crocs sont imbibés du sang et de la chair des esclavagistes. Ses yeux percent l'obscurité tandis qu'elle recherche une échappatoire, un endroit dans lequel se cacher et reposer son corps alourdi par l'effort. Elle refuse d'abandonner après tous ces sacrifices, et tous les morts qui parsèment le chemin tortueux de ses souvenirs.

Telle une ombre, la forme au pelage bleu découvre un port au cœur du noir. Des dizaines de bateaux sont au repos, certains vidés de toute présence humaine, d'autres subissent les fêtes insouciantes et stupides des hommes. Ses pattes explorent, son museau hume l'air afin de dénicher le navire parfait pour son plan. Elle hésite un temps, se fond dans la nuit lorsque des bruits se rapprochent, puis elle reprend sa course. Lorsqu'enfin, un navire à l'écart de ses semblables se détache au lointain. De sa position, elle scrute le bois puis rampe jusqu'à lui afin de ne pas attirer l'attention des humains embrouillés par l'alcool.

Après une dernière inspection minutieuse, elle recule, prend son élan et bondit sur le pont désert. Sa langue passe sur sa jambe douloureuse, essuie le sang pour ne laisser aucune trace de son passage avant qu'elle ne s'empresse de rejoindre les cales. Là, elle renifle, scanne son environnement puis déplace quelques caisses afin de se cacher derrière elles. La tâche est ardue, mais elle tient bon.

Enfin, son corps s'effondre contre le bois clair. Ses yeux se ferment et son souffle s'apaise enfin. Tant pis pour sa blessure, ses forces l'abandonnent et elle n'a pas le matériel adéquat pour la soigner convenablement. Le sommeil l'enlace, il murmure à ses oreilles repliées des paroles réconfortantes.

Elle a survécu.

Elle a tenu sa promesse, Aurora n'est pas morte en vain.

Sur cette pensée rassurante, le corps à la fourrure bleu s'endort. Lorsque ce navire quittera Sabaody, elle abandonnera enfin l'enfer.

Bientôt, elle rentrera chez elle.


Merci à .s de m'avoir suivi jusque-là ! Vos commentaires m'ont fait chaud au cœur, tout comme votre fidélité et vos diverses réactions. Pour vous, je suis contente d'en être arrivée là, même si cela m'a pris beaucoup trop d'années.

Comme je vous l'expliquais plus haut, l'aventure de nos chers pirates n'est pas encore terminée. En fait, elle vient à peine de commencer !

On se retrouve dans deux mois (peut-être un peu plus), pour une suite explosive : Les conséquences de la PLS.