Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Chapitre 5 : Face à face
Espérer qu'Itachi Uchiwa ne soit pas le frère de Sasuke, c'était se fatiguer pour rien. Il était improbable qu'il y ait une autre famille d'Uchiwa dans cette si petite ville. Après le choc initial, je m'étais calmé en me disant que ce n'était pas moi qui sortais avec lui et puis que le grand frère était sûrement complètement différent de cette peste de Sasuke. Il était difficile d'être aussi insupportable, et s'il l'était, et bien je plaignais sincèrement leurs pauvres parents.
Ce que je n'avais strictement aucune difficulté à croire, c'était que le nouveau petit ami de mon cousin était, selon ses dires, incroyablement beau. La beauté physique était semble-t-il un gène courant dans cette famille, et je le découvris, effectivement, lorsque mes parents, Yahiko et moi entrèrent dans leur humble demeure ce soir-là.
Que dire sur la famille de Sasuke? Tout d'abord, sa mère. La femme qui vint nous ouvrir, tout sourire sur son visage de porcelaine, était d'une beauté époustouflante. Elle était habillée chic, un blouson noir qui seyait son corps souple à merveille, ainsi qu'une jupe moulante de la même couleur qui lui arrivait aux genoux. Ses longs cheveux remontés en une coiffure sophistiquée étaient de la teinte exacte de ceux de Sasuke, et en la regardant bien, je pouvais constater d'où l'enfoiré tenait sa fine ossature et ses traits délicats — et même sa beauté. Sa mère était son portrait tout craché. À l'exception du sourire chaleureux qui fendait son visage en deux, chose que je n'avais que rarement — ou en fait, jamais — vu sur celui de Sasuke.
-Bonsoir ! Entrez, entrez ! s'exclama-t-elle joyeusement.
Mes parents entrèrent d'abord, et les présentations se firent là, dans le vestibule. Je n'avais vu sa maison que de loin, le jour où je l'avais conduit chez lui. Mais elle était aussi spacieuse à l'intérieur qu'à l'extérieur, décorée avec goût et d'une sobriété impeccable. Je me plantai contre le mur, histoire de ne marcher sur les pieds de personne, et jetai un coup d'œil vers l'escalier que je pouvais apercevoir d'ici.
Puis, deux hommes apparurent dans le hall. Le premier était le père. Il était grand, faisant approximativement la taille que mon propre père — qui lui était de quelques pouces plus grand que moi — et avait les cheveux bruns coupés au niveau de la mâchoire. Celle-ci était carré, et ses traits étaient plus durs, plus anguleux. Il avait les épaules larges, et un style vestimentaire proche de celui de sa femme : un élégant veston gris qui ne faisait ni trop banal ni trop chic, parfait pour un souper de famille (en était-ce vraiment un? C'était la question que je me posais).
Derrière lui se tenait le fameux Itachi. Celui dont nous avait parlé Yahiko sans cesse dans la voiture pendant le trajet jusqu'ici. Il s'avança afin de mieux nous voir, et afin qu'on le voit également mieux.
Mon cousin fit un pas lui aussi, allant passer un bras autour de ses épaules. Un sourire à la fois heureux et timide se dessina sur son visage et tous deux s'embrassèrent chastement avant de continuer les présentations.
Itachi était effectivement très beau. Aussi grand que Yahiko, il avait la peau pâle, quoique plus foncée que sa mère (quelque part entre le teint de ses deux parents, un mixte parfait), de longs cheveux bruns foncés attachés en une queue basse, et des yeux aussi noirs que le reste de sa famille. Il avait des traits fins, mais une mâchoire carrée et ferme, un corps svelte, mais tout de même visiblement musclé et tenu en forme.
Sasuke n'était nulle part en vue, et aussitôt cette constatation me passa-t-elle par l'esprit, aussitôt je pensai à autre chose.
-Bonsoir, fit Itachi. Merci d'être venu !
-Alors voilà, s'enquit Yahiko joyeusement. Là c'est Kushina, la sœur de ma mère. Mais je la considère comme ma propre mère, et c'est pareil pour Minato.
