Chapitre 1/Quinn Fabray, moi, et beaucoup d'affection.
Il était une fois personne. Vraiment, personne. Parce que je ne suis rien. Une simple écrivaine qui n'écrit pas. Faut pas m'en vouloir, j'ai eu une grosse journée. Et puis j'ai pas envie d'inventer quoi que ce soit aujourd'hui, y a assez de rebondissements dans ma propre vie. De drames. Et oui, je suis normale. Je pleure, je rigole, je souris et je suis en colère. J'ai vraiment besoin de thérapie. Mais je suis pauvre, donc toi, personne qui a autant de temps libre parce qu'honnêtement, pour lire un livre aussi long sur personne, faut en avoir, et bien tu seras ma thérapie. Après tout, écrire ça soulage. Commençons par le début tiens. J'ai commencé à écrire la première fois que j'ai reçu un journal intime. J'ai écris deux pages, et je l'ai jeté. Je l'ai jeté parce que je trouvais pas de choses à dire dedans. En même temps, j'avais 9 ans, et mes papas pensaient que je leur cachais des choses, donc ils m'ont offert un journal. Ils furent déçus. Mais ce fut quand même important, parce qu'à partir de ce moment, j'ai compris que l'écriture pouvait m'aider si j'avais besoin. Donc quand j'ai eu 15 ans et que je me suis reçu une vague d'insultes contenant bien trop d'homophobie pour que je les écrive, et bien j'ai pris un mouchoir, je me suis mouchée, j'ai regardé dans le miroir et je me suis précipitée dans une des toilettes, j'ai pris une feuille à carreau simple, et j'ai écris. J'ai écris que la glace pilée avait un goût horrible et que c'était vraiment indispensable de m'insulter à travers mes parents. Et puis j'ai tirait un trait, et j'ai écris une chanson. Elle était pas terrible, mais j'aimais chanter, et j'avais envie de le faire. C'est aussi la première fois que j'ai vu Quinn Fabray. Et vous savez-quoi ? Même là, quand elle prenait plaisir à se moquer, son uniforme de Cheerios! lui allant parfaitement, ses cheveux blond attachés par une queue de cheval trop serrée pour son propre bien, même là quand elle paraissait être un cliché sur patte, je ne l'ai pas détesté. Pas le moins du monde. J'ai pas écris sur elle, j'ai juste pleuré un peu plus. Je sais pas pourquoi. Si vous comptez lire ce bouquin jusqu'au bout, vous devez savoir que chez moi, y a un truc qui tourne pas rond. Je suis vachement dramatique, et j'adore parler pour rien dire. Donc pas de jugement, allez juste vous faire rembourser. J'aimerais vous dire que tout ce que je vais dire sera vrai, et que toutes les informations sur la fameuse vie de Rachel Barbra Berry (moi) seront vérifiées et vérifiables, mais je ne peux vous dire cela. Je suis la seule qui détient ma mémoire, et elle est plutôt défaillante. Par contre, en écrivant cette belle biographie, auto-biographie, j'ai bien entendu demandé à chaque personne que je connais si leur nom pouvait être utilisé, donc à vous de deviner si Quinn est son prénom, bien que je pense que vous soyez au courant, étant donné qu'elle est assez célèbre. Maintenant, cher lecteur, lectrice, passons à la thérapie, si vous êtes assez fort pour le supporter. Sachez que ce livre contiendra des sujets qui peuvent être compliqués pour chacun. Je parlerais d'amour, de ruptures, de dépression et de harcèlement. Je parlerais aussi de boulimie, de manque de confiance en soi et parfois de relations sexuelles aussi. Mais ce sera vraiment limité, je ne suis pas ici pour me vantez de mes capacités sexuelles et de la façon avec laquelle je peux bien entendu…
Bon, je m'égare.
Bienvenue donc !
