Auteure: Tch0upi

Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.

Pairing: NaruSasu

Rating: T (pour possibles futurs lemons)


Chapitre 6 : Amis ?

Sasuke

J'étais assis à la bibliothèque, le nez plongé dans mes livres de maths, quand Naruto Uzumaki arriva soudainement, tirant la chaise face à moi et s'y installant sans même demander si ça m'embêterait. J'avais reconnu sa tête blonde et son pas lourd, mais je ravalai ma salive dès que je posai les yeux sur son accoutrement.

Mesdames et messieurs : un glorieux tee-shirt bleu qui ne laissait aucune place à l'imagination, de son torse et de ses bras – et qui faisait ressortir ses yeux d'une façon qui nous coupait le souffle. Il commençait à faire chaud dehors, c'était aussi pour ça qu'il n'avait pas enfilé de veste…

D'aussi près, je réalisai à quel point il était sculpté. Et esthétiquement parfait. Même avec ces foutus lunettes d'intello. Bordel, ce type ne possédait aucun sens de la mode… et arrivait à être si époustouflant.

- Qu'est-ce que tu veux ? dis-je en ravalant ma salive et en me forçant à reprendre mes esprits – sérieusement, à quoi étais-je en train de penser, moi ?

Ma voix était froide et directe. Naruto avait l'air déterminé, son sac sur le dos, les bras appuyés sur la table. Il me fixait.

- Toi et moi, faut qu'on parle.

- J'ai rien à te dire, dis-je simplement.

- Moi, si.

Je ne dis rien. Je savais qu'il n'allait pas décoller de sitôt, alors aussi bien continuer à étudier sagement. Mais quand je baissai la tête vers mon cahier, Naruto laissa tomber une paume lourdement sur la table, me forçant à le regarder.

- C'est à propos de ce qui s'est passé chez toi l'autre soir. Tout ce que tu m'as dit.

De quoi d'autre Naruto Uzumaki pourrait vouloir me parler un beau lundi matin ? Je gardai une expression neutre et impassible, en croisant mes bras sur la table. Un soupir d'exaspération m'échappa tandis que je plongeai mon regard dans celui bleu azur face à moi.

- J'ai dit tout ce que j'avais à dire.

- Tu ne peux pas être vraiment sérieux, tout ce que ça implique…

- Tu vis sur une autre planète ou quoi ? D'accord, au collège, tu étais effectivement le petit ringard que tout le monde avait envie de balancer dans un placard – moi le premier.

Il lâcha un son qui ressemblait à un grognement.

- Sympa.

- C'est la vérité, continuai-je toujours sur le même ton neutre. Mais au lycée… Tu vas me dire que tu ne t'en es jamais rendu compte ? Les gens murmurent derrière toi. Ils te regardent tous de loin.

- Je suis un phénomène de foire, c'est ce que t'es en train de me dire.

- Pourquoi dis-tu ça comme si c'était péjoratif ?

- Parce que ça l'…

- T'es inaccessible. Et mystérieux. Les gens ne savent pas ce que tu es exactement, c'est pour ça qu'ils sont si fascinés par toi et qu'ils agissent comme si tu étais encore le dernier des losers… C'est plus facile d'avoir ton attention de cette façon.

Aussitôt conscient de ce que je venais de dire, je sentis mes joues s'empourprer dangereusement, une chaleur soudaine m'envahissant. Je fis mine de m'énerver pour essayer de minimiser les dégâts…

- Oh et puis je déteste me répéter ! C'est pas de ma faute si ça ne te rentre pas dans le crâne !


Naruto

Après ces belles paroles pleines de colère, Sasuke ferma brusquement ses notes de cours et se leva de sa chaise, provoquant un bruit effroyable qui résonna dans la bibliothèque. Bougeant par lui-même, mon bras se brandit vers lui et je lui attrapai le poignet.

- Attends, Sasuke. Je n'ai pas fini.

- Moi, si !