Itachi s'avança afin de faire la bise à ma mère, ainsi que serrer la main de mon père. Et en les regardant, j'eus la furtive pensée que ma famille détonnait beaucoup sur celle d'Itachi. Ils étaient tous en couleurs sombres. Cheveux, vêtements. Sobres, classes, raffinés. Pas que ma famille ne le fût pas, mais mes parents étaient plutôt des gens colorés qui ne vivaient pas aussi luxueusement. Ma mère, avec ses longs cheveux roux, sa robe rouge, sa simplicité. Mon père, avec sa tignasse blonde, le même blond criard que mes propres cheveux, son jean décontracté et son pull de laine. J'avais l'impression que la lumière vive et éclatante du soleil était entrée dans un monde nocturne. C'était assez déstabilisant, mais ils avaient tout de même l'air d'être sympa et accueillants.
Et puis, ce n'était pas comme si c'était ma belle-famille, après tout.
-Et voici mon cousin, Naruto, termina Yahiko en me désignant finalement, et les yeux sombres d'Itachi se posèrent sur moi. Mais, il est tout comme mon frère. Tu peux le traiter comme tel si tu veux, un de plus ou de moins…
-Enchanté, Naruto, dit Itachi en me souriant chaleureusement.
-De même, rétorquai-je en souriant à mon tour.
Après que nos parents se soient serrés la main, la mère d'Itachi, qui s'appelait Mikoto, de ce que j'avais pu en retenir, nous invita alors à passer au salon, le temps d'un apéritif et de quelques hors-d'œuvre. Je suivis tout le monde vers le salon, passant devant l'escalier. Et une fois devant celui-ci, je m'arrêtai.
En haut des marches, vêtu, aussi élégamment que le reste de sa famille, d'un chandail à manches longues de couleur noir et d'un jean de la même couleur, se tenait Sasuke. Une main sur la rampe, la jambe libérée de son plâtre, le teint pâle et le regard fatigué, il s'était figé en même temps que moi. Ses yeux étaient rivés sur moi et il était impossible de nier son choc. Même que ça m'amusa un peu…
Était-il seulement au courant de ce qui allait se passer ce soir ? Après tout, comment aurait-il pu savoir que le petit ami de son frère était mon cousin ? Quoiqu'il en soit, Sasuke Uchiwa venait d'apprendre à l'instant que j'allais passer le reste de ma soirée sous son toit. J'en avais moi-même été offusqué, et un peu frustré je l'avoue, au départ, mais maintenant, je m'en délectais. Le faire chier était devenu une activité que j'appréciais beaucoup.
-Sasuke, te voilà enfin ! lança Itachi au passage.
-Descends vite mon ange, s'écria sa mère, on va bientôt passer à table.
Je souris tandis que Sasuke fronçait les sourcils, revenant éventuellement de son choc et entreprenant la tâche difficile de descendre l'escalier. J'ignorais comment se portait sa jambe, mais il devait bien y avoir eu une amélioration si on lui avait enlevé son plâtre non ? Cela dit, il semblait s'accrocher à la rampe avec plus de force que nécessaire et il descendait une marche à la fois. J'étais d'avis qu'il était encore en processus de guérison et que sa totale rémission ne serait pas de sitôt. J'ignorai le petit serrement dans ma poitrine.
Il passa devant moi et je ne pus m'empêcher de me pencher légèrement et de chuchoter avec moquerie :
-Hey, mon ange.
Je ris tout bas quand il enfonça son poing sur mon torse pour me repousser et continuer son chemin. Habituellement, c'était lui qui s'amusait à se moquer de moi et à me faire vivre un enfer. Même si depuis quelques années, grâce à ma carrure et aux changements physiques qui s'étaient opérés en moi depuis ma puberté, je n'étais plus la cible des brutes du lycée, Sasuke ne s'était jamais gêné pour m'emmerder.
C'était à mon tour de ne pas me gêner.
-Lui c'est Sasuke, mon p'tit frère, déclara Itachi et Yahiko sourit au plus jeune, ce à quoi Sasuke ne répondit pas, continuant son chemin en cachant avec classe son clopinement.
Yahiko parut déstabilisé, me lançant un regard, puisque j'étais dans son champ de vision. Je ne fis que hausser les épaules, tandis qu'Itachi le rassurait à voix basse :
-Il ne va pas très bien ces derniers temps. Je suggère qu'on le laisse tranquille. (Et cette suggestion m'était aussi dirigée.) Tu ne voudrais pas qu'il s'énerve, crois-moi.