Si vous me connaissez bien, dans la vraie vie, je ne suis pas du genre à dire que je suis personne. Après tout je suis une diva qui prend les métaphores un peu trop au sérieux et qui avec un peu de chance a réussi à devenir une star de Broadway. Vous comprendrez pourquoi je suis personne en continuant à lire, donc commençons, sans plus attendre. Je suis née un beau jour de février, mais je ne m'en souviens pas trop. En fait, mes papas ne m'ont jamais raconté comment je suis née, je l'ai découvert que bien plus tard. Jusqu'à mes 12 ans, je croyais que de hommes pouvaient très bien mettre un enfant au monde. Bien sûr, en cours de biologie, quand nous avions travaillés sur la reproduction humaine, j'ai bien dû reconnaître, après quelques débats entre mon professeur et moi, que c'était un mensonge. Je me souviens qu'en rentrant, j'ai refusé de parler à mon père Hiram et mon autre papa Leroy, jusqu'à ce que la vérité éclate, au repas. Il faut me comprendre, j'avais passé une journée d'horreur, où mes camarades s'étaient moqués de moi parce que j'étais persuadée que mes parents étaient mes parents biologiques. Donc, note à moi même, si j'adopte un enfant, je ne lui cacherais jamais la vérité, d'ailleurs les conséquences de ce mensonge sont bien pire qu'une journée de remarques idiotes. Mais c'est pour plus tard, une autre histoire disons. En tout cas, Hiram m'a enfin avoué qu'ils avaient fait appel à une mère porteuse. J'ai tenté d'en savoir plus mais ce fut la dernière fois que nous parlions d'une possibilité de rencontre avec elle. Mais pour moi, ce sont tout de même eux qui m'ont élevés, dans ce trou que l'on appelle Ohio, Lima. J'ai grandis comme une reine, ayant le support de mes parents derrière moi et d'après eux j'étais une enfant joyeuse. Ils m'ont toujours plongé dans la musique et la comédie. Chaque soirs, nous chantions, et nous regardions une comédie musicale au moins une fois par semaine. Pourtant, aucun des deux n'ont travaillés dans l'art du spectacle, et non par manque de talent, mais ils ne s'en sont jamais senti capable et j'imagine qu'ils n'étaient pas doués pour croire en leurs rêves. Je crois pourtant qu'à cause de ça, j'étais un peu trop poussée vers cette carrière. Bien sûr j'en suis tombée amoureuse, mais à l'âge de 4 ans, passer des castings tous les week-ends, ce n'était pas mon choix. Seulement, un jour tout a changé. Enfin, un soir. Nous regardions pour la première fois Funny Girl, et jamais avant je n'avais vu mes papas, mes meilleurs amis pendant la plus grande partie de mon enfance, autant émus, pleurant comme des bébés. Jamais. Même Hiram qui n'avait jamais lâché une larme c'était effondré devant le talent de Barbra Streisand. Le film n'était pas spécialement triste, mais c'est comme si ils revoyaient une vieille connaissance et qu'ils étaient submergés d'une vague de nostalgie. Quant à moi, j'ai adoré. J'ai aimé la musique, la chanson, les acteurs, et surtout, j'ai adoré voir la vulnérabilité de mes pères. J'étais obnubilée par l'actrice principale, qui, d'une façon ou d'une autre, venait de changer quelque chose chez eux. Ils m'ont pris dans leurs bras et m'ont donné des marques d'affections que je ne leur connaissais pas. Alors, à ce moment précis, j'ai voulu faire ça. Devenir elle, devenir Barbra Streisand. Mon rêve a bien changé depuis, mais je suis toujours autant fan de Barbra, ne vous en faite pas. Donc, après cette soirée, j'ai tout fait pour arriver à mon objectif. Mes parents m'ont soutenu, et je ne jurais que par Broadway et Patti LuPone. J'ai pris des cours de chant, des cours de ballet, et j'ai pris des décisions un peu dure. Parce que oui, malgré ma personnalité qui existait bien avant la musique, je n'avais aucun ami. Je n'ai pas eu le temps, j'ai tout écarté pour ma carrière. Une enfant. J'ai enterrée cette partie de moi qui aimait les échecs et les livres et j'ai appris les gammes et les rythmes par cœur. Pour quoi au juste ? De l'affection. Retenez bien ce mot, parce qu'il reviendra, j'en suis certaine. Je voulais juste que mes papas soient fiers de moi et qu'ils me couvrent d'amour comme ça avait été le cas pendant cette soirée. J'ai gagné des concours et fait de beaux spectacles. D'ailleurs, mon enfance, comme je l'ai dit, était plutôt heureuse dans l'ensemble. Mais je ne peux m'empêcher de me demander si tout aurait été différent si j'avais su que je n'avais besoin de rien pour obtenir l'amour de mes papas. Sûrement. Pourtant, ne soyons pas défaitiste, c'est grâce à cette obsession pour les comédies musicales que je me suis épanouie. Mais il faut voir la suite pour comprendre. Parce que ce n'est pas les concours qui m'ont appris la vie, qui m'ont aimés, c'est un petit club de rien du tout.