Il se dégagea de mon étreinte et je ne pus rien faire d'autre que le regarder se diriger vers la sortie de la bibliothèque. Il n'avait plus de plâtre et semblait même avoir délaissé sa béquille. Mais sa démarche était lente et incertaine. Il boîtait encore et semblait en général vulnérable, même si sa Majesté se donnait une allure hautaine. Ça, c'était ce qui me fascinait le plus. Comment on pouvait faire une telle chute et se relever. Je ne l'avais peut-être jamais réalisé (ou refusé de l'admettre), mais Sasuke était quelqu'un que moi j'admirais.

Mais quelle princesse il faisait, ça on ne pouvait le nier !

Je soupirai de nouveau et me levai. Au passage, je m'excusai à la dame de la bibliothèque pour le calme que nous avions perturbé.

Il ne me fallut que quelques instants pour rattraper Sasuke. Il ne pouvait décidément pas marcher très vite. Je le coinçai contre un casier au bout du couloir. L'allée se remplissait peu à peu, il était encore tôt mais les étudiants commençaient à arriver.

Sasuke parut surpris, mais son expression se maquilla d'une profonde exaspération quand il vit que c'était encore moi.

- Quoi encore ?

J'étais de quelques centimètres plus grand que lui, mais face à lui contre le casier, j'étais définitivement plus large et c'était facile de le voir. Même sans sa blessure à la jambe, il ne pourrait le remporter contre moi à mains nues.

- J'avais pas terminé.

Ses yeux lançaient des éclairs. Pff. S'il pensait pouvoir me faire peur.

- Laisse-moi passer.

- Non. Toi et moi, on devrait faire la paix et être amis.

Le rire que provoqua en lui ma soudaine demande surpassa la surprise, qui était passée en un éclair dans son regard, et il pouffa.

- Ne rigole pas. Je suis sérieux.

- Et pourquoi ?

- Parce que j'en ai assez qu'on soit toujours à la gorge l'un de l'autre. Pour aucune raison particulière. Et puis, dois-je te rappeler que nos frères sont maintenant en couple ?

- Dieu, j'essayais d'oublier ce détail…

- Ça veut dire qu'on n'a pas fini de se croiser. Dans les soupers de famille, les anniversaires, les fêtes de fin d'année… Ça va être bizarre dans ces réunions si les choses restent comme elles sont entre nous.

- Je suis capable d'agir en personne civilisée, si c'est ce qui t'inquiète. Mais je le ferai pour mon frère, et certainement pas pour toi.

- Ah oui ? dis-je. Et l'autre soir, chez toi ? Tu appelles ça « agir en personne civilisée » ?

Sasuke ne dit rien, une moue sur ses lèvres, montrant clairement qu'il avait envie de m'en mettre une bien placée sur la mâchoire.

Puis, soudainement, je me remémorai de ce fameux souper, qui avait réuni nos deux familles, et un rire me secoua.

- Qu'est-ce qui te fait marrer ? claqua-t-il.

- La tronche que ton père a tiré, pouffai-je, quand j'ai dis que Karin t'avait sucé à la sortie de la piscine. Ça n'a pas de prix.

- Tu trouves ? s'étonna-t-il.

- C'était pissant, Sasuke.

Il roula des yeux, son regard se dirigeant ensuite de côté, fuyant le mien.

- Alors ? On est amis ou pas ?

- Est-ce que j'ai le choix ? grommela-t-il en me regardant de nouveau. Tu vas me laisser passer ou pas ?

- Non.

Un grand sourire se dessina sur mon visage. Une partie de moi était enthousiaste – j'avais réellement envie de faire la paix avec lui, ça en devenait épuisant à force, et surtout depuis qu'il m'avait avoué toutes ces choses à mon sujet l'autre soir (sans le vouloir, il m'en avait dit beaucoup sur ses sentiments vis-à-vis de moi) – et l'autre partie n'y comprenait rien. Étais-je vraiment en train de demander à mon ennemi numéro un d'être mon ami ?

Je me tenais sur des terrains houleux, comme c'était toujours le cas avec Sasuke. J'avais la sensation d'être de retour à la garderie, d'avoir 3 ans de nouveau, de me tenir devant ce petit garçon aux cheveux noirs qui m'avait brusquement envoyé balader. Ce petit garçon, qu'au fond, j'avais toujours eu envie de connaître.