Itachi se détourna ensuite et se dirigea au salon, où nos parents se trouvaient déjà. Il ne restait plus que mon cousin et moi dans le couloir devant l'escalier. Yahiko avait acquiescé à l'explication de son petit ami, mais me regardait désormais comme si j'étais en mesure de lui en dire plus. Ses sourcils se haussèrent.
-On dirait que tu n'es pas surpris.
-Surpris de quoi ? m'étonnai-je.
-De… de ce gamin, de son manque flagrant de courtoisie.
Je poussai un petit rire sans joie. Mon cousin avait vu juste et le terme était le bon : « manque flagrant de courtoisie ». Je visualisais déjà ces mots sous sa photo dans l'album de finissants…
-On… va à la même école, expliquai-je.
-Hmmm, fit Yahiko en ne me laissant pas passer lorsque je m'avançai de quelques pas. J'ai l'impression que tu me dis pas tout là.
-Yahiko, y'a rien de plus à dire. Sas'ke est un emmerdeur, un crétin, mais va pas le répéter ! J'ai pas envie qu'on se les casse ce soir, ok ? Je veux pas gâcher ta soirée.
-Comme tu veux !
Mais j'avais comme l'impression qu'il n'en resterait pas là.
Et je n'eus pas tort.
Environ trente minutes après que nous nous fûmes tous mis à table, après que les premières conversations au sujet du nouveau couple furent épuisées, Yahiko lança :
-Alors les gars ?
Et il dirigeait sa question vers Sasuke et moi – Sasuke qui d'ailleurs était assis tout juste en face de moi.
-Vous allez à la même école non ?
Mes parents et ceux de Sasuke furent étonnés de cette annonce. Yahiko avait posé la question innocemment en prenant une bouchée et en me jetant un regard. L'expression d'Itachi était impassible. Celle de Sasuke, glaciale. Il s'était arrêté dans son mouvement, et son regard croisa le mien, que je détournai.
-Après tout, cette ville est si petite, fit ma mère.
-Si je me souviens bien, renchérit alors mon père en brandissant sa fourchette afin de nous désigner tous les deux, vous alliez également à la même garderie tous les deux, les garçons.
Ma mère se retourna vers lui avec une expression pensive, tandis que les souvenirs remontaient en moi comme un flot soudain. Comment oublier ? J'étais un petit garçon comme les autres, qui voulait avoir des amis, et Sasuke, c'était celui que j'avais choisi du haut de mes 3 ans. Je n'avais que de très vagues souvenirs, mais je me rappelais de la façon à laquelle il n'avait eu de cesse de me rejeter quand j'allais lui demander s'il voulait jouer avec moi.
Lorsque je relevai les yeux, je vis Fugaku – le père de Sasuke – hocher lentement la tête.
-En effet, dit-il simplement.
-Tu t'en souviens ? rétorqua sa femme.
-Comment oublier cette mignonne petite famille. Ils sortaient tous les trois du lot, avec ces deux têtes blondes et cette longue crinière rouge. Sasuke les adorait.
Je pus presque sentir l'électricité dans l'air quand Sasuke entendit cette phrase. Face à moi, il se crispa.
De l'autre côté de la table, Itachi me demanda, avec un grand sourire :
-C'était donc toi ? Le p'tit blond dont Sasuke ne cessait de parler en rentrant de la garderie ? Mec, il pleurait toute la soirée parce qu'il avait hâte de te revoir !
-Je n'en ai pas gardé le même souvenir, articulai-je.
-Il m'a moi aussi rabattu les oreilles à son sujet, dit Yahiko. Il se plaignait que Sasuke était méchant et qu'il ne voulait pas être son ami.
J'entendis plusieurs rires autour de la table. Nos parents devaient bien se marrer maintenant, se rappelant avec nostalgie du temps où leurs gosses allaient encore à la garderie. À nouveau, je croisai le regard sombre de Sasuke. Contrairement à ce que j'avais pensé, il n'était pas en train de bouillonner sur place.
Un petit sourire s'étala sur mon visage, alors que je me demandai combien il faudrait de temps pour le faire sortir de ses gonds.
-Ça n'a pas changé, hein, Sasuke est toujours aussi peu sympathique, lançai-je.