Je vous ai dit qu'à 15 ans j'ai commencé à écrire. Mais c'est aussi à 15 ans que je suis rentrée au lycée. J'ai rejoint tous les clubs possiblement existants dont un très important, le Glee Club. D'abord, faisons un point sur la situation. Je suis dans l'Ohio, Lima un endroit très fermé d'esprit, je suis fille de deux hommes, je m'habille comme une vieille femme de 80 années minimum, et je ne parle que de moi. Je suis donc, très, très, très seule. Je comprend les autres avec du recul, après tout pas facile de parler avec moi avec cette époque. Déjà parce que je n'ai jamais été une pom-pom girl, et que je suis restée en bas de la chaîne alimentaire du lycée, mais aussi parce que je ne parlais que de moi et de ma passion, Broadway. Mais je ne savais pas comment faire autrement, je n'ai jamais eu d'amis et je suis surtout restée dans cette mentalité qui consiste à impressionner les autres pour qu'ils m'aiment bien, comme je l'ai pensé avec mes pères. Désolée, encore, à cette jolie blonde qui le premier jour de classe m'avait demandé mon nom et à qui j'avais déballée ma vie. Je pense qu'elle s'est bien vengée quelques jours plus tard en devenant la capitaine de l'équipe de pom-pom girls, et me harcelant, pendant une bonne année. Sans rancune, Quinn ! A cette époque, le Glee Club était dirigé par un homme avec des tendances pédophiles dont je ne peux citer le prénom ici. Il était vraiment bizarre, mais il me volait surtout la lumière des projecteurs et l'ancienne moi était prête à tuer pour ça. J'ai donc, une bonne décision quand j'y repense, rapporté à mon principal une de ses agressions. Allez, soyons honnête, c'était juste un contact main-épaule, mais ça suffisait à Monsieur Figgins, et sans m'en rendre compte, deux jours plus tard, Monsieur William Shuester reprenait le club. Il nous a souvent dit, à moi et mes camarades, que ce club lui avait changé la vie. Mais il n'a jamais su que ce fut le cas pour la plupart d'entre nous aussi. J'ai rencontré Mercedes Jones, que vous devait connaître, non, sérieusement, vous DEVEZ la connaître, mais aussi Artie Abrams, Kurt Hummel, Tina Cohen-Chang, et enfin, Finn Hudson. Cette année fut décisive pour moi. Les premiers jours dans ce nouvel environnement, avec des gens si différents, ils furent disons, hostiles. Je m'excuse pour toutes les sorties dramatiques dues à un problème de confiance quand on me refusait un solo. J'avais peur. J'avais peur que si on me mettait de côté, ce serait pour toujours, et je ne me suis pas rendue compte qu'en faisant ça c'est moi qui mettait les autres de côté. Pas mal de choses ce sont passées dans cette salle, et je ne m'excuserais jamais assez pour certaines choses qui se sont dîtes là-bas. En tout cas, cette année, je me suis faite des amis, même si pour les premiers temps, c'était pour mon talent. Je crois que ça m'a changée. J'ai commencé à ressentir des choses pour des personnes qui me connaissaient. Par exemple, j'ai beaucoup aimé Finn, dès la première fois que je l'ai vu. Il était si beau dans son uniforme de footballeur. J'ai beaucoup aimé Quinn aussi, la première fois que je l'ai vue, même si j'ai pas fait bonne impression. Ça a continué en fait, elle ne m'a pas beaucoup aimé, et je n'ai pas aidé en embrassant et en interagissant avec Finn, son petit ami de l'époque. Finn Hudson était un garçon génial, et ce fut la première personne que j'ai aimé en dehors de ma famille. Je suppose que ça avait un gros rapport avec le fait qu'avec lui, j'étais vue. Grâce à ma voix