Je le regardai. Il était toujours contre le casier, moi comme une barrière devant lui, l'empêchant d'aller où que ce soit. C'était peut-être injuste de lui imposer ça de cette façon-là. Mais je savais que sans la force, il ne voudrait rien entendre.

- Tu n'as pas besoin de te fermer complètement au reste du monde, dis-je. La vie continue, tu sais.

Quelque chose dans ses yeux me disait qu'il était seul. Terriblement seul. Je savais qu'il avait coupé toutes relations avec son ancienne bande d'amis. La raison, je ne la connaissais pas. Mais je commençais à le comprendre, du moins juste un peu… Toute cette situation le terrifiait. Son accident l'avait terrifié. Rien de tout ça n'était derrière lui, il ne s'en était pas encore remis et c'était facile à voir.

- Bon, ça va.

Un sourire vainqueur se dessina sur mes lèvres. Je reculai, lui laissant le champ libre.

- Amis, alors ?

- Tu n'es pas mon ami. Mais disons que tu n'es plus mon ennemi.

- J'imagine que c'est un progrès.

- Peu importe, souffla-t-il.

Il fit quelques pas, mais encore une fois, je l'appelai.

- Une dernière chose…

Il se retourna, l'ennui écrit en grosses lettres capitales sur ses traits fins. Il inclina légèrement la tête comme pour me signaler silencieusement d'en finir et vite.

- Ma meilleure amie… tu sais, Sakura Haruno ?

- La fille aux cheveux roses ?

- C'est ça. Elle…

- Accouche, Uzumaki !

- Elle voudrait que tu l'accompagnes au bal des finissants.


Je soupçonnais que Sasuke pense que j'aie voulu qu'on fasse la paix juste pour les intérêts de ma meilleure amie. Mais je ne m'étais jamais trouvé aussi près de lui, autant physiquement que sur le plan émotionnel, et j'avais eu l'impression que c'était le moment ou jamais de lui demander. D'un coup, j'améliorais ma relation avec lui (si relation il y avait), et de l'autre, j'aidais Sakura à réaliser son but de sortir avec Sasuke. Tout le monde en serait gagnant, n'est-ce pas ?

Sauf que Sakura était une boule de nerfs, plus tard ce jour-là, lorsque je lui appris que j'avais parlé à Sasuke à ce sujet-là.

- Tu lui as… d-demandé ?! Mais… mais qu'est-ce qu'il a dit ?

Elle avait les yeux écarquillés et les joues roses. Je souris, tournant la tête pour laisser mon regard se diriger vers une table de la cantine. Sasuke était assis là-bas, tout seul, et était concentré sur un bouquin. Je le regardai.

- Eh bien, avec surprise, il a dit qu'il voudrait bien y aller avec toi.

- Pourquoi « avec surprise » ? demanda-t-elle en faisant semblant d'être offusquée.

- Parce que ce crétin semble ne jamais s'intéresser aux bonnes personnes.

Sakura sourit, rougissant davantage. Puis, elle plaqua ses coudes sur la table et prit son visage entre ses mains. Son regard vert émeraude se perdit quelque part face à elle.

- Mon dieu… je vais aller au bal avec Sasuke Uchiwa

- Je compte demander à Hinata, de mon côté.

Sakura redressa la tête subitement.

- Nous pourrions y aller ensemble ! Tous les quatre, je veux dire.

Ses yeux étaient remplis d'étoiles.

- Euh… je ne suis pas sûr que ce soit…

- C'est une idée absolument géniale !

Avant qu'elle ne s'emballe trop vite, je lui attrapai les poignets.

- Sakura, hey, dis-je. Et si on en parlait plus tard ? Sasuke a accepté d'y aller avec toi, mais je pense que tu devrais quand même aller lui demander… directement. Tu crois pas ?