-Personne ne t'oblige à être ami avec moi, grommela le concerné.
Son ton était sec et sa voix était froide. Les rires s'estompèrent lentement, et ce fut Mikoto qui, après un bref silence malaisant, reprit la parole, s'adressant à son plus jeune fils :
-J'aurais cru que vous seriez de bons amis.
-Tu t'es trompée, répondit Sasuke. De toute façon, aller à la même école est la seule chose que nous ayons en commun.
-Ah non ! dit Yahiko avec humour. Vos frères sortent ensemble !
Le regard que lui envoya Sasuke aurait pu le transformer en sculpture de glace. Mon cousin parut immunisé et poursuivit sur un ton joyeux :
-Et sinon, comment ça va au lycée ? Les cours, les amours peut-être ?
Je soupirai. Pourquoi est-ce que le sujet de conversation s'orientait désormais vers nous ? Je sentis les regards intéressés des parents posés sur nous. Et je me sentis soudain très mal. Je connaissais ce genre d'interrogatoire. C'était mon cousin qui l'avait lancé, mais nos vieux n'allaient pas tarder à insister. Comment allaient les études. Avions-nous une petite amie. Quels étaient nos projets pour l'an prochain. Et un bref regard, furtif et discret, vers Sasuke, m'apprit qu'il avait baissé la tête et remuait faiblement sa fourchette dans son repas. L'appétit semblait l'avoir quitté.
Ce n'était pas le genre de questions qu'il avait sûrement très envie qu'on lui pose en ce moment dans sa vie. Et j'étais sidéré que personne d'autre que moi dans cette pièce ne l'ait compris.
-Ça va, finis-je par dire. Comme d'habitude.
-Naruto excelle dans toutes les matières, déclara fièrement mon père. Je suis sûr qu'il sera accepté dans toutes les universités.
-Et dans quoi iras-tu étudier ? me demanda Fugaku, très intéressé.
J'avais été trop concentré sur l'idée que Sasuke n'apprécierait pas qu'on aborde ce sujet, que j'avais complètement loupé le fait que moi aussi, j'aurais voulu éviter ces questions. En réalité, je ne savais pas. J'ignorais complètement ce que je ferais l'an prochain. Oui, mes résultats scolaires m'ouvraient toutes les portes, mais j'étais indécis. Très indécis. Et terrorisé.
-J'y pense encore, il y a tant de domaines différents qui m'attirent…répondis-je vaguement.
Je fus interrompu par une voix grave et calme :
-Tu adores les sciences, non ?
Mes yeux bleus se posèrent sur Sasuke, face à moi. Assis bien droit sur sa chaise, il me regardait fixement, l'émotion sur son visage indéchiffrable, ses doigts fins tenant sa fourchette en équilibre sur le bord de son couvert.
-Oui, mais…
-Toi et ta copine pourriez aller étudier ensemble.
Il l'avait fait exprès.
Il l'avait absolument fait exprès.
Son ton était trop insouciant pour que ce ne soit pas une ruse. Aussitôt ses paroles prononcées, je vis du coin de l'œil les têtes de mes parents se tourner brusquement vers moi, ainsi que celle de mon cousin.
-Tu as une petite amie ? fit ma mère.
-Pourquoi ne pas nous l'avoir dit ? ajouta mon père.
-Tu nous fais marcher, Sasuke ! s'écria Yahiko. Naruto me l'aurait dit, il me dit tout.
Toujours aussi calme et inébranlable, sûr de ses moyens, Sasuke continua, sur un ton léger, mais qui cachait bien des choses :
-Oh je pense que tu as raison… En fait, ce n'est pas sa vraie petite amie, il ne fait que le prétendre.
Je vais le tuer.
Je vais le tuer.
Je sentis ma mâchoire se serrer, mes poings se fermer lentement sur la table. Je ne le quittais plus du regard. Le sale type.
De nouveau, ma mère me regarda. Je pouvais presque sentir ses yeux me transpercer l'âme.
-Prétendre ? répéta-t-elle. J'espère que tu ne t'amuses pas avec les sentiments des filles ?!
-Qu'est-ce que ça veut dire, Sasuke ? questionna Fugaku en se penchant contre la table pour observer son fils.
