Auteure: Tch0upi

Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.

Pairing: NaruSasu

Rating: T (pour possibles futurs lemons)


Chapitre 4 : L'avenir...

J'étais incapable d'arrêter de penser à ce que Naruto Uzumaki m'avait dit. Même deux semaines plus tard, ses mots continuaient de rebondir dans ma tête comme un écho infernal, et j'avais l'impression que j'allais devenir complètement fou. Fou de rage, fou de colère, de frustration, de tout ce qui m'habitait depuis mon accident.

«Tu aurais pu te casser la nuque ou pire encore, la colonne. Tu aurais pu ne jamais remarcher.»

«Tu joues à la victime alors que ton accident aurait pu être cent fois pire, tu fous le blâme sur le monde entier, tu repousses tes amis et t'es incapable de voir le bon côté des choses.»

Voir le bon côté des choses. C'était facile à dire quand tous ses morceaux à lui étaient intacts !

Un gémissement m'échappa, coupant le fil de mes pensées, et Itachi resserra sa prise autour de ma taille. Je m'accrochai à lui plus solidement, mon bras passé autour de ses épaules.

-Doucement, me dit-il. Un pas à la fois, ne te presse pas…

Une douleur fulgurante et vive explosa de nouveau dans ma jambe toute entière lorsque mon pied toucha le sol. Je grimaçai, mais avançai tout de même d'un autre pas.

-N'en fais pas trop, me rappela Itachi, alors que nous avancions ensemble en ligne droite le long de la pièce.

Nous étions à l'hôpital. On m'avait enlevé le plâtre, et le docteur m'avait ausculté, afin de constater l'avancement de ma guérison. Ma chute remontait à trois semaines et demi maintenant. La fracture n'avait pas nécessité d'opération et tout ce temps dans le plâtre avait grandement amélioré l'état de ma jambe. Selon le docteur, tout rentrerait dans l'ordre avec le temps, mais je n'étais pas aussi optimiste. Mon genou droit était très amoché, et même si personne n'avait explicitement dit tout haut que jamais plus je ne pourrais remonter sur un trapèze de ma vie, je ne me faisais aucune illusion, aucun espoir.

Et de toute façon, la seule idée d'un trapèze, de cordes et de hauteurs me donnait la nausée — et une incontrôlable envie de pleurer.

-OK, finit par déclarer le médecin.

Pendant que j'essayais de faire quelques pas avec l'aide de mon aîné, elle était restée en retrait dans la chambre pour m'observer. Derrière elle, la tête baissée vers son téléphone portable, se tenait mon père. Un homme grand et costaud, aux cheveux de la même teinte que ceux d'Itachi, la peau légèrement plus foncée que la mienne. Veston, cravate. La classe incarnée.

Mon docteur était une femme dans la cinquantaine. Une grande blonde aux seins énormes, et avec un air ennuyé constamment sur le visage.

Elle fit quelques pas vers moi. Itachi me porta et me reposa sur le lit.

-Tu n'auras plus besoin d'avoir la jambe plâtrée, m'annonça-t-elle. Par contre, tu as encore besoin de béquilles. Mais une seule saura faire l'affaire.

-Quand pourrais-je marcher normalement ? Demandai-je.

-Pas avant encore quelques semaines, j'en ai bien peur. Essaie de ménager tes efforts. Et bien sûr le sport, on oublie pour quelques temps, d'accord ?

J'acquiesçai sans un mot. Elle me fit un petit hochement de tête qui se voulait encourageant, du genre « T'inquiète, gamin, tu survivras, y a pire dans le monde ». Et j'ignorais si c'était supposé me réconforter, mais en ce moment, cette pensée me paraissait bien loin de ma propre définition de « réconfortant ». Elle se retourna ensuite, se dirigeant vers une table placée au fond de la pièce afin de noter quelques trucs à mon dossier.

-Mais il pourra se remettre au sport un jour… ? Tout n'est pas terminé pour lui, n'est-ce pas ?

Je relevai la tête à la question d'Itachi, innocente, discrète et bien placée. Mais ce n'était pas anodin du tout. Je connaissais trop bien mon frère.

Le docteur se retourna et nous adressa un sourire poli.

-Eh bien, c'est difficile à dire dans l'immédiat, expliqua-t-elle. (Elle dirigea son regard vers moi.) Ta jambe a subi un choc sérieux, mon garçon. Sans parler de tes côtes et de ta légère commotion. Mais avec du temps…

Je n'avais pas réalisé que je retenais mon souffle, que j'étais suspendu aux lèvres de cette femme que je ne connaissais qu'à peine. Que tout mon corps était tendu pratiquement jusqu'à en faire mal.