chantante, il m'a remarqué, et ensuite j'ai tout fait pour gagner son attention. Mais nous n'étions pas fait pour être ensemble. Premièrement parce que moi de mon côté je n'étais toujours pas moi-même, je ressentais toujours le besoin d'avoir de l'attention, et il n'arrangeait rien. Et puis de son côté, je n'étais qu'un échappatoire de plus de sa vie de footballeur populaire. Il avait rejoint le club pour ça d'ailleurs, parce que sa vie monotone ne lui convenait plus. Mais alors que c'est une bonne raison pour rejoindre un club, ce n'est pas une bonne raison pour aimer quelqu'un. Donc nous sommes sortis ensemble, et quand il a remarqué que sa popularité lui manquait, il m'a quitté. Et puis, n'oublions pas que Finn Hudson n'a pas largué Quinn Fabray pour une petite diva insupportable de son club de chant. Non, elle est tombée enceinte de Noah Puckerman, le meilleur ami de Finn, et celui-ci m'a choisi quand il l'a découvert. Je crois que c'est à ce moment précis, où tout le monde a appris que Quinn était enceinte, que j'ai changé complétement mon regard sur elle. Bien sûr, même avant je savais qu'elle avait plus de problèmes qu'elle ne le suggérait, mais là j'ai vu Quinn le montrer, l'avouer. Nous pensions tous, et le concerné aussi, que Finn était le père, et quand le lycée l'a su, nous avons chanter une chanson qui encore maintenant me fait sourire. Pendant le numéro j'ai regardé Quinn. Je l'ai trouvé incroyablement courageuse, et brave, et belle, et surtout, libre. C'est donc là que mon regard à changé. Mais passons. J'ai eu un béguin pour Monsieur Shuester, et quand Finn m'a largué je suis sortie avec Jesse Saint James. J'aimerais vous dire à quel point il était honnête et patient avec moi, à quel point j'ai adoré sortir avec lui, parce qu'aujourd'hui encore il est un ami, mais non. Il ne fut qu'un pion dans l'histoire d'une certaine femme, et pareil pour notre jeune relation. J'ai aussi eu une courte relation avec Noah, mais elle fut futile, nul besoin d'en discuter plus que ça. Cette année j'ai aussi parler pour la première fois avec Quinn. Je sais, je parle beaucoup d'elle, mais une fois je lui ai dit que le plus important accomplissement que j'ai pu réaliser dans ma vie de lycéenne fut de devenir amie avec elle, et c'est encore d'actualité, donc vous allez en entendre encore. Ce fut quand Finn appris qu'il n'était pas le réel père de sa progéniture. Oui, nous avions parler avant ça, mais c'était si différent, tellement moins hostile que les fois d'avant où nous nous disputions simplement Finn. Nous ne connaissions rien l'une de l'autre et pourtant, elle n'avait pas menti. Elle, Quinn Fabray, fille d'une famille de menteurs, elle ne m'avait pas menti, alors qu'elle ne faisait que ça depuis le début de sa vie. A moi. Et bien, je crois que j'ai faillis tomber amoureuse, comme ça, d'un coup. J'étais celle qui avait avoué à Finn la vérité, et Quinn en fut dévastée. Et alors qu'elle aurait pu me frapper, j'étais consentante, elle ne l'a pas fait, m'expliquant que je n'avais fait que ce qu'elle avait eu peur de faire, dire la vérité. Nous avons eu une connexion à ce moment là. Elle n'a pas duré longtemps, et j'aurais aimé en savoir plus, mais ce fut court. Mais j'étais satisfaite, car le regard qu'elle m'avait donner était le premier à être honnête, sans chant, sans mensonges. C'était une bouffée d'air pur. Pourtant, cette année ne fut pas qu'une bouffée d'air pur, mais aussi toxique. J'ai découvert une vérité moi aussi, concernant ma génétique.