Sasuke ne prit pas la peine de regarder son père lorsqu'il répondit :
-Il fait semblant de sortir avec elle pour que j'arrête de l'embêter…
Je me sentis soudain très petit dans mes fringues. Les regards, non seulement de mes parents, mais aussi de ceux de Sasuke se posèrent sur moi. Celui-là… il ne paie rien pour attendre !
Fugaku me dévisagea, l'air sérieux et troublé, avant de retourner interroger son fils.
-Tu embêtes les autres élèves maintenant, jeune homme ?
-C'est son activité préférée, grognai-je sans pouvoir m'en empêcher.
-Au moins, moi je ne fais pas semblant avec les filles, gros ringard ! me cracha-t-il à la figure.
-Ah ? Donc c'était bien vrai cette histoire à la piscine l'été dernier ?
Wow ! Je ne m'étais pas attendu à sortir un truc du genre, mais c'était parti tout seul, et finalement, c'était une arme assez utile dans l'instant. Cette vieille histoire, qui s'était passé l'été dernier avant la fin des examens. Nous avions eu une sortie à la piscine, et à notre retour à l'école, tout le monde racontait que Sasuke Uchiwa s'était fait sucer par Karin, sa nouvelle copine. Ça n'avait été que des rumeurs, personne n'avait jamais pu dire si c'était vrai.
-Quelle histoire à la piscine ? demanda Itachi.
-Tu veux pas savoir, siffla brusquement Sasuke en croisant les bras sur son torse.
-Là, tu me donnes encore plus envie de savoir.
Tout dans les yeux de Sasuke me défiait de dire quoique ce soit. Je pouvais lire dans son regard que si j'ouvrais ma bouche, il allait me le faire payer.
Alors j'ouvris ma bouche.
-Sasuke a eu sa toute première pipe.
Ce fut instantané. Yahiko, Minato et Itachi faillirent s'étrangler. Fugaku vira au vert, puis au rouge, sa fourchette à mi-chemin entre son assiette et sa bouche. Mikoto se figea et toute lumière sembla s'éteindre sans son regard, et ma mère sursauta.
Eh bien on y était au moins : Sasuke était maintenant en train de bouillir. Approximativement cinq minutes.
Tout le monde était visiblement sous le choc. D'un bref coup d'œil, je me rendis compte qu'Itachi et mon cousin étaient très amusés. Même qu'Itachi, d'une main contre sa bouche, se retenait d'éclater de rire. L'envie de l'imiter me prit à mon tour et mes lèvres se courbèrent légèrement.
-Okaaaaaay, cette conversation a pris une drôle de tournure… commenta Yahiko.
Et sa phrase provoqua le fou rire à Itachi. Ne pouvant m'en empêcher, je fis pareil. Croyant que cela allégerait l'atmosphère, je tournai la tête vers Sasuke, mais ce dernier se redressait d'un bond, manquant de renverser sa chaise.
-Quelle maison de fous, rechigna-t-il en tournant les talons, aussi vite que sa jambe le lui permettait.
-C'est impoli de quitter la table comme ça ! lança son père.
Mais Sasuke avait disparu. La porte d'entrée claqua, mettant fin aux rires qui secouaient encore Itachi et son copain.
Nos parents ne semblaient pas être en état de rire. Ma mère paraissait encore surprise de ce qu'elle avait entendu, ainsi que Mikoto. Mon père tirait une tête bizarre, comme s'il était en train de réaliser que son fils atteignait l'âge auquel il se passe des trucs… peu enfantins. Fugaku avait les sourcils froncés, comme s'il réfléchissait à la manière dont il aurait pu gérer la situation. Mais il n'avait rien géré du tout.
-Bon, on mange le dessert ? demanda Yahiko.
-Ce serait une bonne idée, approuva Minato. Je crois que j'ai besoin de me geler le cerveau et tout ce que je viens d'entendre avec de la crème glacée. Vous avez de la crème glacée ?
Itachi recula avec sa chaise et se leva.
-Je vais aller le voir.
Et sans savoir d'où me vint cette pulsion, je le devançai.
-Non, laisse, j'y vais, dis-je.
La seconde suivante, j'étais dans le hall et j'ouvrais la porte de l'entrée, que Sasuke avait claquée quelques instants auparavant.
Sasuke n'était pas allé très loin. Il était assis, les bras croisés, sur le banc qui se trouvait sur le porche. Lorsqu'il me vit, il se leva et s'éloigna sur l'immense terrain de pelouse.