Puis elle finit par acquiescer d'un mouvement de tête.

-...je pense que oui, il y a de bonnes chances que tu puisses à nouveau te remettre au sport.

Je sentis la main de mon frère se poser sur mon épaule en même temps que je sentis mon coeur se remettre à battre. Il se serra douloureusement. Un coup d'oeil vers mon père et je le vis désormais légèrement tourné vers la porte ouverte de la chambre, le téléphone sur l'oreille.

-Est-ce qu'on peut y aller ? marmonnai-je. Itachi…

Itachi me couvrit d'un regard et acquiesça. La blonde s'était déjà détournée, nous laissant la voie libre pour quitter. Le rendez-vous était terminé. Maintenant est-ce que je pouvais retourner chez moi et me terrer sous mes couvertures sagement ? C'était la seule chose que j'avais envie de faire en ce moment.

-Ouais, viens.

J'attrapai une béquille, abandonnant l'autre, et suivis Itachi qui rejoignait notre père. Celui-ci, au téléphone, s'était éloigné de quelques pas dans le couloir. Il mettait fin à son appel au moment où nous nous dirigions vers lui.

-Papa, il faut que je retourne au travail, annonça Itachi.

-Déjà ? dis-je.

-Je n'avais qu'une heure à te consacrer, tu te souviens ?

-Ouais… merci d'être venu.

-Pas de quoi, p'tit frère.

Il m'ébouriffa les cheveux avec tendresse, mais avec suffisamment de force pour me pousser par la même occasion. Je lâchai un grognement qui le fit rire et le repoussai de mon bras libre. Il rit de plus belle.

-OK, j'y vais alors. On se revoit ce soir ? lança-t-il à moi et mon père.

Je haussai les sourcils, surpris.

-Tu dînes à la maison ?

-Ouais, je ne te l'avais pas dit ? s'étonna-t-il.

Il consulta sa montre.

-Merde j'vais être en retard ! Désolé Sas', faut que j'y aille. Papa t'expliquera tout !

Et sur ce, il se mit à courir et disparut au bout du corridor de l'hôpital, nous laissant mon père et moi, face à face.

Itachi ne vivait plus à la maison depuis qu'il était étudiant à l'université. Il avait emménagé avec quatre amis dans un petit appartement non loin de la Fac. Si je ne me trompais pas, il ne lui restait qu'un seul colocataire, les trois autres étaient partis — sans doute parce qu'ils avaient décidé d'emménager avec leur partenaire et puis après tout j'en savais rien.

Cela dit, Itachi venait rarement à la maison. Pas parce qu'il n'en avait pas envie, mais plutôt parce qu'il était très occupé. Et même si je le nierais, j'étais content qu'il nous rende visite ce soir.

Mon père, qui s'appelait Fugaku, rangea son portable dans la poche intérieur de son veston et me regarda.

-Prêt ?

Je haussai les épaules dans un mouvement minimaliste.

-Qu'est-ce que le docteur a dit ?

-T'avais qu'à reporter ton appel et tu aurais entendu, grommelai-je en commençant à marcher, le dépassant pour continuer vers l'ascenseur qui se trouvait au bout du couloir.

Je n'eus pas besoin de tendre l'oreille pour entendre mon père pousser un profond soupir. Je savais qu'il était dépassé par mon comportement, mais oh! surprise, je l'étais aussi par le sien, et ça ne datait pas d'hier. Depuis des années mon père n'approuvait jamais rien de ce que je faisais ou aimais. Il avait toujours trouvé que la gymnastique, c'était stupide et que ça ne me mènerait nulle part dans la vie. Et j'étais tellement loin en-dessous de ses attentes. Je n'étais rien de ce qu'il avait imaginé que je devienne.

Il y avait quelques années déjà que j'avais cessé d'essayer de l'impressionner. Toute ma vie j'avais rêvé de le voir s'intéresser à moi, à son plus jeune fils, de le voir être fier et reconnaître mes talents, mes aspirations. Mais avec le temps, je m'étais fait à l'idée. Il avait lui-même cessé de s'imaginer qu'un jour je serais à la hauteur. Il n'avait que d'espérances pour son fils aîné, celui qui avait du succès sans relâche. Moi, j'étais celui qui échouait. Et ma plus récente défaite était à faire encadrer afin que je me rappelle jour après jour que cette fois c'était vraiment pour de bon. Mon père devait vraiment penser que je n'étais bon à rien. Je m'étais longuement défendu, en disant que la gymnastique c'était ma voie, ma spécialité, que j'étais parfait. Comment pouvais-je le prouver désormais ? C'était fichu…

Tout était fichu depuis cet accident de merde.