Jesse était donc un pion qui servit à ma mère biologique, Shelby Corcoran. Jesse était un membre de la chorale adversaire de mon lycée, et Shelby en était la coach. Alors, je ne l'ai su que bien plus tard, il a glissé quelques indices pour que je puisse la retrouver, l'inverse étant légalement impossible. Je ne peux pas dire que je suis tombée amoureuse du rebelle de Vocal Adrénaline, il fut un pansement de ma relation précédente mais il était surtout la représentation d'une relation impossible, un personnage de roman à l'eau de rose qui pouvait m'aimer comme je le voulais. Cependant j'ai réellement eu des sentiments pour lui. Il fut un des seuls amis sur qui je pouvais compter et je n'étais jamais seule avec lui à mes côtés. Je venais de me faire briser le cœur par Finn, qui avait eu un doute quand à notre relation. Je me sens désolée d'avoir été dure avec lui lorsqu'il m'a annoncé qu'il me voyait comme une amie et simplement comme cela. J'ai eu raison en lui disant que sa popularité comptait beaucoup trop pour lui, que j'étais la seule personne capable de l'aimer. Mais j'ai eu tort en lui disant qu'il était lâche, qu'il n'était qu'un garçon effrayé. C'est tout le contraire. Certes il n'était pas le petit copain de rêve et il retenait une fois sur deux nos conversations, mais il venait de découvrir que son meilleur ami était un traître et que sa copine de rêve une menteuse. Que tous les sacrifices qu'il avait fait pour l'enfant qu'il croyait être le sien étaient vain et basés sur des conneries. Donc oui, quand la petite diva du Glee Club qui chante bien et qui l'aime bien lui offre un calendrier de couple stupide et qu'elle lui parle avec un débit de parole trop élevé, qu'elle lui montre de l'affection dont il a peur, quand tout ça arrive d'une traite, il essaye de prendre une bouffée d'air quelque part. Donc il la quitte. Désolée Finn. J'ai rencontré Jesse juste après, comme un hasard parfait. Notre première rencontre fut mémorable, marquée par une chanson romantique de Lionel Richie. Tout était parfait. Trop parfait bien sûr. Je me suis attachée à sa présence, à sa voix, son odeur et son sourire. Sa façon de m'appeler à n'importe quelle heure de la nuit pour m'inviter à des rendez-vous dignes d'un best-seller, son corps contre le mien, ses bras autour de ma taille, son menton sur mon épaule. Oui, je me suis réellement attachée. Et puis un jour, alors que le club devait se concentrer sur les rêves de toute une vie, ceux qui sont censés changer notre être au plus profond, et bien Jesse m'a convaincu, ou plutôt forcé et manipulé, de retrouver ma mère, c'est la première fois que je me suis sentie autant mal. Je l'ai entendue et j'ai pleuré. Pour de vrai, pour une fois. Et enfin, je l'ai vue. Elle chantait. Évidemment qu'elle chantait ! J'étais avec Quinn et Mercedes, mais le monde autour de moi et Shelby s'est éteint. Notre objectif premier, espionner l'équipe adverse, était complètement oublié. Les filles sont parties et je suis restée. Shelby et moi avons discuté, et le peu que je puisse dire c'est que ce fut bref. J'ai vécu la plus grande déception de toujours. Elle m'a dit qu'elle avait été dans le faux, qu'elle n'aurait jamais du essayer de me retrouver. J'ai su que Jesse m'avait menti, que je n'avais pas de choix dans cette affaire. J'ai essayé de trouver des moyens pour qu'elle vienne à moi, je l'ai invité au restaurant, parce qu'honnêtement j'espérais enfin trouver une personne qui s'intéresserait à moi, et pas au chant. Mais non, elle m'a demandé de rentrer chez moi, elle m'a rejeté. Je me souviens que j'ai eu la sensation de recevoir un poignard dans le dos pour mon petit-ami, et dans le cœur pour ma mère. Je me souviens avoir ravalé mes larmes avec difficulté. Je souviens avoir quitté le bâtiment du lycée Carmen, d'avoir