Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Merci à tous pour vos reviews! :)
Chapitre 2 : Un crétin royal et une potentielle petite amie
Je ne savais pas grand chose sur Sasuke Uchiwa. Excepté le fait que c'était un trou de cul, une brute qui aimait s'en prendre aux autres, qu'il était égoïste et narcissique, et excepté nos éternels échanges de coups de poings, je ne m'étais jamais donné la peine de le connaître. D'essayer, du moins. Mais c'était la même chose pour lui. Sasuke et moi n'avions, de toute façon, rien à nous dire, à part la pluie d'insultes habituelle et quotidienne.
Mais s'il y avait bien une chose que je savais à son sujet, c'était qu'il adorait la gymnastique, et qu'il comptait aller loin dans cette discipline. C'était sûrement pour cette raison que ce qui lui arrivait me provoquait ce petit pincement au coeur. Parce que comprenez-moi bien, je ne me sentais pas du tout désolé pour cet enfoiré.
Ou...
Peut-être un peu. Ça me dérangeait de voir quelqu'un tomber de si haut — dans le sens figuré, mais aussi et surtout littéral. Ça me dérangeait de constater que l'on pouvait travailler si fort pour quelque chose qui nous passionne, et d'un seul coup, comme ça, en quelques secondes à peine, tout ceci se brisait en mille éclats. Tout espoir envolé. L'avenir changeait et on ne pouvait rien faire pour l'empêcher.
Je ne pourrais jamais oublier le chaos que sa chute provoqua dans l'assemblée. Pendant de brèves secondes, durant lesquelles tout le monde avait retenu son souffle, il y eut un silence. Un silence profond, calme, un silence de mort. Et je m'étais demandé entre deux battements de coeur, si c'était effectivement le cas. Le bruit que son corps avait fait en s'écrasant au sol aurait pu... et mon sang n'avait fait qu'un tour. Puis tout explosa : le hurlement des gens, la cacophonie, la panique générale. Tout le monde s'était mis à crier, les élèves, les profs. Quelqu'un avait ordonné d'appeler immédiatement les secours et j'avais reconnu la voix du prof de gym, Kakashi Hatake.
Tout le monde s'était levé pour essayer d'apercevoir le blessé, et je m'étais retrouvé vers l'arrière, bousculé et poussé. Je n'avais pas pu le voir, je n'avais que suivi les cris et les exclamations d'horreur.
Et dans les minutes qui suivirent, j'entendis plusieurs choses... « Est-ce qu'il respire ? », « Comment cela a-t-il pu arriver ? », « Il s'est emmêlé les pieds sur la barre, j'ai tout vu ! », « Il était nerveux », « Sasuke n'est jamais nerveux ! ». J'étais incapable d'identifier toutes ces voix, mais je pus tout de même reconnaître quelques uns des meilleurs amis de Sasuke, dont Karin et Kiba Inuzuka, le capitaine de l'équipe de basket.
J'étais resté en retrait. Parce que toute cette situation me dépassait, mais aussi parce que, en dépit de tout ce que j'entendais autour de moi, je n'avais que ma propre voix dans ma tête, et un puissant sentiment de culpabilité. « Je souhaite vraiment que tu te plantes à ton audition et que tu te casses la gueule, que tu passes le reste de l'année scolaire à l'hôpital... », et cette phrase se répétait en boucle, ma propre voix me renvoyant ma cruauté en plein visage.
Et malgré le fait que je détestais ce type, que je ne pouvais pas le cadrer, jamais je n'aurais pu souhaiter un tel accident.
La foule avait fini par se disperser. Aidé par plusieurs profs, le directeur du lycée avait encouragé les élèves à sortir de la salle de gym, de laisser cette situation aux mains des experts. J'étais donc sorti ainsi, poussé par le flot de monde et avais déambulé dans les corridors avant de me décider à rentrer chez moi. C'était vendredi, le mec le plus populaire du bahut (et mon ennemi mortel) était dans un état critique, j'aurais dû en jubiler et me sentir satisfait, mais mes jambes tremblaient férocement tandis que j'enfourchais ma moto.
La vie était si injuste.
Le lundi suivant, on ne parlait que de ça au lycée. J'entendis Kiba dans le vestiaire, après le cours de sport. Lui et quelques autres gars en discutaient avidement.
-J'suis sûr que sa colonne en a pris un sale coup.
-Peut-être qu'il pourra plus jamais marcher.