Nous nous installâmes dans la voiture. Il me fut moins difficile de m'asseoir maintenant que j'étais libéré de mon plâtre, mais ma jambe me tira tout de même un peu. Mon père se mit derrière le volant et dans un silence éprouvant, il s'engagea sur la route. Il attendit environ une dizaine de minutes avant de prendre la parole.

-Je suis désolé. C'était un appel important.

Je croisai les bras sur mon torse et tournai ma tête vers la fenêtre. Je n'avais aucune envie d'avoir cette conversation…

Pensant que j'étais en train de bouder, mon père soupira. Cinq minutes s'écoulèrent ainsi, le seul son étant le cliquetis répétitif du clignotant.

-Il y a quelque chose dont je voulais te parler.

Ses paroles piquèrent ma curiosité, mais j'évitai de me tourner trop vivement. D'un léger mouvement du menton, je lui montrai que j'étais à l'écoute. Il demeura concentré sur la route cependant.

-Écoute, Sasuke, je sais que ce n'est pas facile en ce moment, mais il faut que tu penses à ton avenir.

Aussitôt ce mot sorti de sa bouche, je me raidis sur mon siège. Si ma jambe n'avait pas été fracturée à peine quelques semaines auparavant, j'aurais très certainement relevé les genoux contre mon torse afin de me couper du monde extérieur, de m'éloigner et de me terrer dans mon monde. Ne pouvant rien faire de ça, je me contentai de me détourner un peu plus contre la fenêtre, lui tournant le dos autant que ma ceinture de sécurité me le permettait.

-L'École de cirque, ça ne marchera pas, alors il faut penser à une autre université. La fin des inscriptions approche. Je veux que tu sois inscrit le plus tôt possible. N'attends pas qu'il n'y ait plus de places.

Je tournai brusquement la tête.

-Comment as-tu su pour l'École de cirque ?

Mon père ne me regarda pas, gardant les yeux rivés droit devant.

-Papa, lâchai-je froidement. Je n'en ai jamais parlé, je me suis inscrit sans le dire à personne.

Sa mâchoire se crispa.

-J'ai vu la lettre, avoua-t-il.

-Tu as fouillé dans mes affaires ! tonnai-je en écarquillant les yeux.

Mon père ne me prit pas avec le dos de la cuiller.

-Change immédiatement de ton avec moi, jeune homme ! riposta-t-il. Je n'ai pas fouillé. Ta mère a pris l'initiative de ranger un peu ta chambre, vu ton état. Tu devrais d'ailleurs la remercier ! Elle a récupéré la lettre et me l'a montré.

-Ça revient au même. Ça me regarde, vous n'aviez pas le droit !

-Bon, d'abord tu vas te calmer ! Ensuite, tout ce qui te regarde me concerne et ta mère aussi, tu es mineur et tu vis sous notre toit.

Je poussai un profond soupir. Notre maison se dessina alors au bout de la rue.

-Tu as passé l'âge de te mettre à bouder comme ça, continua-t-il plus doucement. Je suis ton père et je ne veux que ce qui est le mieux pour toi.

Quelques secondes plus tard, il alignait la voiture dans l'allée du garage. Une fois le moteur éteint, nous restâmes assis sans rien dire. Je pouvais sentir son regard dirigé vers moi, mais je continuais de fixer obstinément la façade de notre maison.

-Je veux que tu te sois inscrit dans une bonne université d'ici la semaine prochaine, déclara-t-il après un instant.

-Comme si une semaine était suffisant pour décider de ce que j'ai envie de faire pour le restant de mes jours, murmurai-je.

-Il y a tout un tas de programmes qui ouvrent les portes de différents métiers passionnants. Tu découvriras en cours de route ce qui te plaît.

-Non, clamai-je.

Je me redressai, débouclai ma ceinture, puis posai mes yeux sur lui.

-Tu n'as simplement jamais reconnu ma passion comme un véritable métier. En réalité, tu dois être bien soulagé que ma jambe soit foutue, parce que ça m'oblige à arrêter la gymnastique. Désolé d'être si décevant ! Désolé de ne pas être le fils intellectuel et parfait qui ira aussi loin que son aîné ! Je n'irai pas à l'université. Je n'irai pas ! Tu m'entends?