essayé de joindre mes papas sans succès en marchant pour sortir de ce fichu lycée, les larmes coulant enfin sans retenue. C'est là que je l'ai vue, sa lèvre inférieure entre ses dents. Elle battait frénétiquement son pied gauche, elle avait les yeux fermés et sa tête reposait sur le mur de l'entrée du parking. Pensant l'avoir mise en colère à cause de l'attente je me suis excusée sans grave conviction. Elle avait ouvert ses yeux dorés à vitesse grand V et en une seconde je me retrouvais dans ses bras. J'avais du mal à respirer mais ses fins bras me serrant atrocement fort me calmèrent petit à petit. Il n'y avait pas de paroles, juste le bruit de l'extérieur et de mes sanglots alors que je charcutais le dot de la blondinette, des images de Jesse et moi, de Shelby, mes papas, des flashs me mitraillant le cerveau. Je ne me suis même pas demandé où était Mercedes parce qu'au final, elle, Quinn, était là. Je me souviens parfaitement de ce jour là, je ne sais pas pourquoi. Mais je sais que Quinn m'a embrassé tendrement les cheveux avant de me prendre la main et de m'accompagner jusqu'à sa voiture. Elle m'avait d'ailleurs demander si je voulais rester chez elle, mais j'avais murmuré un non presque inaudible avant d'attacher ma ceinture. Tellement inaudible qu'elle m'a quand même entrainée dans sa grande maison. De toute façon mes papas ne me rappelaient pas donc je n'avais aucun endroit où aller. Je crois qu'elle m'avait très bien entendue mais que son instinct était bien plus fort que mon chuchotement. Elle a donc garé sa voiture devant sa maison et voyant que je ne bougeait pas de mon siège, elle m'a posé une question inévitable. 'Qu'est-ce qu'il s'est passé ?' Avant de partir dehors avec Mercedes je leur avait annoncé avec un grand sourire que Shelby était ma mère. Donc quand je lui ai dit avec difficulté que j'étais perdue, elle n'a pas tout compris. Je me souviens parfaitement de ma conversation avec elle. C'est louche mais avec Quinn je me souviens de tout. Au mot près. "- Je comprend rien Quinn, je suis perdue.
-Vous avez parler pas vrai ?
-Oui. C'était digne d'une comédie musicale. Elle était sur un siège et j'étais sur un siège un peu plus loin. Comme une mise en scène. Dernier acte.
-Et donc ? demanda-elle avec impatience, mais son ton toujours doux.
-Et donc on était confuse. Toutes les deux bien sûr. Elle m'a dit qu'elle était désolée pour Jesse mais qu'elle lui avait demandé de jouer la comédie. C'était juste pour qu'elle me retrouve. Puis elle m'a dit qu'il s'est attaché. Comme pour me rassurer.
-C'est horrible, je suis vraiment désolée.
-J'en ai rien à faire de lui. C'est pas ça qui me brise le cœur en mille morceaux. Quand elle m'a demandé si je voulais quelque chose à boire je lui ai demandé de l'eau. Puis je lui ai raconté que quand j'étais plus jeune mes papas me donnaient de l'eau quand j'étais triste, et que maintenant je sais plus faire la différence. Et y a eu un silence. Je crois qu'elle a réalisé que j'étais pathétique parce qu'elle m'a demandé de partir. J'ai tout essayé Quinn, mais elle n'a pas voulu discuter, elle m'a dit qu'elle m'appellerais. J'ai vu des auditions, ça veut dire ce que ça veut dire. Elle n'a même pas mon numéro !
J'entendis un léger soupir puis elle me prit la main délicatement et je me dégageais, ma respiration saccadée.
-Rachel...T'es pas pathétique. Je pense qu'elle n'a pas digéré les retrouvailles aussi bien que toi, c'est tout.
-Non. J'ai vu son regard. C'est le même que tu me donnais quand tu portais ton uniforme, un regard dur et fermé. Elle me déteste. Je la comprend, je suis pas assez mise en avant et je travaille pas assez. Et puis je devrais porter d'autres vêtements, c'est juste que j'y connais rien. Mais je vais m'améliorer. Je suis vraiment pathétique, il faut que je me bouge et que...