À cette phrase, je m'étais mis à frissonner. Même si le mec était un salaud fini, un crétin de la pire espèce, c'était… injuste. C'était quelque chose que je ne pouvais souhaiter à personne. On ne savait pas encore, on ne connaissait pas encore l'état dans lequel Sasuke se trouvait, on savait seulement qu'il n'était pas mort. Mais je ne pouvais oublier le son que sa chute avait fait. Cet horrible bruit. Ce n'était pas sa nuque qu'il avait cassé, sinon il serait mort. Mais il s'était bien fracturé quelque chose. Et la possibilité que ce soit sa colonne… eh bien elle existait.
-Sasuke Uchiwa en fauteuil, dit-il sur le ton de la suggestion.
C'était Shikamaru Nara.
-On aura tout vu.
Un autre mec, Gaara qu'il s'appelait. C'était un garçon à la peau très pâle, à la carrure fine mais large. Il avait des cheveux rouges, aussi rouges que cette fille que Sasuke avait embrassé vendredi dernier.
-En tout cas, reprit Kiba. Une chose est sûre, sa carrière de gymnaste est foutue.
-On ne sait pas encore, ajouta Shikamaru.
-C'est moi qui te le dis, Nara. T'étais là aussi non ? Sasuke aura de la chance s'il sort de l'hôpital sur ses deux jambes !
Je leur tournai le dos lorsqu'ils furent rhabillés et prêts à sortir et de ce fait passer devant moi. J'enfilai mon tee-shirt, le faisant passer sur ma tête et écoutai leurs pas s'éloigner, sortir des vestiaires.
Sasuke Uchiwa en fauteuil. J'étais incapable de me l'imaginer. Sasuke était si… si grand, si confiant, toujours debout devant les autres, le roi de la jungle. Il aura de la chance s'il sort de l'hôpital sur ses deux jambes.
Les jours passèrent et une semaine et demie plus tard, Sasuke remit enfin les pieds au lycée. J'étais sur le trottoir lorsque la voiture noire de luxe ralentit à mes côtés pour continuer un peu plus loin vers les grilles. Un homme en sortit, du côté conducteur, et contourna la voiture pour aller ouvrir. Il était grand et portait un complet veston-cravate, en d'autres mots il puait le fric à dix kilomètres à la ronde.
Et sous mes yeux, je le vis ouvrir la portière à nulle autre que Sasuke. Quelques autres élèves autour tournèrent la tête. Sasuke n'arrivait jamais en voiture. Il marchait, il était toujours entouré d'amis quand il venait et partait de l'école matin, midi et soir. Mais bien sûr, aujourd'hui c'était différent. Durant les derniers jours, on avait même réussi à l'oublier. Oublier cet accident horrible qui avait secoué tout le monde. Oublier sa chute de dix mètres, et sa chute sociale aussi. J'avais moi-même oublié. Fallait pas m'en vouloir, après tout ce n'était pas comme si Uchiwa était mon ami. Les jours étaient passés et les commentaires des mecs dans les vestiaires s'étaient faits plus rares. Les joueurs de l'équipe de basket, Kiba, Shikamaru, Gaara et même les autres crétins qui formaient le cercle d'amis de Sasuke avaient cessé de parler de lui. La vie avait continué. Je ne les avais plus entendus parler de ça. Il fallait aussi dire que je passais le plus clair de mon temps dans mon petit coin, seul à environ 95% du temps. Le reste, je le passais avec Hinata ou Sakura.
Ceci dit, Sasuke apparut ce matin-là sur le trottoir comme une histoire du passée.
Mes yeux s'écarquillèrent légèrement pendant un petit moment quand je vis cet homme — son frère ? son cousin ? décidément trop jeune pour être son père — se pencher et l'aider à sortir de la voiture. Sasuke avait la colonne bien droite, et aucun fauteuil à l'horizon, mais il avait la jambe entière moulée dans un plâtre. Le jeune homme, qui avait de longs cheveux bruns attachés, lui sortit des béquilles sur lesquels il s'appuya aussitôt, et d'où j'étais, je ne remarquai rien de plus.
Une jambe cassée. Et puis c'est tout ? Il tombait de dix mètres et se récoltait une simple jambe cassée. Je m'entendis presque rire. Je secouai la tête de dépit et tandis que la voiture disparaissait au bout de la rue. Évidemment que le plus merdeux de tous avait réussi à éviter le pire.
Je repris mon chemin. Je fis attention à contourner Sasuke dans un cercle large pour l'éviter. J'avais dépassé les grilles avant même qu'il ait réussi à faire trois pas. Je n'eus pas besoin de jeter un regard derrière moi pour savoir que…
Le roi du lycée n'était plus.
-Tu l'as vu toi ? demanda Sakura presque avec espoir, jetant des regards tout autour d'elle et plus loin vers les tables.
Même si en temps normal je fuyais la cafétéria comme la peste, Sakura avait réussi à me convaincre de venir manger avec elle.