Sur ces mots remplis de venin, je sortis de la voiture, mettant tout mon poids sur ma bonne jambe. Je claquai la portière si fort que je fus chanceux de ne pas avoir craquer la vitre et sans même récupérer ma seule béquille, je boitai jusqu'à la porte de la maison, manquant de renverser ma mère qui était sur le point de m'accueillir.


Fugaku ferma les yeux et soupira profondément une fois la tempête passée. Il entendit plutôt que de voir son fils faire claquer la portière de la voiture.

Ce n'était jamais facile avec son cadet. Depuis son adolescence, il ne savait plus comment s'y prendre. Et il était inutile de dire que c'était encore pire depuis son accident.

L'homme détacha sa ceinture à son tour, après quelques longues secondes d'un silence reposant. Il récupéra sa clé et sortit, contournant son véhicule afin de rejoindre sa femme qui l'attendait sur le seuil de la porte. Mikoto lui souriait doucement, avec encouragement, et il vint l'embrasser sur la joue.

-Ça ne s'est pas bien passé à l'hôpital ? demanda-t-elle.

-Je ne sais pas, j'ai reçu un appel du bureau… Itachi a dû partir de son côté et Sasuke n'a rien voulu me dire. Visiblement, on lui a enlevé son plâtre, ce qui est un avancement.

Mikoto acquiesça puis les fit entrer. Fugaku déposa son veston sur le divan et s'écroula dans son fauteuil. Il se pinça l'arête du nez puis fit remonter sa main dans ses cheveux. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit Mikoto appuyée sur le dossier du divan, et elle le regardait tendrement, attendant la suite, parce qu'elle savait très bien qu'il y avait une suite. Après tout, Sasuke était monté comme une furie.

-Je ne sais plus comment m'y prendre avec cet enfant, marmonna-t-il. J'ai l'impression de ne plus savoir comment être son père.

-C'est l'âge, le rassura Mikoto. Il passe par tout plein d'émotions, les choses changent très vite dans cette période de nos vies et il essaie de s'adapter, et sans parler de son accident… Ça l'a énormément bouleversé.

-Itachi n'était pas si difficile à gérer lorsqu'il était adolescent.

-Sasuke n'est pas Itachi.

Puis, en s'approchant lentement et en venant poser une main sur celles plus grandes de son mari, elle ajouta :

-Essaie de lui donner du temps, de l'espace.

Fugaku écouta les sages paroles de Mikoto puis releva la tête, jetant un regard vers l'escalier.

-En attendant, viendrais-tu m'aider à préparer le souper ? fit-elle en dessinant de petits cercles d'un doigt sur l'une de ses mains. Itachi dit qu'il a une grande surprise pour nous.

Fugaku esquissa un faible sourire. Il était d'un côté heureux et impatient d'être à ce soir pour un souper agréable avec sa famille, mais il était de l'autre très préoccupé par son fils cadet. Mikoto glissa ses doigts dans les siens et l'invita à se lever, ce qu'il fit. Une fois debout près d'elle, elle lui fit un grand sourire et il lui répondit en venant déposer ses lèvres sur les siennes.


-Tu ne peux décidément pas être sérieux ! criai-je à la télévision devant moi.

À l'imbécile de guerrier qui était absolument incapable de rendre les coups qu'il prenait. Non mais depuis quand j'étais devenu complètement nulle à ce jeu, moi ?

J'étais encore en train de pester contre mon personnage lorsque j'entendis quelques coups contre ma porte.

-Naruto ?

C'était la voix de ma mère.

-J'suis occupé, m'man !

-Ouais c'est ça, n'essaie pas de me la faire celle-là, j'entends ton jeu débile depuis le salon !

Ouais, OK. Ma mère était plus difficile que mon père à berner.

Je déposai la manette par terre et me levai afin d'éteindre mon jeu débile — ma mère n'avait pas eu tort sur ce coup-là.

J'ouvris la porte de ma chambre et vis ma mère qui se tenait là. Ma mère, une grande rouquine aux cheveux longs, très, très long. Elle avait mes yeux bleus et un visage enfantin, comme si elle avait cessé de vieillir à l'âge de seize ans. J'adorais ma mère. Même si elle et moi avions le même caractère, et que parfois notre relation créait des flammèches et même de l'électricité, je l'aimais plus tout.

-Naruto, il est seize heures, le soleil brille encore de mille feux, qu'est-ce que tu fous à l'intérieur ?