-Sas'ke, attends ! soupirai-je.
-J'ai aucune envie de te parler, fiche-moi la paix.
Malgré toute sa puissante volonté de me faire la gueule et de me fuir, il avait tout de même une jambe toujours salement amochée et moi pas, ce qui me permit de pouvoir le rattraper très vite. Je lui empoignai le bras et le forçai à se retourner, mais à mon contact, il me repoussa brusquement. Je parvins à le tourner vers moi. Après tout, j'étais plus fort que lui.
-C'est quoi ton problème au juste ?
-Mon problème ? répéta-t-il, surpris que je pose la question. C'est toi !
-Je ne me souviens pas avoir dit ou fait quelque chose pour que tu me déteste autant, Sasuke !
-Et juste là, ce que tu viens de dire ? T'as failli causer à mes parents une attaque !
-Alors c'était vrai ? dis-je avec un petit rictus.
-Mais qu'est-ce que t'en as à foutre que ce soit vrai ou pas ? s'emporta-t-il.
-Je te signale que c'est toi qui a commencé, avec le sujet d'Hinata ! T'es le premier à avoir voulu me mettre dans la merde devant mes parents.
Sasuke s'apprêta à répliquer, mais se résigna, faute de savoir quoi dire. Il venait sûrement de réaliser que j'avais raison. Il était sur la défensive, et je n'arrivais pas à savoir pourquoi. Emporté à mon tour dans l'émotion du moment, je ne m'arrêtai pas là.
-Ça dure depuis plus longtemps que ça. Tu me détestes depuis des années. Et tu me fais la vie dure. On dirait que tu ne vis que pour m'emmerder, jour après jour. Qu'est-ce que je t'ai fait, Sasuke ? Dis-le-moi !
Croisant les bras de nouveau, il grimaça et m'envoya un regard noir.
-Mais rien, fous-moi la paix une fois pour toutes !
-Non ! Je veux savoir ! Notre dernière année de lycée s'achève, et on ne se reverra sans doute plus après. Dis-moi pourquoi tu me hais autant.
-Et qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu l'as dit, on ne se reverra plus !
-Parce que j'ai pas envie de finir sur une mauvaise note !
-Tu ne finis pas sur une mauvaise note, cracha-t-il froidement en me reluquant de la tête aux pieds. Tout est parfait dans ta vie. Tu réussis, tu as tout ce que tu peux désirer. Les notes parfaites, l'avenir parfait. Tout le monde te traite comme le dernier des losers mais en réalité et en secret tout le monde t'admire.
-C'est pas vrai, lâchai-je sans réfléchir.
-Si, c'est vrai. T'as pas idée du nombre de fois depuis le début de l'année que les gars parlent de te faire entrer dans l'équipe.
-Je suis le rejet du bahut. Personne ne m'adresse la parole.
-Tu te trompes, ajouta-t-il sur un ton irrité. T'es un intouchable. T'es au-dessus des autres. Tout le monde continue à t'embêter comme on le faisait tous au collège quand tu étais vraiment un petit intello ringard, mais aujourd'hui c'est plus du tout ça. Tu ne comprends pas l'effet que tu fais, et t'emmerder est la seule façon dont a tout le monde pour t'atteindre.
Je secouai la tête lentement.
-T'es complètement fou..
-Alors viens pas me faire chier avec tes états d'âme. Monsieur ne veut pas finir sur une mauvaise note, quand il a tout ce qu'il pourrait vouloir.
Sur ces magnifiques paroles, Sasuke, qui frissonnait dans l'air frais de la soirée, me contourna afin de retourner à l'intérieur, mais de nouveau, je l'interceptai.
-Sasuke, je sais que ça ne doit pas être facile depuis ton accident…
Il planta sur moi un regard glacial.
-Non tu ne sais rien. Tu ne sais absolument rien alors ferme-la, OK ? Laisse-moi tranquille !
Ma main, qui était enroulée autour de son bras, tomba dans le vide aussitôt. Sasuke se libéra et après cette phrase pour le moins directe, il disparut dans sa maison. Me laissant là, sur la pelouse devant sa demeure, à essayer de comprendre ce qui venait tout juste de se passer.
À Suivre...