-Ouais, ce matin. Quelqu'un est venu le déposer en voiture.
Sakura acquiesça vaguement. Toujours en train de le chercher des yeux.
-Et ? voulut-elle savoir. On dit qu'il s'est fracturé la colonne.
-Sakura, si c'était vrai il serait encore à l'hôpital. Si c'était vrai je ne suis pas sûr qu'il pourrait remettre les pieds à l'école. On lui ferait sans doute les cours à la maison.
Elle soupira puis finit par ramener son attention sur moi. Elle avait déballé son sandwich mais n'y avait pas encore touché.
-De ce que j'en ai vu, continuai-je, il n'a qu'une jambe cassée.
-Oh, fit-elle.
Puis :
-Pas trop déçu ?
-Quoi ? lâchai-je, à moitié choqué.
-Ben, qu'il ne soit pas plus amoché ? Tu le déteste.
-Et qu'est-ce que ça change ? Je ne souhaite pas malheur à tout ceux que je n'apprécie pas. C'est mal me connaître, Sakura.
Elle soupira une nouvelle fois et baissa la tête vers son repas. Et sans trop savoir pourquoi, ce fut à mon tour de balayer des yeux la salle. Mais qu'est-ce que j'espérais trouver au juste ? Sasuke trimballait des béquilles maintenant, peut-être qu'il n'avait pas envie de se traîner jusqu'ici pour manger, peut-être qu'on lui avait ouvert un local pour qu'il soit tranquille, pour qu'il n'ait pas à trop se déplacer.
-Qu'est-ce que tu cherche comme ça ? demanda Sakura.
Pris la main dans le sac.
Je m'empressai de faire semblant.
-Rien. Je… Hinata.
Bravo Naruto. Sans blague, bravo. Je n'allais tout de même pas lui dire que je cherchais des yeux mon pire ennemi ?
Sakura fronça les sourcils. Et, lentement, elle se détendit et fit un petit sourire, visiblement surprise, mais agréablement.
-Tiens ? Tu aurais une fille dans l'oeil maintenant ? Moi qui croyais que tu mourrais puceau.
-Eh bien merci, dis-je bêtement.
-Roh, tu sais ce que je veux dire ! On te voit jamais avec une fille. C'est qui cette Hinata ? Je la connais ?
-Elle est en première année. Elle fait partie du club de sciences avec moi. On… on s'entend bien.
Sakura sauta presque sur place.
-Et elle est mignonne ? Pourquoi tu m'en as jamais parlé ? Je peux la rencontrer ?
-Woo Sakura ! Stop ! Je ne sors pas avec elle tu sais ?
-Mais tu la cherchais des yeux à l'instant ! Ooh c'est trop romantique !
Je fermai les paupières de dépit, laissant Sakura à son délire. Puis je baissai la tête et me passai une main dans les cheveux. Lorsque je rouvris les yeux, je vis à quelques pas de là, à la table où Sasuke mangeait avec sa bande avant, Karin marcher tranquillement avec un garçon. Un type que j'avais déjà vu de temps en temps traîner avec Sasuke. Il avait des cheveux blancs et des vêtements toujours troués aux genoux et aux coudes. Veston de cuir, converses, attitude de rebelle.
Elle déposa son sac à main sur la table de sa bande et s'assit avec lui. En fait, tout le monde était là. Et tout le monde riait, s'amusait, tout était comme d'habitude.
Je me retournai vers Sakura. Malgré tous les sentiments envenimés et négatifs que j'avais pour Sasuke Uchiwa, je ne pus m'empêcher de dire à voix basse :
-Il a subi un accident terrible et s'est présenté au lycée avec une jambe cassée, et tous ses amis semblent se foutre complètement que Sasuke soit parti manger quelque part tout seul.
Sakura écouta mes paroles jusqu'au bout en louchant vers la table à quelques pas de la nôtre. Elle acquiesça lentement.
-Je ne les ai jamais vraiment appréciés ces gars-là… Je me demande vraiment ce que Sasuke peut leur trouver, ce ne sont que des idiots.
Et elle se tourna de nouveau vers moi.
-Et dis-moi alors ? Tu comptes inviter Hinata au bal du printemps ?
Après un après-midi complet à faire croire à Sakura que j'étais amoureux d'Hinata Hyûga pour qu'elle ne se rende pas compte que pendant une misérable petite seconde de ma vie je m'étais inquiété au sujet de Sasuke Uchiwa, j'avais fini par me demander pourquoi, en effet, je n'avais jamais songé à elle comme à une potentielle petite amie.