-Tu n'es pas pathétique ! s'exclama la blonde avec sérieux. Tu es une personne incroyable, avec ou sans chant ! Et si elle te regardait de la même façon que je l'ai fait c'est parce qu'elle se sentait mal ! Elle se sent mal parce que t'es géniale mais qu'elle n'a pas les épaules pour te le dire droit dans les yeux !
Je la regardai avec attention et écarquillait les yeux qui se remplirent de larmes à nouveau.
-Non, je...Tu peux pas dire ça ! Je suis géniale que parce que j'ai du talent. Personne ne m'apprécie dans le club, sauf quand je chante ! Donc arrête de me mentir pour te sentir mieux, c'est cruel ! Je devrais rentrer, c'était une mauvaise idée de discuter avec toi ! lui dit-je avec force, détachant ma ceinture.
Alors que j'allais ouvrir la porte, ma main sur la poignée, Quinn attrapa mon autre main et la serra, malgré mes tentatives de fuite.
-Tu peux pas penser ça Rachel...Tu le penses vraiment ? Que c'est le talent qui t'apportera des amis ?
Une nouvelle fois, alors que je pensais qu'elle se moquait de moi, je me dégageais de sa prise et sortait de sa voiture avec fureur. Elle aussi sortit rapidement, et se posa face à moi, un regard tendre sur son visage.
-Donc tu le penses vraiment. affirma-elle.
-Mais bien sûr que je le pense ! Tout le monde attend quelque chose en retour ! Tout le monde ! Je n'arriverais jamais à me faire aimer sans ce dont je suis vraiment douée à faire, chanter ! Et ne me dit pas que c'est faux, toi Quinn Fabray qui ne m'a jamais aimé ! Finn m'aime parce que je chante, mes papas aussi, et tout le Glee Club fait la même chose !
Je ne m'y attendais pas mais elle m'a reprise dans ses bras.
-Tu ne t'es jamais dit que les gens t'aiment pour ta personnalité ? Pour ta faculté à parler pendant des heures juste parce que t'es passionnée ? Le fait que tu marche la tête haute tous les jours malgré les regards des idiots ? Qu'ils t'admirent beaucoup ? murmura la blonde.
Le regard vide, je soupirais.
-Et toi tu ne t'es jamais dit que les gens m'aiment parce qu'ils m'admirent ? Que je parle pour ne pas les ennuyer mais que je finis toujours par le faire de toute façon ? Que je marche la tête haute parce que si je regarde par terre j'ai peur de m'écrouler ? Et de ne plus me relever parce que je suis épuisée ?
-Je suis désolée...sanglota Quinn.
-Pourquoi ?
-C'est de ma faute pas vrai ? Je t'ai insulté, je t'ai harcelé et maintenant tu penses que tu ne vaux rien...
Si ça voix était tremblante, elle reprit confiance et recula, prenant mon visage entre ses mains.
-Mais tu vaux tellement Rachel. Et je ne te déteste pas pour ce que ça vaut. Et je suis persuadée que Shelby non plus."
Après ça nous avons séché nos larmes et nous sommes rentrées, épuisées. Sa mère était de sortie pour le week-end donc nous étions seule. Elle m'a emmené dans sa chambre et je me suis endormie dans son lit alors qu'elle était aller me chercher un pyjama pour la soirée. Alors ? Pas mal pour la petite juive du club de perdants, non ? Quand je me suis réveillée Kurt et Santana étaient là, et il faisait nuit. Santana Lopez est un drôle de personnage. Mais c'est pour une autre fois. Je crois que c'est là que je suis tombée amoureuse de y a eu tellement de moments où je suis tombée amoureuse d'elle après ça. Mais, ça aussi c'est pour une autre fois !
Fin du chapitre 1
Bon, c'est quelque chose de bien nouveau j'en ai conscience, donc faites moi savoir si vous voulez la suite ou pas. Je vais sûrement l'écrire de toute façon mais inutile de la poster si ça ne plaît pas. Merci d'avoir lu !