Elle s'était calmée pendant mon petit discours. Hochant bravement la tête, elle la tourna ensuite en direction de Sasuke, qui grignotait sans grand appétit à l'autre bout de la cafétéria.

- On a Histoire, cet après-midi, avec lui. Tu pourras en profiter après le cours.

- Bonne idée, dit-elle en ramenant son attention vers moi.

- Respire, Saku, il a déjà dit oui.

Elle sourit d'autant plus.


Sasuke

- Bon aller, ce sera tout pour aujourd'hui, annonça le prof quelques dix minutes avant la fin du cours.

Je me levai aussitôt. Enfin, aussi vite que ma jambe me le permit. Un élancement me fit grimacer, et je penchai la tête pour éviter qu'on me voie. Je n'avais absolument pas envie que les autres élèves se mettent à avoir pitié. Je récupérai mes livres que je glissai dans mon sac puis me tournai, prêt à prendre la direction de la porte. Dans le couloir, je fus intercepté par Shikamaru.

- Hey mec.

- Salut, dis-je simplement.

- Karin vient de m'apprendre que ses parents seront sortis tout le weekend prochain. Elle organise une fête.

- Une fête ? répétai-je. À un mois du bal des finissants ?

- Ouais. Ce sera un avant-goût, si tu veux. Tu viendras ?

- Shikamaru, je suis pas vraiment en état de faire la fête, au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué, grommelai-je en continuant mon chemin.

Mais comme tout le monde aujourd'hui, Shikamaru me contourna et m'empêcha de passer. Un soupir m'échappa.

- Ça te fait encore mal ?

- Un peu.

- T'es pas obligé de danser. Sois juste là, avec les autres, comme avant.

Je le regardai quelques instants.

- J'y penserai.

Il sourit et m'offrit une grande tape dans le dos. Je fus soulagé de le voir s'éloigner dans le couloir. Soulagé aussi que les cours soient terminés. Ma jambe commençait à me faire souffrir et j'étais fatigué.

Je fis quelques pas seulement avant d'être à nouveau appelé. Une voix de fille prononça mon prénom et je me retournai. Au milieu des autres élèves qui sortaient encore de la classe, Sakura Haruno se tenait debout avec son sac en bandoulière passé en travers de son corps. Ses cheveux roses remontés en chignon. Elle rougissait déjà.

Je retins un soupir tandis que ma conversation avec Naruto de ce matin me revenait en mémoire.

- Salut, dit-elle.

- Salut.

- Je sais que Naruto t'a déjà parlé, e-et je suis désolée, tu dois penser que je suis incapable de te faire face, je… J'avais l'intention de venir te le demander moi-même, je…

- Ça va, c'est pas grave.

Elle sourit et redressa le menton.

- Alors c'est vrai, dans ce cas ? Tu… tu veux bien aller au bal avec moi ?

Sans vraiment savoir ce que je faisais (et j'ignorais même pourquoi j'avais dit oui en premier lieu), je hochais de la tête. Le visage de Sakura se fendit d'un sourire encore plus immense.

- C'est super ! Oh, je suis vraiment contente !

Je baissai la tête un moment, et j'eus à peine le temps d'ajouter quoique ce soit, qu'elle fit un pas dans ma direction. Nous étions encore entourés par une marée d'étudiants. Les cours étaient terminés et les couloirs seraient bondés pendant encore au moins une demi-heure, le temps que tous ceux qui traînaient quittent les lieux.

- Tu veux… mon numéro ? Ce serait pratique, si on veut… Hum, si tu veux qu'on se voie… de temps en temps…

- OK.

Nous échangeâmes nos numéros, et timidement, elle vint m'embrasser sur la joue. Je me figeai sur le coup, incertain de ce qui était en train de se passer. J'avais dit oui pour le bal des finissants, n'est-ce pas ?

Tandis qu'une dizaine de pensées allaient et venaient dans ma tête, je levai les yeux vers l'autre bout du couloir, et vis Naruto penché vers Hinata Hyuga. Il ne lui fallut qu'une seconde pour capturer les lèvres de sa petite amie.

Et pour une raison bizarre, je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine.


à suivre...