Je soupirai, m'appuyant sur le cadre de la porte.

-Qu'est-ce qu'il y a maman ? T'es pas venue juste pour me dire d'aller dehors ?

-Non, mon chéri, dit-elle. Mais tu me fais de la peine, à rester constamment dans ta chambre. Pourquoi tu sors pas un peu avec tes amis ?

-J'en ai pas envie…

-Enfin ! Je suis venue te dire que ce soir, on sort !

-On ?

-Ton père, toi, moi et Yahiko. Il nous emmène souper chez son petit ami. Il veut qu'on le rencontre officiellement avec sa famille.

Je ne pus m'empêcher d'agrandir quelque peu les yeux. Yahiko, c'était mon cousin. Il était plus vieux que moi de quelques années, mais ça ne nous empêchait pas de bien nous entendre. Étant orphelin, Yahiko avait pratiquement été élevé par mes parents, ce qui faisait que nous étions presque comme des frères.

Nous étions au courant qu'il avait un petit ami depuis quelques mois déjà, mais faute de circonstances, nous n'avions jamais pu le rencontrer.

-À quelle heure ? demandai-je en consultant ma montre.

-Hm, je crois qu'il a dit quelque chose comme dix-neuf heures, tu seras prêt ?

-Ouais, sans faute.

Ma mère m'attrapa le visage et me plaqua un baiser sonore sur le front. Elle rigola de mon petit geste de dédain même si je n'étais pas réellement dégoûté. Je souris aussi et elle s'éclipsa ensuite, me laissant le temps de me préparer. Dix-neuf heures, c'était encore dans trois heures. J'avais amplement le temps de prendre une douche et m'habiller, alors en attendant, je me jetai sur mon lit et entrepris de feuilleter un peu mes bouquins.

Et parmi ceux-ci, je trouvai ma demande d'admission à l'université. Je ne l'avais pas encore posté. Je ne savais pas exactement pour quelle raison je retardais le moment. J'avais des notes excellentes dans chacun de mes cours, j'étais certain de recevoir une réponse positive, d'être accepté n'importe où, mais j'hésitais encore.

La raison ? Elle était toute simple. Le programme qui m'intéressait se donnait à une université à plus de 500 kilomètres d'ici, et je ne savais pas si j'étais prêt à partir comme ça si longtemps. Je ne savais pas si c'était vraiment ce que je voulais, si ça en valait la peine, si…

Je fus interrompu dans le fil de mes pensées lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit brusquement, allant s'éclater sur le mur. Je redressai la tête pour voir qu'il s'agissait d'un grand rouquin aux allures d'adolescent, même s'il devait bien avoir environ 24 ans maintenant.

Yahiko était assez grand, environ comme moi, et avait le corps bâti d'un étudiant en kinésiologie. Il souhaitait devenir entraîneur et avoir sa propre salle d'entraînement. J'étais sûr qu'il réaliserait son rêve. Il n'y avait qu'à le regarder pour savoir que tout était possible. Cet idiot était petit et frêle au collège et au lycée. C'était fou ce que quelques années pouvaient changer avec du travail et de l'acharnement.

-Yo Naruto !

-Hey, dis-je en souriant.

Je me levai et mon cousin m'attrapa par les épaules pour me plaquer contre lui.

-C'est bon de te voir mon vieux, lança-t-il.

-Ouais.

Nous nous écartâmes ensuite, tout deux souriant largement. Yahiko était vraiment mon grand frère, et j'étais content de le voir. Je n'avais pas vraiment de plans pour ma soirée. J'avais pensé rester sagement chez moi à réfléchir à ma demande d'admission, à mon avenir, à réfléchir à tout ça et peut-être bouffer un peu devant la télé par la suite. Mais passer la soirée avec Yahiko était aussi une bonne idée. Ça me changerait les idées. Et j'en avais bien besoin. La fin des cours approchait à très grands pas et j'étais pas certain d'être prêt à faire face à cette nouvelle vie qui allait commencer pour moi après. L'année prochaine m'effrayait terriblement.

-Alors comme ça on va enfin le rencontrer ce mec mystérieux ?

-Ouais, fit Yahiko. Il a hâte de vous rencontrer lui aussi. Il dit que toute sa famille sera présente.

-Il s'appelle comment, au fait ?

Yahike me répondit avec un grand sourire.

Et moi je perdis le mien, mon visage virant presque aussitôt au vert.

-Itachi. Itachi Uchiwa.


À Suivre...