C'était vrai, après tout. On s'entendait bien. Elle était timide, mais intelligente et gentille et belle. Très belle même. Son teint pâle qui contrastait avec sa chevelure très foncée. Comme une magnifique lune au milieu de la nuit. Et comble de ces nouvelles pensées qui m'avaient fait sourire à l'idée de sortir avec elle, je tombai nez à nez avec Hinata à la fin des cours. Le couloir était désert. C'était vendredi, les gens étaient pressés de partir pour le weekend.
Je lui souris, quelque peu gêné.
-Hey Hinata.
-Oh salut, N-Naruto.
-Ça va ?
Elle acquiesça d'un hochement de tête, visiblement ravie par quelque chose. Ses joues étaient roses, et je la trouvai soudainement si adorable que je me posai à nouveau la question : comment avais-je pu ne pas penser à sortir avec cette fille ? Elle était tout ce qu'un mec pouvait vouloir. Son sourire… et cette mignonne façon de serrer son sac contre sa poitrine…
-Hum… Tu fais un truc de spécial ce weekend ? demandai-je.
Elle allait me répondre lorsque l'on entendit un fracas retentir dans le couloir. Je me retournai aussitôt et derrière moi, à environ une vingtaine de casiers de là, j'aperçus Sasuke. Il avait laissé tomber tous ses cahiers par terre. J'entendis son juron jusqu'ici.
-Euh… juste un moment, dis-je à Hinata.
Avec une jambe dans le plâtre, je me demandai bien comment il allait réussir à se plier pour atteindre le sol. Et le couloir était toujours aussi désespérément vide. Je marchai vers lui.
Il était appuyé sur le casier, l'air visiblement découragé et un peu pâle aussi. Fatigué sans doute. Et de plus près, je pus voir le côté de son visage. Un hématome de taille incroyable couvrait le côté de son front jusqu'à son oeil gauche, au creux duquel sa peau était presque violet. Et sa pommette gauche portait des marques d'égratignure cicatrisée. C'était probablement ce côté de son visage qui avait subi le choc.
-Qu'est-ce que tu regardes comme ça ? cracha-t-il.
-Tu t'en es vraiment tiré avec une jambe cassée et une tronche à faire fuir les enfants un soir d'Halloween ?
-Et ça te regarde peut-être ?
Je soupirai et jetai un coup d'oeil vers ses livres toujours éparpillés à nos pieds.
-Besoin d'aide, trou de cul ?
Mais lorsqu'il me vit, il s'empressa de se redresser sur ses béquilles, l'air fier afin de prétendre que tout allait bien. Je m'arrêtai face à lui, déjà prêt à entendre les mots « Va chier » sortir de sa bouche.
Au lieu de quoi :
-Ben alors tu m'aides ou tu restes enraciné là ?
Et j'étais certain que ça lui avait pris tout son amour propre et son orgueil pour admettre qu'il avait besoin d'un coup de main. Il était réellement devenu humain. Ou, enfin… c'était peut-être encore à prouver.
Je me penchai et récupérai ses cahiers. Je les fourrai dans son sac puis me redressai. Un petit sourire en coin était accroché à ses lèvres.
-Tu connais ta place on dirait, Uzumaki, ricana-t-il. À mes pieds…
Un silence. Sasuke avait ce rictus de merdeux collé au visage.
-Ta copine t'attend, Don Juan. Ne la fais pas attendre, c'est probablement la seule fille qui aura envie de toi de toute ta vie, faudrait pas perdre ta chance.
J'ignorais ce qui m'empêchait de lui colorer l'autre oeil.
Sans une parole de plus, je lui redonnai son sac. En prenant bien soin de le plaquer plus fort que nécessaire contre son torse. Sasuke recula contre le casier et la satisfaction était telle que je luttai contre l'envie de le plaquer un peu plus. J'avais quand même un peu trop de savoir-vivre pour faire ça alors qu'il avait la jambe dans le plâtre.
Je me retournai ensuite et le laissai se démerder tout seul. Hinata me sourit tandis que j'arrivai à son niveau.
-Qu'est-ce que je disais ? demandai-je.
-Si… si j'étais occupée ce weekend, balbutia-t-elle, rouge pivoine.
Et sans vraiment savoir ce que j'étais en train de faire, je lui proposai d'aller quelque part.
À Suivre...
Ce weekend, j'ai participé à un événement complètement fou mais génial : un marathon d'écriture. 24h de création littéraire. Je vous dis ceci car lorsque j'ai écris ce chapitre, mon cerveau en manque grave de sommeil (environ 30 heures sans avoir dormi) m'a fait faire une erreur de cohérence. Donc, j'ai modifié un petit quelque chose du chapitre un. Naruto n'est en fait pas gay, mais bi. Merci de votre précieuse indulgence! :)
